Patrick DUSSERT-GERBER


Le premier magazine Webvin

ABONNEZ-VOUS GRATUITEMENT
L'actualité du vin
chaque semaine par e-mail

E-Mail :
Défendre une éthique, sinon rien

Accueil du Blog

* Echange 1 Ausone 2005 contre 500 “petits Bordeaux”

Publié dans Coups de gueule (Jeudi juin 12, 2008 à 10:30)
Voir/Poster un commentaire

Vous allez croire que je fais une fixation sur les prix en ce moment. Ce n’est pas faux car j’ai entre les mains des centaines de tarifs à l’heure où je boucle mon Guide, et, bien sûr, mes commentaires changent aussi en fonction de l’éternel rapport qualité-prix-plaisir. Un vin que j’ai bien noté “à l’aveugle”, peut, et j’assume, être rétrogradé quand son prix n’est pas justifié. C’est vrai en Bourgogne comme en Languedoc, et vous le lirez dans l’édition 2009.

Car le vin, ce n’est pas de la frime. Prenons Bordeaux, où les prix atteints par certains crus devenant -de facto- incomparables, on peut alors s’amuser à faire des comparaisons… incomparables.

Faut bien rire et cela prouve que ma position est toujours d’actualité. Pour mémoire, à Bordeaux, les “primeurs” (depuis 2000, et surtout 2005 où certains crus ont sorti des prix déments et incautionnables) font des vins bien trop chers, et cela commence à créer un sérieux malaise, tant il y a de différence entre deux vins d’une même appellation. On parle beaucoup trop d’argent ici, de frime, de bonnes notes glanées chez un “gourou” quelconque, et c’est ce que le consommateur retient, alors que, bien sûr, ceci ne concerne qu’une infime minorité. Cela crée tout naturellement une crise de confiance, et, en même temps, une crise d’identité, tant un bon nombre de vins ont perdu leur spécificité. Le millésime 2005 est le stéréotype, qui me met personnellement mal à l’aise face à la crise que traversent beaucoup de nos compatriotes, de ces hausses de prix, totalement injustifiées.

- Un exemple avec L’Angélus 2005 (rien contre ce vin, ce n’est qu’un exemple, parmi d’autres) : 355 € la bouteille chez Mondovino, pratiquement idem chez chateauonline et chateauclassic, 10 € de plus chez 75cl, on passe à 438 € chez Eyquard (quelque 80 € de plus, chapeau, et je ne résiste pas à vous soumettre leur accroche : “Spécialiste des Grands Vins de Bordeaux et de France, nous vous proposons plus de 2000 références aux meilleurs prix”), on la trouve aussi dans une offre à 200 €

- Dans la même appellation, on peut faire beaucoup plus fort : 3.558 € la bouteille (vous lisez bien) du Château Ausone 2005 (2 fois et demi le smic), et, mieux (3 fois le smic, bravo), 4.187 € chez Wine and Co.

En face, facilement une bonne trentaine de vins superbes, toujours à Saint-Émilion, entre 20 et 40 € la bouteille, et, par extension (voir le Guide), une centaine de “bons petits Bordeaux” comme diraient certains idiots (expression dévalorisante, que je n’apprécie donc pas) sont proposés à la propriété entre 5 et 8 €, dans les appellations de Graves, des Côtes, des Bx Sup… certains vraiment remarquables.

Pour l’actu, je viens de recevoir le catalogue Leclerc. Soyons clair, je trouve ces vins cités également trop chers, et le rapport qualité-prix-plaisir n’est donc plus à prendre en compte. Il est amusant de comparer les prix entre les sites de ventes de vins sur Internet et le circuit traditionnel des grandes surfaces. On pourrait croire que le fait de n’avoir pas de boutiques et des délais de livraison très importants pourraient faire baisser les prix, c’est loin d’être le cas. Pour les inconditionnels de ces vins comme pour les curieux, voici ce qu’il en est aujourd’hui :

- Foire aux vins Leclerc : prix du Château Pichon Comtesse 2006 : 86,90 €, et sur Internet : 100,46 € (plus port)

- Foire aux vins Leclerc : prix du Château Figeac 2001 : 65 €, et sur Internet : 78 € chez Vinatis, 76 € avec le port chez Wine and Co (15 jours ouvrés pour la livraison, il vient d’où ce vin ?)…

Il y en a beaucoup d’autres, à vous de vérifier, par exemple sur Twenga.

Millesimes

* A Bordeaux, la gamme est vaste, et il y a de tout…

Publié dans Coups de gueule (Mardi juin 3, 2008 à 10:24)
Voir/Poster un commentaire

Je suis en train d’écrire mon Guide 2009, qui paraît le 20 Août prochain, et il est particulièrement sévère cette année, les déceptions étant nombreuses, et les éliminés aussi.

À Bordeaux, par exemple : il y a d’abord une dizaine de vins mythiques d’un niveau qualitatif exceptionnel mais que l’on ne peut tout bonnement plus s’offrir. Il est difficile d’en parler comme les autres vins, car on entre dans le monde du luxe où l’image et la frime comptent beaucoup. Les prix de ces vins ne sont pas réellement cautionnables si l’on veut prendre le rapport qualité-prix, et, bien sûr, d’autres crus sont très proches qualitativement, et 10 fois moins chers. Ce sont donc des vins hors catégorie, des “vins-cadeaux”, dont les acheteurs font plus partie des nouveaux riches des pays émergents (Russie, Chine…), l’exception confirmant la règle, car il y a encore de vrais amateurs (riches) qui les réservent. Passons, donc, mon Guide étant beaucoup plus axé sur la réalité des vins que nous achetons tous les jours.

Il y a ensuite la masse des grands crus classés, en Médoc, pour l’exemple, dont certains, beaucoup moins prestigieux, plus à la mode (pas mal de vins surbarriqués sont dans le lot), ont atteint des prix incautionnables, car, pour ceux-là, il est toujours question de rapport qualité-prix, ne leur en déplaise. Force est de constater que l’on retrouve ces bouteilles de moins en moins dans la restauration française et dans nos caves, leur prix devenant un frein réel. Ces vins-là, à forte valeur ajoutée, sont vendus majoritairement à l’export, délaissant, à tort, le marché français. Je me demande quelle serait la réaction du Japonais qui a sa cave remplie de ces vins-là, et ne les verrait pas en France. Il pourrait se demander s’il ne s’est pas fait avoir ? Heureusement, il y a les très grands vins, très classiques, où l’élégance prédomine (Léoville-Barton, Montrose, Calon-Ségur, Brane-Cantenac, Rauzan-Gassies, Desmirail…).

