Cela fait des mois que nous préparons une surprise : vous la découvrirez en Mars sur le site de MILLESIMES… Ce que je peux vous confirmer, c’est que la sortie révolutionnaire de la nouvelle tablette d’Apple confirme ce que je crois depuis longtemps : dès le mois de Mars, dans le monde entier, dans toutes les langues, on va lire, feuilleter, cliquer… notre magazine préféré -MILLESIMES en sera-comme on ne l’aura jamais fait. Bon courage aux éditeurs qui sont -encore- bien loin d’avoir réalisé ce qu’il se passe.
Voir la vidéo de Steve Jobs
Pour mémoire, voir aussi :
Le dernier communiqué de presse de l’UIVC Cahors m’a bien amusé : Cahors s’enracine (si j’ose dire…) dans les cuvées spéciales et dans l’engrenage de vendre le cépage Malbec plutôt que son appellation. Le prétexte est connu et n’est pas nouveau : on vous assure que pour vendre au fin fond de la Chine, il vaut mieux mettre en avant le nom du cépage plutôt que les terroirs de l’appellation. C’est le leit-motiv de tous les nouveaux vignobles, de l’Argentine à l’Australie, et, en l’espèce, cela me semble naturel puisque ces pays ne risquent pas de mettre en avant un terroir puisqu’ils… n’en ont pas, du moins pas comme nous en avons.
Mais il en est tout autre quand il s’agit d’une appellation comme Cahors. En fait, les choses vont être simples si la région poursuit sa fuite en avant vers des vins aseptisés (mais bien faits, certes), comme on en trouve de plus en plus à Bordeaux. Dans cette optique, on ne pourra que vanter les mérites d’être « le meilleur Malbec du monde », etc… Par contre, il faudra nous confirmer que les sols et sous-sols de l’appellation n’ont pas grande importance et que l’on a vite oublié, sous prétexte d’être plus « lisible » par les Esquimaux ou les Japonais, qu’il y a des différences de territoires flagrantes. On passera alors par pertes et profits (le mot prend tout son sens) la puissance des sols de l’appellation, que l’on peut définir en trois zones :
- Les premières terrasses argilo-limoneuses, limono-sableuses et graveleuses, sont aptes à produire des vins légers et friands, à boire plutôt jeunes.
- Les deuxièmes terrasses et les coteaux de piémont, argilo-siliceux, argilo-calcaires, mêlés d’éboulis du causse, donnent des vins pleins, corpulents et de bonne garde.
- Les coteaux du rebord du causse et le plateau lui-même, calcaires et argilo-calcaires, sont susceptibles de produire des vins moins gras mais plus structurés, de belle garde.
Bref, plus on fait des cuvées spéciales qui « lissent » les vins, et moins l’influence des terroirs historiques et réels n’a plus de raison d’être.
On pourrait en sourire si ce n’était pas dramatique pour l’ensemble des vignerons de la région.
J’aime Cahors, ses vins, leur originalité. Souvenez-vous, je l’ai écrit il y a quelques semaines : « on peut tout autant regretter l’arrivée de cuvées surchargées par le bois et “fabriquées” pour avoir une bonne note auprès de “critiques”, ceci facilitant une hausse de prix totalement incautionnable. Gare donc aux vins de mode dans cette région où les cépages et les sols ont une véritable influence, une véritable présence historique. Ne vaut-il pas mieux montrer sa propre personnalité quand on en a comme c’est le cas à Cahors ou à Madiran ? ».
Eh bien, ce communiqué de presse en est la démonstration même. Le voici : « La 1ère édition de la Malbec International Competition (très classe le nom, ça fait sérieux…) s’est déroulée à Bourg le 27 novembre 2009. Organisateur : le CDV (Concours des Vins). 22 Cahors ont été médaillés, dont :
8 Médailles d’Or :
Domaine du Prince, cuvée Lou Prince 2004
Château Lagrézette, cuvée Le Pigeonnier 2005
Château du Cèdre, cuvée Le Cèdre 2005
Château du Cèdre, cuvée Le Cèdre 2007
Château du Cèdre, cuvée GC 2007
Domaine d’Homs, cuvée Les Chevalier 2007
Château Lamartine, cuvée Expression 2007
Château La Reyne, cuvée Prestige 2007
13 Médailles d’Argent :
Château Saint Sernin, cuvée Varua Maohi 2008
Château de Chambert, cuvée Orphée 2005
Château Lagrezette, cuvée Dame Honneur 2005
Château de Mercuès, cuvée Malbec 6666 2005
Château des Roches, cuvée Le Serment 2006
Domaine Le Bout du Lieu, cuvée Empyrée 2005
Château les Hauts d’Aglan, cuvée A 2006
Château Pineraie, cuvée Malbec 2007
Château Pineraie, 2007
Domaine les Roques de Cana, cuvée Sangui Christi 2007
Clos Triguedina, cuvée Probus 2007
Château Hautmonplaisir, cuvée Pur Plaisir 2007
Métairie Grande du Théron, cuvée Prestige 2007
Château la Caminade, cuvée La Commandery 2008
Par ces récompenses, l’appellation Cahors démontre :
- l’excellence de ses derniers millésimes (2005, 2007 et 2008, notamment)
- mais aussi son statut de grand malbec du monde. »
Tout est dit, même si le Directeur de l’UIVC (J. Arnaud, qui a l’air sympathique, au demeurant) va encore m’écrire que leur démarche est celle de promouvoir les terroirs…
1/. On ne se sert que de cuvées spéciales pour se mettre en avant. Vous remarquerez qu’il n’y a pratiquement QUE des cuvées (à concours ?) qui gagnent ce… concours. Si j’ai bien compris, d’ailleurs, ce Concours est tout spécialement dédié au « malbec », ce qui me semble une étrange manière marketing d’imposer sa démarche. Passons.
