Patrick Dussert-Gerber

Défendre une éthique, sinon rien

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Nouveaux records pour nos sites Internet

Notre forte progression se poursuit sur le Net. Derniers résultats de référencements sur Google (29/03) en ne retenant que la première page des résultats (qui va voir les autres ?) et SANS marquer directement le nom de nos sites (ce qui serait trop simple) :

En tapant dans le moteur de recherche une phrase aussi « bateau » que : sélection des meilleurs vins, on se retrouve en pole position (1er et 2e) avec notre site Les Vins du Siècle, 3e et 4e avec notre site Millésimes, en 7e position avec notre site Top French Wines, 8e position avec Vins de Châteaux et 10e position avec Magnum sur plus de 2,3 millions de références !

D’une manière générale, dès que l’on mêle les mots de « meilleurs » et de « vins », nous apparaissons en tête dans la plupart des régions, parfois en monopolisant les références. Exemple : pour meilleurs beaujolais (voire simplement meilleurs vins, ce qui est encore plus fort), nous sommes en 1er et 2e avec notre site Millésimes, en 3e et 4e avec l’un de nos blogs, Les Vins du Beaujolais, en 5e position avec Les Vins du Siècle, en 6e position avec mon Blog… C’est quand même très exceptionnel. Idem pour meilleurs vins d’alsace, de provence, de languedoc… Bienvenue à nos concurrents qui n’apparaissent pas…

Si l’on recherche : guide champagne, nous sommes en 1ère position avec notre site Guide Champagne et en 3e position avec notre site Guide des Vins sur près de 10 millions de liens !!!

Si l’on cherche : classement des meilleurs vins, on arrive en 1er avec notre site Guide des Vins et en 2e avec notre autre site Classement des Vins sur plus de 2,4 millions

En tapant meilleurs vins de loire, nous sommes en 1er avec mon Blog, en 2e avec notre site Vins du Monde, puis en 7e avec Vin Loire, sur plus de 3,3 millions de références

Je rappelle que tous nos sites ont une interactivité entre eux, ce qui nous amène à avoir plusieurs millions de lecteurs !!!

Le succès de Vinovox

Notre site Vinovox, créé il y a seulement un an, est un vrai succès : il faut dire que l’idée n’était pas mauvaise de réunir plusieurs dizaines de « blogs-collaborateurs » dans les domaines du vin et de la gastronomie, des recettes, des voyages, des reportages, etc.

La Newsletter hebdomadaire de Vinovox va bientôt atteindre les 15 000 abonnés, ce qui est particulièrement conséquent.

Développement à l’international avec nos sites en Anglais, Espagnol et Allemand

En ce qui concerne nos sites étrangers, voici où nous en sommes :

1/. Notre site de Millésimes renforce son développement en langues Anglaise, Espagnole et Allemande.

2/. Notre Site Top French Wines (réservé aux membres des Vins du Siècle) s’est considérablement développé depuis 3 mois avec plus d’une centaine de nouveaux propriétaires.

3/. Ils sont épaulés par plusieurs autres sites et blogs qui permettent de multiplier les référencements et d’accèder à des millions d’internautes. Pour exemples : Vintage French Wines, Guia de los Vinos de Francia ou Französische Weine.

4/. NOUVEAUTÉ 2009 : nous mettons en place plusieurs sites thématiques dans ces 3 langues, qui seront automatiquement mis à jour chaque semaine. On peut déjà retenir (j’ai déjà réservé ces noms de domaines) : www.typicalfrenchwines.us, www.merjorvinosdefrancia.com, www.essentialwines.eu, www.vinosdefrancia.eu, www.millesimesworldwide.com, www.vintageworldwide.net

La plupart de nos nouveaux sites possèdent des extensions universelles comme celles des .com , .net ou .eu (Europe) accompagnées de l’extension américaine .us qui accroît les référencements dans Google américain.

5/. AUTRE NOUVEAUTÉ 2009 : la création d’un portail important, comme Vinovox, qui reprendra le flux de nombreux blogs en anglais, allemand et espagnol.

On ne devrait pas être loin d’avoir nos 150 sites et blogs en ativité dans les prochains jours, donc.

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Ecrit il y a 10 months, 2 weeks à 9:29.

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* La race de Grand Puy Lacoste

Classé 1er Grand Vin. J’apprécie depuis quelque 30 ans François-Xavier Borie, l’un des rares médocains propriétaires de (très) Grand Cru Classé qui sait raison garder concernant ses prix et ne se laisse pas piéger par des sophistications œnologiques. Il connaît la force de ses terroirs et n’a, en effet, pas besoin de frimer ou de surbarriquer son vin pour atteindre les sommets.

