“Les vins français sont d’une telle variété et d’une telle splendeur que c’est presque une activité spirituelle que de les goûter.” Sieburg
Après Vinexpo, qui a fait entrer, depuis longtemps le “loup dans la bergerie”, tant il est pratiquement impossible d’y retrouver aujourd’hui de vrais vignerons (les stands sont à des prix indécents pour eux, à croire que l”on veut surtout privilégier les “gros” marchands ou syndicats, notamment étrangers), noyés dans la masse des vins de négoce standardisés (tiens, un petit article, ou celui-ci, toujours d’actualité…) et des non moins aseptisés vins d’Australie, d’Argentine, de Chine et bientôt de la lune… Les vaches n’ont qu’à bien se tenir, on peut faire pareil avec des vins (est-ce le mot ?). C ‘est navrant.
Ajoutez à cela, la morosité ambiante véhiculée par des journalistes de tv/radio qui se complaisent dans le sensationnel, se jetant sur la dernière information comme des vautours (Michael Jackson en est un bel exemple, comme le moindre sujet sur la “grippe A”), noircissant autant qu’ils le peuvent la situation. Ce ne sont plus des journalistes, ce sont des bonimenteurs. J’en ai honte pour ma propre carte de presse (N° 43.587, obtenue en 1978).
On est servi quand ils traitent de la “crise” : “dépression”, “pire que la crise de 1929″ (ils y étaient ?), “régression”, “panique”… bref, des mots pour attirer le chaland et qui, à force, entraînent le moral à la baisse. C’est à l’animateur qui va le plus exagérer, faisant ses choux gras du séisme financier, se faisant un malin plaisir d’attiser les craintes.
Ouvrez vos yeux, écoutez Anggun, faites tourner le vin dans votre verre, humez, regardez-le...
Dans cette période, donc, lavons-nous l’esprit : prenez votre verre de vin préféré (pensez au vigneron qui l’a fait, si vous le connaissez, c’est plus sympa), mettez votre cd du moment, installez-vous confortablement et regardez la toile que vous pouvez avoir en face de vous (ou imaginez). Pensez aux vrais : Turner (le roi du Paysagisme), Van Gogh (l’Expressionisme à l’extrème), pensez au Fauvisme (Gauguin…), au Surréalisme (Magritte, Masson), à l’Impressionnisme bien sûr (Renoir, Monet), à Picasso (qui d’autre pour le Cubisme ?), Da Vinci (pour la Renaissance), les maîtres du Baroque (Vermeer, Rubens, Rembrandt). Bref, profitez du nez et de la vue, ces sens dont on se sert -aussi- pour savourer ce “Sang de la Terre et du Ciel” qui nous est cher.
Mais attention à l’art contemporain… Oubliez les rigolos comme Jeff Koons (vous savez, le homard gonflable exposé à Versailles) ou Warhol (qui n’en pouvait plus de répéter ses trucages photos)… comme certains “créateurs” inconnus, dont les prix ne sont vraiment pas donnés et le talent quelque peu succinct (au hasard, ce site, celui-ci, ou celui-là, où il faudrait plutôt parler “décoration d’appartements” que d’œuvres artistiques). Bon, il en faut pour tous les goûts. Pensez plutôt aux vrais “grands” : Soulages, Tal-Coat, Bonnard, Calder, Zao, Chillida, Braque… (Miro, Dali, Giacometti ou Chagall sont beaucoup moins à mon goût, ou pas du tout). Il y en ad’autres.
Car l”art, c’est un tout : l’expression du génie humain, l’art de vivre, celui du vin, celui d’être gourmet-gourmand, celui des livres et de la musique, etc. L’art, c’est aimer la force des hommes et de la nature, tout ce qui crée une osmose entre le réel et l’imaginaire, et nous distingue des plantes vertes.
Une 2e pause musicale avec Dylan qui interprète “Knocking on Heaven’s Door” (la version de Clapton est tout aussi réussie, c’est ma chanson préférée, quand je suis à Ibiza, après un tour en moto, attablé au bar de Santa Anès (là, impérativement “una cana”, une bière, à l’ombre, face à cette superbe petite église blanchie à la chaux, à la “mexicaine”).
J’ai une passion pour l’art contemporain. Pour l’art en général, d’ailleurs. J’ai acheté lorsque j’avais 20 ans (à crédit, je n’avais que des dettes) mes premiers tableaux (ceux où l’espace -celui des planètes- est omniprésent) à mon ami Michel Guéranger (on allait tous les trois, avec Lionel Poilâne, à un bon nombre de vernissages), puis auprès d’une amie galeriste nantaise.
Pas besoin d’argent, ni de frime, le goût, l’instinct et la curiosité primaient. Eclectique, j’ai acquis régulièrement d’autres œuvres, soit directement chez des artistes, soit dans des ventes aux enchères, et, même si l’on hésite toujours à signer un chèque, le pendant vaut la peine. On rejoint ainsi le monde du vin, où l’argent n’a pas d’importance tant on se fait plaisir avec peu de chose. C’est toujours vrai.
On a tous des périodes. Cinq peintres me tiennent donc particulièrement à cœur en ce moment : Hartung, Zao Wou-Ki (j’ai choisi pour illustrer cet article la photo de l’une de ses Eaux-Forte -mon cadeau d’anniversaire, qui trône face à moi, dans mon bureau), passionné notamment par l’encre de Chine, Poliakoff, Chillida (grandissime sculpteur, avant tout) et Soulages. Si les toiles de Chillida et de Soulages sont totalement innaccessibles, Hartung suivant de près, on peut prendre beaucoup de plaisir avec leurs estampes, dans une fourchette de prix sages (de 1.000 à 4.000 €). Profite-en, les prix baissent, et les galeristes sont enclins à faire des efforts en ce moment.
Je parcoure la bio de Zao en ce moment, et vous la conseille. C’est un livre d’une grande intelligence, où la sensibilité rejoint l’humilité, la passion et le talent, ce que l’on retrouve auprès d’un bon nombre de vignerons que je soutiens.
Quatre points majeurs, donc, pour ne pas se tromper :
1/. En peinture comme en musique (idem pour les vins), on ne peut comprendre une œuvre que si l’on en connait l’histoire : il faut d’abord “apprendre” le peintre et l’apprécier, suivre sa démarche. Ses premières œuvres sont souvent les plus intéressantes (et les plus recherchées) : elles donnent le “la” de l’artiste, à une époque où, inconnu, il ne se répétait pas ou ne créait pas pour vendre. Sa “patte” est alors la plus forte, même si, plus tard, certains vous diront que l’aboutissement est total (rien n’est moins sûr). Par exemple, on retrouve toute la force d’Hartung dans ses créations des années 1953-1954, beaucoup plus incisives que celles des années 1975. On ressent vite sa rage contre la bêtise et la guerre qui se dégage de ces traits, d’autant plus si l’on sait le parcours de cet ancien légionnaire, blessé dans sa chair et son cœur…
3e pause musicale avec John Lennon, parfait à Ibiza comme à Auros.
2/. Il faut -outre se faire plaisir- investir dans les petits tirages (50 à 100). Après tout, si vous achetez une estampe de Chillida (ne comptez pas moins de 4.000 €) reproduite seulement à 30 exemplaires, vous ferez partie des 30 personnes au monde à en posséder une, ce qui n’est pas rien.
3/. En règle générale, préfèrez les Eaux-Fortes (acide employé sur une plaque de cuivre, créant des “trous” au travers desquels la peinture s’infiltre), qui ne permettent pas de revenir en arrière (la technique “sans repentir”) aux Lithographies et surtout aux Sérigraphies. Pour Soulages, par exemple, il y a chez lui un réel intérêt pour cette méthode d’expression, véritable démarche artistique, et son univers “colle” au relief du papier. Voir son Eau-Forte N°2, la seconde qu’il réalisa, très intéressante sur sa démarche future (le “noir” profond).
4/. Il faut éviter les “stakhanovistes” de l’estampe comme Dali, Bellmer, Vasarely, Ernst, Tapies. Et l’on peut débuter avec de belles lithos très abordables (200 à 500 €) de peintres moins connus qui sont des valeurs sûres comme Tal-Coat (une démarche reconnue), Olivier Debré (plus flamboyant, mais belle maîtrise), Alicia Penalba, Raoul Ubac, Paul Jenkins (le geste est ample) ou Claude Viallat, dans un style plus neutre. Encore plus abordables (autour de 30 €, le prix d’une sortie à 2 au ciné, en comptant les chips), les livres DLM (Derrière le Miroir) des Editions Maeght.
