J’aime bien Érick de Sousa (sur la photo, avec sa fille, Charlotte) qui symbolise l’explosion qualitative des meilleurs vignerons champenois de ces 20 dernières années, et c’est ce qui explique sa place dans mon Classement. Il exacerbe ce que l’on oublie parfois ici : la force du terroir, même si la science des assemblages est incontournable. Je l’ai donc placé au sommet, bien avant que son talent soit reconnu unanimement comme il le mérite, en France comme à l’export.
“On peut tout nous copier sauf une chose : le terroir”, me précise-t-il. Implanté au cœur de la Côte des blancs, son Champagne est issu des coteaux d’Avize, de Cramant et d’Oger, des terroirs classés Grands Crus Blanc de blancs de la Champagne. Érick de Sousa a opté pour la fermentation malolactique afin de rendre les vins plus ronds et plus souples, et il passe son vin au froid pour garder toute la transparence à son Champagne. Il travaille en biodynamie et vient d’acheter 3 ha de plus sur Avize Grand Cru (100 % Chardonnay). “Cette pratique culturale vise à redonner à la vigne un équilibre naturel et à redynamiser la vie microbiologique du sol qui est la courroie de transmission des éléments du terroir à la vigne. La biodynamie développe et renforce les défenses naturelles de la vigne et l’aide à exprimer son potentiel qualitatif maximal. Nous labourons donc les vignes à la charrue pour les désherber et aérer la terre. Nous élaborons notre propre compost, apportons à la vigne des préparations à base de minéraux, de plantes (ortie, camomille, pissenlit, valériane…) et d’autres éléments naturels.
Notre millésime 2003 est un millésime particulier puisque cette année-là nous avons eu beaucoup de soleil et de chaleur, c’était l’année de la canicule, on obtient à la dégustation beaucoup d’arômes de fruits mûrs, de coing, d’ananas. C’est un champagne très rond, gras, très souple, très complet qui a beaucoup d’ampleur. Pour la cuvée des Caudalies, issue de vieilles vignes élevées en fûts de chêne, je bloque volontairement la fermentation malolactique, ce qui lui permet de garder beaucoup de fraîcheur. Pour les vins c’était une très belle année, il y a une belle minéralité qui s’impose bien aussi.
Nous sommes en train de travailler sur une nouvelle cuvée depuis que j’ai obtenu en location de nouvelles vignes de Pinot noir à Avize, Ambonnay et Ay (3 A, car c’est l’initiale des trois communes). Sur les 17 grands crus de la Champagne il n’y a que ces trois terroirs qui commencent par la lettre A. Nous élaborons une cuvée 50% Pinot noir et 50% Chardonnay, nous ne savons pas encore le dosage, nous y travaillons actuellement, cette cuvée sortira à la fin de l’année ou au printemps prochain. Je suis toujours en perpétuelle recherche. J’ai une demande de la part des importateurs et, avec ces vignes en grand cru depuis peu, c’était l’occasion de créer une cuvée supplémentaire, puisque je ne faisais que du Blanc de blancs auparavant. Ce Champagne est d’une belle couleur soutenue à cause du Pinot noir, les arômes “pinotent” (framboise, fraise…). Sur ces deux terroirs bien distincts, le premier, à Ambonnay, le terroir roi du Pinot noir, nous avons la chance d’avoir de vieilles vignes plantées en 1950. J’ai fait une taille sévère pour que lorsque l’année sera favorable, je puisse y produire du Coteaux champenois rouge. L’autre parcelle, très calcaire, se situe à Ay. Nous assemblerons les vins issus des deux terroirs de Pinot noir avec le Chardonnay d’Avize. Cette cuvée symbolisera la complémentarité de ces trois terroirs.
On joue sur les assemblages, la complémentarité, tous ces terroirs différents donnent un panel plus diversifié et c’est un avantage. Je connais très bien tous les terroirs de la Côte des Blancs, sur la butte de Mesnil le terroir confère au vin une ossature intéressante, un côté viril qui demande deux à trois ans de vieillissement supplémentaires, le terroir d’Oger qui est dans une cuvette donne des vins beaucoup plus ronds, souples et à Avize le terroir confère aux vins une véritable harmonie, c’est lié à l’exposition, l’altitude et au sous-sol crayeux, c’est surtout cette craie qui apporte la minéralité, je cherche à avoir des raisins très mûrs pour obtenir de la richesse, de la matière, la longueur en bouche, de la fraîcheur grâce à nos sols très crayeux, c’est cette spécificité très particulière qui fait que le vin de Champagne est unique au monde. On peut essayer de copier nos vins mais on n’arrive jamais à avoir cette finesse et ça, c’est absolument dû au terroir. La vinification consiste plutôt à ne pas dénaturer la matière première en ne faisant pas trop de filtration ou autre. Pour nous, c’est pareil: si on a de jolis raisins et que l’on fait trop de filtration, on va appauvrir la qualité du raisin, parfois il vaut même mieux ne pas filtrer du tout. Il faut avoir du talent et de l’humilité, ne pas vouloir en faire trop surtout dans les bons millésimes. La moitié de mes vignes ont plus de 50 ans d’âge et c’est un atout primordial.”
Champagne de SOUSA et Fils
Érick et Michelle de Sousa
12, place Léon-Bourgeois - BP 2
51190 Avize
Téléphone :03 26 57 53 29
Télécopie : 03 26 52 30 64
Email : contact@champagnedesousa.com
Site : www.vinsdusiecle.com/champagnedesousa
Ou : www.champagnedesousa.com
g(17119968)a(1598211))
La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente. Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot noir ou Chardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ? Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments…
Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons. Globalement, les Grands Crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers Crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle.
Inutile que je rappelle que les plus grands vins blancs secs du monde proviennent de la Côte de Beaune. Pour exemple aujourd’hui, Meursault : Le vignoble est étalé en pentes douces, entre 230 et 360 m d’altitude. L’orientation est très favorable par son ensoleillement maximal. L’abondance de marnes blanches en milieu calcaire explique la prédominance de la production de vins blancs, car elles sont plus compatibles à l’acclimatation du Chardonnay. Le Meursault blanc a un bouquet très capiteux, typé amande amère ou sèche, feuillage, croûte de pain chaude, pomme reinette ; ils sont, en bouche, très consistants, avec un moelleux abondant qui touche à l’onctuosité. Leur persistance est sensationnelle. Certains Premiers Crus comme Aux Perrières, Le Poruzot, Les Bouchottes, Les Caillerets, Les Genevrières ou Les Charmes, provenant de propriétaires hors pair, sont alors exceptionnels, envoûtants, riches, moelleux, très typés, puissamment mais subtilement bouquetés (fleurs blanches et fruits secs), d’excellente évolution. Avec eux, nous entrons dans la catégorie des plus grands vins du monde. Les (rares) vins rouges sont fins et de charpente souple.
Débouchez les bouteilles du Clos des Perrières (sur la photo, je déguste le millésime 2007 avec Michel Bardet) ou de la famille Ampeau, en n’hésitant pas à “taper” dans des millésimes anciens (15 à 20 ans, minimum) même si vous hésitez : vous atteindrez le summum de la complexité d’arômes, où le musc s’allie au tilleul, la rose à la noisette.
Il en va de même à Chablis (Tremblay, Pinson, Robin…) où il faut prendre le temps d’attendrte ces grands vins racés et minéraux, uniques grâce à leurs sols de marnes de Kimméridgien. Ce territoire résulte d’une délimitation de l’Institut national des appellations d’origine (Inao). Mais en fait, il résulte d’une longue sélection des terrains aptes à produire les meilleurs vins, faite par les moines au xiie siècle et poursuivie par les générations des vignerons qui ont suivi. On peut observer que ce territoire est situé sur un ensemble de terrains formés à une époque bien précise dans l’histoire de la formation de la terre, il y a plusieurs millions d’années. Les géologues lui ont donné le nom de Kimméridgien, par référence aux terrains de la baie de Kimmeridge en Angleterre.
Bien entendu, ici comme ailleurs, quelques producteurs élèvent des vins trop “travaillés” (et bien chers) où le fût neuf est employé à l’extrême, ce qui n’est pas pour arranger le Pinot noir notamment, qui demande de la finesse. Il en va de même pour certains blancs, donc, où la barrique (et tout le baratin que l’on va vous raconter) ne remplace pas le terroir…
Mes Classements 2009 vous permettent de faire le point, en tenant compte qu’il existe une véritable hiérarchie interne à chaque catégorie et qu’il ne faut pas comparer, bien sûr, un classement d’une appellation à celui d’une autre appellation.
Il y a quelques “dégustateurs” qui feraient mieux de retourner à l’école et de savoir de quoi ils parlent avant de juger quoi que ce soit. J’ai lu notamment le résultat d’un “jury” (le mot lui-même prête à sourire, tant il est pompeux) qui, comme d’autres, classent une multitude de vins à concours devant le mythe Petrus. On sent d’ailleurs une jubilation sous-jacente, la jalousie n’ayant de limite que la bêtise. Trois choses :
1/. Mélanger les appellations ou les vins de régions et/ou de pays différents est tout aussi risible que peu professionnel.
2/. Un vin (grand ou modeste) ne se juge pas sur un seul millésime. On ne peut juger d’un cru que si on a pu le déguster des dizaines de fois, dans des millésimes différents. En l’espèce, vu le prix de Petrus, je doute que les “dégustateurs” aient vraiment pu accéder à cela, la philosophie des Moueix n’étant pas de filer des bouteilles à tout le monde. Passons.
3/. Découlant de cela, l’expérience nécessite de savoir “imaginer” l’évolution d’un vin. Comment voulez-vous estimer ce que sera un 2005 ou un 2002 si vous n’avez jamais gouté auparavant des millésimes similaires du même cru ? C’est du pipeau, voilà tout !
Il est si simple en effet qu’un vin “bodybuildé”, surconcentré, surboisé, se présente mieux qu’un vrai grand vin qui, c’est son essence même, a besoin de plusieurs années pour se dévoiler. Un grand vin, ce n’est jamais bon après 3 ans, une bête à concours, si… faudra quand même que ces “dégustateurs” soit donc plus crédibles.
Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit. On se doute que les prix extravagants de Petrus en font un produit de luxe, et que l’on n’envisage plus de mentionner à son sujet de rapport qualité-prix. J’en ai déjà parlé.