Il se passionne pour son Château Grand-Puy-Lacoste, qui accueille une équipe jeune, motivée et compétente, élevant des vins caractérisés par cette saveur fruitée de crème de cassis, d’une belle couleur profonde, séveux, corsés, très puissants, avec des tanins soyeux qui révèlent un beau potentiel de garde digne de ce très Grand Cru Classé, très classique et très typé Pauillac.

François-Xavier Borie y vit avec son épouse, Marie-Hélène, et leurs enfants, ce qui n’est pas si courant dans le Médoc. Cette propriété superbe occupe une place à part dans l’histoire des grands crus bordelais et son cadastre n’a pas changé d’un iota depuis 1855. L’encépagement est particulièrement adapté au terroir et à l’exposition. Les 55 ha de vignes (75% Cabernet-Sauvignon, 20% Merlot et 5% Cabernet franc) sont situés tout autour du château, sur une belle croupe très graveleuse, ce qui assure un parfait drainage naturel et un ensoleillement maximal. Le château et les bâtiments ont été rénovés, les chais et le cuvier entièrement modernisés. Les vendanges sont volontairement tardives pour obtenir la meilleure maturité possible et sont exclusivement manuelles afin de préserver au mieux la qualité des raisins. Après un égrappage total et dans le respect de la très grande tradition bordelaise, la vinification est menée de façon très classique, à commencer par de longues cuvaisons dans des cuves thermo-régulées afin d’extraire tout le potentiel de la vendange. Le vin est ensuite élevé en barriques de chêne, fait l’objet d’un suivi constant et de soins méticuleux jusqu’à la mise en bouteilles.

Pour se faire plaisir, il y a donc ce splendide Pauillac 2005, corsé, au nez complexe (fraise des bois, réglisse), d’une grande intensité en finale avec ces notes bien persistantes et très caractéristiques de fumé, de mûre et d’épices, de belle base tannique, puissant et complet, de garde.

Le 2004, de couleur très profonde, avec des tanins intenses, un nez complexe où l’on retrouve les fruits cuits (cassis, groseille, mûre) et l’humus, avec cette finale subtilement poivrée qui fait tout son charme, un vin très distingué, de belle garde.

Le 2003 est toujours l’un des vins les plus séduisants de ce millésime, d’une belle robe de couleur intense et soutenue, d’un très bel équilibre en bouche, riche et concentré, un grand vin équilibré et ample, racé, avec ces notes caractéristiques de petits fruits rouges frais, d’épices et de truffe, très prometteur.

Le 2002 est une grande réussite. Beaucoup de puissance, un vin très corsé, de couleur soutenue, ample, alliant structure et bouquet, intense au nez comme en bouche (fraise des bois, réglisse, épices).

Très beau 2001, plus fin, un vin de bouche riche et charnue, tout en subtilité d’arômes (griotte, humus…), ample et séveux en finale, aux tanins savoureux, encore  jeune.

Le 2000 est superbe. Couleur, structure, concentration et distinction s’associent dans ce grand vin à la fois d’une grande finesse et d’une charpente très dense, de longue garde.

Très savoureux, le 1999 , un vin parfumé (humus, griotte mûre), aux tanins savoureux, alliant souplesse et charpente, qui commence à s’apprécier pleinement.

Très classique, ce grand 1998, de couleur grenat, puissant, aux saveurs fruitées, avec ce nez vraiment caractéristique de griotte mûre et de sous-bois, exhalant des notes sauvages et persistantes, aux tanins présents, de garde.

Le 1997 est excellent, ample, rond, avec une bouche qui commence à se fondre et permet d’attendre l’évolution du grand millésime 1996, riche, charpenté, de couleur soutenue, loin d’atteindre sa maturité.

Du grand art.

Email : dfxb@domainesfxborie.com



Neufbox de SFR



Discounteo

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Ecrit il y a 1 year à 7:47.

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* Notre montée en puissance sur Internet

Ceux et celles qui me connaissent savent que ce n’est pas la morosité ambiante qui me décourage dans mes investissements. En fait, crise ou pas, ceux qui relèveront des challenges seront, comme à l’accoutumée, ceux qui s’imposeront.