En passant votre commande, écoutez Maria Callas (sa plus belle version de Carmen) :
En ce moment, j’ai un coup de cœur pour l’œuvre (sans titre, mais à quoi sert un titre ?) d’une jeune artiste, Véronique Riboulot, un autre cadeau d’anniversaire (du pot, cette année), que j’ai installé dans mon bureau (c’est la grande toile, sur tout le mur, à gauche de la photo, aux côtés de laquelle trône la sculpture des violons d’Arman, que j’admire depuis des années, et, à droite, on aperçoit une toile de mon ami Guéranger, dont je parle plus haut). Véronique a créé un “espace” où se rejoignent un rien de mysticisme et une apogée “des corps et de la danse”, me dit-elle. Elle a raison, et mon “coup de pouce” vous incite à découvrir son travail.
Autre pause avec Lou Reed (on est quand même bien loin de la “télé réalité” et des “stars” actuelles, sans voix, sans talent) :
Côté musique, n’oubliez pas cet enregistrement (du très grand art), la voix de Billy Preston, le roi Eric Clapton à la guitare (avec les lunettes, cheveux courts), le prince Ringo Starr à la batterie (veste rouge), Sir Paul McCartney…, le top : asseyez-vous sereinement, coupez le téléphone et profitez !
Et puis, un peu de nostalgie, avec Polnareff (qui nous donne, lui, une leçon de piano) :
Ou, un coup de chapeau, à notre Johnny (que j’ai croisé il y a déjà bien longtemps, à Aix-en-Provence), qui peut être fier d’une carrière pareille :
Mais que cet intermède ne vous fasse pas croire que je sois trop gentil (ou que je n’ai pas de mémoire) : il y a aussi pas mal de déceptions cette année et beaucoup d’éliminés dans mon prochain Guide, que je viens de “boucler”. En voici quelques uns, qu’ils soient de faux-amis et/ou incompétents, snobs, mondains, mercantiles…, trop, c’est trop, et beaucoup n’ont plus rien à faire dans mon Guide. D’autres éliminés le sont, simplement, faute de m’avoir fait parvenir des échantillons, et je n’ai pas pas pour habitude de parler d’un vin sans l’avoir dégusté (d’autres le font)… Tout cela n’est pas bien intéressant, ce sont ceux qui restent (ou y rentrent) qui méritent les honneurs.
- À éviter, certains vins de Bordeaux et de Languedoc qui se rejoignent aujourd’hui : leur surconcentration, qui leur donne un goût à la limite de l’écœurement, associée à des prix inadmissibles. Voir l’article sur AgoraVox
- et, je ne m’en lasse pas : risible (je vous laisse juge), je me rappelle de cette vidéo où Marie Schyler, chez Kirwan -éliminé de mon Guide depuis quelques années, aujourd’hui chez Pichon Baron (éliminé tout autant), démontrait à son insu (de son plein gré ?) qu’il vaut mieux se taire, parfois, devant une caméra, en avouant “faire” un vin pour avoir de bonnes notes chez Parker, nonobstant toute idée de terroir et de caractère. C’est beau, la poésie.
Ne vaut-il pas mieux profiter de celle de Cervantès (Don Quichotte) :
“J’ai toujours à mon arçon, dit l’heureux interlocuteur de Sancho, d’un côté une bonne cantine de viandes froides, de l’autre cette bouteille que j’aime, que je chéris et que j’embrasse à tout moment.
- Monsieur, reprit Sancho d’une voix tendre, voulez-vous bien me permettre de l’embrasser une fois ?” L’inconnu remit alors la bouteille dans ses mains. Sancho la porte à sa bouche et, se renversant sur le dos, il se met à regarder les étoiles et demeure au moins un quart d’heure dans cette position qui lui plaisait. En se relevant, il fait un soupir, laisse tomber sa tête sur son sein.
“Ah! monsieur, dit-il, ah ! monsieur, c’est lui ! je le reconnais: Il est de Ciudad-Real! - Vous avez raison, c’est de là qu’il est; de plus, il a quelques années.
- À qui le dites-vous? Mon Dieu! Il n’y a pas de vin dont je ne devine, à la seule odeur, le pays et la qualité; c’est une vertu, un don de famille.”
Classé 1er Grand Vin cette année. Propriété de 30 ha (60% Cabernet-Sauvignon, 39% Merlot et 1% Cabernet franc). Denis Lurton est sympathique et passionné, et s’attache à laisser s’exprimer au mieux son terroir, en proposant des vins comme on les aime, qui bénéficient d’un bien beau rapport qualité-prix-typicité.
- Margaux 2005 : belle matière, au nez puissant de cassis et de sous-bois, très dense, aux tanins veloutés …
Un domaine de 25 ha (moitié Cabernet, moitié Merlot), entièrement restructuré (construction d’une cuverie moderne, d’un chai à barriques…). Beau Haut-Médoc 2005, de robe pourpre soutenu, d’une belle concentration, aux notes de griotte mûre et d’épices, un vin qui allie harmonie et richesse, de garde. Le 2004 est un vin dense où domine l’élégance et la finesse, aux nuances de truffe et de fraise des bois, tout en bouche. …
Talentueux et passionné, Roland Charbonnier, nous précise : “En 2006, nous avions vendangé dans de bonnes conditions, la saison avait été correcte il a fait un peu moins chaud qu’en 2005. Le vin est classique, franc, tannique avec du fruit et de la fraîcheur, un vin friand, aromatique, bien marqué par le Merlot, un vin qui me plaît beaucoup, de bonne garde. En 2007, j’ai eu peur que l’on ne produise pas de vin, puis le mois de …
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Filhot (62 ha de vignes, sol de graves, d’argile et de sables sur un plateau calcaire, 60 Sémillon, 36% Sauvignon blanc et 4% Muscadelle) est un cru où l’élégance prédomine toujours sur la “liqueur”. En 2007, nous précise Gabriel de Vaucelles, les vendanges ont commencé dans des conditions difficiles mais le mois d’octobre a été très favorable, et tout s’est très bien …
La famille Dourthe, d’origine landaise, se dédie à la viticulture et à l’élaboration de vins fins depuis le milieu du XIXe siècle. Philippe Dourthe est passionné par les grands terroirs viticoles et la production de vins de haute expression et représente la 5e génération. C’est un personnage emblématique du vignoble médocain, et sa forte personnalité et son franc-parler sont réputés. Ses enfants, Caroline, Pascal et Magali, …
En 1990, Philippe et Brigitte Tribaudeau décident d’élaborer et de commercialiser eux-mêmes leur vin. Des investissements importants sont réalisés pour la construction d’un chai de vinification. Dans le même temps la priorité est donnée à la préservation des plus vieilles parcelles par une complantation régulière. L’acquisition de lots de vignes anciennes détermine la volonté des propriétaires de primer la qualité. Leur …
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Michel Bardet conjugue humilité et talent, et conduit les vendanges et les vinifications avec ses sœurs, descendants d’Albert Grivault et copropriétaires associés. Excitez donc vos papilles avec ce grand Meursault Clos des Perrières 2004, au nez subtil, tout en nuances, aux connotations caractéristiques de tilleul et de miel, ample, de bouche très persistante, qu’il faut savoir attendre. …
Propriété de 13,5 ha, qui s’étend entre les croupes graveleuses de Pomerol et le plateau calcaire de Saint-Émilion. Ici, on recherche l’expression des différents terroirs de la propriété et le respect de leur typicité (taille raisonnée, vendange en vert, vinification en cuves béton thermo-régulées, élevage en fûts durant 12 mois). Vendanges manuelles, très longues macérations (20 à 30 jours), élevage en fûts de chêne, …
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Montrose est un très grand vin, lent à se faire, certainement l’un des plus beaux vins de la région, qui reste à un niveau de prix très justifié et devrait faire rougir les “cuvées de garage”. La force de ce cru, c’est ce vignoble qui est implanté sur une croupe graveleuse très bien exposée, composée de grosses graves pyrénéennes liées par du sable ferrugineux sur 3 à 4 m de …
Incontetablement au sommet. Anthony Barton est l’une des grandes figures de la région, loin des modes et garant de la grande tradition médocaine où l’élégance prime (voir encadré). À la dégustation, les vins sont certainement l’archétype de ce que doivent être des grands crus de Saint-Julien. Ils présentent une belle robe de couleur profonde, sont très équilibrés et amples, révèlent un joli bouquet aux arômes très fins …