Ce qui fait -surtout- de Petrus (avec la Romanée-Conti) l’un des plus grands vins du monde, c’est son terroir et une façon de travailler qui ne fait pas dans l’esbroufe. Vous allez relire plus loin mon interview de Jean-Claude Berrouet sur ce point. On est donc bien loin des vins “sans vice ni vertu” dont nous abreuvent des propriétaires qui ne se contentent que d’appliquer des maquillages œnologiques.
En ce sens, Petrus est l’archétype des (rares) vrais grands vins racés de Bordeaux, où l’élégance s’allie à la structure, et reste plus que jamais la “locomotive” indispensable à tous les producteurs qui respectent leur terroir, signant des bouteilles authentiques, chacune dévoilant sa personnalité, qu’elles valent 10 ou 50 €. Sans des crus comme Petrus, la porte serait grande ouverte à des vins “fabriqués”, “mondialisés, au goût standardisé. Sans un mythe pareil, les pourfendeurs de nos vins racés s’en donneraient -encore plus- à cœur joie !
Et puis,le plus important dans ce monde du vin qui m’est cher, c’est que l’on ne peut “comprendre” un vin (n’importe lequel) que si l’on connait l’homme qui se cache derrière l’étiquette. Sans homme (ou femme), le vin n’est qu’une boisson…
PETRUS : LES HOMMES
Mon ami (de 30 ans) Jean-François Moueix est donc le propriétaire de ce cru mythique. Cultivant l’humour et la discrétion comme d’autres le snobisme et l’esbroufe, il poursuit une politique exemplaire, qualitative certes, mais aussi commerciale, puisque c’est lui, et lui seul, qui vend Petrus (le cas est unique ici), notamment au travers de sa prestigieuse maison Duclot, ou de ses nombreuses autres entreprises (boutiques l’Intendant et Badie à Bordeaux, Châteaux Cash & Carry en région parisienne…) et un bon nombre de grands vins bordelais peuvent rendre aussi hommage à son impartialité et à sa fidélité envers eux, année après année. On ne peut contester que Petrus fait partie de la petite poignée des plus grands vins rouges du monde, et des 3 ou 4 plus grands crus bordelais, à un prix lui aussi hors normes, certes.
C’est l’archétype des grands crus où le terroir crée cette osmose exceptionnelle avec le cépage et les hommes et on comprend qu’il ne puisse qu’aiguiser la jalousie d’un bon nombre de producteurs médiatiques, libournais, médocains ou étrangers, qui ne peuvent, eux, faute de terroir et d’humilité, que se contenter de faire mariner à outrance leur vin dans des barriques en croyant qu’ils font une cuvée digne de ce nom… La surconcentration n’est pas un gage de grand vin et l’élevage abusif en fûts neufs non plus (Petrus n’en utilise que 50 % en moyenne).
PETRUS : LE TERROIR
“Lorsque l’on parle d’un vin, me confie Jean-Claude Berrouet, il faut d’abord présenter le sol, c’est lui qui lui donne son originalité, sa typicité et, à Petrus, l’originalité est particulièrement importante puisque l’on sort des sentiers battus bordelais. Ici, ce qui prime, c’est la rencontre de 2 argiles, une argile ancienne, bleue, arrivée dans la seconde moitié de l’ère tertiaire. Au Quaternaire, il y a eu des recouvrements graveleux, mais, à Petrus, ce sont des argiles noires gonflantes qui donnent la spécificité…
Petrus (11,5 ha) est situé sur un plateau et plus précisément sur un mamelon argileux qui culmine à 42 m d’altitude, ce qui permet aux eaux de ruissellement de surface de ne pas stagner et d’aller vers le bas. Ainsi, il n’y a jamais d’excès d’eau mais l’une des vertus de l’argile est ce pouvoir de rétention d’eau, elle se comporte comme une belle éponge, et restitue l’eau lentement à la plante en période de sécheresse. Petrus, c’est aussi l’expression d’un cépage, le Merlot, qui s’épanouit pleinement sur ces argiles.
C’est un vignoble très ancien. J’y suis arrivé en 1964 et j’ai connu une parcelle postphylloxérique qui avait été plantée en 1885. Il y a encore des parcelles plantées en 1957, mais la moyenne d’âge des vignes est de 35 ans. À partir de 1985, nous avons fait un gros effort de sélection massale en collaboration avec l’Inra et la chambre d’Agriculture. Pour les replantations, nous avons réintroduit les vieux pieds de vigne sélectionnés et passés en Tests Elisa pour vérifier leur état sanitaire. Ainsi, nous avons reproduit les vieilles sélections qui avaient été choisies par nos anciens, auxquelles nous avons ajouté de nouveaux clones, de telle sorte qu’on laissera aux successeurs la population ancienne et la population moderne. La culture de la vigne est très traditionnelle à Petrus : on laboure 2 fois par an, on chausse et déchausse. Les rendements varient de 25 à 39 hl/ha mais la moyenne se situe plutôt vers 35 hl/ha. Les vendanges sont manuelles, effectuées en cagettes avec un tri sévère effectué sur 2 tables de tri. La vinification est très traditionnelle avec des fermentations en cuves béton. Nous privilégions des extractions très mesurées, ainsi les cuvaisons ne sont pas très longues car nous souhaitons rester sur le fruit et des tanins soyeux. S’ensuit l’élevage durant 18 à 20 mois en fûts de chêne avec une proportion de bois neuf qui varie selon les millésimes (un peu plus de 50 %). Nous évitons le surboisage, toujours dans un souci permanent de préserver la spécificité du vin. Le vignoble est protégé en lutte raisonnée.
Nous pratiquons depuis 1991 l’étude de la maturité phénolique en parallèle avec la maturité physiologique. Avec l’indice de maturité et la dégustation des baies, parcelle par parcelle, nous déterminons une date de vendange la plus précise possible, ce qui est un facteur primordial pour obtenir la meilleure qualité d’un vin. La force du terroir se retrouve aussi dans le potentiel d’évolution. Celui de Petrus est très important et tout le monde se souvient encore des fabuleux 1953, 1955, 1959, 1961 ou de l’exceptionnel 1947…
Nous avons hérité d’un très grand terroir et cela est un privilège de la nature. Il y a une dizaine de parcelles qui ont des caractéristiques pédologiques propres, il existe une résonance du sol à un climat et, selon les millésimes, cela donne des variations (20 à 35 000 bouteilles). Petrus, c’est aussi une équipe, la gestion viticole est confiée à Christian Moueix et Michel Gillet, et celle de l’œnologie et du chai à moi-même et à François Veyssière qui a pris la succession de son père. Nous mettons toute notre expérience, notre connaissance au service de Petrus, un vin pour lequel nous n’avons pas le droit à l’erreur…”
PETRUS : MA DÉGUSTATION
Grandissime Pomerol 2005, puissant, très complexe, d’une très grande structure, aux arômes persistants et subtils de petits fruits rouges mûrs à noyau, de truffe, de cuir, très structuré, avec des tanins soyeux mais intenses, tout en distinction, de grande évolution.
Le 2004 est splendide, dans la grande tradition bordelaise, et l’on ne peut que regretter que ce millésime se situe entre les 2005 et 2003, la mode risquant de le laisser à l’écart (confer la grande dégustation).
À ses côtés, ce 2003, un vin dense, tout en harmonie, riche au nez, avec ces notes de mûre et d’humus, et des nuances de cuir et de pruneau en bouche, aux tanins fermes mais toujours très savoureux, de grande garde.
Le 2002 , intense et chaleureux, très charpenté mais très élégant, est de robe intense, aux nuances de vanille et de cassis, un vin racé et corsé, concentré au nez comme en bouche.
2001 : truffe, fruits macérés, humus… sont les premières sensations de ce très grand vin, le “velours” à l’état pur, où cette structure impressionnante sait se fondre dans une distinction incroyable, qui lui confère un potentiel d’épanouissement réellement exceptionnel, de très grande garde.
2000 : une structure de cathédrale. Puissance et distinction, chaleur et ampleur, une très grande complexité d’arômes (cuir, griotte confite…), un vin d’une grande harmonie, d’une très belle matière en bouche, majestueux, de très grande garde.
1999 : la saveur même. Complexe et gras, aux tanins présents, riche et parfumé en bouche, un beau vin charnu, charmeur, qui fleure les épices et les fruits frais, alliant puissance et finesse, dont le velouté est très caractéristique des vins de Pomerol.
1998 : exceptionnel. D’un très grand classicisme, de couleur intense avec des senteurs de truffe, de champignon, un côté animal, de cuir, vraiment superbe, encore jeune, complexe, de lente évolution.
1997 : remarquable. De robe pourpre foncé, aux arômes prononcés de musc, de truffe, de fraise des bois, aux tanins soyeux, de bouche généreuse, un vin très savoureux.
Pas facile de résister.
Ecrit il y a 1 month, 2 weeks à 11:55. 5 commentaires
Comme en Bourgogne, on ne peut que regretter que beaucoup de crus bordelais, réputés ou non, “classés” (en 1855…, merci pour l’actualisation) ou non, “classés” à Saint-Émilion ou en “Crus Bourgeois” du Médoc (les deux classements étant juridiquement obsolètes, ce qui la fout bien) atteignent des prix qui ne sont plus conformes au plaisir qu’ils procurent. Comment ne pas être déçu par des vins à 50 € qui ne “tiennent” que 3 ou 4 ans, par d’autres qui “lissent” complètement leur spécificité (on ne sait plus, à “l’aveugle”, si on goûte un Pessac ou un Médoc, un Bx Sup ou un grand cru classé de Saint-Émilion) : on ne goûte alors que des produits aseptisés par les techniques œnologiques (matraquage de fûts neufs, osmose inverse, micro-bullage, levures parfumées….
Pour faire ces “vins”, on récolte des raisins surmaturés, on concentre à outrance (avec des concentrateurs) lors des vinifications, on met le tout dans des barriques où le bois peut, sur demande auprès des tonneliers, vous donner le goût que vous recherchez (de la vanille, du sirop, de la confiture…), et on vous sert un vin à la limite de l’écœurement, noir comme de l’encre, gras comme de l’huile et parfumé comme votre bureau en bois.