J’ai eu deux conversations très représentatives de cela : l’une, avec un directeur d’un cru de Margaux, qui me dit (j’abrège) : « oh là là, le marché stagne, nos prix baissent, mes patrons me donnent jusqu’à juin, sinon on licenciera… » On croit rêver devant si peu de solidarité et de volonté d’appréhender le marché ! Faut oser faire payer à l’employé de base des politiques aberrantes d’investissements inutiles lorsque l’on engrangeait à tout-và en vendant à n’importe quel couillon un vin à un prix surcôté… L’autre, et l’on se doute que c’est ma conviction, c’est celle de l’un de mes amis de Châteauneuf-du-Pape, qui vient de boucler son bilan 2008 en hausse : normal, il vend à un prix compétitif, ne déçoit pas ses clients et ne cesse d’innover. Passons, mais la réalité est là : ceux qui bougent face à ceux qui se plaignent, ceux qui se développent sainement et ceux qui n’ont fait que du « fric-frime ». Le monde a changé et l’on doit revenir à des valeurs essentielles. Sarkozy (on imagine pas où l’on en serait s’il n’avait pas été élu) a eu raison de secouer les banquiers et Obama a toutes les chances de relancer ce qui doit l’être : la confiance en soi, en nos capacités, à notre dynamisme.

Bref, on ne peut pas dire que nous nous soyons endormis sur le Net : depuis 10 ans, à force de travail, d’idées (et de chèques), nous sommes parvenus à être incontournables dans notre domaine : celui du vin et de la défense des vignerons français dignes de ce nom.

Quoi que l’on tape sur Google ou Search ou Yahoo, on tombera bien, à un moment ou à un autre, sur l’un de nos sites, tant l’interactivité de nos articles et de nos mots-clés a réussi à créer une telle synergie sur la Toile.
Il faut dire qu’avec quelque 130 blogs et sites en activité, dont quelques-uns en langues anglaise, espagnole et allemande (quitte à être incontournable, autant l’être pour tout le monde), nous n’avons pas fait dans la dentelle…

ANNONÇEURS ET AUDIENCE FONT BON MÉNAGE

Ce qui change, pour nous, aujourd’hui, et cela vient conforter notre impact, c’est que nous avons activé un grand nombre de partenariats avec des annonçeurs grand public qui sont attirés par notre audience. Et ce n’est pas rien, notre audience.
Si quelques producteurs semblent encore en douter, les internautes sont particulièrement fidèles à ce que nous faisons.

-D’une part, il y a nos importants fichiers (celui des boutiques de L’Amour du Vin que nous avons conservé, celui de nos concours, celui de VinoVox…), le tout nous faisant un « trésor de guerre » de plusieurs dizaines de milliers de contacts, très ciblés, amateurs de bons vins ! C’est une mine d’or qu’aucun concurrent (il en reste ?) ne peut avoir entre les mains !

- D’autre part, bien sûr, il y a les centaines de milliers d’internautes qui arrivent sur nos sites et blogs, régulièrement. On a toutes les audiences officielles qui attestent que nous sommes en perpétuelle progression. Bref, tout cela incite des marques à en profiter, et on le comprend aisément. Deux exemples, afin d’éviter le moindre doute. Pour l’un de nos plus « petits » sites, par exemple, classementdesvins, nous avons eu en 2008, quand même 17.399 visiteurs différents. Pour un autre, plus puissant, comme celui de guidedesvins, on passe à pas moins de 161.732 visiteurs uniques, ce qui est considérable quand on sait que les internautes sont très ciblés (s’ils ne sont pas intéressés par le vin, ils ne viennent pas sur ce site). Encore plus fort, notre seul site de millesimes a été suivi par 204.236 visiteurs uniques !!! Avec seulement 3 sites, on dépasse les 383.000 visites annuelles. Je vous laisse à votre calculette pour multiplier et extrapoler ce que peuvent recenser comme visiteurs nos 130 sites et blogs… C’est donc du sérieux.

Millesimes
Millesimes
Journal du Vin
Vinovox

Pourtant, sur nos sites, je n’ai pas encore voulu mettre des publicités de producteurs de vins : trop simple et, à mon sens, il est plus naturel de promouvoir gratuitement les producteurs que j’apprécie et qui sont fidèles, par exemple, à Millésimes. C’est un « renvoi d’ascenseur » très intéressant pour eux qui leur ouvre les portes du Net, et cela me convient ainsi. Nous ne sommes pas des « marchands de tapis », et respectons cette éthique.

