Voir aussi pour les vins mondiaux : http://patrick.dussert-gerber.com
A Chypre, il existe une véritable tradition vinicole très ancienne, et la viticulture a toujours été une très importante activité de l’île. La vigne y est cultivée à flanc de montagne jusqu’à près de 900 m d’altitude, particulièrement sur le flanc sud.
Les cépages
Pour les rouges, le Mavron, très majoritaire, l’Opthalma et le Cabernet depuis peu.
Pour les blancs, le Xynisteri blanc et Muscat.
Les vins
- Les rouges, que j’aime bien, sont très typés, intenses en couleur comme en arômes, bien corsés, tanniques, et légèrement épicés en bouche. Des vins charnus, d’excellente évolution..
- Les blancs sont secs (ou demi-secs), et moins passionnants. D’autres sont de type Xérès.
- Les vins de dessert
Le vin le plus charmeur de Chypre est le Commandaria, marron, liquoreux, provenant des villages de montagne, issu de raisins blancs et rouges séchés issus du Mavron et du Xynisteri). Il était déjà célèbre au XIIe siècle quand les Templiers s’installèrent dans l’île et lui donnèrent ce nom. C’est un vin remarquable et sa douceur est obtenue en desséchant les raisins sur des draps étendus au milieu des vignes, comme en Grèce. Essayez d’en goûter directement dans les villages.


Je vous l’avais promis, la voici, la voilà comme dirait Guillaume Durand : une rarissime dégustation des crus de la famille Moueix, millésime 2004, organisé par les Ets Jean-Pierre Moueix, avec Edouard Moueix (le fils de Christian Moueix) et mon ami Jean-Claude Berrouet, l’homme qui « signe » quelques-uns des plus grands crus de Bordeaux, et donc du monde. Douze vins, du plus mythique (Petrus, de Jean-François Moueix) aux plus exceptionnels (Magdelaine, Trotanoy, Certan-Marzelle…). A lire aussi dans MILLESIMES 2007 qui paraît mi-Avril.
Voir aussi : http://blog.guidedesvins.com/
Château LA SERRE
Saint-Émilion Grand Cru Classé. Superficie : 7 hectares (80% Merlot, 20% Cabernet, sols argilo-calcaires). Ce 2004 est tout en bouche, au nez où dominent la groseille et l’humus, associant puissance et finesse, charnu, un vin très harmonieux et très équilibré, de bonne garde.
Château MAGDELAINE
Saint-Émilion 1er Grand Cru Classé. Superficie : 11 hectares (90% Merlot, 10% Cabernet franc, 2/3 sont situés sur le plateau calcaire à astéries, et 1/3 sur les molasse. C’est un site viticole très ancien (environ 2000 ans), exposé au sud, sur la commune de Saint-Émilion. Le 2004 est formidable, d’une finesse hors du commun. Très grand vin, de robe brillante, très complet, avec une belle matière présente et savoureuse, aux senteurs de petits fruits noirs (cassis), de cuir et de violette, de belle garde.
Château BÉLAIR
Saint-Émilion 1er Grand Cru Classé. Superficie : 12,5 hectares (80% Merlot, 20% Cabernet franc ; 40% en côtes argilo-calcaires, 60% en plateau calcaire à astéries). Le traitement du vignoble en Ecodynamie est très respectueux des équilibres naturels puisqu’aucun produit toxique n’est ulilisé, ce qui permet le respect des levures et des bactéries indigènes et rend donc possible leur utilisation en fermentation. Pascal Delbeck a cédé des parts minoritaires de la Société d’exploitation de ce cru aux Ets. Jean-Pierre Moueix, qui assurent la commercialisation exclusive. Toujours caractérisé par une grande élégance, le 2004 est très représentatif du millésime, de robe grenat, un grand vin équilibré et ample, charmeur, avec des nuances de cuir, d’évolution lente.
Château LAFLEUR-GAZIN
Pomerol. Superficie : 8,5 hectares (80% Merlot, 20% Cabernet franc ; Limons, graves et argiles). Environ 40 000 bouteilles. Le vignoble, d’une moyenne d’âge de 30 ans, évolue sur différents types de sol et compte un pourcentage assez élevé de Cabernet franc. La conduite viti-vinicole est menée de manière traditionnelle et avec le même souci du détail que pour les autres crus gérés par la famille Moueix. Le vin est riche, avec des arômes de fruits cuits, ample, d’une belle robe sombre, d’un très bel équilibre en bouche, un beau vin où la puissance prédomine.