Mais, dans ce communiqué, on oublie surtout de vous dire que certaines de ces cuvées sont à des prix incautionnables et n’ont rien à voir avec le marché réel de l’appellation. Lagrézette Le Pigeonnier est à plus de 80 € la bouteille pour le 2002 !!!
Et que l’on ne vienne pas me dire que je ne connais pas : « ADP » et moi, c’est une longue histoire (depuis sa création des « must » de Cartier, il y a 30 ans) et je l’ai suivi depuis son installation à Cahors, avec des moments mémorables ici, lui conservant toute mon estime -et mon amitié- même si j’ai éliminé son vin de mon Guide depuis des années, objectivité oblige. Alain-Dominique Perrin (Groupe Richemont) est passionné et sait faire, pour vendre au mieux, de Cartier à Lagrézette, et ce n’est pas moi qui lui reprocherait cela : j’estime son talent. J’ai écrit avec lui « Les Seigneurs du Cahors », à l’époque. Cela ne m’empêche pas de ne plus encenser ses cuvées.
Idem pour le Château du Cèdre : 32,90 € le 2002 (le 2005 doit être encore plus cher). Ou Probus de Triguedina à 31,60 € le 2000… Je rappelle que l’on trouve de grands vins typés et classiques de Cahors à moins de 10 €…
2/. Les responsables de l’appellation sont donc tout contents d’être « un grand Malbec du monde ». Pour les terroirs, passez votre chemin, y’a rien à voir, comme disait Coluche.
Désolant tout cela. Où sont les vrais beaux vins classiques de l’appellation : Coutale, Souleillou, Bovila… Où sont tous les autres, qui rament pour vendre leur vin à côté des « seigneurs » qui s’enhardissent de cuvées de plus en plus sophistiquées ?
Ecrit il y a 2 months, 4 weeks à 9:59. 1 commentaire
Le vignoble de Bordeaux (celui des grands crus) est à un véritable tournant de sa carrière. J’y reviendrais en détail plus longuement, dans mes prochains articles, appellation par appellation, à l’occasion de la réactualisation de mes Classements.
C’est le résultat d’une longue glissade (la crise à bon dos) et cela va faire au moins 20 ans que j’annonce et déplore cela, sans être entendu par les producteurs d’un bon nombre de « grands » crus, mais en l’étant parfaitement par ceux qui comptent le plus : vous, les consommateurs. Mes faux-amis journaleux s’en sont pourtant donné à cœur joie pour dénigrer ma démarche, et critiquer, par exemple, le fait d’avoir été le premier à défaire le Classement du Médoc de 1855 ou à combattre celui de Saint-Émilion. J’ai créé mes Classements en 1985 !!!
Déjà, on voyait apparaître les œnologies médiatiques et mercantiles, Parker arrivait, des proprios de grands crus se seraient parjurer pour avoir une bonne note, bref, nous entrions dans un monde « putassier », où le fric et la mode primeraient.
Mes « confrères » (je n’ai jamais été dans ces cercles ou clubs de critiques, ni profité d’un WE AR tous frais payés par un grand château, ni accepté une invitation d’une attachée de presse : avion, hôtel de luxe et… une critique positive). C’est de là que se sont attisées les jalousies (et les bassesses) à mon égard d’autres « critiques » (qui n’en sont pas, de fait), puisque le succès était déjà au RV… Cela leur est resté en travers de la gorge. En fait, cela m’a toujours motivé (mon tempérament de boxeur, sans doute) et amusé, je le reconnais volontiers.
