Un peu de décence, svp
Un amateur me dit qu’il a lu dans le blog d’un producteur de vins de garage que celui-ci faisait preuve d’une certaine arrogance en écrivant : « crise, quelle crise ? ». S’il le pense, on a honte pour lui en pensant aux viticulteurs qui ont du mal à joindre les 2 bouts.
Bien sûr, il n’y a pas de crise profonde pour les vignerons qui produisent leurs vins correctement et le vendent directement, et ceci dans toute les appellations. Si l’on fait un grand Margaux ou un Pauillac racé à 15 ou 30 euros, il les vaut bien. Idem pour une gamme plus abordable, en Graves, dans les Côtes ou en Bordeaux Supérieurs, où les progrès sont exceptionnels.
En fait, iI existe deux “crises” actuellement, très différentes, voire opposées, dans beaucoup de vignobles : celle, désastreuse pour ceux qui la subissent, qui touchent les viticulteurs, la plupart étant dépendants aux prix trop bas du tonneau, qui ont du mal à se faire rémunérer correctement. Les causes sont complexes (un certain négoce peu solidaire parfois, une politique de plantation trop importante, des barrières étatiques…). Ils méritent d’être soutenus, et l’on fera ce que nous pouvons pour les aider. C’est une crise sociale.
L’autre crise concerne un bon nombre de vins, à Bordeaux, notamment : trop chers ou trop sensibles à la mode (“vins de garage”), trop endormis sur leurs lauriers, qui n’ont pas pris au sérieux le besoin de communiquer, trop imbus peut-être d’eux-mêmes, alors que le respect des consommateurs (proposer un vrai rapport qualité-prix cohérent) est impératif. Les acheteurs se sont sentis lésés, et cela va permettre peut-être d’assainir le marché. On parle beaucoup trop d’argent, de prix, de bonnes notes glanées chez un “gourou” quelonque, et c’est ce que le consommateur retient, alors que, bien sûr, ceci ne concerne qu’une petite minorité. C’est une crise de confiance.
On revient à la case départ : la typicité, la qualité, des prix sages, un dynamisme commercial de chaque instant, la promotion de sa production, la vente directe aux consommateurs, les références (Guides, médailles)… sont les clés du succès. Il y a des vins exceptionnels à Bordeaux, qui sont chers et qui valent leur prix. Il y en a d’autres qui ne le valent pas, voilà tout. Et, il y a les 95% des vignerons qui pâtissent des derniers cités.














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