Château LA GRAVE A POMEROL
Pomerol. Superficie : 8,7 hectares Superficie (85% Merlot, 15% Cabernet franc, graves, avec présence d’argiles fines). Environ 36 000 bouteilles. Le vignoble, d’une moyenne d’âge de 30 ans, s’étend sur le versant ouest de l’appellation et marque, comme son nom l’indique, le début de la célèbre ceinture graveleuse caractérisant les grands vins de Pomerol. Ce 2004 est très classique, tout en charme, avec ses notes fumées et réglissées, des tanins mûrs et suaves, et une finale longue et savoureuse.
Château CERTAN MARZELLE
Pomerol. Superficie : 3,25 hectares (100% Merlot, graves sur argile). Environ 12 000 bouteilles. Le vignoble, d’une moyenne d’âge de 25 ans, s’étend sur un magnifique sol de graves reposant sur de l’argile. La culture ainsi que la vinification s’opèrent de façon traditionnelle. Le jeune vin est élevé en barriques de chêne renouvelées chaque année à hauteur de 50%. Le 2004 est exceptionnel de finesse, un vin vraiment très séduisant, très parfumé, très rond, ample au nez comme en bouche, d’une grande harmonie.
Château LATOUR A POMEROL
Pomerol. Superficie : 7,9 hectares (90% Merlot, 10% Cabernet franc, 2/3 sols graveleux et argileux, 1/3 limons argileux). Environ 36 000 bouteilles. Le vignoble de cette propriété donné en 1962 en fermage aux Ets Jean-Pierre Moueix se caractérise par la diversité de ses sols : graveleux avec la présence d’argiles sur une parcelle appelée les Grandes Vignes à proximité de l’église et limoneux autour du château. Ce terroir varié confère ainsi une complexité et une harmonie au vin que l’on retrouve dans ce millésime, robe rubis intense, des arômes de fruits surmûris, d’épices, de cuir. Charnu, complexe, avec des saveurs intenses, aux tanins puissants et soyeux à la fois.
Château LA FLEUR PETRUS
Pomerol. Superficie : 13,5 hectares (80% Merlot, 20% Cabernet franc, sur des sols graveleux). Environ 4 000 caisses. Contigu au Château Lafleur à l’ouest et Petrus au sud, le Château possède un sol essentiellement graveleux. Le vignoble est complanté de cépages scrupuleusement choisis. Ce millésime est de belle couleur profonde, très parfumé (fruits cuits), de bouche intense, aux tanins qui commencent à peine à se fondre, un très grand vin ample et distingué à la fois, puissant, très racé.
Château HOSANNA
Pomerol. Superficie : 4,5 hectares (70% Merlot, 30% Cabernet franc, mélange d’argile et de graves. Environ 18 000 bouteilles. Grâce à ce terroir mêlant graves et argiles, le vin produit est corsé et généreux, alliant finesse et équilibre. Le pourcentage conséquent en vieux Cabernet lui confère une grande complexité. Cela se retrouve dans ce 2004, un très grand vin, gras, d’un velouté exceptionnel, un millésime de haut niveau, de grande évolution.
Château TROTANOY
Pomerol. Superficie : 7,2 hectares (90% Merlot, 10% Cabernet franc). Graves argileuses et argiles noires). Environ 30 000 bouteilles. La mixité des sols (pour moitié des graves reposant sur de l’argile et pour moitié des argiles noires profondes) confère au vin à la fois de la puissance et de la profondeur ainsi qu’une grande finesse. Le 2004 ne déroge pas à son style : il est superbe, parfumé (fruits frais, sous-bois, épices…). Couleur pourpre, nez confit, tanins harmonieux, grande évolution, grande race.