Il y a, néanmoins, trois points que l’on peut résumer
1/. La défiance et la désaffection des consommateurs français et francophones pour l’uniformisation du goût de beaucoup de crus bordelais est flagrante. Voilà pourquoi, ici, on se précipite vers les Chinois, les Russes, et demain les Esquimaux. C’est une facilité de chercher éternellement de nouveaux consommateurs, facilement captifs.
Beaucoup de grands crus de Bordeaux ont perdu la chose la plus importante pour être une vedette mondiale : être d’abord une vedette chez soi, dans son pays, être respecté, acheté, bu.
L’avantage : cela a permis à une multitude de vins de Bordeaux moins connus, plus modestes mais pas moins bons (et parfois meilleurs), de prendre leur place en apportant un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel. Je les soutiens depuis belle lurette (lire plus bas). On ne va pas s’en plaindre et les vins aux réputations galvaudées, ces produits « sans âme ni vertu » à des prix insolents, l’ont bien mérité.
Bien entendu, cela a permis également à d’autres appellations françaises (de la Loire au Sud-Ouest, du Rhône au Languedoc) de parvenir à une notoriété justifiée en prenant les parts de marché abandonnés, mais restons à Bordeaux.
2/. La fuite en avant d’une majorité de vins bordelais vers un marché de « primeur », ce qui entraîne un assouplissement des vins pour qu’ils soient buvables de plus en plus rapidement. On revient bien sûr, avec cela, à un « lissage » des millésimes, qui se ressemblent tous.
Vous n’avez qu’à ouvrir un « spécial vins » quelconque : on axe la partie éditoriale sur des vins qui n’existent pas… puisque l’on vante des dégustations primeurs de grands crus bordelais qui ne seront pas du tout les mêmes vins deux ans après !
C’est-à-dire que l’on goûte, critique et note des vins qui ne correspondront jamais à la bouteille que vous ouvrirez. Donner son avis sur un grand cru 2009 de Bordeaux trois mois après les vendanges, ce n’est que de l’esbroufe. Le Bordeaux, un vrai grand Bordeaux, ce n’est pas du Beaujolais Nouveau ! On se trouve face à des vins non finis dont le but est de rafler des éloges, des “étoiles”, des notes de “95 sur 100” ou “19 sur 20”, uniquement pour pouvoir se vendre vite et cher par le négoce ou par souscription. Qui peut oser prétendre savoir ce que donnera un vrai grand cru au moment où il vient juste d’être abruti par le début de son élevage en barriques ?
C’est une mascarade, à laquelle certains critiques qui s’y prêtent feraient mieux d’apprendre l’humilité au lieu de donner des conseils. On nous explique même très sérieusement qu’il faudra boire le vin en 2012 ou en 2020. Certains propriétaires bordelais feraient bien également de voir à long terme, revenant à plus de réserve, en freinant ces dégustations trop précoces, qui les desservent plus qu’autre chose.
Bon, vous l’avez déjà compris, on ne me voit donc pas dans le carnaval des dégustations des “primeurs”. Idem pour les “concours” qui mélangent des vins jeunes, français et étrangers, totalement différents, favorisant ainsi les vins de vinification plutôt que le terroir, qui a besoin de temps pour s’exprimer. Pour les sélections de mon Guide, il n’y a pas de dégustations factices ou arrangées : je ne déguste que des bouteilles capsulées afin d’éviter ces trop jeunes cuvées de concours spécialement arrangées pour bien sortir. Sinon, je déguste sur place, au château, directement dans les fûts, au hasard.
Bientôt, il y aura sûrement un couillon qui va déguster les grains de raisin durant les vendanges et nous donnera son avis sur le millésime.
3/. Cette uniformisation du goût s’associe à une uniformisation de la typicité des vins. Qui n’a pas confondu un Margaux avec un Pessac-Léognan, un Saint-Émilion à un Bordeaux Supérieur, un Graves à un Côtes de Blaye ?
A cette aseptisation des terroirs se greffe celle de l’image : on le voit avec le regroupement des Premières Côtes de Blaye, des Côtes de Castillon et des Premières Côtes de Bordeaux. On réduit ces trois appellations sous une seule « Côtes de Bordeaux », sous prétexte que c’est ainsi que l’on pourra vendre ces vins au fin fond de la Chine.
Tous pareils, alors, ces vins ? On s’était donc foutu de nous, auparavant, quand on nous disait que les sols de Baurech n’étaient pas les mêmes que ceux de Berson ? Les Côtes-de-Bourg ont refusé cette alliance, et c’est tout à leur honneur, tant il faut préserver sa spécificité !