Classé 1er Grand Vin, tant la qualité de ce cru s’associe à une gamme de prix vraiment très attractifs, ce qui est de plus en plus rare ici. Les enfants de Paul Quié, Anne-Françoise et Jean-Philippe, se passionnent comme lui pour ce superbe Margaux 2005, coloré, très réussi, structuré, élégant, avec des tanins veloutés, qui allie distinction et richesse, de belle garde, naturellement. Le 2004, au nez présent avec des notes de …
Dégusté sur place, ce Saint-Émilion GCC 2004, vraiment exceptionnel, d’une belle robe pourpre et limipide, au nez de fruits noirs, de réglisse, un vin long, rond, plein, généreux et élégant, très fin et très prometteur. Le 2003 est très représentatif de ce grand millésime. richesse et complexité le caractérisent. Couleur pourpre, nez confit, tanins harmonieux, un grand vin typé, au nez dominé par les petits fruits noirs …
Savouré sur place, ce grand Pessac-Léognan rouge 2005 (45 % Merlot, 45 % Cabernet-Sauvignon, 8 % Cabernet franc et 2 % Petit Verdot, vinification 3 à 5 semaines en cuves inox et bois thermorégulées et élevage en fûts de chêne durant 15 à 22 mois), très jeune, bien sûr, de couleur pourpre, au nez où s’entremêlent des notes de cannelle et de fruits macérés, un vin riche, d’une belle longueur, d’une base tannique imposante, …
Si le commerce portuaire est à l’origine de sa prospérité, il a fallu attendre le xviiie siècle et l’abandon du privilège de Bordeaux pour que Pauillac renaisse comme port du vin. Son modelé exceptionnel caractérise le terroir : le nombre élevé et le moutonnement de ses croupes en font une réussite morphologique tout à fait unique. Des conditions très favorables y ont facilité la dissection de la nappe de graves. Ces graves …
Au sommet. J’apprécie et soutiens depuis longtemps cette maison familiale dont les grandes cuvées sont à des prix qui devraient faire réfléchir (et gêner) un bon nombre d’autres marques. Voir mon important article, Champagne : la nouvelle donne pour acheter en connaissance de cause…
Faites-vous donc plaisir avec ce Gosset Grand Millésime 99, issu d’une sélection des crus les plus prestigieux et d’un assemblage …
Au sommet, naturellement. Ce Saint-Émilion 1er GCC est un bel exemple des grands vins de terroir (le sien se situe sur un rocher avec seulement 30 cm de terre). Superbe 2005, de couleur intense, racé, un beau vin concentré, au nez intense, tout en nuances aromatiques (fraise, cerise, myrtille), où dominent la réglisse et les épices, de bouche riche, un vin où toute la puissance de ce très grand millésime joue à plein, de garde. Le 2004 est un grand millésime, concentré mais très fin, très équilibré, aux tanins riches et soyeux, au rouge profond, de belle et prometteuse évolution. Remarquable 2003, puissant, tout en bouche, au nez complexe où dominent les groseilles et l’humus, associant concentration et finesse, bien charnu, richement tannique. Le 2002, de belle robe rubis intense, est très équilibré, riche et subtil au nez comme en bouche, aux nuances de fruits macérés et de sous-bois. Superbe 2001, très typé, au nez dominé par le cuir et les framboises, d’une belle concentration, qui allie distinction et richesse, un beau vin ample, de garde. Le 2000 est un très grand vin de couleur profonde, au bouquet subtil où dominent le pruneau et les épices, mêlant élégance et charpente.
Philippe Castéja est propriétaire de plusieurs crus remarquables qui bénéficient de prix très sages. La typicité prime ici, loin des vins de mode, et c’est ce qui compte. Autre exemple avec ce très beau Pauillac Château Batailley 2005, riche en couleur comme en matière, charnu comme il se doit, au nez intense, tout en complexité, très aromatique (fruits mûrs, sous-bois, épices…), qui devrait tenir toutes ses promesses. Le 2004 est de belle robe profonde, aux arômes persistants de petits fruits rouges mûrs avec des notes d’épices, un vin d’une grande structure, avec des tanins riches, une très belle finale, très prometteur. Superbe 2003, de belle robe pourpre, aux notes d’épices et de sous-bois, aux tanins puissants et savoureux à la fois, de très bonne garde.
À la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés. Vous aimerez comme nous leur Champagne brut Grand Cru Réserve (70% Pinot noir et 30% Chardonnay), qui allie richesse aromatique et persistance, très bien dosé, aux notes de fleurs et de fruits (abricot, pêche), très élégant, de belle robe, classique et intense, d’une grande harmonie au nez comme en bouche, une cuvée très charpentée mais très fine, parfaite sur une langouste. Belle cuvée E.R tête de cuvée, bien corsée, harmonieuse au nez comme en bouche, aux senteurs d’agrumes, à la mousse fine et distinguée, fruitée, d’une jolie finale au palais Le Millésime 98 est un Champagne d’une belle couleur or, avec des arômes bien présents de fruits mûrs, des notes de tilleul et de miel, finement bouqueté et parfaitement charpenté, d’une grande élégance. Le brut Millésime 2000 (80% Pinot noir et 20% Chardonnay) est de robe jaune doré, alliant puissance et structure, aux parfums de fruits frais et d’épices, d’une grande finale complexe, d’une belle maturité et d’une séduisante longueur en bouche. Savoureux Champagne rosé, pur Pinot noir, est tout aussi réussi, de jolie robe, tout en charpente, bien fruité au nez comme en bouche, que je vous conseille sur un dessert au chocolat. Beau rapport qualité-prix-plaisir.
Cette année, avec ce millésime 2007, nous allons avoir l’occasion de voir l’art des vignerons, la force des terroirs et de revenir vers des vins plus classiques, mieux équilibrés, plus élégants. Il faut comprendre que la force de nos vins, c’est justement d’apporter une finesse qu’un bon nombre de concurrents ne peuvent s’offrir. Qu’est-ce qui différencie en effet un vin français d’un autre ? On a les mêmes cépages, les mêmes techniques de viticulture et d’œnologie… Il y a trois paramètres qui font la différence :
- les sols. À l’exception de l’Italie, aucun autre pays ne possède une aussi grande palette de terroirs, dans lesquels on a su planter -c’étaient souvent des moines- les cépages adéquats. Les exemples pullulent, partout : à Chablis (sols kimméridgiens), en Champagne (la craie, le calcaire), en Bourgogne (pierrosité, marnes rouges ferrugineuses, marnes blanches, sols bruns calcaires…), dans la Vallée du Rhône (molasses, quartz roulés, argiles rouges…), dans la Loire (terres argilo-siliceuses -les fameux”silex”, schistes, plateau calcaire -le “‘tuffeau”, craie marneuse…), à Bordeaux (sols graveleux, graviers, croupe de graves garonnaises…), etc.
- les climats. Quels sont les autres vignobles qui possèdent autant de variations climatiques ? Faut-il rappeler l’influence du mistral en Provence et dans le Rhône, de la forêt en Champagne, de l’océan ou des fleuves à Bordeaux, des positions des vignes sur les versants en Bourgogne comme leur altitude en Alsace, de la méditerranée et du vent en Languedoc, etc.
- les hommes. On a des vignerons dont les ancêtres faisaient du vin il y a plus de 500 ans ! On a des hommes et des femmes qui parviennent -malgré les modes et les appels des “sirènes”- à rester au plus haut niveau depuis des décennies, bien avant que l’on imagine même de pouvoir planter des vignes en Australie ou en Californie, bien avant que l’on nous chante les louanges des vignobles de Nouvelle-Zélande, d’Argentine ou de Roumanie.
Bref, on sait non seulement faire du bon vin, ce que tout le monde peut faire, je vous l’accorde, mais on sait surtout faire des vins racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon, déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux.
C’est cela notre force : la différence, la variété, l’originalité… La typicité, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un micro-climat, d’une plante et d’un homme.