Les investissements financiers que nous ont coûté tous nos sites méritent pourtant bien d’être rentabilisés désormais. Aux côtés de nos annonçeurs générés par Google, très bien ciblés sur chacun de nos sites, et sur lesquels nous n’intervenons pas directement, j’ai donc décidé de mettre en place plusieurs campagnes, avec des annonçeurs que j’ai choisi. Quelques exemples :

- Dans VinoVox, qui est notre site le plus généraliste et connaît une progression exceptionnelle (nous ne l’avons créé qu’en Janvier 2008), nous pouvons « coller » quelques annonçeurs particulièrement ciblés comme SFR, un voyagiste comme Okipi, ou la Centrale des Particuliers… On pourra y trouver aussi un Discounter, Disconteo, assez efficace pour faire de bonnes affaires, et, ceux qui ne vont pas tarder à révolutionner le domaine des jeux, des sites commes JacpotCity

- Dans Millésimes, qui s’adresse plus généralement à des consommateurs actifs et perspicaces, nous avons comme partenaires le célèbre site de vente PriceMinister, incontournable pour les bonnes affaires, ou, bien entenu, le non mois célèbre site Amazon, dont on ne peut se passer.

- Dans Guide des Vins, on y place pour l’instant les mêmes annonçeurs, qui tourneront périodiquement, auxquels vont s’ajouter l’un des plus importants site marchand de vins, ChâteauOnLine, etc.

- Idem pour Les Vins du Siècle, notre site qui s’est considérablent enrichi depuis 2 mois, ou, bien sûr sur mon Blog Perso.

C’est une véritable reconnaissance de notre impact qu’apportent ces partenariats. D’autres vont suivre et feront des jaloux, comme d’habitude. En fait, cela va surtout nous permettre de poursuivre notre développement, et donc d’en faire bénéficier gratuitement les vignerons.

UN NOUVEAU SITE GÉNÉRALISTE, UNIQUE ET NOVATEUR

Eh oui, il faut bien financer ce que nous préparons discrètement depuis quelques mois : un site « grand public », qui s’adressera particulièrement aux « trentenaires-soixantenaires », dans tous les domaines qui nous concernent dans notre vie de tous les jours : actualités, forums, santé, finances, art de vivre, loisirs, voyages, gastronomie et… vins. Un vrai magazine, en somme, GRATUIT et actualisé en permanence. Il augmentera considérablement notre audience en abordant ces nombreux thèmes et ce sera tout bénéfice pour nos propres réalisations et les vignerons que nous soutenons. Que demander de plus ?



Neufbox de SFR

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Ecrit il y a 1 year à 8:47.

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* L’incroyable Petrus

Il y a quelques « dégustateurs » qui feraient mieux de retourner à l’école et de savoir de quoi ils parlent avant de juger quoi que ce soit. J’ai lu notamment le résultat d’un « jury » (le mot lui-même prête à sourire, tant il est pompeux) qui, comme d’autres, classent une multitude de vins à concours devant le mythe Petrus. On sent d’ailleurs une jubilation sous-jacente, la jalousie n’ayant de limite que la bêtise. Trois choses :

1/. Mélanger les appellations ou les vins de régions et/ou de pays différents est tout aussi risible que peu professionnel.

2/. Un vin (grand ou modeste) ne se juge pas sur un seul millésime. On ne peut juger d’un cru que si on a pu le déguster des dizaines de fois, dans des millésimes différents. En l’espèce, vu le prix de Petrus, je doute que les « dégustateurs » aient vraiment pu accéder à cela, la philosophie des Moueix n’étant pas de filer des bouteilles à tout le monde. Passons.

3/. Découlant de cela, l’expérience nécessite de savoir « imaginer » l’évolution d’un vin. Comment voulez-vous estimer ce que sera un 2005 ou un 2002 si vous n’avez jamais gouté auparavant des millésimes similaires du même cru ? C’est du pipeau, voilà tout !

Il est si simple en effet qu’un vin « bodybuildé », surconcentré, surboisé, se présente mieux qu’un vrai grand vin qui, c’est son essence même, a besoin de plusieurs années pour se dévoiler. Un grand vin, ce n’est jamais bon après 3 ans, une bête à concours, si… faudra quand même que ces « dégustateurs » soit donc plus crédibles.

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit. On se doute que les prix extravagants de Petrus en font un produit de luxe, et que l’on n’envisage plus de mentionner à son sujet de rapport qualité-prix. J’en ai déjà parlé.

Ce qui fait -surtout- de Petrus (avec la Romanée-Conti) l’un des plus grands vins du monde, c’est son terroir et une façon de travailler qui ne fait pas dans l’esbroufe. Vous allez relire plus loin mon interview de Jean-Claude Berrouet sur ce point. On est donc bien loin des vins « sans vice ni vertu » dont nous abreuvent des propriétaires qui ne se contentent que d’appliquer des maquillages œnologiques.

En ce sens, Petrus est l’archétype des (rares) vrais grands vins racés de Bordeaux, où l’élégance s’allie à la structure, et reste plus que jamais la « locomotive » indispensable à tous les producteurs qui respectent leur terroir, signant des bouteilles authentiques, chacune dévoilant sa personnalité, qu’elles valent 10 ou 50 €. Sans des crus comme Petrus, la porte serait grande ouverte à des vins « fabriqués », « mondialisés, au goût standardisé. Sans un mythe pareil, les pourfendeurs de nos vins racés s’en donneraient -encore plus- à cœur joie !