J’apprécie donc les vrais vins de Bordeaux, du plus grand au plus modeste, et les consommateurs comme les producteurs savent que je défends ce qui les intéresse, et les distingue : le rapport qualité-prix-typicité. Si l’on fait un grand Margaux ou un Pomerol racé à 40 ou 80 €, il les vaut bien. Idem pour une gamme plus abordable, en Graves, dans les Satellites, les Côtes ou en Bordeaux Supérieur, où les progrès sont exceptionnels.
En-dehors de quelques crus mythiques pour lesquels le prix n’est plus un facteur estimatif (on entre alors dans le monde du luxe, voir mon article), ce qui n’est pas du tout justifié aujourd’hui, et on l’a vu -hélas- avec les augmentations de prix du millésime 2005, c’est un Saint-Émilion “fardé” comme un acteur du carnaval de Venise à 80 € (voire bien plus), un “simple” Médoc à 25 €, un “bon” machin à 30 € ou un Bordeaux Supérieur ultra-barriqué à 15 €.
À force de prendre les consommateurs pour des gogos (demain, les Russes ou les Chinois le comprendront aussi), certains vont s’en mordre les doigts… Pour mémoire, il existe deux “crises” actuellement, très différentes, voire opposées, dans beaucoup de vignobles : celle, désastreuse pour ceux qui la subissent, qui touche certains viticulteurs, la plupart étant dépendants des prix trop bas du tonneau, qui ont du mal à se faire rémunérer correctement. Les causes sont complexes (un certain négoce peu solidaire parfois, une politique de plantation trop importante, des barrières étatiques…). Ils méritent d’être soutenus, et l’on fera ce que nous pouvons pour les aider. C’est une crise sociale.
L’autre crise concerne un bon nombre de vins, à Bordeaux, notamment : trop chers ou trop sensibles à la mode (“vins de garage”), trop endormis sur leurs lauriers, trop imbus d’eux-mêmes, alors que le respect des consommateurs (proposer un vrai rapport qualité-prix cohérent) est impératif. Les acheteurs se sont sentis lésés. On parle beaucoup trop d’argent, de prix, de bonnes notes glanées chez un “gourou” quelconque, et c’est ce que le consommateur retient, alors que, bien sûr, ceci ne concerne qu’une petite minorité. C’est une crise de confiance, et, en même temps, une crise d’identité, tant un bon nombre de vins ont perdu leur spécificité.
Les “primeurs” (depuis 2000, et surtout 2005 où certains crus ont sorti des prix déments et incautionnables) font des vins bien trop chers, et cela commence à créer un sérieux malaise à Bordeaux, tant il y a de différence entre 2 vins d’une même appellation. Pourquoi payer une bouteille à 50 ou 200 € quand on peut trouver du plaisir dans une bouteille 4 à 10 fois moins chère (même si, et je le sais, que les vins ne sont pas “comparables”) ?
Je le dis, aujourd’hui plus qu’hier : tant que certains vins connus de Bordeaux (surcôtés, en plus) ne seront que des “erzats” de leur appellation, masquant leur terroir (quand ils en ont un), cela portera tort à l’ensemble des vrais bons vins typés de Bordeaux, du plus grand au plus modeste, à ce Pomerol qui sent la truffe, à ce Saint-Julien tout en délicatesse, etc… bref, aux vins que nous aimons et défendons.
Pour comprendre l’influence du terroir à Bordeaux, par exemple dans le Libournais, deux ouvrages font toujours référence, ceux du Professeur Henri Enjalbert (qui décrit parfaitement le cheminement et l’extension historiques des “grands crus”) et de Van Leuween (sa carte des terroirs de Saint-Émilion permet de comprendre bien des choses : demandez-la au Syndicat de Saint-Émilion, il vous l’enverront sûrement avec plaisir). Avec lui, on réalise la force des terroirs : sols brunifiés, calci-magnésiques, lessivés, hydromorphes… c’est-à-dire la quintessence même des crus. Comme ces sols n’ont pas pu changer de place, il est facile de constater que des crus se trouvent dans des coins, disons, plus “neutres”… Vous aurez donc compris que l’on ne fait pas du tout les mêmes vins selon que l’on se trouve sur le “plateau de Saint-Martin” ou sur des terres silico-argileuses, sur la plaine de la Dordogne ou les territoires issus de formations alluviales. Je vous laisse vérifier par vous-même.
Il y a aussi les livres de Bernard Ginestet, toujours d’actualité, très complets sur Saint-Émilion (classification des sous-sols “nobles” à “roturiers”) et particulièrement sur les appellations médocaines.
Voici ce que l’on peut constater, également, quand on suit les syndicats et leurs actions :
Les appellations qui bougent : Montagne-Saint-Émilion, Pauillac, Pessac-Léognan, Puisseguin-Saint-Émilion, Sauternes.
Celles qui mériteraient mieux : Bordeaux Supérieur, Côtes-de-Bourg, Graves, Pomerol.
Les appellations qui “somnolent” : Cérons, Haut-Médoc, Lalande-de-Pomerol, Loupiac, Lussac-Saint-Émilion, Moulis, Premières-Côtes-de-Blaye, Saint-Estèphe.
Celles qui ont encore du travail : Bordeaux, Fronsac, Margaux, Médoc, Premières-Côtes-de-Bordeaux, Saint-Émilion, Saint-Georges-Saint-Émilion.
Celles dont on n’entend pas parler : Bordeaux blanc sec, Cadillac, Canon-Fronsac, Côtes-de-Castillon, Côtes-de-Francs, Crémant de Bordeaux, Entre-Deux-Mers, Listrac, Saint-Julien, Sainte-Croix-du-Mont.
MEDOC
Si les vins du Médoc sont réputés, ce n’est pas pour être des vins intouchables à cause de leur prix ou “putassiers”, ces vins ou micro-cuvées qui n’existent que pour rafler de bonnes notes à des concours et ne correspondent plus à la grande tradition médocaine. Ces pratiques sont une honte pour la majorité des grands vins de la région, qui sont des vins fermés dans leur jeunesse, typés par leur terroir, et qui demandent d’évoluer dans le temps pour s’exprimer, en fonction de chaque millésime, respectant ainsi la nature. La force du terroir est la base de tout. Pour les grands, les meilleurs affaires se font avec les châteaux Montrose, Calon-Ségur, Léoville-Barton, Rauzan-Gassies, Batailley, Desmirail, suivis par les superbes (et très abordables), Clauzet, La Tour de By, Fonbadet, Fourcas-Dupré, Maucaillou, puis Tour-du-Roc, Doyac, Taffard de Blaignan, Fontesteau, Muret, Lestage-Darquier, Panigon, etc. Beaucoup d’autres sont sans intérêt, et les prix sont souvent déments.
POMEROL
À Pomerol, il y a des vins splendides (Certan de May, La Croix, La Cabanne, Beauregard…), très typés par le Merlot qui se plaît à merveille dans ces territoires diversifiés. Il faut noter que, les exceptions et les excès confirmant la règle, les vins bénéficient d’un rapport qualité-prix-typicité justifié par la rareté comme par la convivialité et l’amour du vin.
SAINT-ÉMILION
J’adore les vins de la région, pour leur puissance associée à leur finesse, et j’estime qu’il y a une bonne cinquantaine de vins qui valent le déplacement, garants de prix sages et d’une vraie typicité. Mais, à Saint-Émilion, on s’enlise dans les histoires de clochers, sublimées par beaucoup trop de frime et certains niveaux de prix qui ne prêtent qu’à sourire. Il y a un Classement “officiel” qui montre une image négative du vignoble, multipliant les procès et, à ce jour, annulé par un jugement (voir l’édition du Sud-Ouest du 12 Novembre), et il y a des vins remarquables, typés, très abordables, dans toute la gamme (Belair, Trotte Vieille, Guadet, Faurie, Cadet-Piola, Laroque, Lamarzelle, Mauvinon, Cantenac, Matras, Clos Labarde, Clos Trimoulet, La Grâce Dieu Les Menuts, Piganeau, Petit Faurie de Soutard…). Suffit de déboucher un Château La Marzelle, millésimes 2006 à 2001 pour comprendre que l’on est au sommet de l’élégance.
Hélas, on ne peut aussi qu’être déçu par des vins totalement “fabriqués”, vinifiés par ceux qui croient avoir la “science infuse” et veulent nous faire croire qu’en mettant un vin “200 % en barriques neuves” ou en multipliant les manipulations œnologiques, les concentrations et des “essais”, on sait faire du vin !
À Saint-Émilion comme ailleurs, ceux-là se moquent des amateurs et des autres vignerons de l’appellation que nous défendons,qui savent très bien s’il faut mettre 10 %, 20 %, 30 %, 50 % de leurs vins en barriques neuves, ou moins, ou plus, selon la force du millésime et la structure du vin. On ne fait du bon vin, et a fortiori un grand cru, que sur des terroirs propices, de la “crasse de fer” aux argiles profondes, assortis de dépôts marins ou d’alios. Gare à certains prix, totalement injustifiés.
SATELLITES, FRONSAC
Les meilleurs vins de Montagne, Puisseguin et Lussac se retrouvent dans le Classement des “Satellites” de Saint-Émilion, et proviennent de terroirs spécifiques, limitrophes ou rapprochables d’autres sols d’appellations plus prestigieuses, ce qui leur permet de devenir de grands vins à part entière. On se fait vraiment plaisir dans ces appellations (de Roc de Calon à Mayne-Blanc, de Haut Saint-Clair à Béchereau…).
Bien que certains tentent de les mélanger, les deux appellations Canon-Fronsac et Fronsac partagent à la fois des différences et des similitudes. Là aussi, des vins sont surcotés et beaucoup plus marqués par leurs vinifications que par un terroir.
GRAVES/PESSAC-LÉOGNAN
Pour les Graves, il existe une variété importante de styles de vins. Cela va des crus réellement (et historiquement) exceptionnels (La Mission Haut-Brion en étant un bel exemple), issus des territoires de Pessac, Martillac ou Léognan, mais aussi ceux de Podensac ou Portets, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan ((Carbonnieux, La Tour-Martillac, Brown, Grandmaison… avec quelques-unes des plus belles bouteilles de la région dans les millésimes 2005 et 2004) comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir, d’autres crus atteignant des prix difficilement cautionnables. C’est évidemment le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise (Chevalier, toujours sublime, suivi par Smith-Haut-Lafitte). Côté Classement,il est indéniable que de rares Graves (Rahoul, Le Tuquet, Chantegrive, Grand Bos…) atteignent également les sommets, grâce à un rapport qualité-prix superbe.