Vous comprendrez que l’on est loin des producteurs qui se disent “modernes”, “révolutionnaires”, “découvreurs”, trop imbus d’eux-mêmes… et nous abreuvent de produits standardisés, au goût régulier chaque année, confondant le principe de se servir des techniques modernes pour “coller” à la nature et celui de les utiliser à outrance (surmaturation, surconcentration…).
Nous, on aime les vins qui ont une âme, qu’ils valent 7 € ou 100 fois plus, élevés par des vignerons conviviaux, passionnés et humbles face à la nature. Ces vignerons ont du talent et sont dans ce numéro.
Brigitte Dussert : quelle est votre analyse sur la qualité du millésime 2007 dans la région libournaise, Pomerol, Saint-Émilion…
Patrick Dussert-Gerber : dans le Libournais, il faut se faire plaisir avec les très beaux millésimes 2004 et 2001, éclipsés à tort par les 2003 et 2000. Quelques crus ont remarquablement réussi le 2003, d’autres beaucoup moins, notamment ceux qui sont trop “confiturés”.
Un certain nombre de crus pratiquent des prix qui ne sont pas du tout justifiés et sombrent dans le ridicule.
À Saint-Émilion, si certains se flattent ici d’élever des cuvées très “spéciales”, il faut plus que jamais tirer un coup de chapeau aux propriétaires de talent qui élèvent les véritables grands vins de Saint-Émilion, satellites compris, du plus grand des grands crus au plus modeste rapport qualité-prix.
N’oubliez pas : ici, les terroirs sont très différents et les appellations ne sont pas forcément le sésame pour ouvrir les meilleurs portes.
Pour s’y retrouver, notre Classement est devenu “la” référence en la matière. Ici, quelque 1 000 crus s’échelonnent du Premier Grand Cru classé à la simple AOC Saint-Émilion, en passant par le Grand Cru classé et le Grand Cru, sur des territoires totalement différents…
- Le secteur le plus simple à définir, historiquement et géologiquement, c’est celui du plateau qui culmine à quelque 100 m d’altitude, caractérisé par des coteaux et des pentes aux expositions variées et aux sous-sols tout aussi variés (dépôts marins et continentaux, calcaires marins à astérie, molasse…), qui font la diversité de son terroir et la typicité de chaque cru.
- Le deuxième secteur est celui qui se rapproche de Pomerol. Ici, les châteaux possèdent leur propre personnalité, et les sols sont des graves profondes, plus ou moins riches en argiles, en silices et en sables selon les sols, en alios en sous-sols.
- Le dernier secteur s’étend sur la plaine de la Dordogne, autour de Libourne (les sables), des communes de Vignonet et de Saint-Sulpice-de-Faleyrens, des territoires issus de formations alluviales qui se trouvent de l’autre côté de la nationale Libourne-Castillon, où les sables sont également omniprésents, avec des graviers. On y fait généralement des vins plus souples, l’exception confirmant bien évidemment la règle.
On comprend aisément que les vins de “plaine” auront beaucoup plus de difficulté pour sortir un millésime 2007 correct que ceux qui s’adossent à des coteaux.
Chaque fois que je viens à Saint-Émilion en prenant la route de Sauveterre (facile de vérifier), j’avoue que j’ai toujours un sourire quand je vois certains crus dont les vignes ont vraiment “les pieds dans l’eau” dès qu’il pleut. On est loin des terroirs en vallons de Montagne-Saint-Émilion, pour exemple…
Quand on voit le dynamisme et le savoir-faire commercial (c’est-à-dire proposer un vin à un prix cohérent, du plus modeste au plus grand) de nombreuses appellations françaises moins connues et d’un bon nombre de pays étrangers, on comprend que quelques vins dont la notoriété est aujourd’hui dépassée puissent se faire du souci.
Brigitte Dussert : le millésime 2007 a été critiqué dès le mois de septembre, avant les vendanges, notamment à Bordeaux ? Qu’en-est-il ?
Patrick Dussert-Gerber : c’est navrant. Je l’ai déjà écrit dans mon Blog, début Février : on juge sans savoir, sans avoir rien goûté, pas enquêté, pas suivi l’évolution des raisins, ni les vendanges, ni les sélections, pas vu les efforts des hommes, les éclaircissages, ni les tris, rien compris à l’influence des terroirs cette année, celle du calcaire ou des graves en sous-sol, rien vu de le réactivité du Cabernet-Sauvignon, pas saisi la résurgence de l’acidité, pas assimilé ce long cycle végétatif, ni les vinifications… Il y a des critiques trop imbus d’eux-mêmes qui disent n’importe quoi, ils se sont découverts à cette occasion..
D’une manière générale, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le millésime 2007 est relativement classique.
Il faut comprendre que, ces dernières années, nous nous sommes habitués à goûter des millésimes “très chauds” dû, au réchauffement climatique peut-être, en tout cas à des millésimes particulièrement précoces. Les viticulteurs se sont habitués à récolter des raisins très mûrs, il y a même eu des millésimes très atypiques comme le 2003, voire le 2005, même si c’est un grand millésime. On a oublié que les grands vins français avaient -aussi- besoin d’une bonne acidité.
Les vins ne doivent pas être alcoolisés, j’ai le recul de trente années d’expérience professionnelle et, que ce soit dans la Loire ou à Bordeaux, on ne faisait pas de vins ultra-concentrés, trop riches. Même à Châteauneuf du Pape, voire en Languedoc, où les vins sont charnus et colorés, ils doivent conserver et associer finesse et densité, et ne pas être uniquement des vins gorgés d’alcool, trop capiteux.
Ce sont ces qualités qui caractérisent les vins français, par rapport aux vins américains ou espagnols qui sont des vins plus lourds par manque d’un équilibre d’acidité.
Souvent, on oublie que ce sont les meilleurs terroirs qui donnent l’acidité. Dans un millésime plus délicat comme le 2007, on va se rendre compte que dans les territoires de Bordeaux, de Bourgogne ou de Champagne, les vins les plus réussis, les plus grands, seront les vins issus de vrais terroirs qui assimilent la différence climatique, où la vigne a eu le moins de stress hydrique, et c’est ce qui fait toute la différence.
C’est un millésime qui fait honneur aux grands terroirs, si vous avez de vieilles vignes en coteaux, sur des croupes ou sur des plateaux avec un bon terroir filtrant, vous aviez tous les atouts pour faire un très bon 2007. Par contre, si les terres sont trop riches ou dans les bas-fonds, dans un millésime comme 2007, cela ne pardonne pas. C’est vrai dans tous les vignobles.
Brigitte Dussert : vous voulez dire que c’est un millésime où l’on n’avait pas droit à l’erreur ?
Patrick Dussert-Gerber : cela veut tout simplement dire qu’il faut vivre avec la nature, accepter ses aléas, profiter justement des nouvelles techniques pour mieux les combattre, mais toujours différencier chaque millésime, lui rendre son style, et les techniques ostentatoires ne servent pas à grand-chose si l’on n’a pas un terroir. La priorité, c’est laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature, en l’accompagnant quand il le faut.
Le vin, c’est comme la vie : un peu de poésie, l’empreinte d’une origine, quelques notes de souvenirs, un zeste de sensualité, de la mesure et du respect. Il faut aussi être sensible à tous les vins, aller sur place, dans toute la France, et ne pas se contenter de dégustations mondaines, qui masquent la réalité du terrain.
Des millésimes comme ce 2007 permettent de cadrer le monde du vin. Ils remettent les “pendules à l’heure”. Pas question de jouer les apprentis chimistes dans un millésime comme celui-ci, c’est le travail dans les vignes, la force des terroirs et l’assiduité des vignerons qui font le succès. C’est beaucoup trop facile de réussir un 2005. Savoir élever un vin, c’est réussir son 2007.
D’ailleurs, les vins typés, de toute la France, que l’on goûtait il y a 25 ans n’ont pas tellement changé, ils étaient bons et ils le sont toujours, avec cette empreinte très forte de leur terroir.
Brigitte Dussert : le terroir, le talent des hommes, les soins apportés aux vignes… sont donc les “secrets” d’un beau 2007 ?
Patrick Dussert-Gerber : l’élégance prime cette année. Tout le monde apprécie en effet de déboucher des vins qui s’accordent parfaitement aux mets et ne sont pas lourds, des vins aromatiques mais pas surpuissants.
