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Pour vous-même ou pour offrir : c’est nouveau et unique sur le Net ! J’ai signé des centaines de lvres chez des libraires ou dans des salons. Avec Internet, c’est encore plus simple, je vous dédicace personnellement le Guide 2009 !

Pour le commander (en mentionnant le nom et prénom pour la dédicace) :
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Notre développement sur le Net s’amplifie. Nous avons actuellement quelque 130 blogs et sites en activité, en plusieurs langues. Ils ont pour “locomotives” nos 4 sites les plus importants. Après le lancement de VinoVox en Janvier (on approche des 11000 abonnés, ce qui est exceptionnel en si peu de temps), le changement de look de Guidedesvins, l’internationalisation de Millesimes (outre les traductions dans le site, d’autres blogs en anglais, espagnol et allemand), il restait à notre site Vinsdusiècle de se renforcer en accueillant de nouveaux membres. C’est largement en cours, puisque, à ce jour, plus de 80 propriétaires vont y faire leur entrée, la quasi-majorité en ayant l’exclusivité de leur appellation. Les voici, les voilà :
- Alsace : Zoeller, Frick et Simon. Je n’en voulais que trois cette année, ce sont eux.
- Beaujolais : Baronnat (Beaujolais), Boisfranc (Beaujolais blanc), Brisson (Morgon), Michaud (Brouilly), Champagnon (Chénas), Crêt des Garanches (Côte de Brouilly), Chignard (Fleurie), Tête (Juliénas), Py de Bulliat (Régnié).
- Loire : Natter (Sancerre), Malbête (Reuilly), Gouron (Chinon), Clos de l’Epinay (Vouvray), Moines (Savennières), Teiller (Menetou-Salon), Paleine (Crémant de Loire), Trottières (Anjou), Ouche Gaillard (Montlouis), Luneau (Muscadet), Ambinos (Coteaux du Layon).
- Languedoc : Grand-Caumont (Corbières), Malautié (Coteaux-du-Languedoc), Oustric (Vins de Pays), Nidolères (Côtes du Roussillon), Peyregrandes (Faugères).
- Savoie : Vullien et Mollex.
- Champagne : Perseval-Farge, de Sousa, Pierre Mignon, Delaunois, Maurice Vesselle, Legras & Haas, Dangin, Lancelot-Royer, Bourdaire-Gallois… très peu seulement à venir.
- Provence : Beaulieu (Coteaux d’Aix), Fontlade (Coteaux Varois), Sanglière et Celliers de Ramatuelle (Côtes-de-Provence).
- Rhône : Cave de Rasteau (Rasteau), Canorgue (Côtes du Lubéron), Moulin du Pourpré (Côtes-du-Rhône), Alary (Cairanne), Verquière (Sablet). Trois ou quatre les rejoindront.
- Sud-Ouest : Cru Lamouroux (Jurançon), Vignerons de Buzet (Buzet), Ménard (Côtes de Gascogne), Plaisance (Fronton), Dartigualongue (Armagnac).
- Bourgogne : Blondeau-Danne (Saint-Aubin), Violot-Guillemard (Beaune), Duroché (Charmes-Chambertin), Coquard-Loison-Fleurot (Clos de la Roche), Marey (Corton-Charlemagne), Jomain (Puligny-Montrachet), Gelin (Fixin), Clos Bellefond (Santenay), Glantenet (Hautes Côtes de Nuits), Félix (Saint-Bris). D’autres (très peu) à venir.
- Bordeaux : Grandmaison (Pessac-Léognan), Tourteau-Chollet (Graves), Toulouze (Graves de Vayres), Castegens (Côtes de Castillon), Pont les Moines (Premières Côtes de Blaye), Gassies-Gautey (Bordeaux), Haut-Saint-Clair (Puisseguin Saint-Émilion), Vieux Château des Rochers (Montagne Saint-Émilion), Macquin (Saint-Georges Saint-Émilion), Fourcas-Dumont (Listrac), Taffard de Blaignan (Médoc), Haut-Claverie (Sauternes), Mayne (Cérons), Mailles (Sainte-Croix-du-Mont), Lagrange Les Tours (Bordeaux Supérieur). Quelques autres vont s’y ajouter.