Château LAFLEUR
Pomerol. Superficie : 4,5 hectares d’un seul tenant (50% Merlot, 50% Cabernet franc, sols argilo-graveleux, sableux). Une étude pédologique approfondie réalisée en 1998, a permis d’appréhender la diversité des sols de Lafleur. On retrouve une croupe graveleuse avec un sol brun graveleux, un sol brun sablo graveleux sur graves argileuses et sur sables argileux et enfin au centre une échancrure avec des sols plus profonds et la présence de pseudogley. Le vin est gras, corsé, racé et savoureux, équilibré, très harmonieux, riche en couleur, de très belle évolution.
PETRUS
Pomerol. Superficie : 11,4 hectares (95% Merlot, 5% Cabernet franc, argiles noires gonflantes). Environ 30 000 bouteilles. Un terroir unique (butte à 40 m d’altitude sur le fameux plateau de Pomerol aux argiles profondes sur un lit de crasse de fer) sur lequel le cépage merlot s’épanouit de manière exceptionnelle, lié à une approche viti-vinicole traditionnelle et respectueuse des aléas naturels. Fidèle à lui-même, Petrus dévoile dans ce 2004 toute sa subtilité, sa complexité, alliant une grande distinction à une matière pleine, un millésime extrêmement charmeur, onctueux, puissant, corsé et souple à la fois, d’une structure de “cathédrale”, très élégant, très riche en arômes avec cette note de truffe fraîche qui le caractérise. L’archétype du vin rare, qui se dévoile dans le temps. Toujours du très grand art.

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=18148
Sensualité, amitié, saveurs, patrimoine, émotion, partage, mémoire, art de vivre, coutumes, labeur, authenticité, plaisir des sens, convivialité, histoire… les mots et les valeurs sont nombreux pour exprimer ce monde du vin que nous aimons.
De tout temps, les symboles ont été forts, du plus mystique (le Sang de la terre et du Ciel) au plus poétique (Boire du vin, c’est boire du génie), en passant par les valeurs intellectuelles (L’invisible esprit du vin), ou celles plus alimentaires (Bonne cuisine et bons vins, c’est le paradis sur terre). Le vin, celui que nous défendons, ce n’est pas une boisson rouge, blanche ou rosée. Et c’est la raison pour laquelle il faut savoir de quel vin on parle.
Un vrai vin, c’est un vin de terroir
La priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée ou simplement en laissant faire la nature, qui n’a besoin de personne… Il y a une dizaine d’années le travail des vignes avait été délaissé, et surtout dans certains grands crus bordelais, au profit de la vinification. Si toutes les techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires traditionnels continuent de faire ce qu’ils savaient faire. Il est indéniable que ces dernières années, on a appris à mieux maîtriser les vinifications et, surtout, à ne plus faire de mauvais vins… on arrive à les arranger.
Mais attention : cela ne veut pas dire que l’on fera des vins typés car la typicité vient du terroir. Cette notion de terroir est indéniable, et cette typicité intervient aussi avec des vins plus modestes, quand on goûte un Menetou-salon “à l’aveugle”, un Saumur, on retrouve le goût du Sauvignon ou du Cabernet franc et celui du terroir adapté. C’est encore plus flagrant et exacerbé quand on déguste des grands crus, très marqués par leur sols et sous-sols, comme dans la Loire, en Bourgogne, à Bordeaux (gare aux “cuvées de garage”, voir plus loin), en Champagne (où l’art des assemblages fait la différence), dans la Vallée du Rhône ou en Alsace.
Les vins standardisés
- D’abord, ce que l’on nomme les vins de cépages. Il est impératif de ne pas mélanger les vins issus d’un monocépage, qui sont, par la force des choses, les premiers concernés et attaqués, et ces “nouveaux” vins de cépages.
Entrons dans le détail. En France, plusieurs régions et appellations (Pomerol avec le Merlot par exemple), produisent de grands vins de monocépage. Pour les régions, prenons le cas de la Bourgogne et de l’Alsace, cette dernière asssociant en plus le cépage à l’appellation. Un riesling, on s’en doute, provient du Riesling et pas d’un assemblage de Riesling et de Tokay. En Bourgogne, le Pommard, le Vosne-romanée, le Corton ou un Volnay sont tous issus du Pinot noir et ne se ressemblent pourtant pas du tout.