CÔTES
Dans les appellations de Côtes, qui se cherchent toujours, il s’agit de choisir entre les vins typés comme nous les aimons (ceux qui sont classés en “Premiers” comme Le Clos du Notaire, Haut-Maco, Laroche, Moulin Vieux…), et d’autres cuvées très spéciales, dépersonnalisées (à ne pas confondre avec les cuvées de prestige retenues), faisant la part belle à des vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un terroir en avant, s’il existe. On essaie de se regrouper, on veut changer de nom, on ne sait pas ce qu’il faut faire. Pathétique, car on oublie que, seul, la mise en valeur des terroirs est la garantie de se créer des “niches” et la porte du succès de demain.
BORDEAUX SUPÉRIEUR
Dans les Bordeaux Supérieur, les progrès sont constants depuis plus de dix ans, on savoure de nombreux vins remarquables pour leur rapport qualité-prix-plaisir. La plupart des propriétaires retenus élèvent aussi de jolis Bordeaux blancs qui ont du mal à se faire une image. Pourtant, il est inadmissible (et risible) de trouver des cuvées (très) spéciales à plus de 15 € ! Une trentaine de crus (Lugagnac, Maison Noble, Grande Chapelle…) sont à la tête de cette appellation et vous les trouverez dans mon Classement.
SAUTERNES/LIQUOREUX
À Sauternes (et Barsac), l’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea. L’appellation a connu une série de millésimes très différents, du plus exceptionnel (2007, 2004, 2001) au plus difficile (2002). Attention au passerillage, qui n’a rien à voir avec le Botrytis… On parvient à des plaisirs intenses avec Coutet, Filhot, La Tour Blanche, Bastor-Lamontagne, Malle… En liquoreux, les appellations situées face à Sauternes, recèlent des vins onctueux, qui ont du mal à se faire un nom, pourtant d’un très bon rapport qualité-prix-plaisir.
Mes Classements 2009 sont la garantie de ne pas vous faire avoir. Gare au bluff, donc.
Les millésimes : Voir la Vintage Code
Pour les rouges
- les grands : 2005, 2004, 2003, 2001, 2000, 1998, 1996, 1995, 1990, 1989, 1988, 1986, 1985, 1983, 1982, 1978, 1976, 1971, 1970, 1966, 1961.
- les bons : 2007, 2006, 2002, 1999, 1997, 1994, 1993, 1981, 1979, 1975, 1964.
Pour les blancs (surtout liquoreux)
- les grands : 2007, 2006, 2005, 2001, 1999, 1996, 1995, 1990, 1989, 1986, 1983, 1978, 1976, 1970.
- les bons : 2004, 2003, 2000, 1998, 1997, 1994, 1988, 1979.

J’aime le Champagne, et il faut le considérer comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans mon Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité.
Le Champagne a donc franchi les simples barrières du luxe et de la fête pour devenir un vin à part entière. Tant mieux, car, la force du terroir est réelle ici et vient s’allier à cet art exceptionnel de l’assemblage que chaque vigneron ou maître de chai va marquer de sa “patte”, créant une bouteille unique, que personne n’a réussi à égaler, partout dans le monde, où l’on ne fait que des mousseux… Qu’elles dégagent des notes de chèvrefeuille, de rose ou d’abricot, qu’elles développent en bouche les nuances de noisette, de brioche ou de fruits mûrs, les cuvées sont plus passionnantes les unes que les autres, dans une large gamme, alors que l’image de marque n’est plus suffisante, la régularité qualitative et les prix, justifiés (ou pas), faisant la différence.
Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.
Comme partout également, on trouve aussi des cuvées bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs distributeurs, et des cuvées de concours qui masquent l’ensemble de la production, faute de savoir-faire ou d’approvisionnements adéquats. Certaines négociants sont dans ce cas, de plus en plus de producteurs se réservant leurs meilleures cuves ou raisins pour vendre en direct (on les comprend). Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc. Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ai-je besoin de souligner que, autant que je puisse le savoir (certaines marques – caves coopératives ou négociants – cachant bien leur véritable identité), ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne aujourd’hui comme demain de la lessive…
Mon Classement 2009 est donc un vrai coup de cœur, entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt ; récompenser les meilleurs, les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des prix justifiés (ou pas) qui comptent. Ce Classement, cette hiérarchie plutôt, vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative, qu’ils élèvent des cuvées de grande régularité, de la plus prestigieuse à la plus sympathique, sans comparer ce qui ne l’est pas, depuis des générations ou simplement depuis 10 ans… Voir les meilleurs vins de l’année.
Les Premiers Grands Vins Classés
Il y a 22 maisons qui atteignent le haut du pavé cette année, certaines d’entre elles bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-prix-régularité. On remarquera que la plupart sont des maisons familiales (certaines marques ne sont plus que des noms qui changent régulièrement de main), et qu’une seule coopérative y est présente. Les (très) grandes maisons historiques, qui ont su préserver, voire accentuer, leur suprématie qualitative, méritent un véritable “coup de chapeau”. Pas si facile pour Taittinger ou Pol-Roger de rester au “top” depuis longtemps (ces grandes maisons sont souvent propriétaires d’importants vignobles et dirigées par des hommes pour lesquels la continuité patrimoniale prime, ceci expliquant cela), d’autant plus que l’on peut estimer que leurs plus grandes cuvées méritent leur prix, alors que pour d’autres marques réputées, il est de plus en plus difficile de justifier les prix atteints par certaines cuvées de “prestige” à 200 ou 300 e, sans parler de certaines marques qui font des cuvées de base chères qui n’ont pas grand intérêt. Celles que nous mettons au sommet sont aussi des maisons qui réussissent remarquablement leurs “simples” cuvées, et ce n’est pas le plus facile.
Aux côtés de maisons incontournables (Charles Heidsieck, Gosset, Alfred Gratien…), quelques autres atteignent les sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et/ou un rapport qualité-prix indéniable (Thiénot, De Sousa, Ellner, Veuve A. Devaux et Pierre Peters). Trois autres sont à leurs côtés cette année : Geoffroy, Philipponnat, De Venoge.
Chaque marque n’est bien sûr pas à “comparer” à une autre, et le tout est de rester maintenant à sa place. Il est donc impératif de suivre à la lettre la hiérarchie interne de ce Classement 2009, les Premiers des “Premiers” étant intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Premiers”, et ainsi de suite, en sachant que le rapport qualité-prix prime et explique bien des choses, exceptions obligent.
Les Deuxièmes Grands Vins Classés
C’est vraiment une mine d’or pour les amateurs exigeants, passionnés par les terroirs qui permettent cette mosaïque unique avec un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Une hiérarchie forte se met également en place à l’intérieur de cette catégorie, les Premiers des “Deuxièmes” étant aussi intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Deuxièmes”, et ainsi de suite.
Quand je déguste leurs cuvées, notamment “à l’aveugle”, j’hésite à chaque fois de faire passer un bon nombre de ces propriétaires au sommet (ils ont un *), notamment ceux qui sont dans le peloton de tête de cette hiérarchie, élevant des cuvées les unes plus séduisantes que les autres, garantes d’une typicité et d’une régularité qualitative exemplaires à des prix remarquables (Paul Bara, Gonet-Sulcova, Charles Mignon, Bonville, Delaunois, De Lozey, Lombard, Prin, Gaston Chiquet, Rutat…), un bon nombre exploitant des terroirs situés en Grands (et Premiers) Crus, ceci prouvant que, ici comme ailleurs, la force du terroir est primordiale, avec l’art de l’assemblage, les stocks et l’élevage.
À leurs côtés, très proches qualitativement (voire meilleurs selon les cuvées), ceux qui bénéficient également de rapports qualité-prix-typicité exceptionnels, et peuvent prétendre aux plus hautes places (Pierre Arnould, Hamm, Bonnaire, Mandois, Ralle, Gimonnet, Pierre Mignon, Leclerc-Briant, Jacques Busin, Legras et Haas, Bourgeois, lLaurent-Gabriel, Fleury, Vergnon, Michel Lenique, Daniel Caillez, Prévoteau-Perrier …).
Quelques coopératives travaillent remarquablement (Vincent d’Astrée, De Castelnau, Marquis de Pommereuil, Beaumont des Crayères, Clérambault…) et peuvent être fières de signer de telles cuvées. Elles font frissonner, à juste raison, des marques beaucoup plus connues qui ne sont qu’une façade sur l’étiquette ou des vignerons imbus d’eux-mêmes, multipliant des cuvées sophistiquées navrantes…
À la suite, une bonne centaine de maisons, caves et vignerons, fer de lance de l’exceptionnelle révolution qualitative qu’a connue la Champagne depuis 30 ans, chacun avec sa spécificité, chacun pouvant mériter mieux…
Les Troisièmes Grands Vins Classés
La plupart devraient monter dans la catégorie supérieure, et sont en position “d’attente”, car leurs cuvées n’ont pas encore pu être suivies sur plusieurs années. Le rapport qualité-prix est très abordable, avec des bouteilles qui se font parfois un malin plaisir de détrôner des marques plus connues dans les dégustations.
Pour vous-même ou pour offrir : c’est nouveau et unique sur le Net ! J’ai signé des centaines de lvres chez des libraires ou dans des salons. Avec Internet, c’est encore plus simple, je vous dédicace personnellement le Guide 2009 !

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Notre développement sur le Net s’amplifie. Nous avons actuellement quelque 130 blogs et sites en activité, en plusieurs langues. Ils ont pour “locomotives” nos 4 sites les plus importants. Après le lancement de VinoVox en Janvier (on approche des 11000 abonnés, ce qui est exceptionnel en si peu de temps), le changement de look de Guidedesvins, l’internationalisation de Millesimes (outre les traductions dans le site, d’autres blogs en anglais, espagnol et allemand), il restait à notre site Vinsdusiècle de se renforcer en accueillant de nouveaux membres. C’est largement en cours, puisque, à ce jour, plus de 80 propriétaires vont y faire leur entrée, la quasi-majorité en ayant l’exclusivité de leur appellation. Les voici, les voilà :
- Alsace : Zoeller, Frick et Simon. Je n’en voulais que trois cette année, ce sont eux.