Triés sur le volet, tous ces propriétaires sont à la tête de leur appellation et viennent rejoindre ceux qui sont dans Vinsdusiècle depuis la création du site. Deux autres sites (en français, et en anglais), spécialement réservés pour les membres des Vinsdusiècle, viennent renforcer les référencements, et sont repris en flux continu dans VinoVox. On continue, donc.
À une époque où les financiers opportunistes sont remis à leur place -et c’est tant mieux- le “yo-yo” auquel se livrent un bon nombre de crus bordelais prête à la gêne, si ce n’est à la honte quand on rapproche certains prix de la réalité du monde. Le monde, c’est nous, ceux qui bossent pour (bien) gagner leur vie et c’est aussi les autres, ceux qui ont de quoi rager quand ils ouvrent un catalogue.
Un exemple qui n’a rien à voir, comme disait Coluche : il faut 30 milliards d’euros annuels pour aider à se nourrir ceux qui meurent de faim dans le monde, et l’on ne cesse de nous montrer des chiffres ahurissants (750 milliards d’euros aux USA, 350 milliards ici, 500 milliards là…) qui sortent subitement des chapeaux pour calmer des marchés financiers et rassurer des traders. Écœurant, non ? Bon, je m’égare. Si je n’étais pas libéral -et sarkoziste- il y aurait de quoi virer à gauche.
Puisque la bourse fait tant parler d’elle, revenons donc à celle de certains Bordeaux, dont les prix évoluent selon l’air du temps, la mode ou on ne sait quoi. Pour ces vins, dont la qualité intrinsèque n’est pas en cause (Lafite et Mouton sont toujours “1ers” dans mon Classement), ce que l’on constate, c’est que les prix de leurs millésimes 2006 et 2005 laissent quand même rêveur… Parfois, on est dans le même système : tant qu’il y des acheteurs, on part à la hausse, et les prix montent, puis remontent… On vient de voir, sur le marché des actions, que le bluff a sombré et que la fiction s’est durement heurtée à la réalité, et il ne faut pas être devin pour penser que cela peut se répercuter sur le marché des grands crus.
Quelques exemples de prix (voir aussi mon article sur Ausone) : Château Mouton-Rothschild 2005 : de 903 € à 1.000 €. Et, encore plus cher (faudrait savoir, je croyais que le 2005 était meilleur que le 2006), celui du 2006 : 946 €, Pas mal, non plus : 151 € le Petit Mouton de Mouton… et 120 € pour le 2006… Le Château Lafite-Rothschild 2005 est un cran plus haut : de 1.370 € à 1.400 €, et le 2006 : 823 € ! Et, encore plus fort : 254 € Les Carruades 2005… Je rappelle que ce n’est “que” le second vin, tout remarquable qu’il puisse être. À rapprocher (même si je n’aime pas vraiment cela, tant les terroirs sont différents) des “seulement” 149 € de l’extraordinaire Montrose 2005 ou de très belles bouteilles comme celles des Grand Puy Lacoste (130 €) ou Haut-Batailley 2005 (88 €)… Il y a également le Château Cos d’Estournel 2005 : 345 € (et 2006 : 149 €, ce qui est déjà beaucoup, je vous l’accorde). À moitié prix (78 €), on a pourtant le superbe Calon-Ségur 2006 de Denise Gasqueton, et, pour rester à Saint-Estèphe, Montrose pour 95 € !!! Je vous laisse comparer par vous-même, mais, avouez qu’il y a de quoi s’étonner…
Comprenons-nous bien : il faut, et il y a (de moins en moins, en fait) des vins mythiques. Il reste Petrus et La Romanée-Conti, dont les prix extravagants sont hors normes, tant on passe alors dans le pur domaine du luxe. Mais ce sont aussi des vins uniques, sans concurrence, dont les terroirs sont tout-à-faits exceptionnels (leurs territoires sont restreints), et où la politique des premiers, seconds ou troisièmes, ou celle de l’esbroufe et du “body-building”, n’ont jamais été de mise. Les hommes y prennent également un rôle majeur. À Bordeaux, il y avait aussi le Yquem du marquis de Lur-Saluces., intimement lié à son propriétaire. On peut y ajouter Latour (qui parvient à se maintenir) et Haut-Brion. Il n’y en a plus à Saint-Émilion (peut-être encore Cheval Blanc ?), tant on s’est trop amusé à faire des micro-cuvées ou des vins surconcentrés. Pour le rêve, on arrive donc aux doigts d’une main.