Prenez alors ce que l’on nomme un vin de cépage : un Chardonnay d’Auvergne, un Sauvignon américain, un Cabernet-Sauvignon australien, etc. La différence est incontestable. Un vin de cépage est donc un produit marketing qui vise à séduire une clientèle en l’attirant avec la mention d’un cépage prestigieux. Le consommateur lambda, celui qui passe d’un soda à la bière, ne peut être que flatté et rassuré de lire le mot Chardonnay sur une étiquette. Tous ces “ersats” qui portent le même nom de cépage se ressemblent : ils sont standardisés et aucune différence ne sépare un vin produit en France d’un autre produit au Chili ou en Nouvelle-Zélande. On voit bien qu’ils sont plantés dans des pays “neufs” en matière de vins ou dans des régions où l’on peut se procurer des terrains à bas prix. Ils sont standardisés par leur cépage (et encore, il faudrait distinguer les porte-greffe) et par leur vinification, voire un matraquage en barriques neuves. Ce sont des vins de boissons, rien de plus.
Les vrais vins typés
A contrario, un vin digne de ce nom, et lui également monocépage, n’a rien à voir et ne concourt pas du tout dans la même catégorie. Première précision : le prix n’est pas à prendre en compte. Il y a des vins standardisés qui valent plus cher qu’un Chinon (monocépage Cabernet franc ou qu’un Sancerre, monocépage Sauvignon), et même, et c’est un comble, encore plus cher que d’autres appellations plus réputées.
Ce qui m’agace, c’est que les “marchands” osent dire qu’un simple vin blanc issu du Sauvignon ou du Chardonnay peut être comparé avec nos vins d’appellations où le terroir entre en scène d’une façon indubitable. Est-ce de l’ignorance ou de la mauvaise foi ? Qui peut oser dire qu’un Pouillly-fumé provenant d’un sol de calcaires portlandiens, qu’un Chablis marqué par un sous-sol kimméridgien, qu’un Gewuztraminer racé par ses sols de marnes de l’oligocène (comme à Éguishein, par exemple) a le même goût qu’une bibine du même cépage planté dans des terres à maïs ou dans des pâturages ? On sait déjà que deux grands vins typés monocépage plantés à quelques dizaines de mètres ne se ressemblent pas (un Gevrey-chambertin Saint-Jacques et un Gevrey-chambertin Les Cazetiers par exemple)… Imaginez l’abîme qui peut séparer les autres.
Mélanger cela, c’est mélanger en effet “les torchons et les serviettes”, c’est faire fi de toute l’histoire géologique, de l’héritage des générations passées, bref, de la civilisation. Pour faire simple, c’est aussi navrant que de comparer Rembrandt à un “peintre” qui barbouille trois lignes de couleur sur une toile (il y a pire dans ce domaine), le génie d’un Mozart à un “chanteur” qui se dandine dans une émission de variétés, une épée de Tolède à un couteau de cuisine ou un meuble Boulle à du contreplaqué…
Bien entendu, si j’ai tenté d’expliquer le monde qui sépare les grands vins monocépages de France et les petits vins de cépages, il faut tout aussi faire entrer dans les vrais vins typés que nous aimons, tous les autres crus de nos régions qui sont issus de plusieurs cépages. S’ils sont moins copiés, c’est parce que c’est plus simple de “vendre” un seul nom de cépage que de mettre sur une étiquette “Merlot, Cabernet-Sauvignon, Malbec” ou “Mourvèdre, Grenache, Syrah” ou “Bourboulenc, Maccébéo, Marsanne”. La complémentarité des raisins s’exprime au mieux dans les grands vins du Bordeaux (Médoc, Graves, Saint-Émilion, Côtes…) à Châteauneuf-du-Pape, à Bandol, dans le Sud-Ouest ou en Languedoc.
On en vient à l’extrême prudence qu’il faut avoir sur ces vins de cépages (à quoi bon planter du Gewurztraminer en Languedoc ? ) comme sur les vins qui, faute de terroir, ne peuvent s’exprimer qu’au travers d’éléments extérieurs, en l’occurrence des vinifications trop techniques qui les dépersonnalisent, ou l’usage abusif de la barrique neuve.