Bref, depuis le début des années 1980, ce sont d’abord les grands crus du Médoc qui se sont engouffrés dans cette dérive d’aseptisation du goût de leurs vins et de fric, profitant de l’aubaine de notes mirifiques chez Parker (il n’est pas le seul) pour vendre à tout-va aux Etats-Unis comme en Asie et, forcément, profitant de la méconnaissance de ces consommateurs pour leur imposer des vins charmeurs, faciles à boire jeunes, faciles à faire, dépersonnalisés et… rentables.
Ensuite, vers 1990, c’est au tour de Saint-Émilion. Il y avait pourtant, dans cette région libournaise, une propension à être plus proche de la nature : de facto, un producteur, sur un vignoble à taille humaine, était beaucoup plus en contact avec ses clients. L’influence et la mentalité corrézienne était forte, et tant mieux !
Et puis sont arrivés des investisseurs soucieux d’épargner leur ISF, qui ont fait des ponts d’or à des magiciens (il vaut mieux rire) de l’œnologie, ont glané des 18 sur 20, des 97 sur 100…
Frappez à la bonne porte, elle vaut la peine !
On est bien loin des grandes figures historiques de la région, qui m’ont appris le vin, l’amour du vin, l’authenticité du vin, la dégustation du vin, l’humilité du vin : Émile Peynaud, Jacques de Loustaunau et Ribéreau-Gayon (les trois vraies grandes « pointures » de l’œnologie du XXe siècle à Bordeaux), Jean-Eugène Borie, Anthony Perrin, Marc Pagès, Henri Lévêque, Lucien Lurton… On n’était pas dans l’esbroufe avec eux.
Comme avec, toujours fidèles à leur passion : Anthony Barton (Léoville-Barton), Jean-François et Christian Moueix (Petrus, Magdelaine, Belair…), les Janoueix (La Croix…), Jean-Bernard Delmas (Haut-Brion, puis Montrose), Henri de Vaucelles (Filhot), Denise Gasqueton Calon-Ségur), Bruno Sainson (Laroque), Olivier Bernard (Chevalier), Odette Barreau (Certan de May), Alain Jabiol (Cadet-Piola), Michel Garat (Beauregard et Bastor), la famille Estager (La Cabanne), Gilles Pauquet, Jean-Claude Berrouet et bien d’autres.
Mais comprenez-moi bien : la nostalgie n’est pas mon truc et il y a des vignerons hors-pair à Bordeaux dans des appellations ou des crus beaucoup moins prestigieux, des hommes et des femmes passionnés et passionnants qui élèvent des vins formidables, typés, sans manipulations œnologiques, de 7 à 30 € !!! Et, ceux-là non plus, vous ne les verrez pas poser en smoking sur leurs barriques pour le-Fig-Mag…
Pêle-mêle, En Saint-Emilion, Pomerol… : Joël Dupas (Béchereau), la famille Marin-Audra (Canon-Chaigneau), Nicole Roskam (Cantenac), Bernard Laydis (Roc de Calon), Nicolas Bailly (Clos Labarde), les frères Appollot (Clos Trimoulet), Philippe Tribaudeau (Mauvinon), Denis Corre-Macquin (Macquin), Jean-Baptiste Brunot (Piganeau), Dubost (La Fleur du Roy)… En Médoc : Maurice Velge (Clauzet), Christiane Renon (La Galiane), Bruno Vonderheyden (Malleret), Henri Cadillac (Taffard de Blaignan), Catherine Blasco (Hanteillan), Jean-Michel Lapalu (Patache d’Aux), Philippe Robert (Tour du Roc), Patrice Pagès (Fourcas-Dupré), Philippe Boufflerd (Muret), Max de Portalès (Doyac), Philippe Dourthe (Maucaillou), Pascale Peyronie (Fonbadet)… En Pessac-Léognan/Graves, Jean Bouquier (Grandmaison), es Kressmann (Latour-Martillac), Maxime Bontoux (Tourteau-Chollet), la famille Bouche (Mauves), André Vincent (Grand Bos), Alain Cailley (Toulouze), Jean Magne (Luchey-Halde), Jean-Noël Belloc (Brondelle), Moïse Ohana (Seguin)… Dans les Côtes : les familles Mallet (Haut-Maco), Verdier (Brethous), Jean-Pierre Gorphe (Moulin Vieux), Eric Barrat (Pont Les Moines), Jean-Michel Robin (Les Heaumes), Philippe Bourcier (Haut-Bourcier)… En Bordeaux Supérieur, François-Thomas Bon (Lugagnac), Michel Pélissié (Maison Noble), Louis Filippi (Boutillon), Jean Crampes (Gayon), Michel Choquet (Lagrange Les Tours), Jean-Pierre Lallement (Thuron)… Et aussi, Anne-Marie Faccetti-Ricard (Saint-Amand), Marie-Laurence Sanfourche (Loupiac-Gaudiet), David Larrieu (Mailles)…
Comment vous en citer sans en oublier ? A vous de choisir dans MILLESIMES et LES VINS DU SIECLE.