Dans le Libournais, on est toujours dans l’expectative. D’un côté les vrais grands vins marqués par des territoires que personne ne peut nier, dans une gamme large, où l’élégance s’allie à la structure, selon les sols et rien d’autre, sans artifices (Magdelaine, Bélair, Certan de May, Cadet-Piola, Lamarzelle, Beauregard, La Croix, Laroque, Guadet, Balestard…). Je ne peux que vous renvoyer à mon Classement 2008, où la catégorie des Deuxièmes Grands Vins est un vrai vivier qualitatif.
En face, il y a des vins bien différents (particulièrement à Saint-Émilion ou en Côtes-de-Castillon), beaucoup trop boisés, trop concentrés, desséchés, qui n’ont aucun intérêt mais nous ne parlerons pas d’eux, tant ils sont encensés de facon indécente par des “gourous” français ou étrangers.

À quoi bon créer des vins écœurants comme de l’encre, faire des “produits” à 15° quand la région bordelaise a, depuis toujours, su faire primer la distinction. J’ai débuté avec des “pointures” mondiales comme Jacques de Loustaunau, Émile Peynaud, Ribéreau-Gayon, ils s’attachaient tous à défendre cet atout essentiel de Bordeaux : élever de grands vins capables d’associer la puissance et l’élégance, et la durée dans le temps.

On sait que la (grande) qualité n’a rien à voir avec un élevage outrancier en bois neuf, ni à des artifices techniques.

Le marché intermédiaire (7 à 20 €) est un formidable vivier, qui fait la force de Bordeaux, dans toutes les appellations, aussi bien dans le Médoc, à Saint-Émilion, ses satellites, que dans les Graves ou les Côtes… On a plaisir à déguster des vins typés, très bien faits, qui bénéficient d’une belle série de millésimes grâce aux étés chauds, donnant des vins savoureux plus faciles à boire rapidement mais aussi d’un beau potentiel de garde. Les Sauternes sont tout aussi savoureux, avec un grandissime millésime 2007, dans la lignée du 2001.
Ils sont aux côtés d’autres vins trop chers, dont la réputation n’est plus justifiée à ce niveau de prix. Mes prochains Classements des Graves, des Satellites et du Médoc, notamment, vont donc réserver des surprises, comme celui des Bordeaux Supérieur.

Les 2007, 2006, 2004 et 2001 sont des millésimes que j’affectionne particulièrement, à l’ombre des grands millésimes médiatiques et c’est dommage, car ils sont l’archétype classique du bordelais, où la finesse prédomine. Les viticulteurs font des efforts de qualité, sont efficaces, travaillent bien dans leur chai mais aussi à la promotion de leurs vins, car il ne s’agit pas de ne faire que bon, il faut le faire savoir. La majorité élève ces vins dans la grande tradition bordelaise.

Il y a également une région où les vins sont exceptionnels, Pessac-Léognan, (même si j’ai été très déçu par quelques “grands”, vous le verrez) avec des crus envoûtants, en blanc comme en rouge. À Pomerol, les vins sont restés très typés, cela correspond aussi à la mentalité des propriétaires qui respectent leur terroir et ne se complaisent pas dans l’esbroufe. Saint-Émilion est une appellation qui fait encore parler d’elle avec un classement qui fait sourire (pour ne pas dire plus), tant des déclassements restent incompréhensibles, c’est navrant.

Cela amène le consommateur à penser qu’à Bordeaux on parle trop de classements, de jalousie, de prix, de frime et pas assez de qualité intrinsèque du vin et cela porte tort à toute la région, même aux Bordeaux les plus modestes. Ajoutez à cela une vraie crise sociale snobée par quelques propriétaires et négociants qui préfèrent aller chercher ailleurs ce qu’ils devraient promouvoir venant de leur région.

En fin de compte, on se moque de savoir si un cru est classé ou non, que les Côtes soient réunies ou pas, ce qui importe, c’est ce qu’il y a dans la bouteille et le rapport qualité-prix-plaisir !

* Les prix sur le Net, Lafite, le smic, bling, bling…

Publié dans Coups de gueule (Samedi mai 24, 2008 à 19:58)
Voir/Poster un commentaire

Attention aux prix sur Internet, où il s’agit de faire des comparaisons avant de commander si on ne veut pas se faire avoir. Quelques exemples glanés ce jour, pour des vins que je connais par cœur, et je vous laisse juge :

- Pour l’excellent Margaux Château Martinens 2004 de Jean-Pierre Seynat-Dulos, une différence de taille : 17,65 € la bouteille chez 75 cl contre 16€ chez Eyquard et surtout 25,95 € chez 20survin !!!, ce qui fait quand même une différence de quelque 35%

- Pour le Lalande-de-Pomerol Château Siaurac 2004, les prix tournent autour de 17 € la bouteille (16,80 € chez 20survin, 16,90 € à la cavedelacrosse), tombe à 12,79 € chez 75cl, jusqu’à Millésimes où le vin est proposé à 10,76 €, ce qui me semble plus justifié.

- Le Champagne Laurent-Perrier brut (cuvée de base, sans plus) est proposée à 24,70 € chez 20survin, 33 € chez Vinatis (pour info - on croit rêver- on peut lire sur ce site comme accroche : Les meilleurs prix du marché garantis ! , remboursement de la différence), 31,50 € chez vinsmoinschers (ah bon ?), 30,50 € chez 1855, une “promo” à 26,24 € chez Cdiscount. Pour mémoire, une bonne trentaine de “petites” maisons et propriétaires proposent des cuvées remarquables à 15 € (voir notre sélection 2008)… et on préfère de toute manière les cuvées de base de Taittinger, Pol Roger ou Roederer !

- Le Champagne Taittinger Comtes de Champagne 1998, l’un des plus grands et séduisants Blanc de blancs est à un prix cohérent sur différents sites, c’est-à-dire à 135 € chez ChateauNet de mon cher ami Jean-François Moueix.

- Le Champagne Dom Pérignon 2000, un vin superbe, régulier, rien à dire. Il est 120 € chez ChateauNet, 129 € chez enviedechampagne (inconnu au bataillon, impossible de savoir qui c’est -pas de mention sur la société- slogan : “Le Spécialiste de la vente de Champagne sur internet à des prix très compétitifs”, sans blague ?), à 130 € chez Millesima mais à 109 € chez Cdiscount
- Pour le fun, si j’ose dire, on ira voir le prix d’1 bouteille de Lafite 2000 (au hasard, idem pour les vins similaires) chez 1855 (1.794 €), chez 75cl (2.239,45 €, près de 450 € de plus, super !), aux enchères sur e-bay à 945 € à ce jour… Pour comparaison, le Lafite 2004 est à 425,20 € chez 1855 (408 € chez jean-merlaut et 704 € chez Lavinia, 300 € de plus, incroyable !!!), et je vous soumets la question que pourrait se poser tout consommateur : le Lafite 2000 est-il 4 fois meilleur que le 2004… où est-ce le 2004 qui est 4 fois moins bon (vous connaissez, c’est le truc de l’œuf et de la poule).

