Domaine Redde

Toujours à la tête des Premiers Grands Vins Classés. Thierry Redde, passionné par l’expression de chaque parcelle de son terroir, ses fils Sébastien et Romain à ses côtés, élève bien sûr ce splendide Pouilly-Fumé cuvée Majorum 2002, l’un des plus beaux vins de ce millésime, issue des plus vieilles vignes, 100% Sauvignon, peu productives et bien ensoleillées, uniquement élaborée les années exceptionnelles et en quantité limitée. Le vin a toutes les qualités d’un vin de garde, au nez de fumé, il associe le fruit à la charpente, subtil et complexe, fleurant bon le genêt, le coing, la pêche et les noisettes, un grand vin harmonieux, riche et fin à la fois, qu’il faut laisser se faire, idéal sur un saumon fumé. À ses côtés, le Pouilly-Fumé Taille Pierre, 100% Sauvignon, issu des vignes situées au point culminant de l’appellation, sur un terroir composé d’argile et de silex rouge. Le vin est vinifié en foudres durant 6 à 10 mois, il séduit par son goût épicé et minéral de pierre à fusil, et possède un fort potentiel d’évolution. Remarquable Pouilly-Fumé La Moynerie 2005, 100% Sauvignon, tout en souplesse, ample et charmeur, qui se débouche sur un plateau de fruits de mer. Excellent Pouilly-Fumé Petit Fumé 2005, 100% Sauvignon, un vin ni enzymé ni levuré (comme toutes les cuvées de La Moynerie), remarquable par sa finesse aromatique (fleurs blanches et raisin frais), dont la minéralité conviendra avec les huîtres, par exemple. À la suite, Les Champs des Billons 2005, à dominante de fleurs blanches et d’amande, d’une belle persistance aromatique, dense au nez comme en bouche, ample, un vin alliant élégance et structure. Goûtez encore le Pouilly-Fumé Les Bois de Saint-Andelain 2005, aux arômes d’agrumes et aux nuances de noisette et de pain grillé, un vin puissant, dense, et ce très séduisant Pouilly-sur-Loire Gustave Naudin 2005, très caractéristique du charme de son cépage Chasselas, très équilibré en en bouche, d’une belle finale, avec cette pointe de nervosité spécifique. On est bien au sommet.

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Cave de Rasteau

À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Le sympathique et passionné Jean-Jacques Dost dirige cette belle cave (700 ha de l’appellation y sont vinifiés) et fut un acteur essentiel dans la naissance du VDN-Rasteau. Remarquable Rasteau Prestige 2004 (50 % Grenache, 35 % Syrah et 15 % Mourvèdre, vignes de 50 ans en moyenne), issu de vieilles vignes, au nez de garrigue, de cassis frais, à la bouche élégante et fondue avec une finale longue sur des notes réglissées et épicées, le compagnon idéal des viandes rouges, champignons et petit gibier grillé. Superbe CDR Villages-Rasteau Les Hauts du Village 2003 (45 % Mourvèdre, 25 % Syrah et 30 % Grenache noir), issu d’une sélection parcellaire, d’une longue macération et d’un élevage partiel en barriques, aux notes de pruneau et de sous-bois, de bouche pleine et généreuse, aux tanins fermes et soyeux à la fois, de couleur pourpre, un beau vin puissant et chaleureux, beaucoup de gras et de rondeur, en bouche sous-bois, réglisse et poivre. Goûtez aussi leur CDR cuvée Les Viguiers blanc, aux notes de pêche, un vin tout en bouche, tout en structure et parfums, fondu et persistant, à ouvrir sur des quenelles. En Vins Doux Naturels, des vins rares et succulents, comme ce Rasteau Rouge Signature, pur Grenache, vignes de 50 à 80 ans, un vin vinifié uniquement dans les meilleurs millésimes, vraiment formidable, à la palette aromatique riche d’épices douces, de griottes et de cacao, à déguster sur des desserts chocolatés. Le Rasteau doré est délicat, au nez de liqueur de mirabelle, aux arômes de fruits compotés et de fruits secs, un véritable plaisir en apéritif. Vous retrouverez ces vins sous un nouvel habillage, plus lisible et plus moderne sous la bannière Ortas qui devient la marque des vins de la Cave de Rasteau, anagramme simplifiée de Rasteau, Ortas est constitué de trois symboles positifs : l’Or, l’As et le T solide et protecteur, pivot du nom comme dans l’appellation Rasteau. Le rapport qualité-prix-plaisir est exceptionnel.

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Millesimes

Domaines Bunan

Pierre et Paul Bunan, secondés par leurs enfants, Claire et Laurent, peuvent être fiers du travail effectué avec acharnement qu’ils ont réalisé sur ces terres de Bandol, créant l’une des plus belles entités qui soient. Leurs 2 crus possèdent chacun une spécificité propre. Leur Bandol Château de La Rouvière rouge 2005 est complet, aux tanins enrobés, d’un beau grenat aux reflets violacés, un vin très puissant et charpenté avec des arômes très présents de framboise, de sous-bois et d’épices, de belle matière, de grande évolution. Beau 2004, où se mêlent les épices et les fruits rouges, riche en couleur comme en structure, qui poursuit sa bonne évolution comme ce 2003, de belle robe grenat dense, au nez de fruits mûrs et d’humus, aux tanins bien présents, à la fois soyeux et riches. Le Château La Rouvière blanc 2005 est très charmeur, ample, équilibré, d’une bonne acidité, avec des senteurs d’agrumes et de fleurs blanches, tout en suavité, vraiment remarquable. Le Château La Rouvière rosé 2006, très parfumé, est sec et gras à la fois, de bouche savoureuse, parfait sur une cuisine épicée. À la suite, leur Bandol Moulin des Costes rosé 2006 est toujours dans le peloton de tête des meilleurs vins rosés, tout en bouche, avec cette petite touche épicée, un vin qui nous a particulièrement séduit. Excellent blanc Moulin des Costes 2006, d’une belle élégance et d’une grande richesse aromatique, de robe jaune clair, avec des notes de petits fruits secs et de tilleul. Remarquable Moulin des Costes cuvée Charriage rouge 2001, puissant et typé, de robe pourpre, aux tanins riches et savoureux à la fois, un vin très parfumé (humus, réglisse), alliant charpente et rondeur en bouche, d’excellente évolution, à déboucher sur un canard rôti.

Domaines BUNAN
(BANDOL)
Pierre et Paul Bunan
83740 La Cadière-d’Azur
Téléphone :04 94 98 58 98
Télécopie : 04 94 98 60 05
Email : info@bunan.com
Ou : www.bunan.com

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Millesimes

Château Bélair


“Nous avons toujours eu une démarche de culture biologique : une seule exception depuis l’abandon du labour à cheval, un défanage de surface sous le rang pour la côte, précise Pascal Delbeck. Nous travaillons sur la bio-diversité, en profitant de certaines zones fragilisées du plateau pour implanter des essences autres que la vigne comme des lauriers, des noisetiers, des charmes, qui abritent le gibier et les oiseaux. La vigne étant une monoculture, on rééquilibre ainsi l’écosystème. Nous avons effectué une étude qui a conforté nos décisions concernant le choix des porte-greffes, les systèmes de drainage, ceux d’évacuation de certaines sources, ou l’enherbement. Ce profil pédologique précis nous permet de comprendre les interactions entre les différentes couches de sols, et cela nous apporte beaucoup d’informations au niveau du “stress” de la vigne, variable en fonction des différents types de sols, de la végétation, du cépage. Grâce à notre masse de calcaire, nous avons une réglementation en eau relativement constante, par capillarité, l’eau remontant de 6 ou 7 m de profondeur en été. Au chai, nous appliquons bien entendu nos principes de bio-dynamie, et refusons l’osmose inverse ou des techniques qui nivellent, en fait, la personnalité réelle du vin. Pour la vinification, afin de mieux préserver la qualité nous avons inventé, en 2004, “l’hélicopigeur”, un système à vis d’Archimède qui permet une extraction douce et aromatique au cœur de nouvelles petites cuves thermorégulées en inox, dédiées chacune à une parcelle. La macération est lente et la fermentation malolactique s’effectue sous marc, vient ensuite l’élevage qui s’effectue en barriques de chêne dont les bois sont élevés à Bélair. Le rendement moyen est de 39 hl/ha depuis une vingtaine d’années. Nous sommes attachés à produire des vins très classiques, très racés, très représentatifs de leurs terroirs, et je combats l’homogénisation. Aujourd’hui, la mode préconise, par exemple, l’utilisation de levures ou de technologies pointues qui ont tendance à uniformiser les goûts, c’est-à-dire “à faire bon mais jamais à faire grand”. Ce n’est pas notre philosophie. À Bélair, nous n’oublions pas l’esprit pour la forme”, conclut Pascal Delbeck.

