L’autorisation des copeaux de bois dans le vin (suite) ou comment perdre son identité…
Je suis le premier à soutenir les vignerons, à ne pas accepter l’arrogance de quelques propriétaires face à la crise sociale que connaît (comme d’autres secteurs) le monde du vin en France. Chacun doit être rémunéré et la solidarité doit primer. Il faut, par exemple, que le négoce aide et promotionne sa région avant d’aller voir ailleurs.
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Selon la presse de ce jour (Les Echos ou le site tf1.fr), le ministère de l’agriculture devrait confirmer l’autorisation de mettre des copeaux de bois pour parfumer le vin.
Franchement, la honte. 2 points à retenir :
1/. Est-ce que l’on a demandé l’avis aux consommateurs ? Quel est le technocrate qui a jugé bon de croire que les amateurs ont envie de boire des vins dont le goût est fabriqué. Cela facilitera les commentaires de dégustation : on pourra vraiment parler des « jus de bois » ?
On « lisse » de plus en plus, on masque les caractères, les différences.
2/. Est-ce que les vignerons dignes de ce nom sont d’accord ?
Je vous renvoie à mon édito du Guide ou de Millésimes : il faut avoir une éthique, défendre la typicité, le terroir, la diversité.
Qui va oser dire qu’un vin est typé par des copeaux de bois ?
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Ecrit il y a 3 years, 11 months à 17:58. 45 commentaires
Un ami me dit qu’il a vu Mondovino récemment (passé à la tv) et, s’il peut excuser la démarche du critique américain (qui ne défend pas les mêmes intérêts que nous, par la force des choses), admet moins facilement celle du consultant français. Me demande mes commentaires là-dessus. Je n’ai rien contre eux. En fait, je m’en moque, et cela m’amuse plutôt, tant certaines choses peuvent prêter à sourire aujourd’hui. L’un (j’ai oublié son nom) est donc américain, fait son business à l’américaine, goûte et encense ce qu’il veut. Il réussit, il est jalousé, c’est la rançon du succès, et je connais, donc je compatis. L’autre, au demeurant un personnage assez sympa (même si ce n’est pas la 1ère impression que l’on a de lui en regardant ce film) m’est tout aussi indifférent. Derrière eux, il y a des producteurs qui en profitent. Rien à dire sur ces deux-là, même si je comprends que les amateurs et les vignerons pensent que l’on parle plutôt « fric » et »aseptisation » que terroir, diversité et amour du vin. Faudra leur poser la question directement. On se doute que ce ne sont pas les vins « lissés », les cuvées surboisées et dépersonnalisées qui m’intéressent, ni les producteurs qui en font. Pas mon job, pas mon envie, pas ma tasse de thé.

Franchement, un vrai plaisir que cette bouteille de Thierry Redde. Cette cuvée Majorum, créée par son père, Michel, qui était un ami, est formidable. Le 99 est particulièrement savoureux aujourd’hui, avec ces connotations intenses, subtiles et complexes où se retrouvent le musc, le tilleul, cette pointe de verveine très fraîche et très persistante. Il a masqué tout mon dîner, tant il se savoure pour lui-même. C’est bien, c’est bon, et bon courage pour ceux qui croient encore qu’il suffit de ramasser du raisin et le mettre en barriques pour faire un vin digne de ce nom. J’ai retrouvé 3 bouteilles de 95 dans ma cave. On en reparlera donc. Chapeau bas.
Mes dégustations pour le Guide 2007 commencent bien avec ce Malartic blanc 2004. Malartic est un cru que je soutiens depuis 25 ans, à l’époque de la famille Marly, puis, aujourd’hui, de la famille Bonnie. Ce 2004 est un millésime comme je les aime, sans fioritures, sain et pur, avec ces nuances d’agrumes frais, vivace mais moelleux, très classique, très frand, vraiment très agréable.
Les connaisseurs savent qu’Aimé Guibert est l’un des héros du film Mondovino. C’est bien et j’avoue un faible pour ce grand monsieur du vin que j’ai connu lors de ses débuts à Daumas Gassac, à l’époque, où, avec le non moins estimable Emile Peynaud, il concevait son vignoble. Ma fidélité est toujours la même. Aujourd’hui, il renvoie à une cour de récréation certains parvenus du milieu qui croient avoir la science infuse en achetant des barriques neuves ou en concentrant leurs cuvées à l’extrême, oubliant que, seuls le terroir et la main de l’homme font la différence.
Pour le comprendre, il faut évidemment prendre le temps de laisser s’épanouir ce vin hors normes.
Pour la bonne bouche, ce 2002, particulièrement réussi dans ce millésime délicat, avec ce nez d’épices et de fruits rouges à noyau très mûrs, est un vin savoureux, riche en couleur comme en charpente, aux tanins fermes et fins à la fois, corsé comme il se doit, tout en bouche, commence à se goûter.
Le 2001, non encore à maturité non plus, au nez puissant, tout en nuances aromatiques où dominent la mûre, la réglisse et les épices, est de bouche riche et commence à séduire.
Le 2000 est encore très fermé, de robe pourpre, aux notes d’humus, de pruneau et de cassis, un vin avec des tanins denses, complexe et d’une grande saveur, de grande évolution.
Le 98 est dans la lignée, concentré en matières, aux tanins mûrs, très parfumé, avec des notes fruitées de framboise et de mûre, très prometteur également.
Le 96 est remarquable, intense en couleur et en arômes, tout en bouche, avec ces notes subtiles et intenses d’humus et de petits fruits rouges surmûris, d’excellente garde.
Le 90 est superbe actuellement, de couleur pourpre intense, très parfumé (mûre, poivre, cacao…), associant puissance et finesse, gras et intensité.
Le 83 est fantastique, un très grand vin, véritable gouffre d’arômes, où s’entremêlent des notes de petits fruits rouges à noyau bien mûrs, d’humus et de réglisse, avec cette bouche d’une grande persistance, d’une grande ampleur, vraiment hors normes, du grand art.
Le 82 est à maturité, d’une grande complexité d’arômes (musc, cuir…), avec ces notes très caractéristiques et persistantes de fumé et d’épices, aux tanins puissants mais très fins, harmonieux.
Ecrit il y a 3 years, 11 months à 16:22. 1 commentaire