C’est aussi cela la force des vins français, on se fait plaisir à table, on ne les boit pas en-dehors des repas, comme un whisky ou un cognac, à l’apéritif ou en digestif comme le font les américains ou les asiatiques.
Nous revenons, avec les millésimes 2006 et 2007, à des vins élégants. Ceux qui ne connaissent pas bien la force des terroirs français se méprennent avec le 2007, il ne faut pas oublier que c’est toujours le mois de septembre qui fait le vin à Bordeaux et non pas le mois d’août, et je précise aussi que la notoriété de tous nos vins typés français, c’est leur élégance, leur finesse et non leur concentration.
Ce seront donc les grands terroirs qui feront les meilleurs 2007, mais pas uniquement les plus connus, car il y en a de beaux terroirs partout dans le bordelais : en Côtes de Bourg, à Blaye, en Bordeaux Supérieur, à Montagne Saint-Émilion… Les vignes plantées n’importe où, dans les palus du Médoc ou les plaines sableuses de Saint-Émilion ne donneront qu’un tout petit millésime 2007… C’est normal, la nature reprend ses droits, et c‘est très bien comme cela.
Et puis, à l’exception de territoires bien spécifiques propices au Merlot (certains vins du Libournais seront remarquables), le 2007 est surtout le millésime du Cabernet-Sauvignon, mais aussi du Cabernet franc, un cépage difficile comme le Petit Verdot, qui se sont particulièrement bien exprimés cette année.
Ce qui différencie un vrai vin (le prix n’entre pas en compte alors) d’un simple produit aseptisé, rouge ou blanc, c’est donc ce qu’il nous apporte : le plaisir.
Et l’on ne se fait pas plaisir quand on débouche certains vins “modernes” ou à la mode. L’abus de la barrique neuve en est un exemple type. Rares sont les vrais grands vins qui dépassent 50 à 70% de barriques neuves, et, eux, ont un terroir qui permet de sortir des vins qui “tiennent” autant de pourcentage de fûts neufs.
Il est aisé de comprendre qu’un élevage à 100% en barriques neuves ne peut que produire des vins trop boisés, imbuvables, certains à la limite de l’écœurement à cause, en plus, d’une concentration à outrance. Les années trop chaudes n’arrangent rien.
Ce 2007 laisse s’exprimer en priorité le fruit. Je n’aime pas goûter les vins trop jeunes, mais je l’ai fait cette année pour vérifier, au hasard des fûts. J’ai constaté avec plaisir que les vins ne sont pas masqués par le bois, cela prouve qu’il y a une structure réelle.
C’est vrai que ce 2007 demande du savoir-faire, et ne pas mettre le vin 100% en barriques neuves, préférer des barriques de peu de chauffe et oublier les barriques en chêne américain… Il fallait adapter la vinification et l’élevage pour garder le fruit et la finesse du vin, c’est tout un art, j’en conviens, et c’est cela que j’admire et respecte.
Soyons clair : tout le monde se rappelle du temps exécrable de Juin à mi-aout 2007. Concernant la qualité du millésime, on pouvait s’attendre à une année très médiocre, qualitativement et quantitativement. Évidemment, quelques “devins”, par mauvaise foi et/ou par ignorance, des “confrères”… se sont empressés de déniger le millésime. Pourtant, le mois de septembre a été déterminant. Voici ce qu’il faut donc retenir, succinctement, dans toute la France, en tenant compte que les rendements seront plus faibles :
1/. Les régions qui feront un grand millésime sans problème sont la Provence, le Rhône et le Languedoc, grâce au beau temps et surtout au mistral.
2/. Les vins blancs secs, partout (peut-être avec une exception, : l’Alsace, où il faudra frapper à la bonne porte), ont toutes les chances d’êtres superbes, à Chablis comme à Sancerre, en Bourgogne comme à Bordeaux.
3/. Les liquoreux, Sauternes en tête, mais aussi les vins de Loire, d’Alsace et du Sud-Ouest, seront exceptionnels, tant les vendanges tardives l’ont effectivement été, par la force des choses.
4/. Les vins rouges des régions où la qualité globale sera la plus “délicate” sont globalement ceux de la Loire, du Beaujolais, de la Bourgogne, du Sud-Ouest et de Bordeaux. Là, seuls les meilleurs vignerons, dans le strict sens du terme, c’est-à-dire ceux qui surveillent la vigne de près, ont réussi des prodiges, que cela plaise ou non. À Bordeaux, c’est vrai dans l’ensemble des appellations, car Merlot et Cabernets, se sont respectivement bien développés, et il serait naïf de dire que l’un s’est mieux comporté que l’autre. Il fallait aussi avoir de beaux terroirs pour espérer faire de bons vins, maîtriser ses traitements, travailler ses effeuillages, etc… les années plus difficiles faisant toujours la différence entre les territoires, et accordant une plus-value essentielle à la main de l’homme.
Pour Bordeaux, j’y vis, donc j’ai suivi toutes les étapes du 20 août à la fin octobre, à l’inverse de quelques idiots qui parlent d’un salon parisien ou de New-York… J’ai déjà goûté à Saint-émilion, dans les Graves… Eh bien, le 2007 sera un millésime où il y aura de tout. Pour les hommes et les femmes les plus rigoureux, ce millésime est vraiment savoureux, un vin de plaisir, un vin de vigneron, un vin de talent. Je ne résiste pas à vous passer l’interview par mon épouse, Brigitte, de mon ami Olivier Bernard, du prestigieux Domaine de Chevalier (sur la photo, dans ses vignes), qui sait de quoi il parle :
“C’est indéniable, c’est cette belle arrière-saison qui a fait le millésime. Tout a progressé doucement, nous donnant le temps d’attendre. Au Domaine de Chevalier, nous avons vendangé, les premiers Merlots début octobre et les derniers Cabernets-Sauvignons (superbes) le 17 octobre, ce qui est très tard. Nous avons assisté en 2007 à un cycle végétatif très long de 7 mois, du début avril à fin octobre. C’est ce long développement qui a été très positif pour le raisin. Dans les vignobles de l’hémisphère sud il fait parfois trop chaud, le cycle est très court, le raisin est rapidement “cuit ” et les baies sont souvent ramassées à des degrés trop élevés. Pour que les peaux s’affinent et que les tanins s’adoucissent, il faut un cycle long, une progression douce, constante, sans excès. Nous avons la chance, ici, d’avoir les conditions climatiques idéales pour faire de grands vins. Il faut un parfait équilibre naturel entre fraîcheur nocturne et ensoleillement le jour, brouillard le matin et sécheresse au zénith.
Autant, il faut de grands années chaudes pour faire de grands rouges, autant pour les blancs, les années trop chaudes ne sont pas favorables. Le 2007 sera l’un des plus grands Domaine de Chevalier Blanc. Une très bonne acidité, beaucoup de fraîcheur, un équilibre magnifique qui promet de la complexité et de l’élégance, une explosion de fruits (pamplemousse, rose, citron, coing, ananas), un vin très complet, une grande expression du millésime.”
Mes sélections sont sévères cette année, tant il y a des crus trop chers et d’autres à des prix déments dans la région, difficilement cautionnables désormais, souvent “ciblés” pour l’export, intelligemment délaissés en France comme en Belgique. Certaines maisons “historiques”, dont beaucoup ont changé de mains, ne vivent que pour le dollar, le yen ou le rouble… Passons également sur un élevage en bois neuf souvent outrancier pour le Pinot noir, e, toujours, pour plaire aux américains. En fait, ce n’est pas un problème de prix, mais bien de rapport qualité-prix-typicité. Une bouteille simplement “bonne” à 30 € (minimum) ce n’est plus acceptable, voilà tout ! Et, connus, anciens, réputés ou non, il s’agit vraiment de faire attention à certains noms dans la région pour ne pas se faire avoir. La notoriété, comme à Bordeaux, ne suffit plus.
Pourtant, les vins de Bourgogne que j’estime et soutiens méritent leurs prix, à 15 € comme à 25 €, à 50 € comme à 100 €, certains dépassant même cette limite pour l’extraordinaire millésime 2005, où la demande est mondiale. Il suffit de comparer leur qualité intrinsèque à d’autres vins de mode totalement surcotés que l’on trouve en Languedoc, dans la Vallée du Rhône et à Bordeaux pour s’en assurer.