Profitez-en, le « vrai » Bordeaux, celui du plaisir, du partage et des vins typés, c’est chez eux !
Cet article est -entre autres- repris dans Facebook et Vinovox
Ceux qui me « suivent » depuis le premier Guide savent que j’aime la Bourgogne, ses vins et ses hommes. La force des sols est omniprésente, et on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du terroir associé à une convivialité exemplaire, et c’est ce qui compte ici, tant cela peut manquer dans d’autres régions. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre. On partage un moment (et on boit un “canon” en même temps) avec ces vignerons talentueux et passionnés, souvent très discrets, mais avec lesquels on partage, quand on les connaît, une convivialité rare.
Ici, il y a donc les incontournables qui élèvent quelques-uns des plus grands vins rouges du monde : Lamarche (l’extraordinaire Grand Cru Monopole La Grand’Rue illustre cet article), d’Angerville, Gelin, Rebourseau…), ou blancs bien sûr, tant cette catégorie ne supporte pas de comparaison (Clos des Perrières, Ampeau, Antonin Guyon, Tremblay, Laroche ou Pinson à Chablis…); d’autres avec des vins vraiment exceptionnels pour leur rapport qualité-prix-typicité (Blondeau-Danne, Prunier, Marey, Doudet-Naudin, Chevillon…), et enfin un véritable vivier de crus que l’on retrouve notamment dans la catégorie des Deuxièmes Grands Vins Classés, dans l’ensemble des appellations : vous les retrouverez dans MILLESIMES.
Bien sûr, il s’agit de savoir faire le bon choix, tant la complexité des classements en crus, clos, climats, et le fait qu’un vigneron puisse posséder une multitude de crus dans un périmètre très restreint (quelques ares…) ne peuvent que multiplier les différences.
Les terroirs bourguignons renvoient à un jardin d’enfants les « manipulations œnologiques » d’autres vins
La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente. Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot noir ou Chardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ? Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons. Globalement, les Grands Crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers Crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle.
- Pourtant, mes déceptions sont assez nombreuses (les déclassés, donc) : Trapet, Chaude-Ecuelle (Chablis), Chandon de Briailles (j’aime bien les vins mais le rapport qualité-prix de certains rouges est difficile à cautionner), Escoffier, le Château de Chassagne-Montrachet, Charache-Bergeret, Chartron (les vins sont très bons certes, mais vraiment bien chers !!!), Château de Fuissé… d’autres étant carrément éliminés du Classement pour l’instant : Jean et Fils, Voillot, Amiot-Servelle, Brocard, Maroslavac, Bocard, Belleville, André Delorme, Fichet, Moniot, Chollet…
- Ceux qui « montent » sont rares : Naulin, avec des Chablis typés et très abordables, Patrick Miolane (savoureux Chassagne-Montrachet), Bachelet, François Berthau, Girard et Laleure-Piot (qui passent dans la hiérarchie des « Premiers », grâce à des prix sages),
Ici comme ailleurs, quelques producteurs élèvent des vins trop “travaillés” (et bien trop chers) où le fût neuf est employé à l’extrême, ce qui n’est pas pour arranger le Pinot noir notamment, qui demande de la finesse. Il en va de même pour certains blancs, où la barrique (et tout le baratin que l’on va vous raconter) ne remplace pas le terroir…
Mes Classements 2010 vous permettent de faire le point, en tenant compte qu’il existe une véritable hiérarchie interne à chaque catégorie et qu’il ne faut pas comparer, bien sûr, un classement d’une appellation à celui d’une autre appellation…
LES APPELLATIONS
- Les appellations qui comptent : Auxey-Duresses, Chablis, Chambolle-Musigny, Corton-Charlemagne, Gevrey-Chambertin, Meursault, Nuits-Saint-Georges, Marsannay, Mercurey, Morey-Saint-Denis, Pernand-Vergelesses, Puligny-Montrachet, Pouilly-Fuissé, Savigny-lès-Beaune, Volnay, Vosne-Romanée
- Les appellations qui commencent à compter : Chassagne-Montrachet, Corton, Côtes-de-Nuits-Villages, Fixin, Pommard, Santenay,
- Celles qui ont encore du travail : Givry, Monthélie, Saint-Aubin
- Et celles dont on n’entend pas parler : Crémant de Bourgogne, Hautes-Côtes-de-Beaune, Hautes-Côtes-de-Nuits, Irancy, Ladoix, Mâcon, Pouilly-Vinzelles, Viré
LES MILLÉSIMES
voir la Vintage Code®
Pour les rouges
- les grands : 2009, 2008, 2005, 2003, 2002, 2000, 1999, 1995, 1990, 1989, 1985, 1983, 1979, 1978, 1976, 1978, 1971, 1970.