- Beaujolais : Baronnat (Beaujolais), Boisfranc (Beaujolais blanc), Brisson (Morgon), Michaud (Brouilly), Champagnon (Chénas), Crêt des Garanches (Côte de Brouilly), Chignard (Fleurie), Tête (Juliénas), Py de Bulliat (Régnié).
- Loire : Natter (Sancerre), Malbête (Reuilly), Gouron (Chinon), Clos de l’Epinay (Vouvray), Moines (Savennières), Teiller (Menetou-Salon), Paleine (Crémant de Loire), Trottières (Anjou), Ouche Gaillard (Montlouis), Luneau (Muscadet), Ambinos (Coteaux du Layon).
- Languedoc : Grand-Caumont (Corbières), Malautié (Coteaux-du-Languedoc), Oustric (Vins de Pays), Nidolères (Côtes du Roussillon), Peyregrandes (Faugères).
- Savoie : Vullien et Mollex.
- Champagne : Perseval-Farge, de Sousa, Pierre Mignon, Delaunois, Maurice Vesselle, Legras & Haas, Dangin, Lancelot-Royer, Bourdaire-Gallois… très peu seulement à venir.
- Provence : Beaulieu (Coteaux d’Aix), Fontlade (Coteaux Varois), Sanglière et Celliers de Ramatuelle (Côtes-de-Provence).
- Rhône : Cave de Rasteau (Rasteau), Canorgue (Côtes du Lubéron), Moulin du Pourpré (Côtes-du-Rhône), Alary (Cairanne), Verquière (Sablet). Trois ou quatre les rejoindront.
- Sud-Ouest : Cru Lamouroux (Jurançon), Vignerons de Buzet (Buzet), Ménard (Côtes de Gascogne), Plaisance (Fronton), Dartigualongue (Armagnac).
- Bourgogne : Blondeau-Danne (Saint-Aubin), Violot-Guillemard (Beaune), Duroché (Charmes-Chambertin), Coquard-Loison-Fleurot (Clos de la Roche), Marey (Corton-Charlemagne), Jomain (Puligny-Montrachet), Gelin (Fixin), Clos Bellefond (Santenay), Glantenet (Hautes Côtes de Nuits), Félix (Saint-Bris). D’autres (très peu) à venir.
- Bordeaux : Grandmaison (Pessac-Léognan), Tourteau-Chollet (Graves), Toulouze (Graves de Vayres), Castegens (Côtes de Castillon), Pont les Moines (Premières Côtes de Blaye), Gassies-Gautey (Bordeaux), Haut-Saint-Clair (Puisseguin Saint-Émilion), Vieux Château des Rochers (Montagne Saint-Émilion), Macquin (Saint-Georges Saint-Émilion), Fourcas-Dumont (Listrac), Taffard de Blaignan (Médoc), Haut-Claverie (Sauternes), Mayne (Cérons), Mailles (Sainte-Croix-du-Mont), Lagrange Les Tours (Bordeaux Supérieur). Quelques autres vont s’y ajouter.
Triés sur le volet, tous ces propriétaires sont à la tête de leur appellation et viennent rejoindre ceux qui sont dans Vinsdusiècle depuis la création du site. Deux autres sites (en français, et en anglais), spécialement réservés pour les membres des Vinsdusiècle, viennent renforcer les référencements, et sont repris en flux continu dans VinoVox. On continue, donc.
À une époque où les financiers opportunistes sont remis à leur place -et c’est tant mieux- le “yo-yo” auquel se livrent un bon nombre de crus bordelais prête à la gêne, si ce n’est à la honte quand on rapproche certains prix de la réalité du monde. Le monde, c’est nous, ceux qui bossent pour (bien) gagner leur vie et c’est aussi les autres, ceux qui ont de quoi rager quand ils ouvrent un catalogue.
Un exemple qui n’a rien à voir, comme disait Coluche : il faut 30 milliards d’euros annuels pour aider à se nourrir ceux qui meurent de faim dans le monde, et l’on ne cesse de nous montrer des chiffres ahurissants (750 milliards d’euros aux USA, 350 milliards ici, 500 milliards là…) qui sortent subitement des chapeaux pour calmer des marchés financiers et rassurer des traders. Écœurant, non ? Bon, je m’égare. Si je n’étais pas libéral -et sarkoziste- il y aurait de quoi virer à gauche.
Puisque la bourse fait tant parler d’elle, revenons donc à celle de certains Bordeaux, dont les prix évoluent selon l’air du temps, la mode ou on ne sait quoi. Pour ces vins, dont la qualité intrinsèque n’est pas en cause (Lafite et Mouton sont toujours “1ers” dans mon Classement), ce que l’on constate, c’est que les prix de leurs millésimes 2006 et 2005 laissent quand même rêveur… Parfois, on est dans le même système : tant qu’il y des acheteurs, on part à la hausse, et les prix montent, puis remontent… On vient de voir, sur le marché des actions, que le bluff a sombré et que la fiction s’est durement heurtée à la réalité, et il ne faut pas être devin pour penser que cela peut se répercuter sur le marché des grands crus.
Quelques exemples de prix (voir aussi mon article sur Ausone) : Château Mouton-Rothschild 2005 : de 903 € à 1.000 €. Et, encore plus cher (faudrait savoir, je croyais que le 2005 était meilleur que le 2006), celui du 2006 : 946 €, Pas mal, non plus : 151 € le Petit Mouton de Mouton… et 120 € pour le 2006… Le Château Lafite-Rothschild 2005 est un cran plus haut : de 1.370 € à 1.400 €, et le 2006 : 823 € ! Et, encore plus fort : 254 € Les Carruades 2005… Je rappelle que ce n’est “que” le second vin, tout remarquable qu’il puisse être. À rapprocher (même si je n’aime pas vraiment cela, tant les terroirs sont différents) des “seulement” 149 € de l’extraordinaire Montrose 2005 ou de très belles bouteilles comme celles des Grand Puy Lacoste (130 €) ou Haut-Batailley 2005 (88 €)… Il y a également le Château Cos d’Estournel 2005 : 345 € (et 2006 : 149 €, ce qui est déjà beaucoup, je vous l’accorde). À moitié prix (78 €), on a pourtant le superbe Calon-Ségur 2006 de Denise Gasqueton, et, pour rester à Saint-Estèphe, Montrose pour 95 € !!! Je vous laisse comparer par vous-même, mais, avouez qu’il y a de quoi s’étonner…
Comprenons-nous bien : il faut, et il y a (de moins en moins, en fait) des vins mythiques. Il reste Petrus et La Romanée-Conti, dont les prix extravagants sont hors normes, tant on passe alors dans le pur domaine du luxe. Mais ce sont aussi des vins uniques, sans concurrence, dont les terroirs sont tout-à-faits exceptionnels (leurs territoires sont restreints), et où la politique des premiers, seconds ou troisièmes, ou celle de l’esbroufe et du “body-building”, n’ont jamais été de mise. Les hommes y prennent également un rôle majeur. À Bordeaux, il y avait aussi le Yquem du marquis de Lur-Saluces., intimement lié à son propriétaire. On peut y ajouter Latour (qui parvient à se maintenir) et Haut-Brion. Il n’y en a plus à Saint-Émilion (peut-être encore Cheval Blanc ?), tant on s’est trop amusé à faire des micro-cuvées ou des vins surconcentrés. Pour le rêve, on arrive donc aux doigts d’une main.
Ensuite, que le vin ait été “classé” (en 1855) 1er, 2e ou 5e n’a plus aucune importance, 150 ans après, tant les vignobles et les vins ont changé. Il y a des “5e” de 1855 comme Lynch-Bages qui sont à la tête de leur appellation, des “seconds” qui ne sont pas meilleurs que des “4e”, d’autres qui sont meilleurs (Léoville-Barton) que des “1ers”, des “Bourgeois” (Sociando-Mallet) qui écrasent des “3e”, etc, etc. Chaque vin est donc remis en cause chaque année, et cela explique les notes et classements des uns et des autres, régulièrement mis à jour. C’est bien naturel.
Un aparté : j’ai eu, hier, à Saint-Estèphe, une conversation passionnante avec un “seigneur” bordelais (voir “la nostalgie“) comme je les aime (vous ne saurez pas son nom, ce n’est pas le genre de se mettre en avant), qui se désole de voir qu’un bon nombre de “grands” crus (trop) renommés se flattaient de faire leur grand vin avec 30% seulement de leur vignoble (le reste passant dans un second, voire un troisième vin) ou en faisant des rendements de 20 hl/ha.
Je pense la même chose depuis toujours : un grand vin, justement, doit être grand sur l’ensemble de son territoire, et avec des rendements normaux, que l’on peut situer à 50 hl/ha pour les vrais grands vins typés médocains (surtout si l’on est planté à 10 000 pieds/ha). Ne faire son premier vin qu’avec le 1/3 de la récolte, c’est du pipeau.
On aura compris que le prix n’est pas forcément un gage de “supériorité”, et qu’il ne suffit pas de mettre 500 € sur une étiquette pour être une vedette, et encore moins un mythe. En fait, des stars, il n’y en a pas beaucoup, même si tout le monde s’approprie le mot. Vous l’aviez déjà remarqué : le rappeur du coin ou la comédienne d’un navet sont présentés comme Jacques Brel ou Marlon Brando : eh bien, c’est tout autant ridicule dans le vin.
Raison de plus pour ne plus faire confiance à des hiérarchies plus ou moins officielles (celle de Saint-Émilion me fait régulièrement sourire) et pour ne pas se retrouver avec des seconds vins aussi chers… Et puis, il y a quand même beaucoup de crus bordelais entre 30 et 50 € qui sont superbes, racés et typés, et d’autres, entre 10 et 20 €, tout aussi passionnants. Je vous renvoie à mon Classement 2009.
Allez, on se détend : ce soir, je me fais plaisir avec un Nuits-Saint-Georges Les Saints-Georges 2004 (sur une simple terrine “maison”, devant un grand film, c’est parfait).
P.S. Aujourd’hui, 10.700 abonnés vont recevoir la Newsletter de VinoVox. Pas mal en 9 mois, non ?
“Boire du vin, c’est boire du génie.”
