Patrick Dussert-Gerber

Défendre une éthique, sinon rien
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Bordeaux, Languedoc : même combat contre les vins de "mascarade"

Certains vins de Bordeaux et de Languedoc se rejoignent aujourd’hui sur un critère: leur surconcentration, qui leur donne un goût à la limite de l’écœurement, associée à des prix inadmissibles. Découlant de cela, les 2 vignobles sont également touchés par unde crise évidente, de surproduction certes, mais aussi par une « crise de confiance ». Gare au bluff, donc.

Voir débat sur AgoraVox :

LE LANGUEDOC

Franchement, quand je déguste certaines cuvées de la région, je me demande qui les achète. Très (trop) concentrés, on trouve en effet des rouges proposés en plus à des prix déments, incautionnables. Cela devrait pourtant s’assainir. À suivre.

On va se contenter des producteurs qui élèvent des vins racés et typés, dans l’ensemble du territoire, des Corbières à Saint-Chinian, de Faugères en Minervois, en passant par les Coteaux-du-Languedoc, Fitou ou vins de pays, à des prix remarquables. Des grands vins ici, il y en a, mais les terroirs sont connus et ne s’étendent pas. La force de ces vins est d’avoir su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un beau rapport qualité-prix.

Trois cas de figure définissent la région :

- Il y a les vignerons qui, et depuis longtemps, ont toujours su maîtriser les rendements, vinifier et élever leurs vins, en respectant leur spécificité, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue. Daumas-Gassac en est le fer de lance, suivi par des Corbières (la famille Gualco, Grand-Caumont…), puis des Minervois (Blomac, Villerambert-Moureau…), et aussi d’autres appellations (Antech…). C’est le noyau dur des grands vins du Languedoc, même si certains ont tendance à l’oublier. La plupart sont à la tête de leurs appellations respectives, et le fait de s’y maintenir mérite un coup de chapeau.

- Il y a ensuite les propriétaires, dans toutes les appellations, qui ont évolué plus récemment vers une recherche qualitative semblable, notamment ces dernières années. Ils ont cru en leur région et je les ai soutenus dès le début. On retrouve ici les grandes valeurs sûres comme Fabas, Vaugelas, Oustric… et quelques caves. On les retrouve tout naturellement dans le haut du Classement.

- Il y a enfin ceux qui ne sont pas installés depuis longtemps dans la région ou des propriétés qui ont été reprises par des vignerons d’autres régions ou les enfants. On les défend avec plaisir car ils s’attachent également à produire des vins typés et de qualité, à des prix très abordables (6 à 12 €). Attention à ceux qui pourraient se laisser piéger à développer des vins de vinification plutôt que de terroir.

Des vins de mascarade

Et puis, il y a donc quelques producteurs, marchands et grands groupes qui nous (et vous) font croire que leurs vins ressemblent à quelque chose. Ces vins de mascarade (en Coteaux-du-Languedoc et en vins de cépages notamment), où l’on parle de “vins à haute expression” (expression de la méthode de vinification et du bois neuf surtout…), qui “sentent le goudron ou le café” (cela donne envie, non ?), la réglisse (on n’est pas loin de l’écœurement)… Idem pour les cuvées de vins blancs totalement fabriquées dans les chais où l’on est fier de vous faire sentir “la mangue et autres fruits exotiques”. Il s’agit donc de ne pas confondre l’ensemble d’une progression qualitative certaine et le développement de ces vins “fabriqués” et “putassiers” qui attirent les investisseurs comme des mouches, et sont, hélas, soutenus par des “critiques”, notamment américains (ce sont les mêmes qui soutiennent les “vins de garage” bordelais). Ce problème s’étend aux vins de cépages, où je ne vois toujours pas l’intérêt de planter des cépages qui se plaisent mieux dans des régions beaucoup plus froides (les bonnes exceptions existent), ni à se lancer dans des vinifications sophistiquées pour pouvoir remplir un dossier de presse… et mentionner des prix inexcusables sous prétexte que l’on peut mettre sur une étiquette les noms de Chardonnay ou de Merlot, ou que l’on croit qu’il suffit d’acheter des barriques neuves et se payer les services d’un œnologue “tendance” pour faire un grand vin.

LE BORDELAIS

Comme en Bourgogne, on ne peut que regretter que beaucoup de crus bordelais, réputés ou non, “classés” (en 1855…, merci pour l’actualisation) ou non, “classés” à Saint-Émilion ou en “Crus Bourgeois” du Médoc (les 2 classements étant juridiquement obsolètes, ce qui la fout bien) atteignent des prix qui ne sont plus conformes au plaisir qu’ils procurent.

J’aime les vrais vins de Bordeaux, du plus grand au plus modeste, et les consommateurs comme les producteurs savent que je défends ce qui les intéresse, et les distingue : le rapport qualité-prix-typicité. Si l’on fait un grand Margaux ou un Pomerol racé à 40 ou 80 €, il les vaut bien. Idem pour une gamme plus abordable, en Graves, dans les Satellites, les Côtes ou en Bordeaux Supérieurs, où les progrès sont exceptionnels.

