Patrick DUSSERT-GERBER


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* La vérité sur le millésime 2007 à Bordeaux

Publié dans Clin d'œil, A chaud, Dégustations (Jeudi janvier 31, 2008 à 10:02)
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Soyons clair : tout le monde se rappelle du temps exécrable de Juin à mi-aout 2007. Concernant la qualité du millésime, on pouvait s’attendre à une année très médiocre, qualitativement et quantitativement. Évidemment, quelques “devins”, par mauvaise foi et/ou par ignorance, des “confrères”… se sont empressés de déniger le millésime. Pourtant, le mois de septembre a été déterminant. Voici ce qu’il faut donc retenir, succinctement, dans toute la France, en tenant compte que les rendements seront plus faibles :

1/. Les régions qui feront un grand millésime sans problème sont la Provence, le Rhône et le Languedoc, grâce au beau temps et surtout au mistral.

2/. Les vins blancs secs, partout (peut-être avec une exception, : l’Alsace, où il faudra frapper à la bonne porte), ont toutes les chances d’êtres superbes, à Chablis comme à Sancerre, en Bourgogne comme à Bordeaux.

3/. Les liquoreux, Sauternes en tête, mais aussi les vins de Loire, d’Alsace et du Sud-Ouest, seront exceptionnels, tant les vendanges tardives l’ont effectivement été, par la force des choses.

4/. Les vins rouges des régions où la qualité globale sera la plus “délicate” sont globalement ceux de la Loire, du Beaujolais, de la Bourgogne, du Sud-Ouest et de Bordeaux. Là, seuls les meilleurs vignerons, dans le strict sens du terme, c’est-à-dire ceux qui surveillent la vigne de près, ont réussi des prodiges, que cela plaise ou non. À Bordeaux, c’est vrai dans l’ensemble des appellations, car Merlot et Cabernets, se sont respectivement bien développés, et il serait naïf de dire que l’un s’est mieux comporté que l’autre. Il fallait aussi avoir de beaux terroirs pour espérer faire de bons vins, maîtriser ses traitements, travailler ses effeuillages, etc… les années plus difficiles faisant toujours la différence entre les territoires, et accordant une plus-value essentielle à la main de l’homme.

Pour Bordeaux, j’y vis, donc j’ai suivi toutes les étapes du 20 août à la fin octobre, à l’inverse de quelques idiots qui parlent d’un salon parisien ou de New-York… J’ai déjà goûté à Saint-émilion, dans les Graves… Eh bien, le 2007 sera un millésime où il y aura de tout. Pour les hommes et les femmes les plus rigoureux, ce millésime est vraiment savoureux, un vin de plaisir, un vin de vigneron, un vin de talent. Je ne résiste pas à vous passer l’interview par mon épouse, Brigitte, de mon ami Olivier Bernard, du prestigieux Domaine de Chevalier (sur la photo, dans ses vignes), qui sait de quoi il parle :

“C’est indéniable, c’est cette belle arrière-saison qui a fait le millésime. Tout a progressé doucement, nous donnant le temps d’attendre. Au Domaine de Chevalier, nous avons vendangé, les premiers Merlots début octobre et les derniers Cabernets-Sauvignons (superbes) le 17 octobre, ce qui est très tard. Nous avons assisté en 2007 à un cycle végétatif très long de 7 mois, du début avril à fin octobre. C’est ce long développement qui a été très positif pour le raisin. Dans les vignobles de l’hémisphère sud il fait parfois trop chaud, le cycle est très court, le raisin est rapidement “cuit ” et les baies sont souvent ramassées à des degrés trop élevés. Pour que les peaux s’affinent et que les tanins s’adoucissent, il faut un cycle long, une progression douce, constante, sans excès. Nous avons la chance, ici, d’avoir les conditions climatiques idéales pour faire de grands vins. Il faut un parfait équilibre naturel entre fraîcheur nocturne et ensoleillement le jour, brouillard le matin et sécheresse au zénith.