Baudelaire
Be cool, et revenir à l’essentiel. On en a marre de cette morosité ambiante véhiculée par des journalistes qui se complaisent dans le sensationnel, noircissant autant qu’ils le peuvent la situation actuelle : “dépression”, “pire que la crise de 1929″ (ils y étaient ?), “régression”, “panique”… bref, des mots pour attirer le chaland et qui, à force, entraînent le moral à la baisse. C’est à l’animateur qui va le plus exagérer, faisant ses choux gras du séisme financier, se faisant un malin plaisir d’attiser les craintes. Si grande crise financière il y a, en effet, elles concerne -de facto- la finance, les traders et partisans de “l’argent facile” (il y en a aussi dans le vin, voir mon article). Pathétique.
Pourtant, les entreprises tournent, se développent, on travaille -vous et moi- et on voit le décalage entre le “fric” et l’entreprise, la spéculation et la réalité. Voir aussi l’excellente intervention de Jean-Claude Trichet, qui sait de quoi il parle. Je ne dis pas que tout va bien, je dis qu’il faut faire la part des choses. Il y a quand même un milliard d’êtres humains qui n’ont rien à manger, et cela permet de relativiser, non ?
Dans cette période, donc, lavons-nous l’esprit : prenez votre verre de vin préféré (pensez au vigneron qui l’a fait, si vous le connaissez, c’est plus sympa), mettez votre cd du moment, installez-vous confortablement et regardez la toile que vous pouvez avoir en face de vous (on peut aussi aller au musée : Picasso vaut le détour en ce moment et sa confrontation à Delacroix, Manet, Titien, Goya, Ingres… est vraiment hors normes).
Bref, profitez du nez et de la vue, ces sens dont on se sert -aussi- pour savourer ce “Sang de la Terre et du Ciel” qui nous est cher.
J’ai une passion pour l’art contemporain. Pour l’art en général, d’ailleurs. J’ai acheté lorsque j’avais 20 ans (à crédit, je n’avais que des dettes) mes premiers tableaux (ceux où l’espace -celui des planètes- est omniprésent) à mon ami Michel Guéranger (on allait tous les trois, avec Lionel Poilâne, à un bon nombre de vernissages), puis auprès d’une amie galeriste nantaise. Pas besoin d’argent, ni de frime, le goût, l’instinct et la curiosité primaient. Eclectique, j’ai acquis d’autres œuvres, soit directement chez des artistes, soit dans des ventes aux enchères, et, même si l’on hésite toujours à signer un chèque, le pendant vaut la peine. On rejoint ainsi le monde du vin, où l’argent n’a pas d’importance tant on se fait plaisir avec peu de chose.
C’est toujours vrai. Car l”art, c’est un tout : l’expression du génie humain, l’art de vivre, celui du vin, celui d’être gourmet-gourmand, celui des livres et de la musique, etc. L’art, c’est aimer la force des hommes et de la nature, tout ce qui crée une osmose entre le réel et l’imaginaire, et nous distingue des plantes vertes.
On a tous des périodes. Cinq peintres me tiennent donc particulièrement à cœur en ce moment : Hartung, Zao Wou-Ki, passionné notamment par l’encre de Chine (elle n’est pas superbe, cette litho ?), Poliakoff, Chillida (grandissime sculpteur, avant tout) et Soulages. Si les toiles de Chillida et de Soulages sont totalement innaccessibles, Hartung suivant de près, on peut prendre beaucoup de plaisir avec leurs estampes, dans une fourchette de prix sages (de 800 à 2.000 €).
Quatre points majeurs pour ne pas se tromper :
1/. En peinture comme en musique (idem pour les vins), on ne peut comprendre une œuvre que si l’on en connait l’histoire : il faut d’abord “apprendre” le peintre et l’apprécier, suivre sa démarche (les livres DLM, voir plus loin, sont parfaits pour cela, comme les catalogues raisonnés). Ses premières œuvres sont souvent les plus intéressantes (et les plus recherchées) : elles donnent le “la” de l’artiste, à une époque où, inconnu, il ne se répétait pas ou ne créait pas pour vendre. Sa “patte” est alors la plus forte, même si, plus tard, certains vous diront que l’aboutissement est total (rien n’est moins sûr). Par exemple, on retrouve toute la force d’Hartung dans ses créations des années 1953-1954, beaucoup plus incisives que celles des années 1975. J’ai choisi pour illustrer mon article sa gravure “Sans Titre”, de 1953 : on ressent vite sa rage contre la bêtise et la guerre qui se dégage de ces traits, d’autant plus si l’on sait le parcours de cet ancien légionnaire, blessé dans sa chair et son cœur…
2/. Il faut -outre se faire plaisir- investir dans les petits tirages (50 à 100). Après tout, si vous achetez une estampe de Chillida reproduite seulement à 30 exemplaires, vous ferez partie des 30 personnes au monde à en posséder une, ce qui n’est pas rien.
3/. En règle générale, préfèrez les Eaux-Fortes (acide employé sur une plaque de cuivre, créant des “trous” au travers desquels la peinture s’infiltre), qui ne permettent pas de revenir en arrière (la technique “sans repentir”, me précise Mireille Champetier) aux Lithographies et surtout aux Sérigraphies. Pour Soulages, par exemple, il y a chez lui un réel intérêt pour cette méthode d’expression, véritable démarche artistique, et son univers “colle” au relief du papier. Voir son Eau-Forte N°2, la seconde qu’il réalisa, très intéressante sur sa démarche future (le “noir” profond).
4/. Il faut éviter les “stakhanovistes” de l’estampe comme Dali, Bellmer, Vasarely, Ernst, Tapies ou Vam Velde, sauf s’il l’on sait vraiment reconnaître quelques œuvres exceptionnelles (il y en a chez Tapies et Vam Velde), à des périodes très précises. Les galeristes sérieux vous aideront (et les livres également).
Et l’on peut débuter avec de belles lithos très abordables (200 à 500 €) de peintres moins connus qui sont des valeurs sûres comme Tal-Coat (une démarche reconnue), Olivier Debré (plus flamboyant, mais belle maîtrise), Alicia Penalba, Raoul Ubac, Paul Jenkins (le geste est ample) ou Claude Viallat, dans un style plus neutre.
Encore plus abordables (autour de 30 €, le prix d’une sortie au ciné), les livres DLM (Derrière le Miroir) des Editions Maeght : on a ainsi accès à un artiste, à sa démarche… mieux vaut en acheter un que se payer la litho du coin tirée en offset en provenance des Etats-Unis ou que l’on trouve en abondance sur ebay. Pour quelques euros, on a ainsi le plaisir des yeux, qui rejoint celui de l’esprit. Que demander de plus ?
“L’éthique c’est l’esthétique du dedans.” Pierre Reverdy
“Par définition, de par son rôle, un système de valeurs, une éthique, doit définir ce qui ” doit être ” et non ce qui ” est “, un idéal achevé, un but à atteindre qui ne peut être l’homme lui-même. Aucun système éthique ne peut être purement utilitaire ; c’est une erreur psychologique, une contradiction dans les termes, le déni du rôle même de l’éthique.” Jacques Monod
J’ai déjà parlé dans mon dernier article du prix incautionnable de certains crus bordelais (en l’espèce, c’était Ausone), lors de l’émission de France 3 Aquitaine où j’étais l’invité.
Chaque année, à la parution de mon Guide, on se doute que j’ai de nombreux articles et interviews, depuis une trentaine d’années, ce qui ne nous rajeunit pas, je sais. Il y a notamment et régulièrement celles des stations régionales (du Cotentin au Gers) de France Bleue. Bref, Hier, c’était au tour de France Bleue Gironde et du sympathique Nicolas Fauveau.Il y avait -avant moi- un autre invité, responsable du site 1855.com, qui ne s’est pas gêné pour citer quelques-uns de ses vins en vente sur le net et “d’un excellent rapport qualité-prix”, dont le second vin Clos du Marquis. Fallait oser parler de “très bon rapport qualité-prix” : le 2002 est vendu 42,70 € (280 F pour mémoire) et pas moins de 49,55 € le millésime 1993 (je serais heureux de le regoûter celui-là) ou -mais si, allez vérifier- 94 € le 1985 !!! Tu parles d’un rapport qualité-prix… Euh, je vous rappelle qu’il y a des vins formidables à Bordeaux et ailleurs entre 10 et 30 €.
Passons. Question sur les vendanges 2008 : “n’est-ce pas un peu tard de vendanger en Octobre”. Ma réponse (à peu près) : “non, bien sûr. Nous avons la mémoire courte et sélective et les dates de vendanges traditionnelles n’ont jamais été fin août ou début septembre. Rappelez-vous, en tout cas pour la région bordelaise, des millésimes 78, 88 et 98, tous très classiques des grands Bordeaux typiques et de garde.”
Certes, on a pu s’habituer à des vendanges exceptionnellement précoces et chaudes dans les millésimes 2005 et 2003. Pourtant, à l’inverse de ce que clament de nombreux imbéciles (et spéculateurs), ce sont ces 2 millésimes qui sont atypiques. Continuons à Bordeaux -les faits sont les mêmes en Bourgogne rouges : en portant aux nues le 2003 en Médoc, par exemple, on a discrédité -pas moi, mes écrits sont là pour le confirmer- des millésimes parfaitement réussis comme les 2002 et 2004. Je me souviens notamment d’un extraordinaire millésime 2002 du Château Léoville-Barton. Les Nuits-Saint-Georges du Domaine Chevillon sont également formidables en 2002. Idem pour le 2004 dans lequel on retrouve la force de nos grands vins typés face à concurrence des vins standardisés ou “bodybuildés” : l‘élégance. Et l’élégance, c’est la signature des vrais vins, du plus grand au plus modeste. Qui n’a pas goûté un Magdelaine 2004 de Christian Moueix ou un Calon-Ségur 2004 de Denise Gasqueton n’a rien compris à cela (et aux vins).