Ensuite, que le vin ait été “classé” (en 1855) 1er, 2e ou 5e n’a plus aucune importance, 150 ans après, tant les vignobles et les vins ont changé. Il y a des “5e” de 1855 comme Lynch-Bages qui sont à la tête de leur appellation, des “seconds” qui ne sont pas meilleurs que des “4e”, d’autres qui sont meilleurs (Léoville-Barton) que des “1ers”, des “Bourgeois” (Sociando-Mallet) qui écrasent des “3e”, etc, etc. Chaque vin est donc remis en cause chaque année, et cela explique les notes et classements des uns et des autres, régulièrement mis à jour. C’est bien naturel.
Un aparté : j’ai eu, hier, à Saint-Estèphe, une conversation passionnante avec un “seigneur” bordelais (voir “la nostalgie“) comme je les aime (vous ne saurez pas son nom, ce n’est pas le genre de se mettre en avant), qui se désole de voir qu’un bon nombre de “grands” crus (trop) renommés se flattaient de faire leur grand vin avec 30% seulement de leur vignoble (le reste passant dans un second, voire un troisième vin) ou en faisant des rendements de 20 hl/ha.
Je pense la même chose depuis toujours : un grand vin, justement, doit être grand sur l’ensemble de son territoire, et avec des rendements normaux, que l’on peut situer à 50 hl/ha pour les vrais grands vins typés médocains (surtout si l’on est planté à 10 000 pieds/ha). Ne faire son premier vin qu’avec le 1/3 de la récolte, c’est du pipeau.
On aura compris que le prix n’est pas forcément un gage de “supériorité”, et qu’il ne suffit pas de mettre 500 € sur une étiquette pour être une vedette, et encore moins un mythe. En fait, des stars, il n’y en a pas beaucoup, même si tout le monde s’approprie le mot. Vous l’aviez déjà remarqué : le rappeur du coin ou la comédienne d’un navet sont présentés comme Jacques Brel ou Marlon Brando : eh bien, c’est tout autant ridicule dans le vin.
Raison de plus pour ne plus faire confiance à des hiérarchies plus ou moins officielles (celle de Saint-Émilion me fait régulièrement sourire) et pour ne pas se retrouver avec des seconds vins aussi chers… Et puis, il y a quand même beaucoup de crus bordelais entre 30 et 50 € qui sont superbes, racés et typés, et d’autres, entre 10 et 20 €, tout aussi passionnants. Je vous renvoie à mon Classement 2009.
Allez, on se détend : ce soir, je me fais plaisir avec un Nuits-Saint-Georges Les Saints-Georges 2004 (sur une simple terrine “maison”, devant un grand film, c’est parfait).
P.S. Aujourd’hui, 10.700 abonnés vont recevoir la Newsletter de VinoVox. Pas mal en 9 mois, non ?
“Boire du vin, c’est boire du génie.”
Baudelaire
Be cool, et revenir à l’essentiel. On en a marre de cette morosité ambiante véhiculée par des journalistes qui se complaisent dans le sensationnel, noircissant autant qu’ils le peuvent la situation actuelle : “dépression”, “pire que la crise de 1929″ (ils y étaient ?), “régression”, “panique”… bref, des mots pour attirer le chaland et qui, à force, entraînent le moral à la baisse. C’est à l’animateur qui va le plus exagérer, faisant ses choux gras du séisme financier, se faisant un malin plaisir d’attiser les craintes. Si grande crise financière il y a, en effet, elles concerne -de facto- la finance, les traders et partisans de “l’argent facile” (il y en a aussi dans le vin, voir mon article). Pathétique.
Pourtant, les entreprises tournent, se développent, on travaille -vous et moi- et on voit le décalage entre le “fric” et l’entreprise, la spéculation et la réalité. Voir aussi l’excellente intervention de Jean-Claude Trichet, qui sait de quoi il parle. Je ne dis pas que tout va bien, je dis qu’il faut faire la part des choses. Il y a quand même un milliard d’êtres humains qui n’ont rien à manger, et cela permet de relativiser, non ?