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Château de Fuissé

ean-Jacques Vincent a passé sa vie à développer et à valoriser les 30 ha de vignes, et a créé avec son fils, Antoine, une maison de négoce “Jean-Jacques Vincent et Fils”. Ce sont maintenant ses enfants, Antoine et Bénédicte, représentant la cinquième génération, qui prennent la suite, Jean-Jacques Vincent restant pour les conseiller. Il a fondé également leur maison de négoce il y a une vingtaine d’années pour répondre à une demande américaine qui voulait acheter beaucoup de leurs vins et, ayant deux sœurs qui ont des vignobles à Pouilly-Fuissé, Saint-Véran et Vergisson, la maison leur achète la totalité de leurs raisins, et 70% des approvisionnements proviennent ainsi des vignobles familiaux, complétés avec des viticulteurs voisins de Fuissé. Exceptionnel Château Fuissé Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2005 qui représente le summum de qualité (vignes de 40 à 70 ans de moyenne d’âge), d’une belle couleur jaune clair, au nez très caractéristique de pain grillé et de musc, épicé, avec des touches exotiques, de bouche harmonieuse, d’une belle richesse aromatique. Beau Château Fuissé Pouilly-Fuissé Les Brûlés 2005, qui doit son nom à son exposition plein sud particulièrement chaude et ensoleillée, au sol profond composé de marnes et d’argiles bleues (100% fûts neufs), d’un beau jaune franc, au nez subtil où dominent les fruits frais et le tilleul, qui associe une élégance certaine à une rondeur en bouche persistante. Goûtez le Château Fuissé Pouilly-Fuissé Le Clos 2005 (une sélection de vignes de 20 ans situées derrière le château), d’une belle couleur jaune clair, brillant et limpide, au nez d’abricot frais, gras, typé, riche et fin à la fois, aux notes subtiles d’épices et de pain grillé. Excellent Saint-Véran Château Fuissé 2005, issu de la région du sud de la Bourgogne dans le Mâconnais, marqué par la qualité très calcaire des sols avec une exposition plein sud, davantage de minéralité, moins d’acidité et un fruité très mûr. Excellent Mâcon-Villages Domaine de Champs Brûlés Sélection Vincent, charnu et souple, ou le Saint-Véran Domaine des Morats Vincent, et le Crémant de Bourgogne. Le rapport qualité-prix-typicité est superbe.

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* Classements 2008 : 1000 vins au top

Pas mal de changements dans mes Classements cette année, que l’on retrouve dans MILLÉSIMES 2008. Certains montent, d’autres descendent… c’est la loi des dégustations et du rapport qualité-prix-typicité. Il y a en France des vins qui atteignent des prix injustifiés et que je ne cautionne plus. Je ne pense pas aux quelques crus mythiques à des prix inaccessibles pour lesquels on entre dans le monde du luxe. Je parle de certaines cuvées du Languedoc, du Sud-Ouest, du Rhône, d’un bon nombre de crus de Bordeaux (Saint-Émilion…) ou de Bourgogne… Le comble, c’est que la majorité de ces vins trop chers sont ceux qui sont aussi le plus dépersonnalisés, “travaillés”, concentrés à la limite de l’écœurement. Il s’agit donc de savoir frapper à la bonne porte. Idem en Alsace, où certains vins ont trop de sucrosité, manquant d’acidité (et le « réchauffement » climatique n’y est pour rien).

Il s’agit également ne ne pas tomber dans la facilité en ne parlant que des vins les plus réputés (à juste titre ou non). Tous les vins typés méritent d’être « classés », dans toutes les appellations, du plus grand au plus modeste. À Bordeaux, par exemple, il existe une vraie hiérarchie (et depuis longtemps) dans les vins de Côtes, les satellites de Saint-Émilion ou les Bordeaux Supérieur. Idem dans la Loire, en Beaujolais ou en Provence (dans les 3 couleurs, les meilleurs ne sont pas non plus forcément les mêmes), etc. Il faut encourager ces vignerons talentueux autant que ceux des vins les plus renommés quand ils ont su se maintenir au plus haut niveau (ce qui n’est pas si simple).

Lorsque, en 1985, j’ai été le premier à remettre en cause le « fameux » Classement des vins du Médoc, qui datait de 1855, cela avait créé quelques sautes d’humeur et de nombreux soutiens.

Il m’a semblé ensuite logique de développer des classements pour toutes les régions de France, pour la grande majorité des appellations. En revanche, et c’est contraire à la mode, je me suis toujours refusé à « noter » un vin. La raison en est simple : c’est pour moi une négation de ce « Sang de la Terre et du Ciel » que de l’affubler d’une note. Ce serait oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. C’est une facilité pour attirer le chaland, qu’il me serait simple d’appliquer si je ne respectais pas autant les vignerons, que j’aime rencontrer car ils ont aussi leur importance (convivialité, passion…).

Mes Classements ne sont pas figés et ont une hiérarchie interne

Les 1ers grands vins classés
Le sommet, même il s’agit de « comparer » non plus uniquement l’image de marque mais une réelle et très grande régularité qualitative. Aux côtés de crus incontournables, quelques autres atteignent des sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et un rapport qualité-prix indéniable. Il est impératif de suivre la hiérarchie interne de chaque classement, les premiers des Premiers Grands Vins classés étant supérieurs aux autres Premiers. On l’aura compris, ce sont de grands “coups de cœur”.

Les 2es grands vins classés
À Bordeaux (Médoc, Graves et Saint-Émilion, précisément), en Bourgogne et surtout en Champagne notamment, c’est la catégorie qui réserve le plus de surprises, et les coups de cœur y sont également nombreux. À elle seule, cette catégorie est une véritable hiérarchie, et de nombreux producteurs y évoluent selon les derniers millésimes ou cuvées dégustées. Aux côtés de certains « grands » crus (ou marques) historiques qui parviennent à se maintenir au plus haut niveau, plusieurs vins moins connus y figurent, grâce à leur régularité qualitative et un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Certains vins de cette catégorie peuvent d’ailleurs prétendre atteindre des sommets (ils ont alors un *), et d’autres méritent largement leur place grâce à un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel, même s’il faut savoir aussi respecter la hiérarchie interne de cette catégorie, qui bouge régulièrement. En tout cas, de grandes valeurs sûres, et l’on peut noter que certains domaines, dont la notoriété n’existait pas il y a quelques décennies, parviennent, chacun dans sa catégorie, à s’imposer et à devenir incontournables. C’est flagrant notamment en Champagne comme dans le Libournais.

Les 3es grands vins classés
C’est une position « d’attente » où l’on trouve des vignerons qui élèvent des crus qui n’ont pas été suffisamment dégustés et qui peuvent détrôner des vins plus connus dans les dégustations à l’aveugle. Ces producteurs peuvent donc monter en grade, bénéficiant d’un *.