- les bons : 2007, 2006, 2004, 2001, 1998, 1996, 1993, 1988, 1986, 1979.
Pour les blancs
- les grands : 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2002, 2000, 1999, 1998, 1995, 1990, 1989, 1986, 1985, 1983, 1982, 1979, 1978, 1976, 1970.
- les bons : 2003, 2001, 1997, 1996, 1994, 1988, 1987, 1971.
Cette semaine, deux régions qui me tiennent à cœur tant j’ai suivi de près l’évolution des vins depuis le premier Guide. J’ai toujours adoré le Lubéron (ah !!! les bals d’été de Ménerbes et Bonnieux) et la grande Provence (moins la côte, souvent galvaudée), longtemps passé mes vacances ici, en étendant mes péribles de Bormes-les-Mimosas en Avignon, de Bandol à Mougins, de Roquebrune-Cap Martin à Châteauneuf-du-Pape. J’y ai beaucoup d’amis, certains très proches, vignerons, artistes ou restaurateurs, bref, je connais les querelles de clochers (celles de Châteauneuf…), les purs et durs et les margoulins.
Encore pas mal d’éliminés tant de vins rouges m’ont déçu cette année, de moins en moins typés, de plus en plus “barriqués”, trop concentrés. À leurs côtés, un bon nombre de cuvées garantes d’un mal de crâne, en blancs, et aussi en rosés pour lesquels c’est la fuite en avant, tant ces vins semblent devenir l’eldorado. Et certains rapports qualité-prix sont tout bonnement inexcusables, dans les trois couleurs. C’est pourtant lui qui doit compter, associé à une typicité réelle, sans se laisser prendre au jeu des cuvées spéciales, où les raisins spécifiques à la région sont ridiculement remplacés par le Cabernet-Sauvignon par exemple (les bonnes exceptions sont rares).
Misez donc sur ces propriétaires qui laissent s’exprimer au mieux les grands cépages Grenache, Mourvèdre, Cinsault, Rolle ou Ugni blanc, dans ces terroirs complexes, argilo-calcaires, caillouteux, graveleux ou sableux, élèvant des vins formidables dans toutes les appellations provençales.
En Provence, mon Classement n’est pas trop chahuté pour l’instant. En rosés, j’ai « sorti » Rimauresq et Rouvière, et j’ai été assez déçu par des rosés des Côtes de Provence qui nous matraquent le crâne. Il s’agit donc de ne pas se tromper. Les Bandol retenus sont de grandes valeurs sûres, les Coteaux d’Aix appuient leur légitimité, certains Coteaux Varois progressent et s’affirment avec talent.
En Blancs, ce sont souvent les mêmes qui atteignent les sommets : Saint-André-de-Figuière, Rasque, Fontlade, Saint-Louis (vrai coup de cœur), Fontcreuse, Maestracci et Peraldi pour la Corse, Bastide Blanche, Bunan et Lafran-Veyrolles, à Bandol. Et, croyez-moi, ce n’est pas le plusc facile de semaintenir au top comme ils le font depuis des années !
Pour les Rouges, il y a deux grands « styles » de vins : ceux qui conservent une prédilection pour la typicité, en faisant ressortir l’osmose des sols avec les cépages traditionnels (Cinsault, Grenache, Mourvèdre…). On se doute qu’ils sont ma préférence. Il y a Rasque, Jas d’Esclans, Houchart et ceux qui sont à la tête de cette hiérarchie, Ollières et Grand Fontanille qui progressent bien, comme Cabran ou Jas des Oliviers. Des déceptions et des déclassements avec Rimauresq encore (trop puissant, trop concentré, trop « dur »), Calissanne, Révaou, Fonscolombe, Saint-Jean-de-Villecroze, Suffrene, Rouet, Brigue, Sainte-Roseline (exposer des œuvres d’art n’est pas un but en soi pour un vignoble), Vannières… Ils seront largement remplacés par d’autres producteurs notamment par ceux des Coteaux Varois, une appellation où j’ai fait de très belles dégustations cette année. Et… gare aux prix des Côtes-de-Provence : une bouteillec de rosé à 15 €, il s’agit qu’elle soit vraiment bonne !
Pour Malherbe, j’attends. La chère Mireille Ferrari prend du champ et passe la main à son fils et à, une nouvelle équipe. Pas sûr que la qualité soit la même si la passion y est moins présente. Wait and see, donc.
On l’aura compris, pas mal de propriétaires, les uns plus imbus que les autres, ont cru qu’en s’offrant (fort cher) un vignoble dans le coin, ils allaient faire un « grand » vin. Pas si simple, donc.