Autrement dit, la race d’un grand Bordeaux se distingue beaucoup plus dans les millésimes classiques (voir la Vintage Code) que sont les 2007 (remarquable, et l’on a pu voir le revirement soudain de quelques “critiques” sur ce point qui s’y étaient donné à cœur -joie pour le descendre). Voir mon article de l’époque. À sa suite, les 2006 (superbes à Rauzan-Gassies, Carbonnieux, Chevalier) 2004 (somptueux Montrose, Certan de May, Trotte Vieille, Desmirail, Clauzet, Lamarzelle et Guadet), 2002 (référence à Smith-Haut-Lafitte) et 2001 (formidables Bel Air, Cadet-Piola pour Saint-Émilion, La Mission Haut-Brion en Pessac-Léognan, et Pomerol La Cabanne et Beauregard), à des prix vraiment très abordables. En fait, les 2003 sont beaucoup plus décevants 5 ans après et cela prouve que les vins “chauds” ne sont pas assez porteurs d’acidité pour évoluer convenablement et s’affiner. Bien entendu, cela vaut également pour les vins plus modestes, toutes appellations confondues.
Je le répète : l’élégance, c’est la marque d’un grand vin francais, et cela le distingue des vins trop concentrés, américains ou espagnols, dont la bouteille reste à demi-pleine, tant on est à la limite de l’écœurement, parfois. Un vrai vin, cela doit apporter ce qui compte : le plaisir des sens.
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : le 2005 est un millésime très exceptionnel, pour une raison toute naturelle : c’est pratiquement la 1ère fois où tous les vins de France ont été autant réussis, simultanément. Rares en effet sont les millésimes où les blancs et les rouges sont de grande qualité en même temps, où l’on fait aussi bon dans le Gers que dans la Loire, en Alsace ou en Languedoc. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la grande qualité de ce millésime. C’est aussi un millésime qui a créé des vins particulièrement séduisants dès leur jeunesse (à ne pas confondre avec les vins artificiellement gonflés -levures spécifiques, osmose inverse et barriques neuves à outrance…- pour être bus rapidement et qui s’effondrent en 3 ans), mais je ne suis pas sceptique sur son potentiel de garde, qui semble bien réel.
Par contre, les hausses de prix considérables pour ce millésime 2005 de certains grands crus de Bordeaux et de Bourgogne sont injustifiées : on revient donc au parallèle avec la bourse. Un critique américain se fait avoir par un bon blabla d’un œnologue malin ou d’un châtelain bien en cours : hop, il assure que l’on a fait le millésime du siècle (sans l’avoir goûté)… Des producteurs -vous ne les trouverez pas dans mon Guide- se ruent sur l’aubaine et font grimper les prix ! Un trader, c’est pareil : dès que les multinationales alimentaires lui susurrent que le blé va manquer, ce “couillon” (désolé, pas trouvé d’autre mot) va transférer des capitaux énormes (pas les siens, bien sûr) sur… les sociétés concernées de production de blé…
Gare donc aux hausses de prix abusives dans le vin. La cherté n’est pas un gage de qualité, ce n’est que du snobisme et de la frime. Partout, il y a des producteurs, bien plus attachants, qui ne se moquent pas des consommateurs (donc, de vous), et ne multiplient pas par 3 ou 5 le prix de leur vin en fonction du millésime. Ceux-là ont une éthique, comme nous, et méritent le respect.
Ils sont dans le Guide et dans Millésimes.
La crise financière américaine est à rapprocher -toutes proportions gardées, on s’en doute- de celle qui devrait frapper certains crus bordelais.
Je m’étais déjà élevé contre le prix d’une bouteille du Château Ausone (éliminé de mon Guide depuis un bon bout de temps, on comprend mieux pourquoi). Mon article est d’ailleurs repris en pole position chez Google (tapez “prix Ausone 2005″). Extrait : “- Dans la même appellation, on peut faire beaucoup plus fort : 3.558 € la bouteille (vous lisez bien) du Château Ausone 2005 (2 fois et demi le smic), et, mieux (3 fois le smic, bravo), 4.187 € chez Wine and Co…”
Je reviens sur cela car nous en avons reparlé à l’antenne de France 3 Aquitaine, lorsque j’étais l’invité Jeudi dernier de l’excellente émission “C’est mieux le matin” : une équipe jeune, positive et dynamique, très bien mené par Eric Perrin, avec des chroniqueuses efficaces et charmantes (Géraldine Rabier : “j’apprécie les gens comme vous qui n’ont pas de connivences”, me dit-elle, Sophie Charbonnier, Marianne Caussade et Laetitia Vans… faut avouer que j’étais bien entouré ce jour-là ! ). Bref, nous parlions du Guide, des foires aux vins, etc, et du prix d’Ausone justement. On se rend compte alors du surréalisme que cela engendre et cela devient gênant de reconnaître qu’hélas, oui, il y a des vins à ces prix (de mémoire, 2.900 € la bouteille “en promo” dans une grande surface)…
La question qui m’était posé était très simple : “Que pensez-vous de ce prix… est-il justifié…” et ma réponse tout aussi simple (et ironique) : “non. Cela ne peut que servir à blanchir de l’argent”.
J’en arrive à mon sujet : la crise des subprimes et des banques/assurances américaines est tout bonnement méritée à mon sens. C’est l’échec de l’argent facile, de l’argent sans odeur, sans valeur, de celui du plus mauvais des mauvais côtés du capitalisme (je rappelle que je soutiens Sarkozy, au cas où certains penseraient que je sombre dans la béatitude de Ségolène). Cette course d’arrivistes qui a mis sur le tapis des centaines de milliers de foyers américains, surendettés à outrance, est franchement écœurante. J’ai lu, qu’entre temps, les gains des patrons de ces boîtes en faillite se comptaient en milliards de dollars. Comment ne pas se révolter ?
Il y a un parallèle à faire : franchement, cela fera du bien à ces vins ultra surcôtés de sombrer dans l’oubli (ou de redescendre de leur piédestal de cristal), faute d’acheteurs ou par simple bons sens des consommateurs aussi fortunés (que snobs ou mal informés par des médias qui continuent à promouvoir de tels prix). Car on va dans le même sens: l’argent-roi, le dédain des autres, le décalage avec la vraie vie.
Et le vin, ce n’est pas cela. Depuis trente ans, je me bats pour défendre et promouvoir le rapport qualité-prix-typicité. On voit que j’ai eu raison d’éliminer un bon nombre de “grands” vins, à l’inverse de confrères-courtisans qui ne ratent pas une occasion de bien parler de ces crus, invitations et promotions à l’appui. Il suffit d’ouvrir le “spécial vins du Figaro-Magazine”, aussi décalé de la réalité que proche des puissances de l’argent.
Eh bien, aujourd’hui plus qu’hier, il faut poursuivre dans ce sens : ne pas se faire avoir par la frime, justifier les prix (voir mon article sur les vins de Bordeaux), soutenir les vrais vins, du plus grand au plus modeste. Rappel : “Cela amène le consommateur à penser qu’à Bordeaux on parle trop de classements, de jalousie, de prix, de frime et pas assez de qualité intrinsèque du vin et cela porte tort à toute la région, même aux Bordeaux les plus modestes. Ajoutez à cela une vraie crise sociale snobée par quelques propriétaires et négociants qui préfèrent aller chercher ailleurs ce qu’ils devraient promouvoir venant de leur région. En fin de compte, on se moque de savoir si un cru est classé ou non, que les Côtes soient réunies ou pas, ce qui importe, c’est ce qu’il y a dans la bouteille et le rapport qualité-prix-plaisir !”
Souhaitons donc que cette “crise” américaine soit salutaire : il faut -enfin- cesser de promouvoir, dans le vin comme dans la vie, toute spéculation financière outrancière. J’assume et signe.
INFO
On n’avait pas encore vu çà : tapez l’expression “les vins qui comptent” dans le moteur de recherche de Google et nous sommes les 10 premiers -vous lisez bien : les 10 premiers sites sont à nous- sur 109.000 liens ! Suffit de cliquer là pour s’en assurer.
C’est la rentrée, les vendanges se préparent, le millésime 2008 s’annonce bien, et c’est aussi l’occasion de vous informer :
1/. Unique : les référencements de nos sites thématiques sont passés en 1ère page dans Google :
- Si l’on tape simplement : Vins de Loire, notre site spécifique à cette région est en 7e position sur plus de 2,8 millions de liens;
- Pour Vins de Provence, nous sommes également en 7e position sur plus de 5,8 millions de liens;
- Pour Vins du Rhône, nous sommes en 9e position sur plus de 3 millions de liens;
- Pour Vins du Beaujolais, 5e position sur plus de 3 millions de liens;
- Pour Vins du Languedoc, 6e position sur plus de 440 000 liens;
- Pour Vins du Sud-Ouest, 6e position sur plus de 360 000 liens;
- Pour Vin Alsace, encore en 6e position sur plus de 460 000 liens;
- Si l’on tape un terme “général” (même sans le mot “vins”, ce qui devient exceptionnel comme référencement) comme “guide bourgogne“, nous sommes en 3e position sur plus de 4,8 millions de liens;
- Pour Guide Bordeaux, 5e position sur plus de 450 000 liens;
Encore plus remarquable, en tapant guide champagne, nous sommes en 1ère position sur plus de 16 millions de liens !!! Et en 2e position avec le site de MILLESIMES.
2/. MILLESIMES
Les traductions ANGLAISE et ESPAGNOLE sont en place, et l’ALLEMANDE en début de semaine. Il suffit, dans chaque région, de cliquer sur le drapeau correspondant pour y accéder.
Plusieurs nouveaux blogs dans ces 3 langues entrent en activité, sélectionnant les meilleurs producteurs et les faisant accéder à une audience mondiale. On citera, par exemple, Guia de los vinos de Francia, Franzosische weine ou Vintage Wines…
En référencements, la plupart des vignerons retenus bénéficient de la multitude de liens et synergies, ce qui leur permet d’apparaître particulièrement bien.
Il faut noter que les ventes de MILLESIMES effectuées directement par Internet (avec paiement sécurisé et frais de port offerts en France) dépassent nos espérances. Accouplée au MILLESIMES “papier” en vente en kiosques et librairies, la version pdf de 2009 viendra encore renforcer tout cela. On y travaille.
3/. GUIDE DES VINS
Alors que mon GUIDE 2009 vient de paraître (29e année, plus d’1 million de lecteurs), le site évolue. Côté “look”, il a changé, côté référencements, il apparaît bien évidemment en “pole position”, mais aussi en tapant des centaines de termes très généraux comme “meilleurs vins” : 1er sur plus de 2,4 millions de liens. Encore plus fort, c’est notre site LES VINS DU SIECLE qui ressort en 2e position !