D’une manière générale, le fait même d’être dans ces Classements implique une haute tenue qualitative. Les vins ne sont intrinsèquement pas comparables, le Classement ne fait donc que les situer les uns par rapport aux autres, selon l’évolution des millésimes. Les « premiers » des Deuxièmes Grands Vins classés, par exemple, sont très proches de la catégorie Premiers Grands Vins classés. Il faut donc bien sûr tenir compte du prix pour comprendre qu’un très grand cru, sur le plan du terroir, mais très cher, peut être dans une catégorie semblable qu’un autre cru, peut-être moins connu, plus modeste, mais dont le rapport qualité-prix est excellent. Cela ne remet bien entendu pas en cause le très haut niveau qualitatif du vin le plus réputé (et donc le plus cher). Dans tous les cas de figures, certains vins classés peuvent mériter mieux dans des millésimes précis (ils sont indiqués alors par un *).

L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes
Un « grand » vin, ou plutôt un vin digne de ce nom, se mesure uniquement sur son potentiel d’évolution, sa régularité qualitative, même dans des millésimes délicats comme 97 ou 92, ou difficiles à maîtriser comme 2006, 2003, 2002, ou 94. Ces critères sont la base même de ces Classements, remaniés chaque année, qui tiennent compte de l’évolution des millésimes précédents et peuvent être remis en cause par la qualité des prochaines cuvées et des prix.

La plupart des producteurs retenus ont été suivis depuis 30 ans, ce qui permet de se faire une véritable idée de la régularité qualitative. C’est la seule chose qui compte pour pouvoir juger tel ou tel cru, et ne pas se laisser prendre par une cuvée spécialement « arrangée ». Quelques châteaux repris récemment sont classés en tenant seulement compte des deux ou trois derniers millésimes, et leur évolution viendra conforter ou non leur place actuelle. Ils sont indiqués entre parenthèses pour l’instant, tout comme les propriétés qui viennent d’être reprises. Les Classements ne sont donc pas statiques : ils se veulent le reflet d’une situation globale dans une appellation, qui tient compte de paramètres fondamentaux : typicité des crus, caractéristiques propres, qualité des vinifications et de l’élevage, homogénéité et régularité qualitative des cuvées, évolution des millésimes, politique qualitative des propriétaires, rapport qualité-prix…

Chaque Classement est propre à une région
Intrinsèquement, les vins ne sont pas les mêmes. Chaque cru retenu possède son propre caractère et demande à être apprécié en tant que tel, sans faire de véritable comparaison avec tel ou tel autre. Aucun Classement n’est donc à comparer avec un autre, et il ne doit pas y avoir de rapprochement entre une région ou une autre. On se doute bien qu’un Premier Grand Vin Classé de Chinon n’est pas au même niveau qualitatif qu’un Premier Grand Vin Classé du Médoc. C’est au sein d’une même région ou appellation qu’il faut comparer les vins. Un Deuxième Grand Vin Classé du Languedoc ne joue évidemment pas non plus dans la même catégorie qu’un Deuxième Grand Vin Classé de Bourgogne. On peut décliner les exemples et on aura compris qu’un Beaujolais Classé n’est pas à rapprocher d’un Pomerol au même niveau dans son Classement propre, idem pour un Sancerre et un Pessac-Léognan, un Bandol et un Vosne-Romanée, un Minervois d’un Pauillac, etc. Ainsi, dans les Classements de Bordeaux et de Champagne, j’ai également classé les vins en deux catégories, « puissance » et « élégance », pour mieux prendre en compte justement le caractère propre de chaque vin et éviter des comparaisons hasardeuses.

Voir aussi

Millesimes

Domaine Kieffer

obles 2005, un grand vin concentré à l’extrême, où les fruits confits prédominent, très prometteur. Excellent Riesling Terroir Itterswiller 2005, complexe, tout en bouche, avec des nuances de fruits secs, au bouquet où s’entremêlent les fruits, les épices et les fleurs fraîches, très agréable, ample et persistant. Très joli Crémant brut d’Alsace Prestige, au nez subtil où dominent les fruits frais et le tilleul, une cuvée qui associe une élégance certaine à une rondeur en bouche séduisante. Le Pinot noir 2005, élevé en barriques, allie puissance et souplesse, avec ces notes très persistantes de fumé et de fraise des bois. Pour le plaisir, le Gewurztraminer Vendanges Tardives 2003, dense, aux connotations florales délicates, de bouche onctueuse, très gras, avec ces nuances de fleurs et de miel, qui poursuit sa belle évolution.

François et Vincent KIEFFER
76, route du Vin
67140 Itterswiller
Téléphone :03 88 85 50 22
Télécopie : 03 88 57 80 91
Email : kiefferfrancois@netcourrier.com

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La suavité de Bouscaillous

Le meilleur Gaillac. Le vignoble est constitué de 36 ha de vignes. Redégusté lors de notre réunion du 25 Mars à Cahors qui regroupait quelques-uns des meilleurs producteurs du Sud-Ouest, cet exceptionnel Gaillac blanc doux cuvée La Centenaire 2005 (Mauzac et Muscadelle, vignes de 70 à 100 ans), dont la charmante Annie Caussé peut être fière, d’une onctuosité raffinée, tout en arômes (pain d’épices, rose, coing), subtil et complexe, très persistant en bouche. Excellent Gaillac blanc sec perle (soutirage et conservation au froid pour préserver le gaz carbonique), un vin tout en fraîcheur, qui sent bon les fruits, d’une attaque franche et finemeznt acidulée, que l’on a raison de conseiller sur des huîtres ou des poêlées paysannes. Le Gaillac rouge 2005 (Duras, Syrah et Merlot), très bien élevé en fûts de chêne, aux nuances de cerise noire et de poivre, de belle charpente, est un vin bien charnu et bien typé. Formidable rapport qualité-prix-plaisir.

Malherbe

Au sommet, et de loin. Splendide Côtes-de-Provence Malherbe rouge 2005, issu d’une longue fermentation avec pigeage, puis élevé en foudres de chêne, très traditionnel, marqué donc par des cépages comme on devrait en voir plus souvent, les remarquables Syrah (70%) et Mourvèdre (30%), un vin très typé et charpenté, encore bien jeune, aux arômes de fruits cuits (cerise noire, groseille…), de cannelle, légèrement poivré, riche et coloré, de belle teinte grenat, dense au nez comme en bouche, à savourer sur un gigot. Exceptionnel Malherbe Blanc de blancs 2005, qui fait partie des très grands vins de France, issu d’un pressurage direct en grains ronds des cépages typiques Rolle, Sémillon et Ugni blanc, élevé sur lies fines, d’une grande complexité d’arômes où s’entremêlent des notes d’amande, de fruits mûrs et de bruyère, harmonieux en bouche, opulent et suave, et d’une grande finale intense, parfait sur un homard. Le 2004 est formidable, avec ces subtils arômes d’amande et de tilleul, tout en harmonie, ample, d’une finale très distinguée. Le Malherbe rosé (40% Tibouren, 40% Cinsault et 20% Grenache, courte macération après éclatement des raisins), est un vin gras et parfumé, d’une grande intensité aromatique au nez où dominent les fruits mûrs, la rose et la pivoine, puissant en bouche. Autre richesse de la propriété, ce Pointe du Diable rosé 2006 (50% Cinsault, 40% Grenache et 10% Cabernet, par saignée après courte macération), un vin très bien équilibré, d’une belle harmonie, tout en fruité et en finesse, souple, aux arômes de fleurs et de fruits secs. Le Pointe du Diable rouge 2005 (60% Syrah et 40% Grenache, élevage en foudres de chêne), dense, aux arômes de fruits cuits et d’épices, riche et coloré, de belle teinte grenat, dense et puissant au nez comme en bouche, classique et concentré, allie finesse et structure, de bonne garde. Exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir, qui ferait rougir des crus plus connus et beaucoup plus chers. Toujours du très grand art.