Dans cette période, donc, lavons-nous l’esprit : prenez votre verre de vin préféré (pensez au vigneron qui l’a fait, si vous le connaissez, c’est plus sympa), mettez votre cd du moment, installez-vous confortablement et regardez la toile que vous pouvez avoir en face de vous (on peut aussi aller au musée : Picasso vaut le détour en ce moment et sa confrontation à Delacroix, Manet, Titien, Goya, Ingres… est vraiment hors normes).
Bref, profitez du nez et de la vue, ces sens dont on se sert -aussi- pour savourer ce “Sang de la Terre et du Ciel” qui nous est cher.
J’ai une passion pour l’art contemporain. Pour l’art en général, d’ailleurs. J’ai acheté lorsque j’avais 20 ans (à crédit, je n’avais que des dettes) mes premiers tableaux (ceux où l’espace -celui des planètes- est omniprésent) à mon ami Michel Guéranger (on allait tous les trois, avec Lionel Poilâne, à un bon nombre de vernissages), puis auprès d’une amie galeriste nantaise. Pas besoin d’argent, ni de frime, le goût, l’instinct et la curiosité primaient. Eclectique, j’ai acquis d’autres œuvres, soit directement chez des artistes, soit dans des ventes aux enchères, et, même si l’on hésite toujours à signer un chèque, le pendant vaut la peine. On rejoint ainsi le monde du vin, où l’argent n’a pas d’importance tant on se fait plaisir avec peu de chose.
C’est toujours vrai. Car l”art, c’est un tout : l’expression du génie humain, l’art de vivre, celui du vin, celui d’être gourmet-gourmand, celui des livres et de la musique, etc. L’art, c’est aimer la force des hommes et de la nature, tout ce qui crée une osmose entre le réel et l’imaginaire, et nous distingue des plantes vertes.
On a tous des périodes. Cinq peintres me tiennent donc particulièrement à cœur en ce moment : Hartung, Zao Wou-Ki, passionné notamment par l’encre de Chine (elle n’est pas superbe, cette litho ?), Poliakoff, Chillida (grandissime sculpteur, avant tout) et Soulages. Si les toiles de Chillida et de Soulages sont totalement innaccessibles, Hartung suivant de près, on peut prendre beaucoup de plaisir avec leurs estampes, dans une fourchette de prix sages (de 800 à 2.000 €).
Quatre points majeurs pour ne pas se tromper :
1/. En peinture comme en musique (idem pour les vins), on ne peut comprendre une œuvre que si l’on en connait l’histoire : il faut d’abord “apprendre” le peintre et l’apprécier, suivre sa démarche (les livres DLM, voir plus loin, sont parfaits pour cela, comme les catalogues raisonnés). Ses premières œuvres sont souvent les plus intéressantes (et les plus recherchées) : elles donnent le “la” de l’artiste, à une époque où, inconnu, il ne se répétait pas ou ne créait pas pour vendre. Sa “patte” est alors la plus forte, même si, plus tard, certains vous diront que l’aboutissement est total (rien n’est moins sûr). Par exemple, on retrouve toute la force d’Hartung dans ses créations des années 1953-1954, beaucoup plus incisives que celles des années 1975. J’ai choisi pour illustrer mon article sa gravure “Sans Titre”, de 1953 : on ressent vite sa rage contre la bêtise et la guerre qui se dégage de ces traits, d’autant plus si l’on sait le parcours de cet ancien légionnaire, blessé dans sa chair et son cœur…
2/. Il faut -outre se faire plaisir- investir dans les petits tirages (50 à 100). Après tout, si vous achetez une estampe de Chillida reproduite seulement à 30 exemplaires, vous ferez partie des 30 personnes au monde à en posséder une, ce qui n’est pas rien.