Des prix incautionnables

En-dehors de quelques crus mythiques pour lesquels le prix n’est plus un facteur estimatif (on entre alors dans le monde du luxe), ce qui n’est pas du tout justifié aujourd’hui, et on l’a vu -hélas- avec les augmentations de prix du millésime 2005, c’est un Saint-Émilion “fardé” comme un acteur du carnaval de Venise à 80 € (voire bien plus), un “simple” Médoc à 25 €, un “bon” machin à 20 € ou un Bordeaux Supérieur ultra-barriqué à 15 €. À force de prendre les consommateurs pour des gogos (demain, les Russes ou les Chinois le comprendront aussi), certains vont s’en mordre les doigts…

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Ecrit il y a 4 years, 4 months à 18:54.

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* Liber Pater, une franche rigolade !

J’ai déjà lu des articles sur des sujets cocasses, mais celui-là atteint un beau niveau. Dans le Républicain du 20 Décembre (édition Sud-Gironde, dans lequel, pour info, j’ai cessé toute collaboration depuis 6 mois), carrément à la « une » : « Un viticulteur de Landiras fait sensation : 1.000 dollars la bouteille. Un vin d’exception sur un terroir d’exception… La Rolls du vin de garage… »

Lire la suite…

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Ecrit il y a 4 years, 4 months à 10:44.

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Semaine prochaine, surprise

Désolé d’avoir « délaissé » mon Blog perso 2 ou 3 semaines. J’ai une bonne excuse : cela fait quelque temps que je prépare un nouveau site (très) important, entièrement nouveau dans le monde du vin, vraiment sans concurrence par son iriginalité, sa richesse éditoriale, et très interactif avec de nombreux flux sur les thèmes du vin, de la gastronomie, des recettes…

On l’a concocté avec patience et travail, et de longues soirées d’hiver face à l’écran. Bref, il est prêt et on le mettra en ligne semaine prochaine, ou le 1er Janvier, symboliquement.

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Ecrit il y a 4 years, 5 months à 20:04.

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Grand-Puy-Lacoste

Si le commerce portuaire est à l’origine de sa prospérité, il a fallu attendre le xviiie siècle et l’abandon du privilège de Bordeaux pour que Pauillac renaisse comme port du vin. Son modelé exceptionnel caractérise le terroir : le nombre élevé et le moutonnement de ses croupes en font une réussite morphologique tout à fait unique. Des conditions très favorables y ont facilité la dissection de la nappe de graves. Ces graves garonnaises, maigres, dont la pauvreté est l’essence même d’une grande richesse, bénéficient d’un drainage naturel très efficace (voir le Classement).

Château GRAND-PUY-LACOSTE
Domaines François-Xavier Borie
Tél. 05 56 59 06 66
Fax. 05 56 59 22 27
Email : dfxb@domainesfxborie.com
Incontestablement au sommet. François-Xavier Borie se passionne pour son Château Grand-Puy-Lacoste, qui accueille une équipe jeune, motivée et compétente. François-Xavier Borie y vit avec son épouse, Marie-Hélène, et leurs enfants, ce qui n’est pas si courant dans le Médoc. Cette propriété superbe occupe une place à part dans l’histoire des grands crus bordelais et son cadastre n’a pas changé d’un iota depuis 1855. L’encépagement est particulièrement adapté au terroir et à l’exposition. Les 55 ha de vignes (75 % Cabernet-Sauvignon, 20% Merlot et 5 % Cabernet franc) sont situés tout autour du château, sur une belle croupe très graveleuse, ce qui assure un parfait drainage naturel et un ensoleillement maximal. Le château et les bâtiments ont été rénovés, les chais et le cuvier entièrement modernisés. Les vendanges sont volontairement tardives pour obtenir la meilleure maturité possible et sont exclusivement manuelles afin de préserver au mieux la qualité des raisins. Après un égrappage total et dans le respect de la très grande tradition bordelaise, la vinification est menée de façon très classique, à commencer par de longues cuvaisons dans des cuves thermo-régulées afin d’extraire tout le potentiel de la vendange. Le vin est ensuite élevé en barriques de chêne et fait l’objet d’un suivi constant, de soins attentifs et méticuleux jusqu’à la mise en bouteilles.
Exceptionnel Pauillac 2004, de couleur très profonde, avec des tanins intenses, un nez complexe où l’on retrouve les fruits cuits (cassis, groseille, mûre) et l’humus, avec cette finale subtilement poivrée qui fait tout son charme, un vin très distingué, de belle garde. Le 2003 est toujours l’un des vins les plus séduisants de ce millésime, d’une belle robe de couleur intense et soutenue, d’un très bel équilibre en bouche, très riche et concentré, un grand vin équilibré et ample, racé, avec ces notes caractéristiques de petits fruits rouges frais, d’épices et de truffe, très prometteur. Le 2002 est une grande réussite. Beaucoup de puissance, un vin très corsé, de couleur soutenue, très riche, alliant structure et bouquet, intense au nez comme en bouche (fraise des bois, réglisse, épices). Très beau 2001, plus fin, un vin de bouche riche et charnue, tout en subtilité d’arômes (griotte, humus…), ample et séveux en finale, aux tanins savoureux, encore très jeune. Le 2000 est superbe. Couleur, structure, concentration et distinction s’associent dans ce grand vin à la fois d’une grande finesse et d’une charpente très dense, de longue garde. Très savoureux, le 99 , un vin très parfumé (humus, griotte mûre), aux tanins savoureux, alliant souplesse et charpente, qui commence à s’apprécier pleinement. Très classique, ce grand 98, de couleur grenat, puissant, aux saveurs fruitées, avec ce nez vraiment très caractéristique de griotte mûre et de sous-bois, exhalant des notes sauvages et persistantes, aux tanins bien présents, de garde. Le 97 est excellent, ample, rond, avec une bouche qui commence à se fondre et permet d’attendre l’évolution du grand millésime 96, très riche, concentré, de couleur soutenue, loin d’atteindre sa maturité.