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Château Luchey-Halde

Passe en 1er Grand Vin dans le Classement. Un domaine de 29 ha, dont 22 plantés en vignes, racheté par l’Enita de Bordeaux en 1999. Dégusté sur place en compagnie du sympathique et dynamique Directeur, Jean Magne, ce Pessac-Léognan rouge 2005, de belle robe intense, qui mêle concentration aromatique et souplesse en bouche, avec ces arômes caractéristiques d’épices (cannelle, muscade) et de griotte, aux tanins bien équilibrés, d’excellente évolution. Le 2004 est très représentatif de ce beau millésime, typiquement bordelais, très bien élevé, aux tanins fermes et soyeux à la fois, de bouche corsée, un vin de belle couleur pourpre, bien charpenté, ample, de très bonne garde. Beau 2003, charnu comme on les aime, gras, bien structuré, complexe, harmonieux, aux connotations épicées, alliant une bonne base tannique à une finesse persistante en bouche. Excelllent 2002, riche en couleur, corsé, qui sent bon les fruits mûrs à noyau et les sous-bois, un vin de belle charpente, de bouche puissante, de garde. Le second vin, Les Haldes de Luchey rouge 2005, coloré et parfumé, est un vin souple avec une attaque délicate de fruits rouges, bien équilibré, aux tanins soyeux. Savoureux Pessac-Léognan blanc 2006 (vignoble de 4 ha, 50% de Sauvignon et 50% de Sémillon), un vin qui sent les fruits frais et le chèvrefeuille, de bouche ample et souple, d’une finale persistante. Savoureux 2005, aux notes de fruits blancs et d’agrumes mûrs, vraiment charmeur. Le 2004, très équilibré, aux nuances de fleurs blanches et de noix, est d’une longue finale. Beau rapport qualité-prix-typicité.

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Les meilleurs sites sur le Vin
Guide vin
Guide des vins
Guide des vins
Millesimes
Millesimes
Journal du Vin
Vinovox
Vins du siecle
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Château Filhot

À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Filhot (62 ha de vignes, sol de graves, d’argile et de sables sur un plateau calcaire, 60 Sémillon, 36% Sauvignon blanc et 4% Muscadelle) est un cru où l’élégance prédomine toujours sur la “liqueur”. En 2007, nous précise Gabriel de Vaucelles, les vendanges ont commencé dans des conditions difficiles mais le mois d’octobre a été très favorable, et tout s’est très bien terminé. Le vin est très fruité avec une bonne fraîcheur car les Sauvignons étaient très réussis, les vins de Château Filhot sont plus sur la finesse que sur le gras. En 2006, les Muscadelles sont bien présentes car ce cépage était formidable en 2006, ce qui donne de subtiles différences aromatiques, des notes de fruits de la passion. On peut le rapprocher des meilleurs lots du 2004. Le 2005 est le millésime de référence chez nous, le plus côté, très typé Château Filhot, avec beaucoup de fraîcheur, une note de Sauvignon, des nuances d’abricot, de pamplemousse, de mangue, de litchi, un vin très complet, très agréable, avec une bonne liqueur, soutenue par une bonne acidité.” Splendide Sauternes 2005 en effet, , harmonieux, très distingué, aux senteurs persistantes, d’un grand classicisme, tout en finesse aromatique (petits fruits frais, amande, pain grillé), avec une bouche suave et prometteuse. Le 2004, un grand vin dense, aux connotations florales subtiles, est de bouche onctueuse, très gras, avec ces nuances de fleurs (rose), de fruits (pêche mûre) et de miel, persistant, de grande garde. Le 2003 commence à s’ouvrir, tout en arômes (pain brioche, citronnelle), un vin riche et complexe, très persistant.

La trilogie des millésimes 2001, 99 et 98 est exceptionnelle, des vins de grande évolution, chaque millésime ayant ses caractères propres. Le 97 est subtilement parfumé (abricot, brioche), d’une grande harmonie, de bouche moelleuse, à savourer sur un turbot sauce mousseline comme on le suggère ici. À leurs côtés, l’exceptionnel millésime 96, au bouquet surprenant, aux connotations florales et fruitées denses et subtiles, que l’on retrouve en bouche, d’une onctuosité parfaite, raffiné, un grand vin puissant et distingué, tout en arômes (pain d’épices, citronnelle…), dans la lignée du 95, puissant et savoureux, encore très fermé, de grande évolution, un extraordinaire millésime 90, une crème de tête étonnante, une véritable liqueur en bouche, hors du commun. Il faut goûter des millésimes superbes comme les 82 et 83, le 85, ample, d’une grande finesse, le 86 de haut niveau, très élégant, alliant une grande richesse aromatique à une matière et une structure exceptionnelles comme le 88, d’une grande structure, de garde ou le 89, réellement exceptionnel, qui reste l’une des plus belles réussites de l’appellation.

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Pierre Mignon

Toujours une très belle place dans le Classement pour ce très beau Champagne cuvée de Madame Millésimée 98, à la mousse fine et légère, à dominante de fruits mûrs au nez, très équilibré, un Champagne fin et persistant, qui allie fraîcheur et charpente, un vin tout en arômes (amande, abricot mûr…), tout en rondeur. Le Blanc de blancs 96 est tout en charme, tout en fraîcheur aromatique, avec ces notes de fruits frais et d’acacia, de mousse fine et bien persistante, alliant saveur et distinction. Excellent brut Prestige, qui allie structure et vivacité à la fois, d’une jolie complexité aromatique où l’on retrouve des nuances de citron, dense et distingué, d’une très belle persistance. Leur brut Prestige rosé de Saignée, d’une très belle expression, développant élégance et vinosité, typé, de mousse abondante, tout en longueur, à savourer sur une cuisine épicée. À la suite, cette remarquable cuvée Grande Réserve brut (80% Pinot meunier, 10% Chardonnay et 10% Pinot noir), ample et dense, avec ces notes de fleurs blanches, de brioche et de noisette caractéristiques, qui associe élégance et charpente, finesse et densité, à savourer sur des quenelles de brochet. Les références des clients sont très nombreuses et illustres : palais de l’Élysée, Mairie de Paris, Sénat, hôtel Matignon, ambassades, Crédit agricole, Opéra de Nice, Lions’ Club, Imprimerie nationale… Remarquable rapport qualité-prix, ce qui ne gâte vraiment rien.

Pierre MIGNON
5, rue des Grappes-d’Or
51210 Le Breuil
Téléphone :03 26 59 22 03
Télécopie : 03 26 59 26 74
Email : p.mignon@voila.fr
Ou : www.pierre-mignon.com

