Tous les articles par Patrick DUSSERT-GERBER

D’origines alsacienne et savoyarde, Patrick Dussert-Gerber est né en Algérie en 1956 dans une famille exploitant la terre, dont des vignobles. Il écrit, édite et dirige le prestigieux magazine annuel Millésimes et le Guide Dussert-Gerber des Vins de France (Editions Albin Michel, 35e ennée, plus de 1 million de lecteurs), reconnu comme la référence indispensable pour les amateurs et les professionnels, et consacré par le prix Gutenberg (équivalant aux Césars du cinéma) comme le meilleur guide des vins. Il est incontournable sur Internet avec www.millesimes.fr et www.guidedesvins.com, et gère quelque 200 blogs sites; Marié, trois enfants, épicurien, cet ancien boxeur, joueur d’échecs, levé tôt et couché tard. Centres d’intérêts : littérature, politique, art contemporain, civilisations anciennes, nautisme.

Millesimes 2006

Couv. Mill. 2006.jpgJe l’ai reçu vers 16h. Un bien beau morceau d’1,5 kg et ses 464 pages (il sort en kiosques et librairies Samedi). On n’a pas chômé pour le réaliser et c’est certainement l’un des plus beaux numéros de Millésimes. La nouveauté, c’est aussi que le site www.millesimes.fr sera opérationnel dans quelques jours. Très très conséquent lui aussi. Vous jugerez par vous-mêmes.

Béatrice Cointreau

B. COINTREAU 2.jpgCharmante, talentueuse et dynamique, Béatrice Cointreau dirige le Cognac Frapin et le Champagne Gosset. Elle peut être fière se son Champagne Gosset Grand Millésime 1999, une cuvée rare issue d’une sélection des crus les plus prestigieux et d’un assemblage respectueux du style de la Maison, élaborée lentement dans la tradition Gosset, selon un savoir-faire préservé depuis 1584.

 

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Or 1735 De Telmont

De Telmont_Or 1735.jpg“La Cuvée O.R. 1735 est une cuvée qui n’était pas destinée à être commercialisée, précise Bertrand Lhopital à Brigitte Dussert. J’avais juste envie d’essayer une ancienne méthode de vinification, le “tiré-bouché-liège”. De nos jours, les bouteilles sont bouchées avec une capsule, alors qu’auparavant, on bouchait les bouteilles avec un bouchon de liège.

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Un bol de terroir, cela fait du bien

Revenons à plus de plaisir avec le Château Mont-Redon. Avec 100 ha de vignes, c’est le plus grand vignoble de l’appellation Châteauneuf-du-Pape, et un modèle du genre en matière de typicité de terroirs. “Nous avons 3 types de terroirs sur nos 100 ha, précise Jean Abeille lors d’un entretien avec Brigitte (Dussert, of course).

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Winemaker’s poisson d’avril

Lu dans le Fig-Mag du 1er Avril qu’un propriétaire du Médoc se met en cheville avec un oenologue pour produire un pur produit marketing, où l’appellation ne compte pas (« ni nom, ni millésime », précise l’auteur de cet article qui fait aussi un drôle de parallèle avec ceci et la belle aventure de Philippe de Rothschild, pour laquelle on est quand même à un autre niveau), dénommé « winemaker’s… » et (évidemment) destiné au marché américain (on espère qu’ils auront une note de 100 sur 100 chez un critique du coin, faut bien ça). Fallait le faire, ils le font. En voilà une bonne façon de promouvoir à l’export nos vins français, les appellations et le terroir. Et merci pour les vignerons qui défendent la typicité.

Lutter contre la mondialisation du goût

L’autorisation des copeaux de bois dans le vin (suite) ou comment perdre son identité…

Je suis le premier à soutenir les vignerons, à ne pas accepter l’arrogance de quelques propriétaires face à la crise sociale que connaît (comme d’autres secteurs) le monde du vin en France. Chacun doit être rémunéré et la solidarité doit primer. Il faut, par exemple, que le négoce aide et promotionne sa région avant d’aller voir ailleurs.

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Manquaient plus que les copeaux de bois

Selon la presse de ce jour (Les Echos ou le site tf1.fr), le ministère de l’agriculture devrait confirmer l’autorisation de mettre des copeaux de bois pour parfumer le vin.

Franchement, la honte. 2 points à retenir :

1/. Est-ce que l’on a demandé l’avis aux consommateurs ? Quel est le technocrate qui a jugé bon de croire que les amateurs ont envie de boire des vins dont le goût est fabriqué. Cela facilitera les commentaires de dégustation : on pourra vraiment parler des « jus de bois » ?

On « lisse » de plus en plus, on masque les caractères, les différences.

2/. Est-ce que les vignerons dignes de ce nom sont d’accord ?

Je vous renvoie à mon édito du Guide ou de Millésimes : il faut avoir une éthique, défendre la typicité, le terroir, la diversité.

Qui va oser dire qu’un vin est typé par des copeaux de bois ?

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Bof

Un ami me dit qu’il a vu Mondovino récemment (passé à la tv) et, s’il peut excuser la démarche du critique américain (qui ne défend pas les mêmes intérêts que nous, par la force des choses), admet moins facilement celle du consultant français. Me demande mes commentaires là-dessus. Je n’ai rien contre eux. En fait, je m’en moque, et cela m’amuse plutôt, tant certaines choses peuvent prêter à sourire aujourd’hui. L’un (j’ai oublié son nom) est donc américain, fait son business à l’américaine, goûte et encense ce qu’il veut. Il réussit, il est jalousé, c’est la rançon du succès, et je connais, donc je compatis. L’autre, au demeurant un personnage assez sympa (même si ce n’est pas la 1ère impression que l’on a de lui en regardant ce film) m’est tout aussi indifférent. Derrière eux, il y a des producteurs qui en profitent. Rien à dire sur ces deux-là, même si je comprends que les amateurs et les vignerons pensent que l’on parle plutôt « fric » et « aseptisation » que terroir, diversité et amour du vin. Faudra leur poser la question directement. On se doute que ce ne sont pas les vins « lissés », les cuvées surboisées et dépersonnalisées qui m’intéressent, ni les producteurs qui en font. Pas mon job, pas mon envie, pas ma tasse de thé.

Majorum 1999

Franchement, un vrai plaisir que cette bouteille de Thierry Redde. Cette cuvée Majorum, créée par son père, Michel, qui était un ami, est formidable. Le 99 est particulièrement savoureux aujourd’hui, avec ces connotations intenses, subtiles et complexes où se retrouvent le musc, le tilleul, cette pointe de verveine très fraîche et très persistante. Il a masqué tout mon dîner, tant il se savoure pour lui-même. C’est bien, c’est bon, et bon courage pour ceux qui croient encore qu’il suffit de ramasser du raisin et le mettre en barriques pour faire un vin digne de ce nom. J’ai retrouvé 3 bouteilles de 95 dans ma cave. On en reparlera donc. Chapeau bas.

Malartic blanc 2004

Mes dégustations pour le Guide 2007 commencent bien avec ce Malartic blanc 2004. Malartic est un cru que je soutiens depuis 25 ans, à l’époque de la famille Marly, puis, aujourd’hui, de la famille Bonnie. Ce 2004 est un millésime comme je les aime, sans fioritures, sain et pur, avec ces nuances d’agrumes frais, vivace mais moelleux, très classique, très frand, vraiment très agréable.