En Rhône, cela fait longtemps que ne n’ai pas suivi la mode d’encenser des crus du « nord » (Hermitage, Côte-Rôtie…) comme s’y sont englués d’autres « critiques ». Il y a des prix inexcusables dans ce coin, et la qualité d’un vin n’est pas en rapport avec sa production trop minime) à l’hectare. Chapoutier et d’autre ne sont plus dans mon Classement depuis longtemps, et d’autres sont sur la voie (Guigal…). Ce n’est que de l’esbroufe ! Petrus n’a pas besoin de limiter sa production à 30hl/ha pour être le roi !
C’est souvent la même démarche à Cornas ou à Châteauneuf, hélas, et les seuls c… qui s’y laissent encore prendre sont les Américains ou les Japonais…
Que ce soit à 10 e ou à 30 e, il faut aujourd’hui payer juste et se méfier des cuvées “spéciales” qui ne méritent pas leur prix. Quand on débouche un Châteauneuf-du-Pape Mont-Redon ou Fortia à 20 € et que l’on en trouve un autre au double (et plus, hélas), quand on ouvre un Côte-Rôtie de Drevon à 25 € et que je reçois des cuvées du Lubéron, de Cornas ou de Saint-Joseph au même prix, il y a de quoi se poser des questions. Autre gamme avec les cuvées de Redortier ou celles des remarquables caves de Rasteau ou Visan, qui devraient faire revenir sur terre ceux qui font des vins qui ne leur arrivent pas à la cheville, à des prix bien plus élevés. Les rendements trop limités, l’élevage abusif en barriques… ne sont pas forcément des gages de qualité. Le terroir et la main de l’homme font la différence, et cela se retrouve dans le Classement 2010.
Dans cette grande région, mieux vaut frapper à la porte des vignerons qui ne singent pas les snobs bordelais et s’attachent à élever des vins classiques (mais modernes) à des prix sages. Pour les grandes ppellations, on le voit avec Mont-Redon, Drevon, Vieux-Lazaret, Fortia… On peut rester humble et élever des vins formidables.
Dans les appellations où le rapport qualité-prix-typicité est exceptionel, deux caves s’imposent : celles de Rasteau et de Visan. À leurs côtés, une foule de vignerons : Redortier bien sûr, puis Moulin du Pourpré, Canorgue, Montine, Verquière, Champ-Long, Deurre, Beauvalcinte… à des prix qui feraient rougir un grand nombre de soi-disants « seigneurs ».
Des déclassés, il y en a : la Cave de Gigondas, Cabrières, Charbonnières, Despesse, Grangette, etc… et pas mal de déceptions dans les appellations Tavel et Lirac, entre autres.
Les grands millésimes : 2008, 2005, 2004, 2003 et 2001 (et 2000, superbe), 98, 96, 95, 89, 88, 85, 83, 78, 70, 67 et 61.
Les bons : 2007, 2006, 99, 97, 94, 90, 86, 82, 81.
Semaine prochaine : les prochains Classements des Bourgogne, rouges et blancs, où l’on aura aussi des surprises…
Chose promise, chose dûe, voici les mouvements dans les Classements de ces régions :
- En Languedoc, il y a des producteurs, marchands et grands groupes qui nous (et vous) font croire que leurs vins ressemblent à quelque chose. Ces vins de mascarade (en Coteaux-du-Languedoc et en vins de cépages notamment), où l’on parle de “vins à haute expression” (expression de la méthode de vinification et du bois neuf surtout…), qui “sentent le goudron ou le café” (cela donne envie, non ?), la réglisse (on n’est pas loin de l’écœurement)… Idem pour les cuvées de vins blancs totalement fabriquées dans les chais où l’on est fier de vous faire sentir “la mangue et autres fruits exotiques”. Il s’agit donc de ne pas confondre l’ensemble d’une progression qualitative certaine et le développement de ces vins “fabriqués” et “putassiers” qui attirent les investisseurs comme des mouches, et sont, hélas, soutenus par des “critiques”, notamment américains (ce sont les mêmes qui soutiennent les “vins de garage” bordelais). Ce problème s’étend aux vins de cépages, où je ne vois toujours pas l’intérêt de planter des cépages qui se plaisent mieux dans des régions beaucoup plus froides (les bonnes exceptions existent), ni à se lancer dans des vinifications sophistiquées pour pouvoir remplir un dossier de presse… et mentionner des prix inexcusables sous prétexte que l’on peut mettre sur une étiquette les noms de Chardonnay ou de Merlot, ou que l’on croit qu’il suffit d’acheter des barriques neuves et se payer les services d’un œnologue “tendance” pour faire un grand vin.