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Émile-Bernard Souchière

Le sympathique président de la Cave de Gigondas, Émile-Bernard Souchière, sait nous faire partager son enthousiasme : “Riches de nos 80 viticulteurs, nous précise-t-il, dont les propriétés sont équitablement réparties dans l’ensemble du vignoble (180 ha sur 1 250 au total), ces gens de la cave ont le formidable privilège de pouvoir et de savoir, par leurs assemblages subtils, marier harmonieusement les 7 terroirs (7, chiffre magique !) qui constituent cette fameuse appellation de niche qu’est le cru de Gigondas.” Superbe Gigondas Syterres de Bois-Neuf 2005, habilement nommé en allusion au terroir (“si terre”) comme à celui de l’île Cythère mythique, un grand vin concentré et très riche, de couleur grenat soutenu et intense, au nez de fruits surmûris, de truffe et de poivre, de garde. Le Gigondas rouge Référence 2005 est un vin puissant et savoureux, aux tanins mûrs et fermes à la fois, au nez puissant où se mêlent les épices et la griotte. Il y a encore ce remarquable Gigondas Primitif 2003, un Gigondas aux 7 terroirs, vendangé à la main, de longue cuvaison, rendu limpide par simples soutirages, à l’exclusion d’autres procédés de clarification, et mis en bouteille après, au moins, 18 mois d’élevage “hors bois”. Le vin est concentré, de couleur pourpre intense, aux tanins riches et savoureux, très parfumé (mûre, épices…), de garde comme Le Brut du Foudre 56 rouge 2004, présenté dans une très belle bouteille sommelière lourde, luxueusement habillée (élevage de 15 mois en foudres de chêne vieux, ce vin n’est ni filtré ni collé avant le tirage). On continue avec cette Belle cuvée Signature 2004, de bouche puissante, avec des tanins présents mais fins, un vin savoureux, intense en couleur comme en arômes, qui fleure bon les fruits mûrs et les épices, auquel il faut laisser du temps pour s’exprimer au mieux. Le 2003, aux arômes puissants de fruits cuits et de sous-bois, est un vin de robe soutenue, de bouche intense, qui poursuit son évolution (le 2001 est parfait actuellement). Le Signature rosé 2006 est toujours l’un des meilleurs de la région, de bouche soyeuse, un vin gras et vif à la fois, parfait sur des gambas grillées. Goûtez le Gigondas Seigneurie de Fontange Vieilles Vignes rouge 2004, une sélection de vieilles vignes de 50 ans, un vin issu d’un rendement très faible et d’une très longue cuvaison, aux notes de truffe et de mûre, concentré et charnu, riche en matière, tout en bouche. À la suite, ce très réussi Vacqueyras rouge Beaumirail 2005, au bouquet complexe avec ces notes bien caractéristiques de petits fruits mûrs légèrement épicés, et ce CDR blanc Dame de Montmirail 2006, pur Viognier, faibles rendements (25 hl/ha), avec ces notes de lis et de rose, persistant, alliant rondeur et vivacité, d’une jolie finale aromatique.

CAVE de GIGONDAS
(GIGONDAS)
Émile-Bernard Souchière
route du Sablet
84190 Gigondas
Téléphone :04 90 65 86 27
Télécopie : 04 90 65 80 13
Email : gigondas.lacave@wanadoo.fr

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Château Redortier

ses deux filles sa passion du vin et le patrimoine de ce château qui compte 35 ha de vignes pratiquement d’un seul tenant, particulièrement bien situées face aux prestigieuses Dentelles de Montmirail. Le terroir est exceptionnel puisque les vignes sont plantées à 400 m d’altitude, exposées plein sud sur des coteaux, bénéficiant d’un sol argilo-calcaire et de la sécheresse estivale. Le tout donne ce superbe CDR-Beaumes-de-Venise rouge 2005, associant couleur, charnu et complexité aromatique, de bouche ronde et dense à la fois, aux notes persistantes de pruneau et d’épices, un vin très parfumé, dense, de très bonne garde. Goûtez le très bon Côtes-du-Ventoux Côté Suzette 2005, typé, qui associe couleur et matière, au nez à dominante de fruits frais et d’humus, riche et subtil, de bouche dense. Beau Gigondas rouge 2004, un vin racé comme on les aime, un vin avec des notes de cerise mûre et de cuir, puissant, de couleur intense, aux tanins riches et soyeux à la fois, une finale longue subtilement poivrée, d’excellente évolution. Le CDR-Villages blanc 2004 est de robe jaune clair, complexe avec ces notes de petits fruits secs et de tilleul, tout en finesse et en arômes, alliant souplesse et vivacité. Goûtez aussi leur excellent Vin de Pays de Vaucluse La Grange de Redortier 2005, un vin très bien élevé, tout en arômes, très abordable.

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Millesimes

Vino encyclopédie a à z : G

GAILLAC
Le vignoble de Gaillac qui s’étend autour des villes, châteaux et abbayes, est l’un des plus anciens de France. Historiquement, la vigne, amenée en Provence par les Phocéens, a progressé vers la Narbonnaise, puis vers l’Aquitaine sous l’impulsion des Romains. Gaillac est la première étape de cette marche à l’ouest (la ville de Gaillac même date de 972). Là encore, c’est surtout sous l’impulsion des moines bénédictins que la notoriété des vins s’élargit et que la commercialisation se tourna tout naturellement vers l’ouest, en empruntant la principale voie de communication, le Tarn.

GAILLACOISE (MÉTHODE)
Ou rurale. Par rapport à la méthode champenoise (voir ce mot), le vin ne subit pas de seconde fermentation en bouteille. Il est embouteillé durant la première fermentation, qui se poursuit donc en bouteille.

GALESTRO
Vin blanc de Toscane, sec, à boire très frais.

GALETS
C’est à Châteauneuf-du-Pape que l’on rencontre cette “mer” de gros cailloux roulés, en forme de galets, qui possèdent les qualités idéales d’attirer la réverbération du soleil et de conserver la chaleur du jour durant la nuit.

GALLON
Mesure de capacité (4,5 l) de Grande-Bretagne.

GAMAY
Le raisin qui donne toute sa mesure quand il est vinifié en macération carbonique (Beaujolais).

GAMZA
Cépage bulgare.

GARDE (VIN DE)
Un vin de garde est tout naturellement un vin qui a la possibilité de s’épanouir dans le temps. Pour les rouges, la présence tannique est un bon gage de son potentiel de vieillissement. Un grand vin est un vin de garde.

GARGANEGA BIANCO
Cépage italien qui sert dans la production du Soave (Italie).

GARNACHA TINTA
Cépage espagnol caractéristique, riche et alcoolisé.

GARRAFEIRA
Nom réservé aux vins rouges et blancs portugais de qualité, millémisés, et élevés un minimum en fûts puis en bouteilles.

GATTINARA
Ce petit vignoble italien borde le Sésia, à l’est de Biella, dans le nord du Piémont. Les collines morainiques de Gattinara, dont le climat est plus tempéré que celui de la plaine, ont été formées il y a plus de 150 millions d’années, lors de l’imposante glaciation des Alpes. La terre rougeâtre, graveleuse donne beaucoup de finesse aux fruits et permet une maturation précoce. Le symbole de Gattinara est depuis l’an 1000 la tour en pierre appelée “la Castelle”, construite sur les collines par le roi Arduino. Le cépage principal de l’appellation est l’excellent Nebbiolo (ou Spanna), auquel s’ajoutent le Bonarda ou le Vespolina (10% maximum). De couleur intense, avec des notes de violette et d’épices, les meilleurs sont gras, bien tanniques, de belle garde.

GAVI
Italie, Piémont. Certains vins blancs de Gavi sont très agréables par leur souplesse.

GAY-LUSSAC
Célèbre chimiste français auquel on doit la formule chimique de la fermentation.

GAZ (INERTES)
L’azote et le gaz carbonique sont des gaz inertes.

GAZ CARBONIQUE
Ou CO2. Il se dégage naturellement au cours de la fermentation du vin.

GAZÉIFICATION
Procédé qui consiste à rendre les vins mousseux par une insufflation de gaz carbonique. A éviter.

GEBIET
Région, en allemand.

GEELONG
Australie. Importante région vinicole de Victoria, où l’on se fait plaisir avec plusieurs blancs intéressants, provenant du Riesling et du Chardonnay.

GÉLATINE
Substance qui sert à clarifier le vin en éliminant les matières qui sont en suspension.

GEMEINDE
En Allemagne, signifie village ou commune.

GÉNÉREUX
Quand le vin est riche en degré alcoolique, avec une attache puissante au nez comme au palais.

GÉNÉRIQUE
Le terme désigne un vin commercialisé sous son appellation ou sa région d’origine. Exemples : Bordeaux ou Côtes-du-Rhône.

GENEROSO
Désigne un vin viné et de dessert espagnol.

GENÈVE (VIGNOBLE DE)
Le vignoble genevois se caractérise par son tracé harmonieux, à l’image de la Suisse, c’est-à-dire paisible. Les seules chaînes de montagnes qui entourent le bassin genevois contribuent à la douceur bienveillante du climat, assez propice à la vigne. Les vins blancs issus du Chasselas portent la désignation officielle de Perlan, réservé à la production genevoise, et qu’il est de bon ton de déboucher sur un poisson de lac.

GENTIANE
Liqueur française obtenue en distillant des racines de gentiane.