En plus d’être le lien avec mon GUIDE DES VINS annuel, il apporte un “plus” essentiel sur Internet : son interactivité avec des centaines de sites de vignerons. Dans chaque Classement, on accéde directement aux sites des meilleurs vins en cliquant sur leur nom.
La grande nouveauté, c’est cette richesse rédactionnelle incroyable, actualisée en permanence, avec la nouvelle rubrique : MES COUPS DE CŒUR. Pas moins de vingt chapitres (dégustations, verticales, portraits, champagne…) qui gèrent mes articles et sont autant de liens directs avec des dizaines de blogs ! Uniquement en nombre d’articles mis à jour en permanence, on arrive à 60 !
Le site GUIDE DES VINS propose aussi de nombreux services, tous gratuits : la VINTAGE CODE, L’ENCYCLOPEDIE MONDIALE, des rubriques sur l’accord des vins et des mets, le point sur les vignobles, les cépages, le vocabulaire du vin…
4/. VINOVOX
En parallèle à sa notoriété et à son audience qui se renforcent de jour en jour, on vient d’atteindre 8.200 abonnés à notre Newsletter hebdomadaire. Je rappelle que c’est une vraie performance en si peu de temps : le site existe depuis seulement Janvier 2008 !
Bref, on le voit aisément, nous sommes les seuls à offrir aux internautes amateurs de vins les 3 clés d’un véritable impact mondial sur le Net : richesse rédactionnelle, interactivité et gratuité. À l’heure où une multitude de blogs sur le vin émergent, ne rencontrant que des centaines de lecteurs (et encore, je suis gentil…), des lecteurs peu fidèles par la force des choses car leur contenu est sans intérêt (à part connaître les états d’âme du bloggeur), et où un bon nombre de sites pataugent dans des maquettes et formules archaîques, nous, en progressant sans cesse comme nous le faisons, nous sommes devenus vraiment incontournables avec quelques 120 sites et blogs qui portent haut et fort les couleurs des vignerons qui le méritent et informent les consommateurs pour acheter sans se faire avoir…

Développant notre présence et nos complémentarités, je renforce ma collaboration avec le puissant site de Larousse sur le Net. J’y ai déjà consacré une centaine d’articles et définitions, ce qui n’est pas mal.
Il faut dire que l’initiative de Larousse m’a séduit tant il est rare qu’un éditeur de référence comme celui-ci ait su s’adapter au monde de demain : celui du net ! On sait déjà que le fameux “Quid” a cessé sa parution, ne pouvant plus lutter contre les renseignements cent mille fois plus précis et actualisés en permanence que l’on trouve sur Internet. Larousse a bien compris que l’avenir était là et que -par la force des choses- les ventes des éditions “papier” des encyclopédies globales telles que la sienne ne pouvait que s’effondrer dans les 2 ou 3 prochaines années.
C’est donc tout l’intérêt de leur démarche de mettre en ligne gratuitement leur encyclopédie, et, comme nous le faisons nous-mêmes dans VinoVox, et surtout dans mon Encyclopédie mondiale (gratuite, à télécharger en pdf) d’ouvrir la partie éditoriale à des spécialistes et de la rendre accessible au plus grand nombre en s’adaptant aux technologies nouvelles (ce qui permet de la lire sur les e-book, ordinateurs ou sur votre téléphone mobile).
Voilà pourquoi je suis heureux d’y contribuer : les synergies sont évidentes et la mise en ligne de nos différentes publications (voir l’extrait de Millésimes, à télécharger également), va dans le sens de l’histoire.
Justement, concernant le prochain MILLESIMES 2009 (parution Mars en librairies), nous développons en ce moment plusieurs options d’intégrations directes du contenu “papier” sur Internet, en plus du propre site actuel multilingue, ce qui nous ouvrira les portes d’une diffusion vraiment mondiale, qui ne pourra que profiter aux producteurs qui y seront présents. J’arbitrerais prochainement pour retenir celles qui seront les plus novatrices. Nous serons en tout cas les seuls dans le monde du vin à proposer une telle souplesse de lecture et d’informations aux amateurs et professionnels : c’est bien le moins que l’on puisse faire pour célébrer le 30e anniversaire de MILLESIMES ! À suivre, donc.

Après quelques jours (et nuits) de maquettes et cogitations techniques, le voici, le voilà, comme je le voulais, en lui donnant la capacité de passer à une vitesse supérieure et devenant le seul site du genre -et de loin- à apporter autant de services et d’interactivité.
Trois points forts pour ce site aux référencements uniques suivi par des centaines de milliers de fidèles :
1/. Une lisibilité immédiate :
- des CLASSEMENTS, qui, cerise sur le gâteau, renvoient directement à des centaines de sites amis de maisons et vignerons : un clic sur leur nom et on y est. Pas mal, non ?
- des “boutons” cliquables liés à nos sites forts : Millésimes, Vins du Siècle, VinoVox…
2/. Une richesse rédactionnelle incroyable, actualisée en permanence, avec la nouvelle rubrique : MES COUPS DE CŒUR. Pas moins de vingt chapitres (dégustations, verticales, portraits, champagne…) qui gèrent mes articles et sont autant de liens directs avec des dizaines de blogs ! Uniquement en nombre d’articles mis à jour en permanence, on arrive à 60 !
3/. Une multitude d’autres services :
- Vintage Code (accessible également en pdf), Accord des Vins et des Mets,
- mes articles dans l’Encyclopédie Larousse,
- des liens vers nos 30 sites thématiques, renouvelés chaque semaine, comme Mundovino, etc…
- et du jamais vu, avec mon ENCYCLOPEDIE MONDIALE DES VINS proposée gratuitement en format pdf, ce qui permet de la lire sur les e-book, ordinateurs ou sur votre téléphone mobile !
Le tout représente la symbiose de ce que nous avons créé sur Internet, où nous nous approchons des 120 sites et blogs.
Je vous laisse le découvrir.

C’est la 29e édition et une réussite exemplaire - jalousée, forcément- de continuité éditoriale, comme MILLESIMES d’ailleurs, qui fêtera en 2009 son 30e anniversaire !

Edito du Guide :
Être worldwide
Cela fait du bien. Avec le millésime 2007, que beaucoup d’idiots ont dénigré avant de l’avoir goûté, nous sommes revenus au plaisir du vin, loin de ces bouteilles “d’encre” surconcentrées, à la limite de l’écœurement, auxquelles un petit nombre de propriétaires, plus médiatiques que nos vrais vignerons, tentaient de nous habituer. Ceux-là, désolé, vous ne pourrez pas les trouver dans le Guide.
Il faut bien avouer que c’est plus agréable de goûter un vin rouge distingué, du plus charnu au plus souple, plutôt que de sentir son palais agressé par des tanins desséchés (ceux du vin ou ceux de la barrique). Car cette course à l’uniformisation, contre laquelle je me bats depuis mon premier Guide, est la porte ouverte à des manipulations qui, non seulement, unifient totalement le goût des vins, mais, surtout, deviennent le cheval de Troie des autres vins “sans vice ni vertu” dont nous abreuvent un bon nombre de pays producteurs du nouveau monde et quelques marchands de notre propre pays. Je passe sur des prix incautionnables et vous renvoie aux articles d’introductions des régions.
Être moderne, proposer un vin adapté à notre consommation d’aujourd’hui, ce n’est pas créer un produit standard vinifié comme on élève (hélas) les poulets et les porcs en batterie ou comme on nous vend des bananes qui tentent de mûrir dans des containers… mais, tout au contraire, c’est offrir aux consommateurs une multitude de saveurs spécifiques, saines, développer la force du Chenin ou du Sauvignon dans la Loire, montrer la race d’un Pinot gris d’Alsace, du Savagnin en Jura, de m’Altesse en Savoie, du Malbec ou du Mauzac dans le Sud-Ouest, exacerber l’osmose des terroirs avec les Chardonnay et Pinot noir en Bourgogne comme en Champagne, des Cinsault, Grenache ou Rolle d’Avignon à Nice et Perpignan, des Merlot en Libournais, des Cabernets à Saint-Estèphe, à Margaux et à Pessac… bref, montrer que l’on élève un vin qui a un vrai caractère, sans uniformité ni dopage. En blancs (et en rosés), à quoi bon déboucher un produit vanillé par le bois, trop “mou” par manque d’acidité, trop aseptisé par des sucres résiduels, des enzymes, levures et autres artifices œnologiques ? Qui n’a pas eu mal au crâne après avoir débouché un blanc ou un rosé ?
Ce qui compte, c’est le plaisir. Mais pas n’importe lequel et pas à n’importe quel prix : celui d’apprécier un vin qui “parle” de son origine, garde la “patte” de celui ou de celle qui l’a élevé. Cela s’appelle l’authenticité, et c’est notre patrimoine, notre valeur ajoutée.
Mais enfin, ce n’est pas nouveau et les fidèles -lecteurs et vignerons- de ce que nous avons réalisé depuis 30 ans, savent déjà tout cela, le défendent et le proclament haut et fort. La nouveauté, c’est que, grâce à ce que nous avons su créer sur Internet depuis 10 ans (cf page 36), nous proclamons cette bonne parole au monde entier désormais : MILLÉSIMES devient mondial avec des traductions en langues anglaise, espagnole et allemande, VINOVOX, le 1er hebdo webvin gratuit, est devenu une référence avec sa newsletter hebdomadaire, et je vais en faire de même pour GUIDE DES VINS, en lui donnant une impulsion nouvelle, unique, exceptionnelle, dans les prochains mois, qui multipliera son impact et rendra obsolètes -de facto- les quelques concurrents qui nous restent. Le plaisir, comme mon Guide, sont donc “worldwide”.
Pour entreprendre, se développer, j’ai, à mes côtés, mon épouse, Brigitte, aux commandes de Millésimes, ma mère et ma tante, Colette et Claude, mes collaboratrices, Mélodie, Danièle, Isabelle et Yolaine, toutes m’aident au développement du Guide et de nos autres réalisations, même si je reste seul à déguster. Cela nous rappoche bien sûr des vignerons passionnants et passionnés que je défends, et, qui, comme nous, travaillent en famille. Merci de votre fidélité.
Voir la liste des nouveaux propriétaires retenus cette ann