3/. En règle générale, préfèrez les Eaux-Fortes (acide employé sur une plaque de cuivre, créant des “trous” au travers desquels la peinture s’infiltre), qui ne permettent pas de revenir en arrière (la technique “sans repentir”, me précise Mireille Champetier) aux Lithographies et surtout aux Sérigraphies. Pour Soulages, par exemple, il y a chez lui un réel intérêt pour cette méthode d’expression, véritable démarche artistique, et son univers “colle” au relief du papier. Voir son Eau-Forte N°2, la seconde qu’il réalisa, très intéressante sur sa démarche future (le “noir” profond).
4/. Il faut éviter les “stakhanovistes” de l’estampe comme Dali, Bellmer, Vasarely, Ernst, Tapies ou Vam Velde, sauf s’il l’on sait vraiment reconnaître quelques œuvres exceptionnelles (il y en a chez Tapies et Vam Velde), à des périodes très précises. Les galeristes sérieux vous aideront (et les livres également).
Et l’on peut débuter avec de belles lithos très abordables (200 à 500 €) de peintres moins connus qui sont des valeurs sûres comme Tal-Coat (une démarche reconnue), Olivier Debré (plus flamboyant, mais belle maîtrise), Alicia Penalba, Raoul Ubac, Paul Jenkins (le geste est ample) ou Claude Viallat, dans un style plus neutre.
Encore plus abordables (autour de 30 €, le prix d’une sortie au ciné), les livres DLM (Derrière le Miroir) des Editions Maeght : on a ainsi accès à un artiste, à sa démarche… mieux vaut en acheter un que se payer la litho du coin tirée en offset en provenance des Etats-Unis ou que l’on trouve en abondance sur ebay. Pour quelques euros, on a ainsi le plaisir des yeux, qui rejoint celui de l’esprit. Que demander de plus ?
“L’éthique c’est l’esthétique du dedans.” Pierre Reverdy
“Par définition, de par son rôle, un système de valeurs, une éthique, doit définir ce qui ” doit être ” et non ce qui ” est “, un idéal achevé, un but à atteindre qui ne peut être l’homme lui-même. Aucun système éthique ne peut être purement utilitaire ; c’est une erreur psychologique, une contradiction dans les termes, le déni du rôle même de l’éthique.” Jacques Monod
J’ai déjà parlé dans mon dernier article du prix incautionnable de certains crus bordelais (en l’espèce, c’était Ausone), lors de l’émission de France 3 Aquitaine où j’étais l’invité.
Chaque année, à la parution de mon Guide, on se doute que j’ai de nombreux articles et interviews, depuis une trentaine d’années, ce qui ne nous rajeunit pas, je sais. Il y a notamment et régulièrement celles des stations régionales (du Cotentin au Gers) de France Bleue. Bref, Hier, c’était au tour de France Bleue Gironde et du sympathique Nicolas Fauveau.Il y avait -avant moi- un autre invité, responsable du site 1855.com, qui ne s’est pas gêné pour citer quelques-uns de ses vins en vente sur le net et “d’un excellent rapport qualité-prix”, dont le second vin Clos du Marquis. Fallait oser parler de “très bon rapport qualité-prix” : le 2002 est vendu 42,70 € (280 F pour mémoire) et pas moins de 49,55 € le millésime 1993 (je serais heureux de le regoûter celui-là) ou -mais si, allez vérifier- 94 € le 1985 !!! Tu parles d’un rapport qualité-prix… Euh, je vous rappelle qu’il y a des vins formidables à Bordeaux et ailleurs entre 10 et 30 €.
Passons. Question sur les vendanges 2008 : “n’est-ce pas un peu tard de vendanger en Octobre”. Ma réponse (à peu près) : “non, bien sûr. Nous avons la mémoire courte et sélective et les dates de vendanges traditionnelles n’ont jamais été fin août ou début septembre. Rappelez-vous, en tout cas pour la région bordelaise, des millésimes 78, 88 et 98, tous très classiques des grands Bordeaux typiques et de garde.”