GERBER
L’opération consiste à empiler les fûts dans le chai les uns sur les autres, sur deux ou trois niveaux, afin de gagner de la place.

GERK
Vin blanc légèrement amer de Dalmatie.

GEVREY-CHAMBERTIN
C’est l’une des appellations communales les plus importantes de la Côte-d’Or bourguignonne. Neuf (très) grands crus, très morcelés, dont la spécificité propre à chacun est un bon exemple de l’extrême complexité des terroirs bourguignons : Chambertin, Chambertin Clos de Bèze, Latricières-Chambertin, Mazoyères-Chambertin, Charmes-Chambertin, Mazis-Chambertin, Griottes-Chambertin, Ruchottes-Chambertin et Chapelle-Chambertin, tous de couleur soutenue, riches en matière et en intensité aromatique, très parfumés en bouche, à dominante de cerise confite (la “griotte” évidemment), de violette et de réglisse, d’excellente évolution. Quelques beaux Premiers Crus également, qui possèdent une chair pleine et savoureuse, comme Les Cazetiers, Le Clos-Saint-Jacques, Aux Échezeaux, Aux Combottes, Lavaut, La Combe-aux-Moines…

GEWURZTRAMINER
1/. Appellation alsacienne. Plus alcoolisé que le Riesling, charpenté, de saveur épicée et très parfumé, le Gewurztraminer est un vin qui vieillit parfoit remarquablement bien.

2/. Cépage. Excellent raisin, très typé, très aromatique, qui donne des vins épicés, très caractéristiques (voir Alsace et L’accord idéal des vins et des mets).

GHEMME
Appellation (DOC) de vin rouge du Piémont, en Italie. Difficile de s’en procurer de très bons.

GIACONDA
En Australie, une bonne maison où l’on fait ce joli Pinot noir, souple et épicé en bouche, bien fait comme le Chardonnay.

GIACOSA (BRUNO)
Une valeur sûre en Italie avec ce très bon Barbaresco Gallina di Neive, un superbe Barolo Collina Rionda Di Serralunga, et un Dolcetto d’Alba Basarin di Neive qui me séduit régulièrement.

GIGONDAS
Vallée du Rhône (1 200 hectares). Appellation d’origine contrôlée datant du 6 janvier 1971. Cépages autorisés: pour les rouges, le Grenache noir (65% maximum), la Syrah, le Mourvèdre et le Cinsault (minimum 25%) ; pour les rosés, Grenache noir (60% maximum) et Cinsault (15%). L’appellation est située au pied des Dentelles de Montmirail, dans un site de très grande beauté et de peuplement fort ancien. Son nom vient de “jocunditas” (joie), nom donné par les Romains qui avaient fondé ici un camp de repos militaire. On trouve encore, à Saint-Cosme, les restes d’un grand cuvier remontant certainement à cette époque. Les qualités du terroir de Gigondas, la nature de son sol, son exposition ouverte au sud-ouest et ses terrasses en légère altitude valent une réputation de longue date à ses vins, rouges pour la presque totalité, qu’appréciaient fort les évêques et les princes d’Orange, dont la commune dépendait.

GIN
Eau-de-vie aromatisée aux baies de genièvre, dont l’élaboration est certainement due aux Hollandais (Genièvre).

GIN FIZZ
Boisson composée de gin, de sucre, de citron et d’eau de Seltz.

GIRO DI CAGLIARI
Bon vin rouge sarde (Italie), issu du cépage Giro, souple et parfumé.

GISBORNE
Nouvelle-Zélande. Bonne région à vins blancs, notamment pour le Chardonnay et le Müller-Thurgau.

GIVRY
L’appellation Givry est située au sud de la Côte-de-Beaune (voir Bourgogne). De bons rouges bien charpentés et fruités, et des blancs fins et bouquetés, associant rondeur et nervosité, tous très abordables.

GLOGG
Solide boisson chaude à base de vin auquel on ajoute de l’eau-de-vie et des raisins secs. Surtout dans les pays scandinaves.

GLORIA
Un croisement Sylvaner et Müller-Thurgau, qui donne des vins frais et légers, manquant parfois d’acidité. On le trouve surtout en Allemagne.

GLUCIDES (LES)
Le glucose et le lévulose, contenus dans le jus de raisin, disparaissent au cours de la fermentation. Un vin très élaboré ne doit pas contenir de traces de sucre réducteur. Toutefois, certains vins blancs très liquoreux, tels ceux de Sauternes, en renferment une quantité assez importante. Le sucre est retenu dans le foie sous forme de glycogène, que cet organe transforme ensuite en glucose, pour le laisser passer au fur et à mesure des besoins de l’organisme. Brûlé dans les tissus et les muscles, il sert à entretenir la chaleur animale, mais surtout à produire l’énergie nécessaire au travail musculaire.

GLUCOMÈTRE
Ou mustimètre. Instrument indiquant la richesse en sucre du moût.

GLYCÉRINE
Ou glycérol. Élément important du vin qui lui apporte son onctuosité. Insensible au vieillissement, elle apparaît lors de la fermentation alcoolique mais provient aussi, pour les vins moelleux et liquoreux, de l’action bénéfique de la pourriture noble sur les grains de raisin.

GOBELET
1/. Système consistant à attacher la vigne sur des piques séparées : le tronc court diverge en plusieurs branches qui lui donnent cette forme caractéristique. Utilisé principalement en moselle et dans le Rhône.

2/. Récipient en métal, en bois, en plastique, jouant le rôle de verre à boire.

GORON
Vin suisse issu du Gamay et du Pinot noir n’ayant pas atteint la richesse en sucre naturel nécessaire pour obtenir l’appellation Dôle.

GOULBURN (VALLEY)
Australie. Région vinicole de la province de Victoria, où l’on produit de bons vins rouges.

GOUVEIO
Variété de Porto blanc.

GOUDDEN CAROLUS
Ou Carolus d’Or. Excellente bière belge brune corsée de près de 8°, qui a un fort goût de malt. Se déguste aussi en apéritif ou, pourquoi pas, sur un fromage à la manière d’un Porto Vintage, comme on l’a savoure à Bruxelles.

GOULEYANT
Le Beaujolais nouveau est certainement le vin auquel ce terme convient le plus. Le vin est coulant, léger, gai, remplissant bien la bouche.

GOUTTE (VIN DE)
C’est le vin issu du jus qui s’est écoulé naturellement des raisins avant le pressurage réel.

GRACIANO
Un autre bon cépage espagnol, qui donne des vins colorés et parfumés, bien tanniques.

GRADO ALCOOLICO
Mention du degré d’alcool mentionné sur l’étiquette des vins italiens.

GRAISSE
Altération du vin. Le vin devient huileux.

GRAN RESERVA
Espagne. Le plus haut classement des vins espagnols qui implique un minimum de cinq années de vieillissement, dont deux en barriques, avant d’être commercialisé.

GRAND CRU
C’est une réelle et prestigieuse appellation en Alsace et en Bourgogne, qui correspond à un terroir particulier et géographique tandis qu’elle est utilisée également à Bordeaux, sous la notion générale de classements, et de façon parfois moins qualitative.

GRAND VIN
En réalité, ce terme employé souvent sur l’étiquette, ne correspond à aucune classification particulière. Un vin très modeste a le droit d’apposer cette mention sur son étiquette.

GRANDE-BRETAGNE
On fait ici du vin avec le terroir que l’on a, et ce n’est pas suffisant de planter du Chardonnay ou un cépage améliorateur, qui marche bien ailleurs, pour que cela soit une réussite partout. Toutes proportions gardées, on peut rapprocher ce pays du Portugal, tous deux ayant comme principal attrait, l’un de faire du Porto et l’autre du whisky.

GRANITE
Roche dure, riche en minéraux, qui se réchauffe rapidement et qui retient la chaleur. On en trouve dans le nord-ouest de l’Italie, et au Portugal, pour la production du Vinho verde.