Autant, il faut de grands années chaudes pour faire de grands rouges, autant pour les blancs, les années trop chaudes ne sont pas favorables. Le 2007 sera l’un des plus grands Domaine de Chevalier Blanc. Une très bonne acidité, beaucoup de fraîcheur, un équilibre magnifique qui promet de la complexité et de l’élégance, une explosion de fruits (pamplemousse, rose, citron, coing, ananas), un vin très complet, une grande expression du millésime.”

Les femmes, le Web et la gastronomie

Publié dans Clin d'œil, A chaud (Dimanche janvier 20, 2008 à 9:06)
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“Le site auFéminin.com associé à l’institut TNS Sofres a réalisé une étude dans cinq pays, sur le comportement des femmes sur le Web. Il en ressort que c’est devenu un média indispensable dans leur vie.”

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Publié dans Clin d'œil, A chaud (Vendredi janvier 18, 2008 à 8:54)
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C’est pas mal, en 15 jours : vignerons, professionnels et amateurs… Merci !

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* Bourgogne : seul le terroir signe le prix des vins

Publié dans A chaud, Classements, Dégustations (Mercredi janvier 16, 2008 à 20:06)
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Mes sélections sont sévères cette année, tant il y a des crus trop chers et d’autres à des prix déments dans la région, difficilement cautionnables désormais, souvent “ciblés” pour l’export, intelligemment délaissés en France comme en Belgique. Certaines maisons “historiques”, dont beaucoup ont changé de mains, ne vivent que pour le dollar, le yen ou le rouble… Passons également sur un élevage en bois neuf souvent outrancier pour le Pinot noir, e, toujours, pour plaire aux américains. En fait, ce n’est pas un problème de prix, mais bien de rapport qualité-prix-typicité. Une bouteille simplement “bonne” à 30 € (minimum) ce n’est plus acceptable, voilà tout ! Et, connus, anciens, réputés ou non, il s’agit vraiment de faire attention à certains noms dans la région pour ne pas se faire avoir. La notoriété, comme à Bordeaux, ne suffit plus.

Pourtant, les vins de Bourgogne que j’estime et soutiens méritent leurs prix, à 15 € comme à 25 €, à 50 € comme à 100 €, certains dépassant même cette limite pour l’extraordinaire millésime 2005, où la demande est mondiale. Il suffit de comparer leur qualité intrinsèque à d’autres vins de mode totalement surcotés que l’on trouve en Languedoc, dans la Vallée du Rhône et à Bordeaux pour s’en assurer.
La force des terroirs est donc omniprésente ici, et on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du terroir associé à une convivialité exemplaire, et c’est ce qui compte ici, tant cela peut manquer dans d’autres régions. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre. On partage un moment (et on boit un “canon” en même temps) avec ces vignerons talentueux et passionnés, souvent très discrets, mais avec lesquels on partage, quand on les connaît, une convivialité rare.
Ici, il y a donc les incontournables qui élèvent quelques-uns des plus grands vins rouges du monde (Lamarche, d’Angerville, Trapet, Moillard, Rebourseau, Philippe Leclerc, Chevillon, Monts-Luisants, Bourrée…), ou blancs bien sûr, tant cette catégorie ne supporte pas de comparaison (Clos des Perrières, Ampeau, Jaffelin, Antonin Guyon, Clos des Lambrays, Chandon de Briailles, ou Tremblay, Guy Robin, Pinson à Chablis…); d’autres avec des vins vraiment exceptionnels pour leur rapport ­qualité-prix-typicité (Blondeau-Danne, Michel Prunier, Marey, Marc Rougeot, Bachelet, Girard, Prieur-Brunet, Jomain, Alain PatriarcheJoliot, Doudet-Naudin, Audoin…), et enfin un véritable vivier de crus qui méritent une commande, que l’on retrouve notamment dans ma catégorie des Deuxièmes Grands Vins Classés, dans l’ensemble des appellations.
Bien sûr, il s’agit de savoir faire le bon choix, tant la complexité des classements en crus, clos, climats, et le fait qu’un vigneron puisse posséder une multitude de crus dans un périmètre très restreint (quelques ares…) ne peuvent que multiplier les différences. La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente. Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot noir ou Chardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ?

Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime.

Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons. Globalement, les Grands Crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers Crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle.

Bien entendu, ici comme ailleurs, quelques producteurs élèvent des vins trop “travaillés” (et bien chers) où le fût neuf est employé à l’extrême, ce qui n’est pas pour arranger le Pinot noir notamment, qui demande de la finesse. Il en va de même pour certains blancs, où la barrique (et tout le baratin que l’on va vous raconter) ne remplace pas le terroir…
Mes Classements 2008, en blancs comme en rouges, vous permettent de faire le point, en tenant compte qu’il existe une véritable hiérarchie interne à chaque catégorie et qu’il ne faut pas comparer, bien sûr, un classement d’une appellation à celui d’une autre appellation.

Coup de cœur pour le Champagne Hamm

Publié dans A chaud, Classements, Dégustations (Jeudi janvier 10, 2008 à 10:25)
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Une place de choix dans le Classement 2008. J’apprécie Brigitte et Claude Hamm depuis un bon bout de temps. Ils peuvent être fiers de ce superbe Champagne cuvée de Prestige Signature Hamm, de jolie robe dorée, aux arômes de pain grillé et d’abricot, de bouche riche, bien équilibré en acidité, d’une jolie finesse, très parfumé en bouche, à la mousse fine et distinguée, vraiment savoureux. Excellente cuvée Réserve Premier Cru brut, un Champagne intense et vif, très harmonieux, très aromatique au nez comme en bouche (jasmin, pêche, amande), tout en fraîcheur au palais. Excellent Sélection brut, aux nuances de miel et d’abricot, de bouche veloutée, de mousse fruitée et abondante, tout en persistance et un très séduisant rosé brut. Pour les gourmandises, ce Hamm Dessert, qui accompagne merveilleusement les tartes aux fruits, un bel assemblage vieilli en cave, de jolie mousse, rond et fruité en bouche, de bonne bouche florale, légère et ronde à la fois, aux arômes subtils de miel et de fruits mûrs, tout en onctuosité. Beau Champagne Millésimé 99, typé, ample et parfumé, avec des notes d’agrumes bien typiques, de bouche dominée par les fruits cuits et les petits fruits secs, légèrement miellée comme il le faut, tout en persistance aromatique, d’une belle longueur au palais. Exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir.

* Petrus, mythe et réalité : rarissime verticale 2004 à 1997

Publié dans A chaud, Classements, Dégustations (Mercredi janvier 9, 2008 à 23:15)
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Mon ami (de 30 ans) Jean-François Moueix est le propriétaire de ce cru mythique. Cultivant l’humour et la discrétion comme d’autres le snobisme et l’esbroufe, il poursuit une politique exemplaire, qualitative certes, mais aussi commerciale, puisque c’est lui, et lui seul, qui vend Petrus (le cas est unique ici), notamment au travers de sa prestigieuse maison Duclot, ou de ses nombreuses autres entreprises (boutiques l’Intendant et Badie à Bordeaux, Châteaux Cash & Carry en région parisienne…) et un bon nombre de grands vins bordelais peuvent rendre aussi hommage à son impartialité et à sa fidélité envers eux, année après année.