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Ecrit il y a 4 years, 5 months à 19:30.

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Grand Cru : Champagne Bonvile

Depuis plusieurs générations, on élabore à Avize de grandes cuvées de Champagne dans la famille Bonville, sur un territoire uniquement situé en Grand Cru, où le Chardonnay s’épanouit à merveille. Olivier Bonville perpétue la tradition en intégrant la Maison familiale Frank Bonville en 1996. Leur vignoble est planté à 100% de Chardonnay sur les très beaux terroirs d’Avize et Oger et donne un Champagne très représentatif de la célèbre Côte des Blancs. Il se distingue par des bulles fines et persistantes, une belle élégance et une grande finesse. “Nous vinifions en cuve inox notre Chardonnay Grand Cru, précise Olivier Bonville, et misons surtout sur la qualité des raisins dans la vigne afin d’élaborer des vins très purs, sur le fruit et très droits en finale. Au domaine, nous avons voulu vinifier la plus vieille parcelle de l’exploitation, “Les Belles Voyes”, en fûts de chêne. Nous souhaitions obtenir de la rondeur et des arômes plus complexes, notamment de torréfaction. Cette cuvée rend hommage à mon grand-père Franck Bonville. Elle reste confidentielle, nous n’en produisons que 2000 bouteilles, c’est un Champagne assez élitiste qui rencontre un franc succès auprès de notre clientèle française et étrangère.” Olivier Bonville nous entraîne dans les méandres de l’exploitation familiale pour goûter une cuve des dernières vendanges, un tonneau de la future cuvée Les Belles Voyes qui ne sera commercialisée qu’après un long vieillissement en cave. Des labyrinthes de galeries taillées à la main où dorment paisiblement cinq années de stock nécessaires à la lente maturation de ses cuvées de Champagne, Grand Cru Blanc de Blancs. Des vinifications classiques aux vinifications sous bois, la palette aromatique est complète. À la dégustation, les cuvées sont tout en persistance d’arômes, évoquent les agrumes et les fruits blancs et évoluent vers des notes plus complexes de mûre, de vanille et de pruneau. D’une belle longueur franche en bouche, très bien équilibrées, d’une grande richesse au palais, les vins sont tout en subtilité. L’élégance est au rendez-vous et la présentation de ces précieux flacons vient achever avec délicatesse le travail du vin.

Le 1er Webvin
Recommandé par des Influenceurs

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Ecrit il y a 4 years, 5 months à 22:11.

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L’amour du vin

Je ne m’en lasse pas. Voilà bien 2 approches du vin. La 1ère, risible et mercantile (je vous laisse juge) quand on avoue (Marie Schyler, ici chez Kirwan -éliminé de mon Guide depuis quelques années, aujourd’hui chez Pichon Baron, n’en est certes pas moins sympathique, mais il vaut mieux se taire, parfois, devant une caméra…) que l’on « fait » un vin pour avoir de bonnes notes chez Parker (ce dernier particulièrement attaqué sur ses méthodes en ce moment dans un livre de son ex collaboratrice…), nonobstant toute idée de terroir et de caractère, et, l’autre, défendu par ce grand monsieur du vin, qui pense comme nous, bien sûr.

Ne vous en privez donc pas.

Voir : YouTube – Mondovino

Relayé au blog PDG, à Teos, à Encyclopédie du vin, à Guide Millésimes, à VinoVox, Encyclopédie mondiale des vins, 20-20, Guide du Vin

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Ecrit il y a 4 years, 5 months à 22:09.

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