Autre question : est-ce qu’un vin doit avoir le goût de fumé, de bois blond (sic), de tabac, de torréfaction, de goudron ou de bonbon anglais ? La réponse est non quand il s’agit d’artifices et d’arômes pas naturels. On ne retrouve ce genre de complexité que dans des vins parvenus à maturité (10, 20 ou 30 ans selon la force intrinsèque de chaque millésime) où la subtilité aromatique peut alors tendre vers ce type d’arômes secondaires et tertiaires. Sentir un vin jeune qui n’exhale que ce type d’arômes ou de saveurs prouve que le vin est bien souvent issu d’élevage “à la mode”. Pour exemple, le goût de brûlé est dû au goût habituellement donné par des barriques neuves qui ont été chauffées intentionnellement pour apporter ce style de parfums. Idem pour le goût de vanille, aussi naturel que le goût de banane que l’on avait retrouvé une année dans les Beaujolais.
La cuvée spéciale
La cuvée spéciale ou de prestige d’un producteur est en fait une sélection par rapport à sa cuvée traditionnelle (ou son second vin). Cest un plus, si l’on reste dans des limites de production raisonnable et si le premier vin correspond à une sélection sereine. Si un “Premier Grand Vin classé” de Bordeaux était issu seulement des 5 ha sur les 50 de son vignoble, il pourrait être considéré comme un “vin de garage”, sa marque et sa renommée ne correspondant plus à la majorité de son vignoble, pour laquellel il doit être jugé. Il faut se méfier des ‘troisièmes” vins (voire des “quatrièmes”), qui ne servent bien souvent qu’à gonfler le “premier” vin, le plus connu et donc le plus cher.
Le vin de concours
Des critiques dégustent un vin en recherchant uniquement des sensations primaires et immédiates, oubliant qu’il faut le laisser s’exprimer avec tel ou tel mets. Un grand vin a besoin d’évoluer, de s’épanouir, de s’exprimer aussi dans le temps. S’extasier sur un Grand Cru Classé de Saint-Estèphe ou de Saint-Émilion, millésime 2006, alors que le vin ne sera à sa maturité que dans plusieurs années, c’est être ridicule, comme l’est le fait de goûter le dernier millésime quatre mois après sa récolte. On peut le faire pour un beaujolais, pas pour un pauillac, le premier étant vinifié pour être bu rapidement et gouleyant, le second n’ayant même pas encore commencé son élevage…
Ne croyez-vous pas qu’il y a de quoi rire quand un “confrère” se permet de noter un margaux ou un pomerol sans savoir ce qu’il donnera ? Ce n’est que de l’esbroufe. On se trouve face à des vins dont l’unique but est de rafler des étoiles et des notes de “95 sur 100” (et plus, hélas) donnés par un “critique”américain, par exemple.
Idem pour le vin de garage. C’est une nouvelle fois dans la région bordelaise, et surtout dans le Libournais que l’on trouve ces “erzats”. Je vous renvoie à l’article sur la région de Saint-Émilion pour mieux comprendre l’absurdité de ces vins totalement fabriqués, où l’on fait fi de la nature. Certains producteurs (le mot convient-il ?) rêveraient de mettre leur vignes sous serre…
Pour faire un bon vin, c’est simple : il faut un terroir convenable, pas obligatoirement un superbe terroir évidement, tout le monde ne peut pas en avoir, des cépages très appropriés et non pas uniquement des cépages à la mode, parce qu’ils poussent plus facilement et sont plus faciles à gérer. On a toujours dit que le troisième millénaire serait religieux, ce sera surtout le siècle du terroir, on pourrait alors dire que le prochain millénaire sera celui des vins de “terroir contrôlé”. Un retour au respect de la nature, un partage avec sa famille, ses amis. Les époques sont difficiles et on a besoin de se faire plaisir ; un jour, on part en voyage, un autre, on ouvre une bouteille sympathique. L’important, c’est de déboucher un Chinon et de s’apercevoir qu’il ne ressemble pas à un Côtes-de-Bourg (et vice-versa), un Pomerol sans le confondre avec un Pauillac, un Meursault qui décline les nuances de ses terroirs (Charmes…), un Brouilly qui ne ressemble pas à un Chénas, ou un Châteauneuf-du-pape à un Bandol. Le plaisir du vin ne se résume pas à le boire. Il faut en parler et en rêver. Le vin n’est pas une boisson comme une autre. Un vin “colle” à son propriétaire. Le monde du vin n’est donc pas le même partout. D’un côté les marchands, de l’autre les passionnés.