Certes, on a pu s’habituer à des vendanges exceptionnellement précoces et chaudes dans les millésimes 2005 et 2003. Pourtant, à l’inverse de ce que clament de nombreux imbéciles (et spéculateurs), ce sont ces 2 millésimes qui sont atypiques. Continuons à Bordeaux -les faits sont les mêmes en Bourgogne rouges : en portant aux nues le 2003 en Médoc, par exemple, on a discrédité -pas moi, mes écrits sont là pour le confirmer- des millésimes parfaitement réussis comme les 2002 et 2004. Je me souviens notamment d’un extraordinaire millésime 2002 du Château Léoville-Barton. Les Nuits-Saint-Georges du Domaine Chevillon sont également formidables en 2002. Idem pour le 2004 dans lequel on retrouve la force de nos grands vins typés face à concurrence des vins standardisés ou “bodybuildés” : l‘élégance. Et l’élégance, c’est la signature des vrais vins, du plus grand au plus modeste. Qui n’a pas goûté un Magdelaine 2004 de Christian Moueix ou un Calon-Ségur 2004 de Denise Gasqueton n’a rien compris à cela (et aux vins).
Autrement dit, la race d’un grand Bordeaux se distingue beaucoup plus dans les millésimes classiques (voir la Vintage Code) que sont les 2007 (remarquable, et l’on a pu voir le revirement soudain de quelques “critiques” sur ce point qui s’y étaient donné à cœur -joie pour le descendre). Voir mon article de l’époque. À sa suite, les 2006 (superbes à Rauzan-Gassies, Carbonnieux, Chevalier) 2004 (somptueux Montrose, Certan de May, Trotte Vieille, Desmirail, Clauzet, Lamarzelle et Guadet), 2002 (référence à Smith-Haut-Lafitte) et 2001 (formidables Bel Air, Cadet-Piola pour Saint-Émilion, La Mission Haut-Brion en Pessac-Léognan, et Pomerol La Cabanne et Beauregard), à des prix vraiment très abordables. En fait, les 2003 sont beaucoup plus décevants 5 ans après et cela prouve que les vins “chauds” ne sont pas assez porteurs d’acidité pour évoluer convenablement et s’affiner. Bien entendu, cela vaut également pour les vins plus modestes, toutes appellations confondues.
Je le répète : l’élégance, c’est la marque d’un grand vin francais, et cela le distingue des vins trop concentrés, américains ou espagnols, dont la bouteille reste à demi-pleine, tant on est à la limite de l’écœurement, parfois. Un vrai vin, cela doit apporter ce qui compte : le plaisir des sens.
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : le 2005 est un millésime très exceptionnel, pour une raison toute naturelle : c’est pratiquement la 1ère fois où tous les vins de France ont été autant réussis, simultanément. Rares en effet sont les millésimes où les blancs et les rouges sont de grande qualité en même temps, où l’on fait aussi bon dans le Gers que dans la Loire, en Alsace ou en Languedoc. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la grande qualité de ce millésime. C’est aussi un millésime qui a créé des vins particulièrement séduisants dès leur jeunesse (à ne pas confondre avec les vins artificiellement gonflés -levures spécifiques, osmose inverse et barriques neuves à outrance…- pour être bus rapidement et qui s’effondrent en 3 ans), mais je ne suis pas sceptique sur son potentiel de garde, qui semble bien réel.
Par contre, les hausses de prix considérables pour ce millésime 2005 de certains grands crus de Bordeaux et de Bourgogne sont injustifiées : on revient donc au parallèle avec la bourse. Un critique américain se fait avoir par un bon blabla d’un œnologue malin ou d’un châtelain bien en cours : hop, il assure que l’on a fait le millésime du siècle (sans l’avoir goûté)… Des producteurs -vous ne les trouverez pas dans mon Guide- se ruent sur l’aubaine et font grimper les prix ! Un trader, c’est pareil : dès que les multinationales alimentaires lui susurrent que le blé va manquer, ce “couillon” (désolé, pas trouvé d’autre mot) va transférer des capitaux énormes (pas les siens, bien sûr) sur… les sociétés concernées de production de blé…
Gare donc aux hausses de prix abusives dans le vin. La cherté n’est pas un gage de qualité, ce n’est que du snobisme et de la frime. Partout, il y a des producteurs, bien plus attachants, qui ne se moquent pas des consommateurs (donc, de vous), et ne multiplient pas par 3 ou 5 le prix de leur vin en fonction du millésime. Ceux-là ont une éthique, comme nous, et méritent le respect.
Ils sont dans le Guide et dans Millésimes.