Et puis,le plus important dans ce monde du vin qui m’est cher, c’est que l’on ne peut « comprendre » un vin (n’importe lequel) que si l’on connait l’homme qui se cache derrière l’étiquette. Sans homme (ou femme), le vin n’est qu’une boisson…

PETRUS : LES HOMMES

Mon ami (de 30 ans) Jean-François Moueix est donc le propriétaire de ce cru mythique. Cultivant l’humour et la discrétion comme d’autres le snobisme et l’esbroufe, il poursuit une politique exemplaire, qualitative certes, mais aussi commerciale, puisque c’est lui, et lui seul, qui vend Petrus (le cas est unique ici), notamment au travers de sa prestigieuse maison Duclot, ou de ses nombreuses autres entreprises (boutiques l’Intendant et Badie à Bordeaux, Châteaux Cash & Carry en région parisienne…) et un bon nombre de grands vins bordelais peuvent rendre aussi hommage à son impartialité et à sa fidélité envers eux, année après année. On ne peut contester que Petrus fait partie de la petite poignée des plus grands vins rouges du monde, et des 3 ou 4 plus grands crus bordelais, à un prix lui aussi hors normes, certes.

C’est l’archétype des grands crus où le terroir crée cette osmose exceptionnelle avec le cépage et les hommes et on comprend qu’il ne puisse qu’aiguiser la jalousie d’un bon nombre de producteurs médiatiques, libournais, médocains ou étrangers, qui ne peuvent, eux, faute de terroir et d’humilité, que se contenter de faire mariner à outrance leur vin dans des barriques en croyant qu’ils font une cuvée digne de ce nom… La surconcentration n’est pas un gage de grand vin et l’élevage abusif en fûts neufs non plus (Petrus n’en utilise que 50 % en moyenne).

PETRUS : LE TERROIR

“Lorsque l’on parle d’un vin, me confie Jean-Claude Berrouet, il faut d’abord présenter le sol, c’est lui qui lui donne son originalité, sa typicité et, à Petrus, l’originalité est particulièrement importante puisque l’on sort des sentiers battus bordelais. Ici, ce qui prime, c’est la rencontre de 2 argiles, une argile ancienne, bleue, arrivée dans la seconde moitié de l’ère tertiaire. Au Quaternaire, il y a eu des recouvrements graveleux, mais, à Petrus, ce sont des argiles noires gonflantes qui donnent la spécificité…

Petrus (11,5 ha) est situé sur un plateau et plus précisément sur un mamelon argileux qui culmine à 42 m d’altitude, ce qui permet aux eaux de ruissellement de surface de ne pas stagner et d’aller vers le bas. Ainsi, il n’y a jamais d’excès d’eau mais l’une des vertus de l’argile est ce pouvoir de rétention d’eau, elle se comporte comme une belle éponge, et restitue l’eau lentement à la plante en période de sécheresse. Petrus, c’est aussi l’expression d’un cépage, le Merlot, qui s’épanouit pleinement sur ces argiles.

C’est un vignoble très ancien. J’y suis arrivé en 1964 et j’ai connu une parcelle postphylloxérique qui avait été plantée en 1885. Il y a encore des parcelles plantées en 1957, mais la moyenne d’âge des vignes est de 35 ans. À partir de 1985, nous avons fait un gros effort de sélection massale en collaboration avec l’Inra et la chambre d’Agriculture. Pour les replantations, nous avons réintroduit les vieux pieds de vigne sélectionnés et passés en Tests Elisa pour vérifier leur état sanitaire. Ainsi, nous avons reproduit les vieilles sélections qui avaient été choisies par nos anciens, auxquelles nous avons ajouté de nouveaux clones, de telle sorte qu’on laissera aux successeurs la population ancienne et la population moderne. La culture de la vigne est très traditionnelle à Petrus : on laboure 2 fois par an, on chausse et déchausse. Les rendements varient de 25 à 39 hl/ha mais la moyenne se situe plutôt vers 35 hl/ha. Les vendanges sont manuelles, effectuées en cagettes avec un tri sévère effectué sur 2 tables de tri. La vinification est très traditionnelle avec des fermentations en cuves béton. Nous privilégions des extractions très mesurées, ainsi les cuvaisons ne sont pas très longues car nous souhaitons rester sur le fruit et des tanins soyeux. S’ensuit l’élevage durant 18 à 20 mois en fûts de chêne avec une proportion de bois neuf qui varie selon les millésimes (un peu plus de 50 %). Nous évitons le surboisage, toujours dans un souci permanent de préserver la spécificité du vin. Le vignoble est protégé en lutte raisonnée.