GRAPPA
Célèbre eau-de-vie de marc italienne.

GRAS
Désigne un vin charnu, moelleux et souple.

GRASA
Cépage de Roumanie.

GRAVE DEL FRIULI
Italie. C’est la plus grande appellation de la région du Frioul-Vénétie, qui s’étend de Pordenone à l’ouest à Cormons à l’est, où vous ne trouverez pratiquement que des vins de cépages qui ne vous dépayseront pas (Merlot, Pinot noir, Chardonnay, Sauvignon… il ne manque plus que la Syrah ou la Marsanne). Préférez les vins qui proviennent des Refosco, Tocai, Pinot grigio ou Verduzzo.

GRAVES
1/. Prolongement naturel des terres du Médoc, le vignoble des Graves a été de tout temps rapproché historiquement et géographiquement de celui du Médoc. Là aussi la terre est graveleuse (le mot “Graves” vient de là), pauvre, mais secourue par un climat exceptionnel et des vignerons qui ont écrit l’histoire du Bordelais. Les vins rouges sont plus charpentés que ceux du Médoc et possèdent un caractère propre qui leur permet de s’en différencier plus aisément (voir Pessac-Léognan).

2/. Cailloux siliceux, qui assurent un excellent drainage et conviennent parfaitement à la vigne, lui imposant de chercher sa propre nourriture. Ces sols s’adaptent parfaitement aux cépages Cabernet, et font des merveilles dans l’appellation Margaux (et dans les Graves bien sûr). On retrouve également des sols de graves sablonneuses dans le Libournais, et des marnes graveleuses dans le Jura.

GRAVES SUPÉRIEURS
Totalement méconnu, ce vignoble bordelais des Graves, à l’extrémité Sud, se consacre aux vins blancs liquoreux qui bénéficient de l’appellation “Graves Supérieurs”. Assez nerveux, moins riches que les Sauternes, ces vins possèdent aussi leur originalité.

GREAT WESTERN
Australie. Région viticole de Victoria, où l’on élabore surtout des vins mousseux.

GRÈCE
La Grèce est une patrie naturelle de la vigne, et la variété des climats, des paysages, comme l’influence des vents et de la mer façonnent chaque vignoble, du Péloponnèse à Rhodes. C’est l’archétype des pays vinicoles où le vin est particulièrement adapté aux habitudes de table et de consommation. Sous une tonnelle, vous verrez que l’on se fait au Retsina, à ces petites gorgées que l’on avale discrètement au cours d’une partie de cartes ou de dés, en grignotant une petite friture. Vous verrez aussi que la force du soleil s’associe bien à celle de ces vins rouges corsés, intenses au nez comme en bouche, qu’il faut savourer frais sur des mets épicés.

GRECO
Bon cépage blanc italien.

GRECO DI BIANCO
En Calabre, le DOC Greco di Bianco, produit sur la côte ionienne, est un vin de dessert doux issu de raisins passiti, puissant, suave, intense au nez comme en bouche, très réussi et très apprécié.

GREFFAGE
Opération de propagation de la vigne qui consiste à insérer un scion dans un porte-greffe.

GRENACHE BLANC
Très répandu en France, cet ancien cépage espagnol peut donner un vin corsé de bonne qualité, ample et peu acide.

GRENACHE NOIR
Le raisin de prédilection des grands vins de Bandol ou des crus de la vallée du Rhône. Il apporte structure, puissance et concentration aromatique.

GRÈS
Roche sédimentaire composée de particules. Souvent alliée au calcaire comme dans le Palatinat ou en Franconie, en Allemagne.

GRIS (VIN)
Vin rosé de couleur très pâle, “pelure d’oignon”. On en fait dans de nombreuses régions françaises, en Lorraine comme en Provence.

GROG
Tout le monde connaît les bienfaits de ce bon mélange d’eau chaude, de rhum, de miel et de citron, contre le rhume ou la grippe.

GROMBALA
Tunisie. Région de vins rouges.

GROS-PLANT DU PAYS NANTAIS
Appellation de la Loire qui a pour cépage la Folle blanche d’origine charentaise, cultivé en pays nantais depuis le XVIe siècle. Il est produit sur l’ensemble du vignoble nantais et plus spécialement dans la région d’Herbauges et de Logne et Boulogne. C’est un vin blanc modeste, frais, léger et sec.

GROSSLAGE
Un bon exemple de la complexité (certains diraient le “flou”) de la réglementation allemande : un Grosslage est un ensemble de sites viticoles (Einzellagen), c’est-à-dire une aire relativement étendue. La complexité pour le consommateur réside dans le fait que le nom d’un Grosslage peut figurer sur l’étiquette, au même titre que celui d’un Einzellage, après le nom d’une commune. Quand vous saurez qu’il existe 150 Grosslagen, et que parfois plusieurs Einzellagen se regroupent sous le nom d’un Grosslage, souvent lors de petites récoltes ou de quantités limitées, vous comprendrez que cela ne fait qu’ajouter à la confusion, et qu’il est extrêmement difficile de déterminer réellement l’origine exacte d’un vin allemand quand on lit son étiquette.

GRUNER VELTLINER
Bon cépage autrichien, où il donne des vins à la saveur fraîche et fruitée. On en trouve aussi en Hongrie.

GUEUSE
Les Gueuses sont des bières belges qui sont actuellement parmi les plus demandées sur le mini-marché des amateurs raffinés. La particularité des gueuses est qu’elles sont constituées par le mélange de plusieurs lambics de base. Le lambic est une bière dite spontanée à base de froment qui fermente seule sans ajouter de levure. La gueuse doit fermenter en tonneaux pendant de longues années et elle continue à fermenter après sa mise en bouteille. La fabrication de la gueuse demande donc beaucoup de temps et de travail.

GUIGNOLET
Eau-de-vie française de cerise noire.

GÜLDENMORGEN
Grosslage allemand, situé près de la commune Oppenheim, dont l’on a du mal à se procurer les vins, même sur place, tant ils semblent recherchés pour leur prestance. Ce sont des vins très équilibrés, charpentés, fermes et puissants, tous possédant ce moelleux très caractéristique de cette aire de production, qui les distinguent aisément.

GUTENBORNER
Un croisement Müller-Thurgau et Chasselas (Allemagne).

GUYOT
Certainement la meilleure méthode de palissage de la vigne qui consiste à attacher les sarments sur deux fils de fer parallèles.

GYÖNGYÖS
Hongrie. La région connaît un essor certain pour ses blancs secs et mousseux.

Château Fabas

Fabas – ferme fortifiée moyenâgeuse – est un domaine d’un seul tenant de 158 ha. Le climat méditerranéen est semi-aride, à printemps tempéré suivi de longues périodes sèches, un enracinement très profond permet à la vigne d’éviter un stress hydrique. La pluviométrie en général est assez faible, mais surtout très irrégulière. Leur Minervois Mourral 2003 est un vin charnu comme on les aime, classique et concentré, de bouche pleine, aux tanins bien fermes, au nez dominé par la cerise et les sous-bois, avec des accents de garrigue, de très bonne évolution comme le prouve ce remarquable 98. Superbe Minervois rouge Seigneur 2003, riche et complexe, de bouche soyeuse, aux tanins puissants et très équilibrés. Le Minervois Seigneur blanc 2005 (60% de Vermentino, 30% Maccabéo et Roussane, 10% Bourboulenc) est tout en rondeur, finement bouqueté avec des notes de noisette, un bel équilibre entre la fraîcheur, la rondeur et le fruité, une finale longue avec d’agréables notes d’agrumes et de fleurs, à déboucher sur une escalope de dinde à la crème comme sur des crustacés. Excellent Minervois rouge Serbolles 2004, un vin aux tanins présents et savoureux à la fois, très parfumé (humus, réglisse). Exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir.