La force des terroirs est donc omniprésente ici, et on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du terroir associé à une convivialité exemplaire, et c’est ce qui compte ici, tant cela peut manquer dans d’autres régions. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre. On partage un moment (et on boit un “canon” en même temps) avec ces vignerons talentueux et passionnés, souvent très discrets, mais avec lesquels on partage, quand on les connaît, une convivialité rare.
Ici, il y a donc les incontournables qui élèvent quelques-uns des plus grands vins rouges du monde (Lamarche, d’Angerville, Trapet, Moillard, Rebourseau, Philippe Leclerc, Chevillon, Monts-Luisants, Bourrée…), ou blancs bien sûr, tant cette catégorie ne supporte pas de comparaison (Clos des Perrières, Ampeau, Jaffelin, Antonin Guyon, Clos des Lambrays, Chandon de Briailles, ou Tremblay, Guy Robin, Pinson à Chablis…); d’autres avec des vins vraiment exceptionnels pour leur rapport qualité-prix-typicité (Blondeau-Danne, Michel Prunier,Marey, Marc Rougeot, Bachelet, Girard, Prieur-Brunet, Jomain, Alain Patriarche, Joliot, Doudet-Naudin, Audoin…), et enfin un véritable vivier de crus qui méritent une commande, que l’on retrouve notamment dans ma catégorie des Deuxièmes Grands Vins Classés, dans l’ensemble des appellations.
Bien sûr, il s’agit de savoir faire le bon choix, tant la complexité des classements en crus, clos, climats, et le fait qu’un vigneron puisse posséder une multitude de crus dans un périmètre très restreint (quelques ares…) ne peuvent que multiplier les différences. La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente. Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot noir ou Chardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ?
Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime.
Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons. Globalement, les Grands Crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers Crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle.
Bien entendu, ici comme ailleurs, quelques producteurs élèvent des vins trop “travaillés” (et bien chers) où le fût neuf est employé à l’extrême, ce qui n’est pas pour arranger le Pinot noir notamment, qui demande de la finesse. Il en va de même pour certains blancs, où la barrique (et tout le baratin que l’on va vous raconter) ne remplace pas le terroir…
Mes Classements 2008, en blancs comme en rouges, vous permettent de faire le point, en tenant compte qu’il existe une véritable hiérarchie interne à chaque catégorie et qu’il ne faut pas comparer, bien sûr, un classement d’une appellation à celui d’une autre appellation.
Une place de choix dans le Classement 2008. J’apprécie Brigitte et Claude Hamm depuis un bon bout de temps. Ils peuvent être fiers de ce superbe Champagne cuvée de Prestige Signature Hamm, de jolie robe dorée, aux arômes de pain grillé et d’abricot, de bouche riche, bien équilibré en acidité, d’une jolie finesse, très parfumé en bouche, à la mousse fine et distinguée, vraiment savoureux. Excellente cuvée Réserve Premier Cru brut, un Champagne intense et vif, très harmonieux, très aromatique au nez comme en bouche (jasmin, pêche, amande), tout en fraîcheur au palais. Excellent Sélection brut, aux nuances de miel et d’abricot, de bouche veloutée, de mousse fruitée et abondante, tout en persistance et un très séduisant rosé brut. Pour les gourmandises, ce Hamm Dessert, qui accompagne merveilleusement les tartes aux fruits, un bel assemblage vieilli en cave, de jolie mousse, rond et fruité en bouche, de bonne bouche florale, légère et ronde à la fois, aux arômes subtils de miel et de fruits mûrs, tout en onctuosité. Beau Champagne Millésimé 99, typé, ample et parfumé, avec des notes d’agrumes bien typiques, de bouche dominée par les fruits cuits et les petits fruits secs, légèrement miellée comme il le faut, tout en persistance aromatique, d’une belle longueur au palais. Exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir.
Mon ami (de 30 ans) Jean-François Moueix est le propriétaire de ce cru mythique. Cultivant l’humour et la discrétion comme d’autres le snobisme et l’esbroufe, il poursuit une politique exemplaire, qualitative certes, mais aussi commerciale, puisque c’est lui, et lui seul, qui vend Petrus (le cas est unique ici), notamment au travers de sa prestigieuse maison Duclot, ou de ses nombreuses autres entreprises (boutiques l’Intendant et Badie à Bordeaux, Châteaux Cash & Carry en région parisienne…) et un bon nombre de grands vins bordelais peuvent rendre aussi hommage à son impartialité et à sa fidélité envers eux, année après année.
On ne peut contester que Petrus fait partie de la petite poignée des plus grands vins rouges du monde, et des 3 ou 4 plus grands crus bordelais, à un prix lui aussi hors normes, certes. C’est l’archétype des grands crus où le terroir crée cette osmose exceptionnelle avec le cépage et les hommes et on comprend qu’il ne puisse qu’aiguiser la jalousie d’un bon nombre de producteurs médiatiques, libournais, médocains ou étrangers, qui ne peuvent, eux, faute de terroir et d’humilité, que se contenter de faire mariner à outrance leur vin dans des barriques en croyant qu’ils font une cuvée digne de ce nom… La surconcentration n’est pas un gage de grand vin et l’élevage abusif en fûts neufs non plus (Petrus n’en utilise que 50 % en moyenne).
Ce Pomerol 2004 est splendide, dans la grande tradition bordelaise, et l’on ne peut que regretter que ce millésime se situe entre les 2005 et 2003, la mode risquant de le laisser à l’écart (confer la grande dégustation, à Libourne). À ses côtés, ce 2003, un vin dense, tout en harmonie, riche au nez, avec ces notes de mûre et d’humus, et des nuances de cuir et de pruneau en bouche, aux tanins fermes mais toujours très savoureux, de grande garde. Le 2002 , intense et chaleureux, très charpenté mais très élégant, est de robe intense, aux nuances de vanille et de cassis, un vin racé et corsé, concentré au nez comme en bouche, très équilibré. 2001 : truffe, fruits macérés, humus… sont les premières sensations de ce très grand vin, le “velours” à l’état pur, où cette structure impressionnante sait se fondre dans une distinction incroyable, qui lui confère un potentiel d’épanouissement réellement exceptionnel, de très grande garde. 2000 : une structure de cathédrale. Puissance et distinction, chaleur et ampleur, une très grande complexité d’arômes (cuir, griotte confite…), un vin d’une grande harmonie, d’une très belle matière en bouche, majestueux, de très grande garde. 99 : la saveur même. Complexe et gras, aux tanins présents, riche et parfumé en bouche, un beau vin charnu, charmeur, qui fleure les épices et les fruits frais, alliant puissance et finesse, dont le velouté est très caractéristique des vins de Pomerol. 98 : exceptionnel. D’un très grand classicisme, de couleur intense avec des senteurs de truffe, de champignon, un côté animal, de cuir, vraiment superbe, encore jeune, complexe, de lente évolution. 97 : remarquable. De robe pourpre foncé, aux arômes prononcés de musc, de truffe, de fraise des bois, aux tanins soyeux, de bouche généreuse, un vin très savoureux, d’excellente évolution.
Champagne Brut Rosé
Ce vin à la robe saumonée très pâle, présente un nez délicat dans lequel on retrouve l’élégance et la fraîcheur du Chardonnay, avec une touche de cerise complexe et fondue apportée par les Pinots. Des notes de cassis explosent en bouche.
Parfait au cours d’un repas composé de viande blanche, ou en dessert, comme un gratin de fruits rouges. Peut-être un original et très apprécié champagne d’apéritif. “Lors du pressurage des raisins, les premiers jus (la cuvée) et les tailles sont rigoureusement séparés ; ces dernières n’entrent pas dans nos assemblages Lombard&Cie”, précise Thierry Lombard. Une petite quantité de vin rouge de Champagne est ajoutée au Chardonnay pour composer la cuvée. Les vins sont “collés” (et non filtrés) et profitent d’un vieillissement sur lattes dans nos caves pendant plus de 3 ans.
Champagne Brut Millésimé
Dominante de Chardonnay. Le vin est équilibré, frais et rond. Belle robe lumineuse jaune d’or avec d’abondantes bulles fines. Des notes d’amandes, de noisette, de miel, de cannelle et de cacao. Un vin complexe et raffiné. L’élégance du nez, la fraîcheur et la vinosité de la bouche seront idéales pour une célébration ou la mise en bouche d’un grand repas. Ce champagne pourra ainsi se marier avec harmonie sur une langouste sauce vanille.