Nous pratiquons depuis 1991 l’étude de la maturité phénolique en parallèle avec la maturité physiologique. Avec l’indice de maturité et la dégustation des baies, parcelle par parcelle, nous déterminons une date de vendange la plus précise possible, ce qui est un facteur primordial pour obtenir la meilleure qualité d’un vin. La force du terroir se retrouve aussi dans le potentiel d’évolution. Celui de Petrus est très important et tout le monde se souvient encore des fabuleux 1953, 1955, 1959, 1961 ou de l’exceptionnel 1947…

Nous avons hérité d’un très grand terroir et cela est un privilège de la nature. Il y a une dizaine de parcelles qui ont des caractéristiques pédologiques propres, il existe une résonance du sol à un climat et, selon les millésimes, cela donne des variations (20 à 35 000 bouteilles). Petrus, c’est aussi une équipe, la gestion viticole est confiée à Christian Moueix et Michel Gillet, et celle de l’œnologie et du chai à moi-même et à François Veyssière qui a pris la succession de son père. Nous mettons toute notre expérience, notre connaissance au service de Petrus, un vin pour lequel nous n’avons pas le droit à l’erreur…”

PETRUS : MA DÉGUSTATION

Grandissime Pomerol 2005, puissant, très complexe, d’une très grande structure, aux arômes persistants et subtils de petits fruits rouges mûrs à noyau, de truffe, de cuir, très structuré, avec des tanins soyeux mais intenses, tout en distinction, de grande évolution.

Le 2004 est splendide, dans la grande tradition bordelaise, et l’on ne peut que regretter que ce millésime se situe entre les 2005 et 2003, la mode risquant de le laisser à l’écart (confer la grande dégustation).

À ses côtés, ce 2003, un vin dense, tout en harmonie, riche au nez, avec ces notes de mûre et d’humus, et des nuances de cuir et de pruneau en bouche, aux tanins fermes mais toujours très savoureux, de grande garde.

Le  2002 , intense et chaleureux, très charpenté mais très élégant, est de robe intense, aux nuances de vanille et de cassis, un vin racé et corsé, concentré au nez comme en bouche.

2001 : truffe, fruits macérés, humus… sont les premières sensations de ce très grand vin, le “velours” à l’état pur, où cette structure impressionnante sait se fondre dans une distinction incroyable, qui lui confère un potentiel d’épanouissement réellement exceptionnel, de très grande garde.

2000 : une structure de cathédrale. Puissance et distinction, chaleur et ampleur, une très grande complexité d’arômes (cuir, griotte confite…), un vin d’une grande harmonie, d’une très belle matière en bouche, majestueux, de très grande garde.

1999 : la saveur même. Complexe et gras, aux tanins présents, riche et parfumé en bouche, un beau vin charnu, charmeur, qui fleure les épices et les fruits frais, alliant puissance et finesse, dont le velouté est très caractéristique des vins de Pomerol.

1998 : exceptionnel. D’un très grand classicisme, de couleur intense avec des senteurs de truffe, de champignon, un côté animal, de cuir, vraiment superbe, encore jeune, complexe, de lente évolution.

1997 : remarquable. De robe pourpre foncé, aux arômes prononcés de musc, de truffe, de fraise des bois, aux tanins soyeux, de bouche généreuse, un vin très savoureux.

Pas facile de résister.

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Ecrit il y a 1 year, 2 months à 11:55.

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* Echange 1 Ausone 2005 contre 500 « petits Bordeaux »

Vous allez croire que je fais une fixation sur les prix en ce moment. Ce n’est pas faux car j’ai entre les mains des centaines de tarifs à l’heure où je boucle mon Guide, et, bien sûr, mes commentaires changent aussi en fonction de l’éternel rapport qualité-prix-plaisir. Un vin que j’ai bien noté « à l’aveugle », peut, et j’assume, être rétrogradé quand son prix n’est pas justifié. C’est vrai en Bourgogne comme en Languedoc, et vous le lirez dans l’édition 2009.

Car le vin, ce n’est pas de la frime. Prenons Bordeaux, où les prix atteints par certains crus devenant -de facto- incomparables, on peut alors s’amuser à faire des comparaisons… incomparables.