Un truc qui n’a rien à voir, mais quand même : on peut préciser qu’il y a des producteurs de Bordeaux (on les soutient) qui rament en ce moment pour vendre leur très bon vin à moins de 7 € et que le smic est à environ 1.000 € nets… je vous avais prévenu, vaut mieux en rire, mais, franchement, ceci est de plus en plus choquant…

Millesimes

* Le vin, ce n’est pas une boisson, ni une “Lubie”

Publié dans Coups de gueule (Vendredi mai 16, 2008 à 9:24)
Voir/Poster un commentaire

Je viens de recevoir le dossier de presse de “Lubie to go, le pack vin rosé ludique et pratique”. Croire suivre la mode en proposant des vins comme on vendrait un soda (ou une bière) me fait toujours rigoler, mais -en plus- il est dangereux de présenter le vin comme cela.

Voici pourquoi :

1/. Il est intolérable pour moi de cautionner le coté “ludique” du vin, car cela ne fait que renforcer les mouvements anti-alcooliques. Boire du vin, ce n’est pas un jeu, ni une façon de s’amuser. J’apprends à mes enfants (adolescents) à goûter, apprécier, déguster, rechercher les arômes, faire les différences… et non pas à picoler n’importe quoi ou un produit alcoolique joliment présenté comme celui-ci. Le vin, c’est d’abord une culture, c’est se moquer de nos vignerons que de l’occulter, et promouvoir du vin comme cela c’est aussi une manière d’inciter à boire de l’alcool (notamment les jeunes) pour le “fun”, et ce n’est vraiment pas ce que je défends depuis 30 ans (*).

2/. Vendre le coté “pratique” n’est pas moins justifié : si l’on a soif, on boit de l’eau. Ouvrir une bouteille de vin, c’est partager un moment d’art de vivre, et pas -encore une fois- se désaltérer. En promouvant cela, on réduit le noble vin à un produit comme un autre, standardisé, et on évacue l’acte de plaisir, de découverte. Pour moi, le vin n’a jamais été une boisson. Le vin, c’est bien un art à part entière. Nul ne peut apprécier un Picasso ou un Van Gogh, le jazz ou l’opéra, une sculpture, une culture différente de la sienne sans un minimum de connaissance. On ne peut aimer les uns et les autres que si l’on comprend le pourquoi des choses et la passion humaine. Et bien, pour le vin, c’est pareil : il faut expliquer pourquoi un Chinon ne ressemble pas à un Gigondas, expliquer le terroir, le cépage, l’alliance de l’un et de l’autre, il faut expliquer encore que le Cabernet franc est différent du Grenache, et conseiller, c’est fondamental, l’accord des vins et des mets, selon les habitudes régionales, les gens, l’humeur… Ce qui compte, c’est l’originalité. En dégustation, un consommateur doit pouvoir reconnaître un Saint-Émilion, un Châteauneuf-du-Pape de par cette diversité des cépages si bien adaptés aux différents terroirs français. La force du vin, c’est d’être un produit vivant et convivial. C’est donc un art de vivre, celui d’aimer la force de la nature, de rêver en lisant quelques vers de poésie, de partager un nectar, en sachant que la qualité passe par la diversité, que l’extase est la même avec un très grand cru ou un vin modeste, puisque seuls comptent le plaisir de l’instant et celui du goût et du partage. Ce goût du vin, c’est avant tout culturel, c’est une question de mémoire collective avec une histoire, une tradition, ce que ne pourra jamais offrir un vin “fabriqué”, français ou étranger.

3/. Découlant de cela, vendre le coté “séduction” est tout aussi ridicule. La séduction, ce n’est pas la frime ou la facilité. On vous abreuve sur ce site des mots “Féminin”, “Naturel”, Rafraîchissants”, “Contemporain”… bref, on sous-entend que ceux qui dégustent le vin comme on le fait sont des ringards, et que c’est être moderne que de s’enfiler une cannette ou une bouteille de vin en alu.

Vous l’avez compris, du pur “business”, on ne vend que du marketing, pas le vin, pas le producteur qui l’a fait (c’est quoi, ce rosé, d’où sort-il ?), c’est navrant. Merci “Lubie” !

(*) Sur ce site, aucune mention légale… Voir “Lubie”

Millesimes

* Déception en Languedoc : le tri se fait de lui-même

Publié dans Coups de gueule (Mardi mars 25, 2008 à 20:39)
Voir/Poster un commentaire

C’est si rare que l’on ne peut qu’en sourire : l’absence des producteurs du Languedoc-Roussillon à notre réunion confirme le “flou” qui règne dans cette région, où, si certains passent leur temps à se plaindre que l’on ne parle pas d’eux, c’est bien mérité.

Résumons : j’invite 90 personnes (ou propriétés) -de mon Guide- à une manifestation (conviviale) régulière que nous organisons partout en France. C’est Françoise Gualco et son fils, Christophe (sur la photo), naturellement chaleureux, qui ont bien voulu nous accueillir dans leur Château Étang des Colombes. Il en vient une trentaine, une vingtaine s’excusent de ne pouvoir être là (c’est naturel d’avoir des obligations, on le comprend volontiers), et une quarantaine ne répondent pas. La moitié ne répondent même pas !!! On leur fait une relance : toujours rien, c’est beau la politesse et cela donne envie de les soutenir…

Je vais vous l’avouer : je souhaite à ceux-là d’avoir particulièrement réussi les vins qu’ils sont en train de m’adresser pour le Guide (ça, ils ne l’oublient pas), j’aurais tendance à ne pas excuser le moindre défaut cette année.

Passons et comprenez-moi bien. Quand j’invite 100 Bourguignons, 98 répondent, alors qu’ils n’ont rien à vendre ! Idem à Saint-Émilion, en Champagne, dans la Loire ou ailleurs… Le vin, c’est cela : partager, boire un “canon”, se revoir, se rencontrer… On se moque que quelqu’un réponde ou non à une invitation, ce qui est navrant, c’est que nous nous déplacions dans une région particulièrement sensible comme le Languedoc et que la moitié des producteurs invités, de vrais fantômes, ne fassent pas 10 kms pour nous saluer, nous montrer leurs travail et nous inciter à les soutenir. Ce sont eux les demandeurs, pas nous. À croire que certains craignent les dégustations.

Comment voulez-vous que ces gens-là soient ensuite crédibles ? Peut-on à la fois geindre et ne rien faire ? On connait les rouages, les mascarades et les exubérances de la région, et bien qu’un bon nombre se prennent pour des créateurs de “grands” vins, il faut bien avouer qu’ils ne sont que des accoucheurs de cuvées spéciales, souvent surconcentrées, surbarriquées, à la limite de l’écœurement quand on les goûte, et qui ne représentent absolument pas le vignoble. N ‘est pas Daumas-Gassac qui veut.