J’aime les vins de Montrose depuis très longtemps et mon amitié envers les Charmolüe s’associe à ma fidélité pour ce cru magique. Aujourd’hui, c’est la famille Bouygues qui en est propriétaire, poursuivant cette longue tradition qualitative. Voir le Classement 2008 et Millésimes.
Les atouts de Montrose reposent essentiellement sur les qualités extraordinaires et rares de son terroir, au sens le plus général, c’est-à-dire à la fois ses aspects pédologiques et ses aspects climatologiques. En effet, les sols de la propriété sont majoritairement composés de graves pyrénéennes liées par des sables ferrugineux, posés sur un socle argileux. Les graves assurant à la fois un rayonnement solaire, qui autorise une bonne maturation des baies, et permettant un bon drainage des eaux de pluie vers les argiles ; celles-ci se gonflent d’eau et la diffusent de manière régulière et mesurée, assurant une bonne alimentation hydrique de la vigne. On observe ces caractéristiques de façon très homogène sur l’ensemble des vignes de la propriété.
Quelque 1 000 crus, du Premier Grand Cru Classé à la simple AOC Saint-Émilion, en passant par le Grand Cru Classé et le Grand Cru, dont la situation géographique fait la différence. Le premier secteur est celui du plateau qui culmine à quelque 100 m d’altitude, caractérisé par des coteaux et des pentes aux expositions variées et aux sous-sols tout aussi diversifiés (dépôts marins et continentaux, calcaires marins à astérie, molasse…), qui font la variété de son terroir et la typicité de chaque cru. C’est le territoire des crus qui dominent la côte de Saint-Émilion en regardant la plaine, issu d’un sous-sol de molasses et de sables éoliens. Le deuxième secteur est celui qui se rapproche de Pomerol. Les châteaux possèdent leur propre personnalité, et les sols sont des graves profondes, plus ou moins riches en argiles, en silices et en sables, en alios en sous-sols. Le dernier secteur s’étend sur la plaine de la Dordogne, autour de Libourne (les sables), des communes de Vignonet et de Saint-Sulpice-de-Faleyrens, des territoires issus de formations alluviales qui se trouvent de l’autre côté de la nationale Libourne-Castillon, où les sables sont également très présents, avec des graviers.
Que l’on fasse du Cahors “primeur” à boire frais et vite comme on en fait dans le Beaujolais me donne surtout envie de sourire. Même si les vinifications peuvent faire aujourd’hui n’importe quel style de vin, selon le marché (toujours l’argent), il ne peut être que risible en effet d’essayer de copier un vin qui marche depuis des années. Ce n’est d’abord pas si facile, car il y a des raisons à la réussite beaujolaise, le cépage bien sûr mais aussi l’intelligence des vignerons. Si le vignoble de Gaillac s’en sort bien (comme celui de Touraine), c’est qu’il existe donc des cépages appropriés. Pas vraiment le cas à Cahors, où c’est peut-être pour écouler des cuvées de bas de gamme que l’on se lance dans cet engrenage, qui fait perdre son âme à ce vignoble historique. C’est aussi jouer le même jeu que les négociants australiens, argentins ou sud-africains. On ne peut rien reprocher à ces derniers, qui, au moins, n’ont n’y terroir, ni histoire, ni tradition vinicole à défendre, et on peut comprendre qu’ils ne fassent que des vins standardisés. On peut tout autant regretter l’arrivée de cuvées surchargées par le bois et “fabriquées” pour avoir une bonne note auprès de “critiques”, ceci facilitant une hausse de prix totalement incautionnable.
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Mon ami Michel Laroche (on se connaît depuis 30 ans ! ) multiplie les investissements au Chili comme en Afrique du Sud, et a donné une dimension internationale à son nom, doté d’une réputation qualitative incontestable. Dans les années 80, il croit au potentiel qualitatif du Languedoc-Roussillon et achète le Mas La Chevalière; en 2001, il est attiré par les conditions climatiques uniques et la variété des cépages de ce pays et investit au Chili Vina Punto Alto, 55 ha idéalement placés entre Casablanca et Curacavi, à l’ouest de Santiago. La vallée de Casablanca est parfaite pour produire des vins de Chardonnay vifs et des Pinot noirs très aromatiques, une complémentarité avec la vallée du Maïpo où s’épanouissent pleinement les Cabernet-Sauvignon et le Merlot. Il y dispose d’une magnifique cave où il élève et vinifie ses vins.
Sympathique et talentueux, Érick de Sousa symbolise l’explosion qualitative des meilleurs vignerons champenois de ces 20 dernières années, et c’est ce qui explique sa place dans notre Classement. Il exacerbe ce que l’on oublie parfois ici : la force du terroir, même si la science des assemblages est incontournable. Implanté au cœur de la Côte des blancs, son Champagne est issu des terroirs classés Grands Crus Blanc de blancs. Érick de Sousa a opté pour la fermentation malolactique afin de rendre les vins plus ronds et plus souples, et il passe son vin au froid pour garder toute la transparence à son Champagne.
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Mon ami Jérôme Quiot peut être fier du patrimoine qu’il a développé. On le voit bien avec cet exceptionnel Châteauneuf-du-Pape rouge Domaine du Vieux-Lazaret 2004 (67% Grenache noir, 22% Syrah, 5% Mourvèdre, 4% Cinsault et 2% autres cépages sur des sols de galets, de terrasses caillouteuses et des sols argileux, vignes de 40 ans en moyenne), dense et complexe, dominé par les fruits macérés, de robe pourpre soutenu, un vin riche et bien en bouche. Superbe 2003, de robe grenat, au nez persistant où dominent des notes de griotte, de musc et d’épices, aux tanins denses, un vin de fort belle expression qu’il faut laisser évoluer pour profiter de son potentiel réel. Le Châteauneuf blanc 2004 (45% Grenache blanc, 30% Clairette, 20% Bourboulenc et 5% Roussane, sur des sols argileux, vignes de 30 ans en moyenne) est tout en finesse d’arômes, un vin très équilibré en acidité, dense et floral en bouche, très harmonieux, un vin ample qui sent bon les noisettes et la pêche, à ouvrir sur un poisson au four.
Incontestablement à la tête des Premiers Grands Vins Classés, et bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-prix-typicité. J’apprécie Pascal Delbeck qui est passionnant, talentueux et passionné par l’étude de ses sols, où, parcelle par parcelle, il intervient, agit, surveille, dans le seul but de laisser s’exprimer le mieux possible l’osmose des cépages, des millésimes et des terroirs spécifiques. Bélair est l’archétype de ces très rares crus où l’extrême complexité des terroirs crée en fait une homonégéité qui devient une symphonie, changeant selon les millésimes, chaque sol apportant sa propre contribution. Aux côtés du 2004, on ne peut qu’apprécier ce splendide Saint-Émilion 1er GCC 2003, encore très jeune, tannique, associant structure et élégance, un vin volumineux et parfumé (cassis, cannelle, poivre), dense et charnu, de grande charpente, de belle couleur pourpre, de grande évolution.
À ses côtés, le Montagne-Saint-Émilion Château Tour du Pas Saint-Georges est également à la tête de son appellation, et un très suave Bordeaux blanc, très bien vinifié. Du grand art, donc.