Faut bien rire et cela prouve que ma position est toujours d’actualité. Pour mémoire, à Bordeaux, les “primeurs” (depuis 2000, et surtout 2005 où certains crus ont sorti des prix déments et incautionnables) font des vins bien trop chers, et cela commence à créer un sérieux malaise, tant il y a de différence entre deux vins d’une même appellation. On parle beaucoup trop d’argent ici, de frime, de bonnes notes glanées chez un “gourou” quelconque, et c’est ce que le consommateur retient, alors que, bien sûr, ceci ne concerne qu’une infime minorité. Cela crée tout naturellement une crise de confiance, et, en même temps, une crise d’identité, tant un bon nombre de vins ont perdu leur spécificité. Le millésime 2005 est le stéréotype, qui me met personnellement mal à l’aise face à la crise que traversent beaucoup de nos compatriotes, de ces hausses de prix, totalement injustifiées.

- Un exemple avec L’Angélus 2005 (rien contre ce vin, ce n’est qu’un exemple, parmi d’autres) : 355 € la bouteille chez Mondovino, pratiquement idem chez chateauonline et chateauclassic, 10 € de plus chez 75cl, on passe à 438 € chez Eyquard (quelque 80 € de plus, chapeau, et je ne résiste pas à vous soumettre leur accroche : « Spécialiste des Grands Vins de Bordeaux et de France, nous vous proposons plus de 2000 références aux meilleurs prix »), on la trouve aussi dans une offre à 200 €

- Dans la même appellation, on peut faire beaucoup plus fort : 3.558 € la bouteille (vous lisez bien) du Château Ausone 2005 (2 fois et demi le smic), et, mieux (3 fois le smic, bravo), 4.187 € chez Wine and Co.

En face, facilement une bonne trentaine de vins superbes, toujours à Saint-Émilion, entre 20 et 40 € la bouteille, et, par extension (voir le Guide), une centaine de « bons petits Bordeaux » comme diraient certains idiots (expression dévalorisante, que je n’apprécie donc pas) sont proposés à la propriété entre 5 et 8 €, dans les appellations de Graves, des Côtes, des Bx Sup… certains vraiment remarquables.

Pour l’actu, je viens de recevoir le catalogue Leclerc. Soyons clair, je trouve ces vins cités également trop chers, et le rapport qualité-prix-plaisir n’est donc plus à prendre en compte. Il est amusant de comparer les prix entre les sites de ventes de vins sur Internet et le circuit traditionnel des grandes surfaces. On pourrait croire que le fait de n’avoir pas de boutiques et des délais de livraison très importants pourraient faire baisser les prix, c’est loin d’être le cas. Pour les inconditionnels de ces vins comme pour les curieux, voici ce qu’il en est aujourd’hui :

- Foire aux vins Leclerc : prix du Château Pichon Comtesse 2006 : 86,90 €, et sur Internet : 100,46 € (plus port)

- Foire aux vins Leclerc : prix du Château Figeac 2001 : 65 €, et sur Internet : 78 € chez Vinatis, 76 € avec le port chez Wine and Co (15 jours ouvrés pour la livraison, il vient d’où ce vin ?)…

Il y en a beaucoup d’autres, à vous de vérifier, par exemple sur Twenga.

Millesimes

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Ecrit il y a 1 year, 8 months à 10:30.

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* A Bordeaux, la gamme est vaste, et il y a de tout…

Je suis en train d’écrire mon Guide 2009, qui paraît le 20 Août prochain, et il est particulièrement sévère cette année, les déceptions étant nombreuses, et les éliminés aussi.

À Bordeaux, par exemple : il y a d’abord une dizaine de vins mythiques d’un niveau qualitatif exceptionnel mais que l’on ne peut tout bonnement plus s’offrir. Il est difficile d’en parler comme les autres vins, car on entre dans le monde du luxe où l’image et la frime comptent beaucoup. Les prix de ces vins ne sont pas réellement cautionnables si l’on veut prendre le rapport qualité-prix, et, bien sûr, d’autres crus sont très proches qualitativement, et 10 fois moins chers. Ce sont donc des vins hors catégorie, des « vins-cadeaux », dont les acheteurs font plus partie des nouveaux riches des pays émergents (Russie, Chine…), l’exception confirmant la règle, car il y a encore de vrais amateurs (riches) qui les réservent. Passons, donc, mon Guide étant beaucoup plus axé sur la réalité des vins que nous achetons tous les jours.