On ne peut contester que Petrus fait partie de la petite poignée des plus grands vins rouges du monde, et des 3 ou 4 plus grands crus bordelais, à un prix lui aussi hors normes, certes. C’est l’archétype des grands crus où le terroir crée cette osmose exceptionnelle avec le cépage et les hommes et on comprend qu’il ne puisse qu’aiguiser la jalousie d’un bon nombre de producteurs médiatiques, libournais, médocains ou étrangers, qui ne peuvent, eux, faute de terroir et d’humilité, que se contenter de faire mariner à outrance leur vin dans des barriques en croyant qu’ils font une cuvée digne de ce nom… La surconcentration n’est pas un gage de grand vin et l’élevage abusif en fûts neufs non plus (Petrus n’en utilise que 50 % en moyenne).

Ce Pomerol 2004 est splendide, dans la grande tradition bordelaise, et l’on ne peut que regretter que ce millésime se situe entre les 2005 et 2003, la mode risquant de le laisser à l’écart (confer la grande dégustation, à Libourne). À ses côtés, ce 2003, un vin dense, tout en harmonie, riche au nez, avec ces notes de mûre et d’humus, et des nuances de cuir et de pruneau en bouche, aux tanins fermes mais toujours très savoureux, de grande garde. Le 2002 , intense et chaleureux, très charpenté mais très élégant, est de robe intense, aux nuances de vanille et de cassis, un vin racé et corsé, concentré au nez comme en bouche, très équilibré. 2001 : truffe, fruits macérés, humus… sont les premières sensations de ce très grand vin, le “velours” à l’état pur, où cette structure impressionnante sait se fondre dans une distinction incroyable, qui lui confère un potentiel d’épanouissement réellement exceptionnel, de très grande garde. 2000 : une structure de cathédrale. Puissance et distinction, chaleur et ampleur, une très grande complexité d’arômes (cuir, griotte confite…), un vin d’une grande harmonie, d’une très belle matière en bouche, majestueux, de très grande garde. 99 : la saveur même. Complexe et gras, aux tanins présents, riche et parfumé en bouche, un beau vin charnu, charmeur, qui fleure les épices et les fruits frais, alliant puissance et finesse, dont le velouté est très caractéristique des vins de Pomerol. 98 : exceptionnel. D’un très grand classicisme, de couleur intense avec des senteurs de truffe, de champignon, un côté animal, de cuir, vraiment superbe, encore jeune, complexe, de lente évolution. 97 : remarquable. De robe pourpre foncé, aux arômes prononcés de musc, de truffe, de fraise des bois, aux tanins soyeux, de bouche généreuse, un vin très savoureux, d’excel­lente évolution.

Deux très jolies cuvées du Champagne Lombard

Publié dans A chaud, Dégustations (Jeudi janvier 3, 2008 à 10:32)
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Champagne Brut Rosé
Ce vin à la robe saumonée très pâle, présente un nez délicat dans lequel on retrouve l’élégance et la fraîcheur du Chardonnay, avec une touche de cerise complexe et fondue apportée par les Pinots. Des notes de cassis explosent en bouche.
Parfait au cours d’un repas composé de viande blanche, ou en dessert, comme un gratin de fruits rouges. Peut-être un original et très apprécié champagne d’apéritif. “Lors du pressurage des raisins, les premiers jus (la cuvée) et les tailles sont rigoureusement séparés ; ces dernières n’entrent pas dans nos assemblages Lombard&Cie”, précise Thierry Lombard. Une petite quantité de vin rouge de Champagne est ajoutée au Chardonnay pour composer la cuvée. Les vins sont “collés” (et non filtrés) et profitent d’un vieillissement sur lattes dans nos caves pendant plus de 3 ans.

Champagne Brut Millésimé
Dominante de Chardonnay. Le vin est équilibré, frais et rond. Belle robe lumineuse jaune d’or avec d’abondantes bulles fines. Des notes d’amandes, de noisette, de miel, de cannelle et de cacao. Un vin complexe et raffiné. L’élégance du nez, la fraîcheur et la vinosité de la bouche seront idéales pour une célébration ou la mise en bouche d’un grand repas. Ce champagne pourra ainsi se marier avec harmonie sur une langouste sauce vanille.