Toujours incontestablement au sommet : mon ami Aimé Guibert (Daumas-Gassac) qui relève, chaque année, le pari d’élever un vin rare, classique, marqué par l’osmose des cépages et du terroir, et bien loin devant la ribambelle des cuvées à la mode qui ne sont que des macérations œnologiques et des vins écœurants comme de l’encre. Plus fort, de sa (semi) retraite irlandaise, il a su transmettre sa passion (voir la vidéo) à ses enfants, ce qui n’est pas rien. J’ai ouvert avant-hier un 1986 de haute volée, sur un civet de marcassin.
Les bonnes surprises de l’année, et donc, ceux qui montent en 1ers Grands Vins, sont : Mourviels en Cabardès, Herbe Sainte en Minervois, Angles en Coteaux-du-Languedoc, Bourdic en Vins de Pays. Deux autres confirment leur place dans le Classement : Bergerie Capucin et Clarmon. Je réfléchis encore un peu pour décider si les vignobles de la famille Bonfils (Vaugelas, Cantaussels…) doivent conserver leur place, ou non.
Ceux qui confirment leur haut niveau qualitatif : Fontsainte, Saint-Martin-des-Champs, Peyregrandes, Fabas, Grand Caumont, Mire-l’Etang, Chichet, Nidolères, Etang des Colombes, Malautié, Barroubio, Martinolle, Casa Blanca…
Ceux qui changent de hiérarchie (de 1ers en 2es) : Antech, Croix Belle et Pinet.
- En Sud-Ouest, là aussi, les déceptions sont nombreuses. Les appellations de Gaillac, Cahors et Fronton jouent les abonnés absents. cette région est l’une des plus décevantes. Peu de vignerons semblent intéressés par envoyer leurs échantillons, tout spécialement en Bergerac, Jurançon, Madiran et Gaillac, et je comprends mieux pourquoi on n’entend de moins en moins parler de ces vins. Chacun fait ce qu’il veut, et il ne me semble pas non plus nécessaire de faire le voyage à sens unique. On peut tout autant regretter l’arrivée de cuvées surchargées par le bois et “fabriquées” pour avoir une bonne note auprès de “critiques”, ceci facilitant une hausse de prix totalement incautionnable. Gare donc aux vins de mode dans cette région où les cépages et les sols ont une véritable influence, une véritable présence historique. Ne vaut-il pas mieux montrer sa propre personnalité quand on en a comme c’est le cas à Cahors ou à Madiran? À quoi bon avoir de beaux cépages de caractère comme le Tannat, le Cot, La Négrette ou le Gros Manseng si c’est pour “lisser” les vins et les dépersonnaliser au point que l’on ne sait plus ce que l’on goûte ? La complexité des terroirs et des climats est pourtant bien réelle dans la région, et prouve que l’on ne fait pas la même qualité, selon les aléas de la nature, au fin fond du Béarn ou dans le Lot.
A Cahors, il est loin le temps où Reutenauer (un autre de mes amis, loin des modes) imposait ses vins dans toute la restauration parisienne, où l’on tentait avec les « Seigneurs » de tirer l’appellation par le haut (je le sais, c’est moi qui ait écrit leur livre)… la dernière erreur, qui date de 2 à 3 ans, étant de s’être embarqué dans une communication « Malbec » en liaison avec l’Argentine (un comble), alors que, tout au contraire, ce n’est pas le cépage qu’il faut mettre en avant mais les disparités des terroirs. Décevant, tout cela, et quel gâchis !
Bref, le Classement s’en ressent fortement cette année : sont rétrogradés (certains d’un petit cran), Chambert, Triguedina (des vins bien trop « noirs », en effet), Carlat, La Reyne, Pineraie, Léret, Caïx, Pelvillain ou Le Passelys.
En Bergerac, idem pour Haut-Pécharmant, Moulin Caresse, Costes, Theulet-Marsalet. En Gaillac, c’est aussi le cas pour Mayrargues, Adélaïde, Payssel, Arlus…; en Madiran, sont déclassés Peyros, Gassiot, Maouries, Lafitte-Teston…
Il y a encore, toutes appellations confondues, Donzac, Rabany, Cave Irouléguy, Perchade…
Par contre, toujours de vrais coups de cœur avec La Coutale, Bouscaillous, Lamouroux, Pichard ou Plaisance, incontestablement à la tête de leurs appellations respectives, suivis par Eugénie, Delmouly, Lecusse, Pialentou, Pouypardin, Ménard… et les autres classés en 1ers Grands Vins, chacun à un degré hiérarchique différent. De très belles bouteilles dégustées également avec les cuvée’s de Ressaudie, Croze de Pys, Sarabelle ou Emeillé qui accèdent au sommet.
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