L’avantage de ces réactions, c’est que cela écume et confirme que je ne me suis pas trompé en soutenant ceux qui le méritaient. Je viens ici, depuis 30 ans, et je connais les territoires et les hommes. Comme à notre habitude, donc, on va se concentrer sur les producteurs qui élèvent des vins racés et typés, dans l’ensemble du territoire, des Corbières à Saint-Chinian, de Faugères en Minervois, en passant par les Coteaux-du-Languedoc, Fitou ou vins de pays, à des prix remarquables. Des grands vins ici, il y en a, mais les terroirs sont connus et ne s’étendent pas. La force de ces vins est d’avoir su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un beau rapport qualité-prix. Pour mémoire, trois cas de figure définissent la région :

- Il y a les vignerons -très jalousés- qui, et depuis longtemps, ont toujours su maîtriser les rendements, vinifier et élever leurs vins, en respectant leur spécificité, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue. Daumas-Gassac (l’un des fils de mon ami Aimé Guibert était présent, Roman, tout aussi passionné), en est la référence, suivi par des Corbières dont le fer de lance est la famille Gualco, Grand-Caumont, Vieux-Moulin, Martinolle, puis des Minervois (Blomac, Villerambert-Moureau…), et aussi d’autres appellations (Antech, Mas Chichet…). C’est le noyau dur des grands vins du Languedoc, même si certains ont tendance à l’oublier. La plupart sont à la tête de leurs appellations respectives, et le fait de s’y maintenir mérite un coup de chapeau.

- Dans la lignée, il y a ensuite les propriétaires, dans toutes les appellations, qui ont cru en leur région et que j’ai soutenu dès le début. On retrouve ici les grandes valeurs sûres comme Fabas (au sommet de leur appellation Minervois), Aigues-Vives (j’ai été ravi de revoir Magali Dourthe, toujours charmante et passionnée, qui se partage entre Bordeaux -Maucaillou, Beaurivage- et son vignoble languedocien), Vaugelas (j’apprécie et estime l’exemplaire réussite de la famille Bonfils, des “pieds-noirs”, comme moi, représentés par l’efficace Heidi Van Den Akker), Oustric (Sébastien Bonneaud, bérêt de rigueur, est talentueux et élève des cuvées tout en charme et puissance), Mire-L’Étang (le blanc est une nouvelle fois formidable), Saint-Martin-des-Champs avec un superbe Saint-Chinian, Peyregrandes (la référence en Faugères), Bertrand-Bergé (un Fitou de haute volée), Pinet (leur Picpoul blanc est tout en délicatesse aromatique), Malautié (le moelleux Clairette est très séduisant), Barrubio (le Muscat est tout aussi bon que le Minervois), Nidolères en Côtes-du-Roussillon, Casa Blanca (le meilleur Collioure)… et de rares caves (Cave de Roquebrun, Vignerons Sommiérois, Estabel Cabrières…). On les retrouve tout naturellement dans le haut de mon Classement 2008 et d’autres, qui se prennent souvent très au sérieux, ne sont pas prêts de les concurrencer !

- Il y a enfin ceux qui ne sont pas installés depuis longtemps dans la région et que j’étais content de rencontrer de visu à cette occasion (Madura, Croix-Chaptal, Haut-Fabrègues, Hortus, Rives Blanques, Bourdic, Villemagne, Angles, Reynardière, Sainte-Marie-des-Crozes, Mingraut…). On les défend avec plaisir car ils s’attachent également à produire des vins typés et de qualité, à des prix très abordables. J’aime mettre un visage sur un vin et ces dégustations chaleureuses permettent justement cela. Ceux qui ne daignent pas se déranger n’ont rien compris au vin.

Cause à effet ou pas, vous l’avez compris, attention à ceux qui pourraient se laisser piéger à développer des vins de vinification plutôt que de terroir. Quelques producteurs, marchands et grands groupes qui nous (et vous) font croire que leurs vins ressemblent à quelque chose. Ces vins de mascarade (en Coteaux-du-Languedoc et en vins de cépages notamment), où l’on parle de “vins à haute expression” (expression de la méthode de vinification et du bois neuf surtout…), qui “sentent le goudron ou le café” (cela donne envie, non ?)… Idem pour les cuvées de vins blancs totalement fabriquées dans les chais où l’on est fier de vous faire sentir “la mangue et autres fruits exotiques”. Il s’agit donc de ne pas confondre l’ensemble d’une progression qualitative certaine et le développement de ces vins “fabriqués” et “putassiers” qui attirent les investisseurs comme des mouches, et sont, hélas, soutenus par des “critiques”, notamment américains (ce sont les mêmes qui soutiennent les “vins de garage” bordelais). Ce problème s’étend aux vins de cépages, où je ne vois toujours pas l’intérêt de planter des cépages (du Gewuztraminer, ici, on croit rêver) qui se plaisent mieux dans des régions beaucoup plus froides (les bonnes exceptions existent), ni à se lancer dans des vinifications sophistiquées pour pouvoir remplir un dossier de presse… et mentionner des prix inexcusables sous prétexte que l’on peut mettre sur une étiquette les noms de Chardonnay ou de Merlot, ou que l’on croit qu’il suffit d’acheter des barriques neuves et se payer les services d’un œnologue “tendance” pour faire un grand vin. Je vous l’avais dit, il y a de quoi rire.

Millesimes

* Vins d’Alsace, attente et déception

Publié dans A chaud, Coups de gueule (Lundi février 25, 2008 à 9:02)
Voir/Poster un commentaire

Brigitte Dussert : depuis 3 ou 4 ans, vous semblez déçu par certains vins d’Alsace…

Patrick Dussert-Gerber : j’aime l’Alsace, origines obligent, et, cette année, les conditions climatiques ont été délicates, et les rendements habituels, très importants dans cette région, ne sont pas un atout pour réussir le 2007. Il fallait être très sévère sur les rendements. Paradoxalement, un certain nombre de vignerons alsaciens ont un problème : c’est leur richesse ! Quelques-uns commencent à s’endormir sur leurs lauriers puisqu’ils vendent très bien leurs vins depuis des années. Je trouve que les vins d’Alsace que l’on goûte sont décevants depuis quelque temps, les vins sont trop mous, manquent justement de cette acidité, c’est pour cela que le 2007 sera un bon retour aux sources. Je suis souvent déçu par des vins qui ont moins de typicité, qui sont de plus en plus ronds, qui manquent de fraîcheur. Ils sont “douceâtres”, avec de forts taux de sucres résiduels. Que ce soit le résultat d’un réchauffement climatique ou une façon de faire des vins plus souples, je le regrette, et il y aura d’ailleurs un bon nombre d’éliminés dans mes prochaines sélections. Je préfère un vrai riesling, frais, franc que l’on a plaisir à déboucher sur une douzaine d’huîtres, plutôt qu’un Pinot gris qui a le même goût qu’un Gewurztraminer, et dans lequel il est bien difficile de trouver une quelconque trace de minéralité.