Il y a ensuite la masse des grands crus classés, en Médoc, pour l’exemple, dont certains, beaucoup moins prestigieux, plus à la mode (pas mal de vins surbarriqués sont dans le lot), ont atteint des prix incautionnables, car, pour ceux-là, il est toujours question de rapport qualité-prix, ne leur en déplaise. Force est de constater que l’on retrouve ces bouteilles de moins en moins dans la restauration française et dans nos caves, leur prix devenant un frein réel. Ces vins-là, à forte valeur ajoutée, sont vendus majoritairement à l’export, délaissant, à tort, le marché français. Je me demande quelle serait la réaction du Japonais qui a sa cave remplie de ces vins-là, et ne les verrait pas en France. Il pourrait se demander s’il ne s’est pas fait avoir ? Heureusement, il y a les très grands vins, très classiques, où l’élégance prédomine (Léoville-Barton, Montrose, Calon-Ségur, Brane-Cantenac, Rauzan-Gassies, Desmirail…).

Dans le Libournais, on est toujours dans l’expectative. D’un côté les vrais grands vins marqués par des territoires que personne ne peut nier, dans une gamme large, où l’élégance s’allie à la structure, selon les sols et rien d’autre, sans artifices (Magdelaine, Bélair, Certan de May, Cadet-Piola, Lamarzelle, Beauregard, La Croix, Laroque, Guadet, Balestard…). Je ne peux que vous renvoyer à mon Classement 2008, où la catégorie des Deuxièmes Grands Vins est un vrai vivier qualitatif.
En face, il y a des vins bien différents (particulièrement à Saint-Émilion ou en Côtes-de-Castillon), beaucoup trop boisés, trop concentrés, desséchés, qui n’ont aucun intérêt mais nous ne parlerons pas d’eux, tant ils sont encensés de facon indécente par des “gourous” français ou étrangers.

À quoi bon créer des vins écœurants comme de l’encre, faire des “produits” à 15° quand la région bordelaise a, depuis toujours, su faire primer la distinction. J’ai débuté avec des “pointures” mondiales comme Jacques de Loustaunau, Émile Peynaud, Ribéreau-Gayon, ils s’attachaient tous à défendre cet atout essentiel de Bordeaux : élever de grands vins capables d’associer la puissance et l’élégance, et la durée dans le temps.

On sait que la (grande) qualité n’a rien à voir avec un élevage outrancier en bois neuf, ni à des artifices techniques.

Le marché intermédiaire (7 à 20 €) est un formidable vivier, qui fait la force de Bordeaux, dans toutes les appellations, aussi bien dans le Médoc, à Saint-Émilion, ses satellites, que dans les Graves ou les Côtes… On a plaisir à déguster des vins typés, très bien faits, qui bénéficient d’une belle série de millésimes grâce aux étés chauds, donnant des vins savoureux plus faciles à boire rapidement mais aussi d’un beau potentiel de garde. Les Sauternes sont tout aussi savoureux, avec un grandissime millésime 2007, dans la lignée du 2001.
Ils sont aux côtés d’autres vins trop chers, dont la réputation n’est plus justifiée à ce niveau de prix. Mes prochains Classements des Graves, des Satellites et du Médoc, notamment, vont donc réserver des surprises, comme celui des Bordeaux Supérieur.

Les 2007, 2006, 2004 et 2001 sont des millésimes que j’affectionne particulièrement, à l’ombre des grands millésimes médiatiques et c’est dommage, car ils sont l’archétype classique du bordelais, où la finesse prédomine. Les viticulteurs font des efforts de qualité, sont efficaces, travaillent bien dans leur chai mais aussi à la promotion de leurs vins, car il ne s’agit pas de ne faire que bon, il faut le faire savoir. La majorité élève ces vins dans la grande tradition bordelaise.

Il y a également une région où les vins sont exceptionnels, Pessac-Léognan, (même si j’ai été très déçu par quelques « grands », vous le verrez) avec des crus envoûtants, en blanc comme en rouge. À Pomerol, les vins sont restés très typés, cela correspond aussi à la mentalité des propriétaires qui respectent leur terroir et ne se complaisent pas dans l’esbroufe. Saint-Émilion est une appellation qui fait encore parler d’elle avec un classement qui fait sourire (pour ne pas dire plus), tant des déclassements restent incompréhensibles, c’est navrant.

Cela amène le consommateur à penser qu’à Bordeaux on parle trop de classements, de jalousie, de prix, de frime et pas assez de qualité intrinsèque du vin et cela porte tort à toute la région, même aux Bordeaux les plus modestes. Ajoutez à cela une vraie crise sociale snobée par quelques propriétaires et négociants qui préfèrent aller chercher ailleurs ce qu’ils devraient promouvoir venant de leur région.

En fin de compte, on se moque de savoir si un cru est classé ou non, que les Côtes soient réunies ou pas, ce qui importe, c’est ce qu’il y a dans la bouteille et le rapport qualité-prix-plaisir !

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Ecrit il y a 1 year, 8 months à 10:24.

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