Château FABAS
(MINERVOIS)
Roland, Yann et Loïc Augustin

11800 Laure-Minervois
Téléphone :04 68 78 17 82
Télécopie : 04 68 78 22 61
Email : chateaufabas@wanadoo.fr

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Millesimes

* Déception en Languedoc : le tri se fait de lui-même

C’est si rare que l’on ne peut qu’en sourire : l’absence des producteurs du Languedoc-Roussillon à notre réunion confirme le « flou » qui règne dans cette région, où, si certains passent leur temps à se plaindre que l’on ne parle pas d’eux, c’est bien mérité.

Résumons : j’invite 90 personnes (ou propriétés) -de mon Guide- à une manifestation (conviviale) régulière que nous organisons partout en France. C’est Françoise Gualco et son fils, Christophe (sur la photo), naturellement chaleureux, qui ont bien voulu nous accueillir dans leur Château Étang des Colombes. Il en vient une trentaine, une vingtaine s’excusent de ne pouvoir être là (c’est naturel d’avoir des obligations, on le comprend volontiers), et une quarantaine ne répondent pas. La moitié ne répondent même pas !!! On leur fait une relance : toujours rien, c’est beau la politesse et cela donne envie de les soutenir…

Je vais vous l’avouer : je souhaite à ceux-là d’avoir particulièrement réussi les vins qu’ils sont en train de m’adresser pour le Guide (ça, ils ne l’oublient pas), j’aurais tendance à ne pas excuser le moindre défaut cette année.

Passons et comprenez-moi bien. Quand j’invite 100 Bourguignons, 98 répondent, alors qu’ils n’ont rien à vendre ! Idem à Saint-Émilion, en Champagne, dans la Loire ou ailleurs… Le vin, c’est cela : partager, boire un « canon », se revoir, se rencontrer… On se moque que quelqu’un réponde ou non à une invitation, ce qui est navrant, c’est que nous nous déplacions dans une région particulièrement sensible comme le Languedoc et que la moitié des producteurs invités, de vrais fantômes, ne fassent pas 10 kms pour nous saluer, nous montrer leurs travail et nous inciter à les soutenir. Ce sont eux les demandeurs, pas nous. À croire que certains craignent les dégustations.

Comment voulez-vous que ces gens-là soient ensuite crédibles ? Peut-on à la fois geindre et ne rien faire ? On connait les rouages, les mascarades et les exubérances de la région, et bien qu’un bon nombre se prennent pour des créateurs de « grands » vins, il faut bien avouer qu’ils ne sont que des accoucheurs de cuvées spéciales, souvent surconcentrées, surbarriquées, à la limite de l’écœurement quand on les goûte, et qui ne représentent absolument pas le vignoble. N ‘est pas Daumas-Gassac qui veut.

L’avantage de ces réactions, c’est que cela écume et confirme que je ne me suis pas trompé en soutenant ceux qui le méritaient. Je viens ici, depuis 30 ans, et je connais les territoires et les hommes. Comme à notre habitude, donc, on va se concentrer sur les producteurs qui élèvent des vins racés et typés, dans l’ensemble du territoire, des Corbières à Saint-Chinian, de Faugères en Minervois, en passant par les Coteaux-du-Languedoc, Fitou ou vins de pays, à des prix remarquables. Des grands vins ici, il y en a, mais les terroirs sont connus et ne s’étendent pas. La force de ces vins est d’avoir su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un beau rapport qualité-prix. Pour mémoire, trois cas de figure définissent la région :

– Il y a les vignerons -très jalousés- qui, et depuis longtemps, ont toujours su maîtriser les rendements, vinifier et élever leurs vins, en respectant leur spécificité, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue. Daumas-Gassac (l’un des fils de mon ami Aimé Guibert était présent, Roman, tout aussi passionné), en est la référence, suivi par des Corbières dont le fer de lance est la famille Gualco, Grand-Caumont, Vieux-Moulin, Martinolle, puis des Minervois (Blomac, Villerambert-Moureau…), et aussi d’autres appellations (Antech, Mas Chichet…). C’est le noyau dur des grands vins du Languedoc, même si certains ont tendance à l’oublier. La plupart sont à la tête de leurs appellations respectives, et le fait de s’y maintenir mérite un coup de chapeau.

– Dans la lignée, il y a ensuite les propriétaires, dans toutes les appellations, qui ont cru en leur région et que j’ai soutenu dès le début. On retrouve ici les grandes valeurs sûres comme Fabas (au sommet de leur appellation Minervois), Aigues-Vives (j’ai été ravi de revoir Magali Dourthe, toujours charmante et passionnée, qui se partage entre Bordeaux -Maucaillou, Beaurivage- et son vignoble languedocien), Vaugelas (j’apprécie et estime l’exemplaire réussite de la famille Bonfils, des « pieds-noirs », comme moi, représentés par l’efficace Heidi Van Den Akker), Oustric (Sébastien Bonneaud, bérêt de rigueur, est talentueux et élève des cuvées tout en charme et puissance), Mire-L’Étang (le blanc est une nouvelle fois formidable), Saint-Martin-des-Champs avec un superbe Saint-Chinian, Peyregrandes (la référence en Faugères), Bertrand-Bergé (un Fitou de haute volée), Pinet (leur Picpoul blanc est tout en délicatesse aromatique), Malautié (le moelleux Clairette est très séduisant), Barrubio (le Muscat est tout aussi bon que le Minervois), Nidolères en Côtes-du-Roussillon, Casa Blanca (le meilleur Collioure)… et de rares caves (Cave de Roquebrun, Vignerons Sommiérois, Estabel Cabrières…). On les retrouve tout naturellement dans le haut de mon Classement 2008 et d’autres, qui se prennent souvent très au sérieux, ne sont pas prêts de les concurrencer !

– Il y a enfin ceux qui ne sont pas installés depuis longtemps dans la région et que j’étais content de rencontrer de visu à cette occasion (Madura, Croix-Chaptal, Haut-Fabrègues, Hortus, Rives Blanques, Bourdic, Villemagne, Angles, Reynardière, Sainte-Marie-des-Crozes, Mingraut…). On les défend avec plaisir car ils s’attachent également à produire des vins typés et de qualité, à des prix très abordables. J’aime mettre un visage sur un vin et ces dégustations chaleureuses permettent justement cela. Ceux qui ne daignent pas se déranger n’ont rien compris au vin.

Cause à effet ou pas, vous l’avez compris, attention à ceux qui pourraient se laisser piéger à développer des vins de vinification plutôt que de terroir. Quelques producteurs, marchands et grands groupes qui nous (et vous) font croire que leurs vins ressemblent à quelque chose. Ces vins de mascarade (en Coteaux-du-Languedoc et en vins de cépages notamment), où l’on parle de “vins à haute expression” (expression de la méthode de vinification et du bois neuf surtout…), qui “sentent le goudron ou le café” (cela donne envie, non ?)… Idem pour les cuvées de vins blancs totalement fabriquées dans les chais où l’on est fier de vous faire sentir “la mangue et autres fruits exotiques”. Il s’agit donc de ne pas confondre l’ensemble d’une progression qualitative certaine et le développement de ces vins “fabriqués” et “putassiers” qui attirent les investisseurs comme des mouches, et sont, hélas, soutenus par des “critiques”, notamment américains (ce sont les mêmes qui soutiennent les “vins de garage” bordelais). Ce problème s’étend aux vins de cépages, où je ne vois toujours pas l’intérêt de planter des cépages (du Gewuztraminer, ici, on croit rêver) qui se plaisent mieux dans des régions beaucoup plus froides (les bonnes exceptions existent), ni à se lancer dans des vinifications sophistiquées pour pouvoir remplir un dossier de presse… et mentionner des prix inexcusables sous prétexte que l’on peut mettre sur une étiquette les noms de Chardonnay ou de Merlot, ou que l’on croit qu’il suffit d’acheter des barriques neuves et se payer les services d’un œnologue “tendance” pour faire un grand vin. Je vous l’avais dit, il y a de quoi rire.

Millesimes