Même les Vendanges Tardives sont parfois des vins trop gras, on a perdu cette notion de vivacité, de fraîcheur, qui signent d’ailleurs les grands vins liquoreux de garde. En 2007, la qualité dépendra de la conscience professionnelle du vigneron, et il faudra vraiment frapper à la bonne porte.

Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits et à leur multiplication sur les étiquettes où l’on se perd… Les millésimes 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été beaucoup plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2004, 2001, 2000, 97 ou 89).

Voir le Classement 2008

Ce qu’il faut retenir :

Riesling. C’est le prince des raisins alsaciens. Les vins qui en sont issus sont secs, fruités et nerveux, subtilement bouquetés et de très grande classe. Le Riesling croît à merveille près de Turckheim, Dambach-la-Ville, Ribeauvillé, Riquewihr, Kaysersberg, Mittelwihr et Guebwiller. C’est le cépage le plus tardif.

Gewurztraminer. Plus alcoolisé que le Riesling, charpenté, de saveur épicée et très parfumé, le Gewurztraminer est un vin qui vieillit parfois remarquablement bien. Son bouquet intense développe de riches arômes de fruits, de fleurs ou d’épices (gewurz veut dire épicé). Puissant et séducteur, parfois légèrement moelleux, c’est souvent un vin de garde. Les “vendanges tardives”, c’est-à-dire soumises à une maturité excessive, sont quelquefois époustouflantes, étonnantes de richesse d’arômes et d’onctuosité. Bons terroirs : Bergheim, Turckheim, Sigolsheim, Barr, Dambach-la-Ville, Pfaffenheim…

Pinot gris. Vin corsé et opulent, d’une belle robe jaune, d’aussi grande allure que le Riesling et le Gewurztraminer, peut-être encore plus puissant et violent que ce dernier, chargé autant en alcool qu’en arômes. Excellents vins de vendanges tardives. Les meilleurs proviennent des terroirs du Riesling et de Rouffach, Ribeauvillé ou Wintzenheim.

Muscat d’Alsace. Vin sec, frais et fruité, au goût musqué, exhalant parfaitement la saveur de son raisin. Charmant à boire à l’apéritif. Bonnes étapes à Ribeauvillé, Gueberschwihr et Mittel­wihr.

Sylvaner. Le Sylvaner est frais et léger, avec un fruité discret. Agréable et désaltérant, il sait montrer une belle vivacité (Sigolsheim, Turckheim).

Chasselas. Arraché de plus en plus, le chasselas produit une majorité de vins légers et faciles à boire.

Pinot blanc. Plus corsé et souple que le Sylvaner, délicatement bouqueté et assez charpenté, c’est un vin très agréable à boire frais.

Pinot noir. Le Pinot noir est le seul cépage en Alsace à produire un vin rouge ou rosé dont le goût fruité typique évoque la cerise. Vinifié en rouge, il peut être élevé en barriques de chêne, ce qui ajoute à ses arômes une structure plus charpentée et plus complexe.

Crémant d’Alsace. L’AOC Crémant d’Alsace couronne les vins d’Alsace effervescents, vifs et délicats, élaborés selon la méthode traditionnelle (comme en Champagne), principalement à partir du Pinot blanc, mais aussi du Pinot gris, du Pinot noir, du Riesling ou du ­Chardonnay. Ces vins sont aujourd’hui parmi les meilleurs Crémants de France. Le Crémant rosé, plus rare, est issu du seul Pinot noir.

* Les Chinois crachent par terre, d’autres dans la soupe

Publié dans A chaud, Coups de gueule, Divers (Mercredi février 6, 2008 à 10:34)
Voir/Poster un commentaire

Sous-titre : On en rit ou on en pleure ?

“Il ne faut pas mettre du vinaigre dans ses écrits, il faut y mettre du sel.”
Montesquieu

Je n’aime pas commenter un article ou l’opinion d’un autre sur le vin. Je m’en moque, étant loin de ce microcosme parisien, connaissant les jalousies comme la puissance de l’amertume et des rancœurs, ce n’est pas mon rôle et cela me fait perdre mon temps.

Pourtant -depuis trente ans- il y a des vins que j’aime, d’autres non, des producteurs que je respecte, d’autres qui me navrent. On ne peut pas me reprocher de ne pas critiquer quand il le faut un bon nombre de Bordelais. Mais je ne me complais pas à remettre en cause une appellation ou une région toute entière, en faisant des généralisations, ce qui serait totalement absurde et non-professionnel. Et il n’y a rien de “personnel”, c’est le vin (ou la façon de le faire) que je critique dans mes écrits, pas les hommes.

Mais, parce que nous avons enquêté des mois dans le vignoble, je connais le sujet en question : la qualité du 2007.

Ce qui est donc “risible”, c’est un article paru dans un journal de vin (français, un comble), sous la forme d’un entretien entre un producteur d’une autre région et le rédacteur en chef, himself, c’est-à-dire que l’interview, au titre accrocheur en Couverture, est bien cautionné par le journal (ce n’est pas un pigiste ou une petite main qui l’a fait) même si la forme n’est pas bête puisque les responsables de la revue pourront toujours dire “ce n’est pas moi qui l’ai dit, c’est l’autre”. Ils n’en auront pas besoin, je crois que les Bordelais ont compris.

Que clame donc ce propriétaire (à qui je conserve toujours mon amitié, au demeurant, même si ce n’est peut-être plus réciproque) dans cette tribune qui lui est toute offerte : que le millésime 2007 est minable à Bordeaux. “Ce millésime est franchement mauvais, dit-il”. Sur quoi se base-t-il ? Ah oui : “que les Bordelais peuvent raconter ce qu’ils veulent sur 2007, je les attends… je suis allé voir les vendanges, je le sais”. Il sait quoi, il a vu quoi, où ?

Sympa pour les Bordelais qui ont très bien réussi leur 2007, et il y en a pourtant pas mal (et pas mal qui ne l’ont pas réussi, c’est tout aussi normal). Le millésime 2007 (c’est d’ailleurs vrai dans toute la France), c’est un vrai millésime de vigneron, un millésime où la puissance des terroirs a joué à plein, ce sera un vin soyeux mais avec les tanins qu’il faut, élégant, un vrai vin de plaisir (je vous passe une photo de raisins rouges 2007, comme aimerait sûrement en voir chez eux quelques détracteurs).