Un vignoble de 7 ha de vignes d’âge moyen de 30 ans, situé sur le plateau de Pomerol, au sol sablo-graveleux riche en crasse de fer, bien typique (75% Merlot et 25% Cabernet franc). Particulièrement apprécié ce Pomerol 2005, de belle robe soutenue, un vin très parfumé, au nez de fruits macérés et d’humus, bien typé, corsé, de belle charpe […]
Au sommet, ce qui vient récompenser un beau rapport qualité-prix-typicité, et la passion des enfants de Paul Quié, Anne-Françoise et Jean-Philippe. Un superbe Margaux 2006, un vin authentique comme on les aime, très parfumé (framboise, violette, cerise), gras et persistant en bouche, riche en arômes, finement tannique, qui associe structure e […]
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Catherine Blasco est charmante et élève ce remarquable Haut-Médoc 2005, séduisant, de bouche très parfumée (griotte, cassis) délicatement épicée, riche et fondue à la fois, au nez de petits fruits noirs bien mûrs, aux tanins fins et soyeux, bien charnu comme il se doit, de garde. Savoureux 2004, coloré et typé, corsé, savoureux, aux tanins sou […]
Clos du PÈLERIN (POMEROL) Josette et Norbert Égreteau 3, chemin de Sales 33500 Pomerol Téléphone :05 57 74 03 66 Télécopie : 05 57 25 06 17 Email : egreteau.norbert@orange.fr Ce vignoble de 3,5 ha est dans la famille depuis 3 générations, essentiellement planté de Merlot (80%), le Cabernet […]
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À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Michel Laroche est depuis longtemps une référence pour de très grandes cuvées de Chablis auxquelles il a su donner une “patte” indéniable, en élevant des crus racés et savoureux, très gras et d’une complexité d’arômes étonnante. Pour preuve, cet exceptionnel Chablis Gr […]
Dans le vignoble de Meursault, on le remarque de suite, une entité exceptionnelle, un bijou rare, un hectare ou presque... (94 ares 52 centiares très exactement) clos de mur. En effet ce Clos situé au sein des Perrières possède le grand privilège de l’appellation spécifique “Meursault Clos des Perrières”.C’est un vin fondamentalement “Meurs […]
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. C’est dans les années 1960 qu’Antonin Guyon, alors âgé de 55 ans, achète des parcelles dans une gamme d’appellations couvrant les deux côtes de Gevrey-Chambertin à Meursault. En 1970, son fils Dominique, après bien des efforts, réussit à rassembler quelque 350 parcelles app […]
La force des terroirs est omniprésente, et on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du terroir associé à une convivialité exemplaire, et c’est ce qui compte ici, tant cela peut manquer dans d’autres régions. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre. On partage un moment (et on boit un “can […]
À la tête des Premiers Grands Vins Classés, dans la plupart de ses appellations, ce qui n’est pas rien. C’est toujours un plaisir de revoir Paul Buisse, chaleureux et talentueux, un bel exemple de ces propriétaires comme nous les aimons, plus passionné par le respect des terroirs que par des cuvées à la mode. Il y a ce Chinon L’Exceptionnel […]
Propriété familiale créée dans les années 1950, Jean et Denise Teiller croient en l’avenir du Menetou-Salon et s’investissent. Aujourd’hui, leur fils Jean-Jacques et son épouse Monique ont repris le flambeau. La jeune génération Patricia et Olivier Luneau, apporte à l’expérience, le dynamisme qui fait du Domaine Teiller, un des plus réput […]
Particulièrement apprécié ce Sancerre blanc 2007, issu d’un sol argilo-calcaire, de robe jaune clair, complexe avec ces notes de petits fruits secs et de tilleul, puissant et bouqueté, très séduisant par sa structure et sa persistance d’arômes, très typé. Excellent 2006, au nez fleuri, de robe pâle, brillante et limpide, très a […]
Domaine de la CHAISE (TOURAINE) Jean-Pierre et Christophe Davault 37, rue de la Liberté 41400 Saint-Georges-sur-Cher Téléphone :02 54 71 53 08 Télécopie : 02 54 71 53 08 Email : christophe.davault@online.fr Site : www.domaine-de-la-chaise-41.com Valeur sûre. Ici, on est vigneron de pèr […]
Exploitation familiale de 22 ha, transmise de père en fils depuis 4 siècles. Superbe Châteauneuf-du-Pape rouge Marquis d’Anselme 2006, issu de vignes centenaires, un vin dense, aux arômes de fruits cuits et d’épices, de belle teinte grenat, alliant structure et rondeur, aux tanins fermes, tout en bouche, un vin racé comme […]
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. La Cave vient de se doter d’un superbe espace dégustation-vente, où l’on se fait plaisir avec ce CDR-Visan cuvée du Marot 2006, de belle couleur, ample et parfumé, corsé, aux tanins enrobés, un vin harmonieux, très équilibré, complet, dominé par le cassis et les sous-bois, d’excellente garde […]
Ici, le terroir et la main de l’homme font bien sûr la différence. On ne peut que s'enthousiasmer pour ces grands vins charnus et typés (Châteauneuf-du-Pape, Côte-Rôtie...) qui se partagent ces territoires exceptionnels avec d'autres appellations savoureuses (Rasteau, Cairanne, Beaumes-de-Venise...) bénéficiant d’un remarquable rapport […]
Domaine de 8 ha. Travail du sol, désherbage mécanique, traitement phytosanitaire à base de cuivre et de soufre selon le cahier des charges de l’agriculture biologique depuis 2004. Beau Beaumes-de-Venise rouge cuvée les Trois Amours 2005, aux notes de pruneau et de sous-bois, de bouche pleine et généreuse, aux tanins fermes et soyeux à la fois, de c […]
Domaine de 10 ha. Un grand coup de cœur (habituel) pour cet exceptionnel Moulin-à-Vent Les Rouchaux 2005, issu d’un sol de roche granitique, particulièrement réussi, avec de beaux reflets pourpres, aux arômes de fruits mûrs (cassis, mûre) et de réglisse, de bouche puissante, un vin étoffé, coloré et complexe, qu’il faut laisser se faire e […]
Domaine CHAMPAGNON (CHENAS) Les Brureaux 69840 Chénas Téléphone :03 85 36 71 32 Télécopie : 03 85 36 72 00 Email : earl.champagnon@wanadoo.fr Site : www.vinsdusiecle.com/domainechampagnon Incontestablement au sommet. Les deux fils, Patrick et Jean-Yves, dirigent cette belle exploitation. Leu […]
Un vignoble de 10 ha, sur le versant nord des Alpilles, le long de la voie Dominitienne. Remarquable Baux de Provence rouge 2001, provenant d’un élevage de 24 mois en foudres de chêne, de couleur rubis profond, qui développe un nez puissant dominé par les fruits rouges, de très bonne charpente, un vin riche au nez comme en bouche, qu’il faut appré […]
Une propriété dotée d'un superbe terroir. La vendange est manuelle, non égrappée, foulée souplement avant d'être mise en cuves de fermentation pendant 15 à 21 jours sous contrôle des température. Puis le vin est élevé en foudres de chêne de 18 à 24 mois. Cela donne ce grand vin rouge au nez puissant où se mêlent les épices et les f […]
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Beau Gewurztraminer Clos des Anges 2006, un vin complexe et puissant, avec des notes minérales, très fin, de bouche onctueuse, à la robe intense, chaleureux, d’une grande persistance, de très bonne évolution. Le Riesling Grand Cru Praelatenberg de Kintzheim 2006, marqué par son t […]
Superbe Gewurztraminer Vendanges Tardives 2007 ample et velouté, de belle couleur, au nez riche et bien présent dominé par des notes de pain grillé et de fruits frais, tout en bouche. Le Pinot Gris Vendanges Tardives 2007 n’a rien à lui envier, avec des arômes de fleurs blanches et de miel, une bouche onctueuse à la finale vive et dense. Le R […]
Un superbe Cahors cuvée Exception 2005, très bien élevé en fûts de chêne, tout en nuances d’arômes délicatement épicées, de robe intense, avec des tanins puissants, un vin où dominent la mûre et le cassis, très riche au nez comme en bouche, à ouvrir sur une selle d’agneau. Le 2004 est un vin intense en couleur comme […]
Cru du PARADIS (MADIRAN) Jacques Maumus 65700 Saint-Lanne Téléphone :05 62 31 98 23 Télécopie : 05 62 31 93 23 Email : cru.du.paradis@wanadoo.fr Une propriété familiale sur des sols argilo-calcaires et gravettes. Superbe Le Madiran Réserve Royale 2000 (mis en bouteilles après un éle […]
Une très jolie place dans le Classement, à confirmer. Un savoureux Minervois Tourril 2005 (80% Syrah en fûts, 20% Grenache), de belle robe aux reflets grenats, de bouche charnue et chaleureuse, avec des tanins denses et une finale complexe où l’on retrouve la mûre et la réglisse, de bonne évolution comme le Minervois cuvée […]
Toujours à la tête des Premiers Grands Vins Classés avec ce Corbières Le Vaugelas 2005, de jolie robe grenat pourpre, avec ces arômes de mûre confiturée et de garrigue, fort bien élevé, un vin harmonieux et parfumé, de bouche puissante, de belle garde. “Château Vaugelas, précise Olivier Bonfils, est un très joli vignob […]