Moi, je vis à Bordeaux. Pour MILLÉSIMES, qui sort dans 1 mois, cela fait 5 mois -à plein temps- que l’on a suivi ce millésime, marché dans les vignes, goûté les raisins, pris des photos de vendanges, dégusté, parlé, écouté, rencontré les hommes, redégustéOn n’est pas idiots, il n’était pas question de dire n’importe quoi, dans un sens comme dans l’autre, on s’en doute que tout ne sera pas bon en 2007 (confer mon article du 31 Janvier). On ne peut que se prononcer maintenant, et, vu le travail que nous avons fait dans le vignoble bordelais, je doute que l’on puisse être mieux renseigné. Tout ce travail, c’était un minimum cette année, si l’on veut être crédible auprès des consommateurs et des professionnels.

ABONNEZ-VOUS, C’EST GRATUIT !


Le premier magazine Webvin

ABONNEZ-VOUS GRATUITEMENT
L’actualité du vin
chaque semaine
par e-mail

E-Mail :

Si chacun est libre en effet de dire et de publier ce qu’il veut, on peut se demander :

- Quelle est la raison de faire ce procès d’intention aux producteurs bordelais ?

- Pourquoi faire croire aux consommateurs que le 2007 est mauvais à Bordeaux, alors qu’on n’a rien dégusté, que l’on n’en sait strictement rien ?


Ce qui transpire dans ces lignes
, c’est aussi la remise en cause de “pointures” (on en a interviewé un bon nombre, nous, justement, sur leur 2007) qui font des vins de renommée mondiale comme Delmas à Montrose, Cathiard à Smith, Berrouet à Petrus, Bernard à Chevalier, Garat à Beauregard, Delbeck à Belair, les autres de Léoville-Barton, Calon-Ségur, Malartic, Filhot, Lamarzelle, Carbonnieux, Haut-Brion, Certan de May, Desmirail, La Couspaude, Cadet-Piola… et autres Moueix, Borie, Vonderheyden, Capdemourlin, Lurton, Sainson, Quié, Janoueix, Pagès, Mau, Estager, Castéja, Pauquet, Boissenotqui auraient tous loupé leur 2007 !!! Ce seraient donc, soit des menteurs, soit des incapables.

Et puis, il n’y a pas que que les propriétaires de grands vins. Il y a les autres, plus modestes, auquels de tels articles font mal au cœur (et mal à la bourse), alors qu’ils se sont battus pour faire de bons vins, dont le coût à l’hectare a été beaucoup plus élevé cette année. J’en ai une bonne centaine à vous citer, en Côtes comme en Graves, en Médoc comme à Montagne, à Saint-Émilion comme en Bx Sup, qui vont faire un excellent 2007 (parfois même, beaucoup plus), que cela plaise ou non.

Une info : on n’est plus dans les années 1980. Bien plus qu’ailleurs (dans les régions “neuves”, notamment, où on se contente de faire des vins de confitures), on sait faire le vin comme jamais à Bordeaux et, dans ces millésimes délicats, la puissance des terroirs joue son rôle à plein et va faire la différence entre 2 Médoc, 2 Saint-Émilion, etc (c’est tout aussi vrai en Bourgogne ou en Champagne). On sait maîtriser les rendements, accompagner les soubresauts de la nature, soigner ses vignes. Les conditions à Bordeaux pour avoir fait un très bon 2007 sont bien meilleurs que celles des 1997 ou 1999 (au demeurant réussis).

Bref, pour les vignerons dignes de ce nom (il y en a d’autres, hélas, qui sont aussi passionnants qu’une boîte de petits pois), c’est beau l’objectivité et la confraternité : on juge sans savoir, sans avoir rien goûté, pas enquêté, pas suivi l’évolution des raisins, ni les vendanges, ni les sélections, pas vu les efforts des hommes, les éclaircissages, ni les tris, rien compris à l’influence des terroirs cette année, celle du calcaire ou des graves en sous-sol, rien vu de le réactivité du Cabernet-Sauvignon, pas saisi la resurgence de l’acidité, pas assimilé ce long cycle végétatif, ni les vinifications… C’est ridicule, mesquin, navrant, réducteur et contraire à la vérité.


* Liber Pater, une franche rigolade !

Publié dans Humour, A chaud, Coups de gueule (Vendredi décembre 21, 2007 à 10:44)
Voir/Poster un commentaire

J’ai déjà lu des articles sur des sujets cocasses, mais celui-là atteint un beau niveau. Dans le Républicain du 20 Décembre (édition Sud-Gironde, dans lequel, pour info, j’ai cessé toute collaboration depuis 6 mois), carrément à la “une” : “Un viticulteur de Landiras fait sensation : 1.000 dollars la bouteille. Un vin d’exception sur un terroir d’exception… La Rolls du vin de garage…”

(Lire la suite…)

Un Clos de Vougeot pour le vinaigre

Publié dans A chaud, Coups de gueule (Jeudi novembre 29, 2007 à 9:57)
Voir/Poster un commentaire

J’ai rarement débouché une bouteille de ce type : au moment de mon dîner, pour coller à l’osso-bucco qui m’attendait, je farfouille dans ma cave, tombe sur un Clos de Vougeot 1998, un Grand Cru (cher) de Drouhin-Laroze (un domaine que je note très bien depuis des années), repart enthousiaste et… me retrouve face à un vin complètement passé, tuilé, imbuvable. Direct évier. Cela fait plaisir.

Champagne : la nouvelle donne pour acheter en connaissance de cause

Publié dans A chaud, Classements, Coups de gueule, Concours gratuit (Vendredi novembre 16, 2007 à 22:16)
Voir/Poster un commentaire

Cet article vient d’être publié chez AgoraVox, ce qui vous permet d’en débattre.

J’aime le Champagne. Mon Classement 2008 est un vrai coup de cœur, entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt; récompenser les meilleurs, les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des prix justifiés (ou pas) qui comptent.

(Lire la suite…)

Ne vous faites plus avoir

Publié dans A chaud, Coups de gueule, Concours gratuit (Mardi novembre 13, 2007 à 11:32)
Voir/Poster un commentaire

Les fidèles de mes sites et Guides savent que je défends toujours le rapport qualité-prix-plaisir allié à une typicité réelle marquée par les terroirs (quand il y en a un…). Je vous renvoie à mon Classement et à une certaine éthique. Hélas, 3 fois hélas, il y a des surcotations incautionnables dans les prix de certains vins.

Prenons l’appellation Margaux que je connais particulièrement bien (voir : Twenga et le comparatif des prix des châteaux pour le millésime 2003, une page que vous devriez mettre en mémoire), et précisons d’abord 3 points :

- Dans cette appellation, 1 seul vin est mythique, c’est bien sûr le Château Margaux. C’est incontestablement l’un des plus grands vins rouges du monde et la démence du prix peut être admise si l’on s’en réfère au monde du luxe. Passons, donc, même s’il est regrettable d’avoir eu des hausses aussi importantes sur ce vin, et notamment sur le second vin, qui était beaucoup plus accessible autrefois. Ce qui est indécent, ce sont les différences de prix. On se contenterait largement (c’est un hasard mais ce sont les sites de mon ami Jean-François Moueix) des 950 € la bouteille demandés chez ChateauNet (la demi-bouteille est à 742,85 € chez 1855, totalement unjustifié), mais pourquoi mettre 80 € de plus chez Lavinia (1.029 €) ou même 1.055 € chez Primeurs Bordeaux.

(Lire la suite…)

C’est beau, l’amour du terroir

Publié dans Humour, A chaud, Coups de gueule, Concours gratuit (Vendredi novembre 9, 2007 à 10:18)
Voir/Poster un commentaire

Je ne m’en lasse pas. Voilà bien 2 approches du vin. La 1ère, risible et mercantile (je vous laisse juge) quand on avoue (Marie Schyler, ici chez Kirwan -éliminé de mon Guide depuis quelques années, aujourd’hui chez Pichon Baron, n’en est certes pas moins sympathique, mais il vaut mieux se taire, parfois, devant une caméra…) que l’on “fait” un vin pour avoir de bonnes notes chez Parker (ce dernier particulièrement attaqué sur ses méthodes en ce moment dans un livre de son ex collaboratrice…), nonobstant toute idée de terroir et de caractère, et, l’autre, défendu par ce grand monsieur du vin, qui pense comme nous, bien sûr. Ne vous en privez pas. Notation : 2 pour les premiers, 18 pour le second, ce qui fait la moyenne.

Voir la vidéo 


Bordeaux : coups de cœur et de bluff…

Publié dans A chaud, Coups de gueule, Concours gratuit (Jeudi novembre 8, 2007 à 21:32)
Voir/Poster un commentaire

Mes Classements 2008 sont la garantie de ne pas vous faire avoir.

Comme en Bourgogne, on ne peut que regretter que beaucoup de crus bordelais, réputés ou non, “classés” (en 1855…, merci pour l’actualisation) ou non, “classés” à Saint-Émilion ou en “Crus Bourgeois” du Médoc (les 2 classements étant juridiquement obsolètes, ce qui la fout bien) atteignent des prix qui ne sont plus conformes au plaisir qu’ils procurent.

J’aime les vrais vins de Bordeaux, du plus grand au plus modeste, et les consommateurs comme les producteurs savent que je défends ce qui les intéresse, et les distingue : le rapport qualité-prix-typicité. Si l’on fait un grand Margaux ou un Pomerol racé à 40 ou 80 e, il les vaut bien. Idem pour une gamme plus abordable, en Graves, dans les Satellites, les Côtes ou en Bordeaux Supérieurs, où les progrès sont exceptionnels.
En-dehors de quelques crus mythiques pour lesquels le prix n’est plus un facteur estimatif (on entre alors dans le monde du luxe), ce qui n’est pas du tout justifié aujourd’hui, et on l’a vu -hélas- avec les augmentations de prix du millésime 2005, c’est un Saint-Émilion “fardé” comme un acteur du carnaval de Venise à 80 e (voire bien plus), un “simple” Médoc à 25 e, un “bon” machin à 20 e ou un Bordeaux Supérieur ultra-barriqué à 15 e. À force de prendre les consommateurs pour des gogos (demain, les Russes ou les Chinois le comprendront aussi), certains vont s’en mordre les doigts…

(Lire la suite…)

Vins du Sud-Ouest : l’attentisme prévaut

Publié dans Dégustations, Coups de gueule (Jeudi novembre 8, 2007 à 8:50)
Voir/Poster un commentaire

Que l’on fasse du Cahors “primeur” à boire frais et vite comme on en fait dans le Beaujolais me donne surtout envie de sourire. Même si les vinifications peuvent faire aujourd’hui n’importe quel style de vin, selon le marché (toujours l’argent), il ne peut être que risible en effet d’essayer de copier un vin qui marche depuis des années. Ce n’est d’abord pas si facile, car il y a des raisons à la réussite beaujolaise, le cépage bien sûr mais aussi l’intelligence des vignerons. Si le vignoble de Gaillac s’en sort bien (comme celui de Touraine), c’est qu’il existe donc des cépages appropriés. Pas vraiment le cas à Cahors, où c’est peut-être pour écouler des cuvées de bas de gamme que l’on se lance dans cet engrenage, qui fait perdre son âme à ce vignoble historique. C’est aussi jouer le même jeu que les négociants australiens, argentins ou sud-africains. On ne peut rien reprocher à ces derniers, qui, au moins, n’ont n’y terroir, ni histoire, ni tradition vinicole à défendre, et on peut comprendre qu’ils ne fassent que des vins standardisés. On peut tout autant regretter l’arrivée de cuvées surchargées par le bois et “fabriquées” pour avoir une bonne note auprès de “critiques”, ceci facilitant une hausse de prix totalement incautionnable.

Voir le Guide 2008 et les Classements

(Lire la suite…)

S’informer et se divertir sur 20 sur 20 ?

Je me fais plaisir, et j’y aborde pratiquement tout les sujets : la Boxe (regardez attentivement le jeu de jambes d’Ali, et Bretonnel), Sarkozy (je soutiens plus que jamais), Dido (et des vidéos superbes de Clapton, des Stones, de Dylan, Lou Reed, Brian Ferry, Amstrong, ou Callas), Rugby (de Bernard “Madrange” aux Blacks), ce qui nous met mal à l’aise (dont la précarité et cette pauvreté stagnante dans notre pays riche), Villepin (et sa rancœur), une rubrique houlala (de Catherine Breillat à Paris Hilton, du Japon à Jean-Claude Van Damme), le FMI (Strauss-Kahn, pas mal payé), Goldman (Là-bas), de quoi rire ou pleurer, mais aussi le génie des hommes avec les montres à complications (et un Planétarium époustouflant), les vins Californiens, le scandale d’EADS (info ou intox ?), la Poste, mais encore Kouchner (j’aime bien), Lawrence d’Arabie, Rothko (et Soulages, et Warhol, et Tal-Coat, et Krémègne…), l’iPhone, quelques tacles à Fabius (mais aussi à Royal, Copé, Santini, Juppé ou Jospin), de quoi avoir honte, des conseils pour bien acheter (et éviter des vins à prix incautionnables), un peu de technique (du vin soda aux cavernes de Mars), de beaux vins…, des coups de chapeau (Google, Dominique Ferrandez, Imagine et My Sweet Lord en live…), les vins de Toscane, pas mal de coups de gueule ou tout comme (Toupie, Bollinger, les vins de cépages, Citadelles du Vin…), mes infos préférées (Europe 1, Guillaume Durand), les livres (Alamut, Tourbillon…), bien sûr, puis la crise américaine, ce qui nous fait sourire (dont des articles sur le vin parus dans Le Figaro et Le Monde), les stocks-options (il est bien, Seguin), Brad Pitt, les copeaux de bois, voir et revoir Keyser Soze… le tout noté de 1 à 20, avec humour (quelques vidéos top de Nicolas Canteloup, Gad Elmaled, Florence Foresti), ironie ou conviction. De quoi se divertir mais surtout s’informer sur 20 sur 20 ?


De quoi aussi être content de partager tout cela avec les milliers d’internautes qui nous lisent et, de plus en plus, nous liront, puisque, je le rappelle, nous sommes référencés en 8e et 12e positions dans Google sur plus de 5, 3 milliards (vous lisez bien)… Bon courage à nos concurrents, qui parlent beaucoup dans les chaumières mais sont invisibles sur le Net, le 1er -et seul- média vraiment grand public et mondial, et demain bien plus qu’aujourd’hui.

Quelle révolution, celle du nivellement par le bas ?

Publié dans Clin d'œil, Coups de gueule (Mercredi octobre 3, 2007 à 16:46)
Voir/Poster un commentaire

 

Un article laisse perplexe? Extrait : “Peut-être pourrait-on aussi, qui sait, modifier les densités des plantations, raisonnablement augmenter les rendements à l’hectare ?” Voir : Révolution dans les appellations (Article paru dans l’édition du Monde du 09.09.07) : Les AOC ne seront plus décernées par les vignerons

 

(Lire la suite…)

Des “faibles” vraiment très costauds

Publié dans Coups de gueule (Mercredi octobre 3, 2007 à 8:58)
Voir/Poster un commentaire

Bizarre, cette façon de penser, d’autant plus que les “faibles” dont il parle sont de gros négociants ou coopératives, comme la société Ampelidae, qu’il encense. Pas net. Un extrait de l’article de ce “docteur en œnologie” : “Le système des AOC relève d’une forme d’apartheid alimentaire et sensoriel qui désigne les bons et opprime les faibles.


Bag in Bourg : de l’art de tirer une appellation vers le haut

Publié dans A chaud, Coups de gueule (Samedi septembre 29, 2007 à 11:11)
Voir/Poster un commentaire

On en reste pantois.

1/. Bravo (sic) pour le jeu de mots “Bob”, un petit chien qui se veut la mascotte de l’appellation pour “Best of Bourg” (c’est une agence qui a cogité cela ?). Sympa, mais simplet.

2/. Bravo pour nous préciser que le meilleur des Côtes de Bourg (c’est bien la traduction littérale, non?) se retrouve donc dans ce bag in box à 24 € les 5 l, ce qui revient à 4,8 € le litre (le litron ?), ou l’équivalent bouteille à quelque 3,80 €…

3/. Merci pour les bons producteurs de l’appellation qui essaient (et méritent) de vendre leurs bouteilles à 10 € (voir mon Guide).

A la lecture du dossier de presse, on comprend (c’est surtout ce que va retenir le consommateur, hélas) que le “meilleur des Côtes-de-Bourg” vaut 4,80 € le litre (pourquoi payer plus cher, donc, si c’est ce qui représente le top de l’appellation ?) et, pour les autres, comme disait Coluche, “circulez, y’a rien à voir”…

La chute (méritée) des prix de certains Bordeaux

Publié dans A chaud, Coups de gueule (Jeudi septembre 27, 2007 à 21:48)
Voir/Poster un commentaire

Cela fait des années que je m’élève contre les prix d’un bon nombre de Bordeaux surcôtés que j’ai éliminés de mon Guide il y a bien longtemps, notamment pour cette raison (ce qui n’enlève rien à leur qualité, certes, et encore, selon les vins) et qu’un bon nombre de “confrères” s’acharnent à encenser comme des idoles. On voit que je n’avais pas tort puisque leur bulle se dégonfle bien vite et régulièrement : il fallait bien que le marché se régule et que les consommateurs réalisent qu’on les avait dupés.

(Lire la suite…)

Les Citadelles des vins, oups

Publié dans Dégustations, Coups de gueule (Mardi septembre 25, 2007 à 9:59)
Voir/Poster un commentaire

En voilà des résultats fiables et risibles : le palmarès du “concours” de Bourg (évidemment, il faut s’inscrire pour y participer, donc aucun vrai grand vin typé n’y est…), ce qui explique les résultats. Faudrait peut-être le préciser aux consommateurs, pour éviter de les prendre pour des gogos, non ?

(Lire la suite…)

Faut mieux en rire, de la “Toupie”

Publié dans Coups de gueule (Mardi septembre 25, 2007 à 9:36)
Voir/Poster un commentaire

Oups, le voici, le voilà, un vin (La Toupie) “qui se veut une réponse à la crise du marché viticole français” : si, si, on vous le dit, rien de moins… Plus on fera du vin comme cela, plus on perdra son identité, plus il faudra mieux acheter australien !

Voir : Agence Delalande & Fleuri

Les vins de confitures

Publié dans Clin d'œil, Coups de gueule (Samedi septembre 22, 2007 à 11:28)
Voir/Poster un commentaire

Il y a plein de sites et liens (388 000…) sur Yahoo qui parle de confitures et de confitures aux vins, mais il y en, le nôtre, particulièrement bien référencé (27e place) qui dénonce, notamment sur AgoraVox, les vins “confiturés”.

1 Bollinger : 1 smic !!!

Publié dans A chaud, Coups de gueule (Samedi septembre 22, 2007 à 11:19)
Voir/Poster un commentaire

C’est incautionnable et c’est de la rigolade.

20 sur 20 ? mon nouveau blog perso qui note mes coups de cœur…

Publié dans A chaud, Coups de gueule, Concours gratuit (Dimanche septembre 16, 2007 à 16:03)
Voir/Poster un commentaire

Politique, Vins, Livres, Actualités, Humour… tout ce qui nous passionne, nous fait rire ou nous déplaît.

http://dussert-gerber.blogspot.com/

Là, par contre, je suis d’accord

Publié dans A chaud, Classements, Coups de gueule (Vendredi septembre 7, 2007 à 16:56)
Voir/Poster un commentaire

http://www.lefigaro.fr/vins/20070905.WWW000000319_les_aoc_ne_seraient_plus_un_gage_de_qualite.html

“L’AOC a été dévoyée. On a vu apparaître des vins moins typés, standardisés pour correspondre à la mode du moment”, explique Olivier Andrault de l’UFC. Un détournement de l’AOC qui s’explique en partie par la manière dont est attribuée cette appellation.

(Lire la suite…)